L’invasion immigrante

Vous sentez-vous envahis ? Avez-vous l’impression que ce pays vous ressemble de moins en moins, que votre culture s’étiole, que vos valeurs deviennent marginales, que vos traditions sont ridiculisées, voire folklorisées ? Vous ouvrez votre téléviseur ou visionnez les médias sur Internet, et on vous dit que tout va bien, que tout est normal, mais vous doutez… Peut-être avez-vous raison. L’invasion immigrante qui déferle sur la région de Montréal est, depuis une quinzaine d’années, tout à fait spectaculaire.

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J’ai compilé des données, basées sur les recensements de Statistique Canada de 2001 et 2016, quant à la croissance de l’immigration dans la RMR de Montréal, un peu comme je l’avais déjà fait pour l’anglais à Laval et pour d’autres banlieues. Les résultats, en à peine une demi-génération, sont quasi-incroyables. L’afflux constant d’immigrants que nous imposent nos élus se répand dans la région comme une véritable maladie, partant du centre pour s’étendre progressivement vers les extrémités. À part quelques rares exceptions, le nombre d’immigrants est en croissance partout, et le poids relatif des immigrants au sein de nos villes et villages augmente très rapidement (voir ci-bas).

Prenons le cas d’une ville de comme Vaudreuil-Dorion, par exemple. En 2001, il n’y avait que 5% d’immigrants, soit moins d’une personne sur vingt. Quinze ans plus tard, soit à peine le temps pour un enfant de passer de la maternelle au cégep, les immigrants représentent maintenant plus de 18% de la population, soit près d’une personne sur cinq ! Proportionnellement à la population totale, la croissance des immigrants a été de 274% en quinze ans. Combien de temps, à ce rythme, avant que les Québécois de souche ne deviennent minoritaires, selon vous ?

La situation est à peu près semblable partout dans la région de Montréal. Alors que les immigrants ne formaient que 2% de la population à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, ils forment maintenant 7% de la population. Le pourcentage d’immigrants a également presque triplé à Repentigny, passant de 3% à 9% de la population. Même une ville traditionnellement québécoise comme Longueuil a vu le pourcentage d’immigrants y doubler, passant de 9% à 18%. Laval, quant à elle, a ajouté plus de 64 000 nouveaux immigrants, faisant passer leur pourcentage de 15% à un incroyable 28%.

Comment espérer intégrer un tel afflux d’immigrants ? Beaucoup de gens ne le réalisent pas, mais le portrait de la région est en train de changer drastiquement. Et la situation est encore pire que ne le démontre le tableau ci-haut.

En effet, les chiffres sur le nombre d’immigrants ne tiennent pas compte des naissances au sein de familles d’immigrants, souvent ghettoïsées et peu intégrées à la culture québécoise (ou occidentale). Je n’ai pas trouvé de manière aussi élégante que respectueuse de la rectitude politique de faire état de ce phénomène autrement qu’en faisant état de la croissance de la population constituant une minorité visible. Encore une fois, les chiffres sont hallucinants (voir ci-bas).

À Terrebonne, par exemple, il n’y avait en 2001 que 1% de la population issue des minorités visibles. Aujourd’hui, c’est 12%, soit une augmentation de 740%. Presque le même scénario à Repentigny, qui passe de 2% à 12%. Un citoyen marchant dans les rues n’y rencontrait, en 2001, en moyenne, qu’une minorité à toutes les cinquante personnes, alors qu’aujourd’hui c’est une à toutes les neuf personnes. C’est spectaculaire comme hausse.

Un cas particulièrement troublant, parce qu’important d’un point de vue numérique, est celui de Laval. Alors qu’il n’y avait que 9% de minorités visibles en 2001, il y en aujourd’hui près de 26%, soit une augmentation de plus de 77 000 personnes ! En seulement quinze ans, c’est l’équivalent de la ville de St-Jérôme au complet, mais remplie de minorités visibles, qui s’est installée à Laval. Et pour la RMR de Montréal au complet, on parle de plus de 444 000 minorités visibles supplémentaires (70% d’augmentation !) en quinze ans, soit presque l’équivalent… de la ville de Laval !

brampton, notre futur ?

À ce rythme, combien de temps avant que qu’une ville comme Laval (ou une autre, comme Brossard) ne ressemble à Brampton (Ontario) ? Cette municipalité, en banlieue de Toronto, n’est plus habitée que par 27% de citoyens de descendance européenne. Les représentants politiques, au fédéral et au provincial, s’y nomment : Raj Grewal, Kamal Khera, Ruby Sahota, Ramesh Sangha, Sonia Sidhu, Amarjot Sandhu, Prabmeet Sarkaria, Gurratan Singh, Sara Singh et Kevin Yarde. Y décelez-vous une tendance ? Ces gens sont peut-être d’excellents députés, mais quand viendra le moment de choisir entre leur appartenance ethnique et celle de la société qui les accueille, le choix ne sera pas peut-être pas si simple. Croyez-vous jamais qu’ils voteraient contre l’immigration de masse ou s’opposeraient au dogme du multiculturalisme ?

Le problème avec la démographie, c’est qu’elle renverse tout. On ne peut pas l’arrêter. Tout comme l’afflux important de francophones des régions rurales a transformé le Montréal de la seconde moitié du siècle dernier d’une métropole principalement anglophone à la principale ville d’un Québec français, l’immigration massive qui nous est imposée aura des conséquences majeures. Si les francophones ont commencé par simplement habiter Montréal, ils ont ensuite réclamé des droits et une représentation. C’est ce qui se produit à Brampton, en Ontario, avec les immigrants, et qui se produira de plus en plus au Québec si on n’arrive pas à endiguer ce flux ininterrompu.

Progressivement, la société occidentale, homogène, celle où on peut faire confiance à son voisin car il partage la même langue et les mêmes référents culturels, est remplacée par un melting-pot sans queue ni tête, sans direction, d’où peuvent naître le repli sur soi des immigrants et le fanatisme. L’islamisme, par exemple, ne progresse-t-il pas davantage dans un milieu dit multiculturel, où les immigrants sont légions, que dans une ville blanche, comme, disons, Saint-Georges-de-Beauce ou Saguenay ?

En ce sens, la réduction des seuils d’immigration à 40 000 immigrants par année constitue une excellente nouvelle, mais c’est encore insuffisant. Il faudrait probablement les réduire encore bien davantage pour espérer avoir un impact démographique suffisant pour renverser la tendance. Il y aurait aussi peut-être lieu de repenser une politique nataliste plus agressive et favorisant de plus grandes familles au Québec.

Il y a ici une civilisation et un peuple qui veulent exister, qui ont le droit d’exister et d’apporter leurs bienfaits à l’humanité. Cette diversité qu’on nous enfonce de force dans la bouche, pourquoi ne l’impose-t-on qu’à l’Occident ? Et si nous disparaissons, n’aura-t-on pas réduit la diversité humaine ? Nous sommes accueillants et nous continuerons de l’être. Mais peut-être serait-il temps de considérer sérieusement notre capacité d’accueil et reconnaître que nous avons atteint une limite nous imposant une pause.

Tous les gauchistes multiculturalistes sont les premiers à barrer la porte de leur logement le soir venu ; il serait peut-être temps pour le Québec de faire la même chose.

Internet, téléphone et cellulaire : comment économiser ?

En jasant avec des collègues ou des connaissances, je me suis rendu compte que plusieurs personnes paient jusqu’à 150$ par mois, voire davantage, pour leurs outils de télécommunications. Bien que les besoins de chacun diffèrent, je ne vois pas pourquoi il serait nécessaire de payer un tel montant. Pour ma part, j’ai Internet haute-vitesse, le téléphone avec beaucoup d’options et un cellulaire avec 2 Go de données pour un total mensuel d’environ 58$, taxes incluses. Voici comment je fais.

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internet

Pourquoi payer pour le plaisir de payer ? Je suis avec EBOX, une compagnie de Longueuil qui utilise le réseau Vidéotron. Même réseau, même stabilité, même vitesse, mais pour beaucoup moins cher. J’ai leur option la moins rapide, mais qui me permet tout de même de regarder des vidéos en ligne et de faire tout ce que j’ai à faire, en plus d’avoir la téléphonie IP (voir ci-bas). C’est tout à fait suffisant, à moins d’être quelqu’un qui télécharge des films à tous les jours.

Coût mensuel total, taxes incluses : 31$.

TÉLÉPHONE

Quand j’entends des gens dire qu’ils sont encore avec Bell pour leur téléphone à la maison, je deviens fou. J’ai l’image de quelqu’un qui ouvre son poêle à bois et y jette son argent pour le brûler. Je suis avec VOIP.MS. Qu’on se le dise, la téléphonie IP, c’est le futur. Pourquoi avoir un réseau parallèle pour la voix quand tout peut être numérisé et passer par la connexion Internet ? Non seulement le coût est ridiculement bas, mais il n’y a pas d’interurbains à considérer, je peux garder le même numéro de téléphone partout où j’habite, je reçois un fichier MP3 de tous mes messages par courriel, je peux avoir un message sur le répondeur différent dépendant de la personne qui appelle, de la musique en attente si je le désire, etc. Les options sont quasi-infinies. Et tout ça pour une bouchée de pain.

Coût mensuel total, taxes incluses : environ 7$, incluant l’accès au 9-1-1.

CELLULAIRE

Une des particularités intéressantes de la téléphonie IP avec VOIP.MS (voir ci-haut) est la possibilité d’utiliser son téléphone sur n’importe quel réseau disposant d’une connexion Internet, incluant le cellulaire. Donc, pourquoi payer pour un numéro de téléphone séparé si on peut utiliser le même numéro en tout temps ? Je suis donc avec FIZZ, une nouvelle compagnie (filiale de Vidéotron, je crois) qui offre des forfaits cellulaire avec données seulement. Utilisant fréquemment mon cellulaire dans des endroits où il y a le Wi-Fi, je n’ai besoin que de 2 Go de données. En utilisant l’API de VOIP.MS, je peux non seulement téléphoner (avec une application comme Zoiper), mais également texter en tout temps avec l’application correspondante VOIP.MS. Ce qui est bien avec Fizz, c’est la possibilité de reporter les données non utilisées d’un mois à l’autre, mais également de donner ses données à un autre membre.

Si vous vous abonnez à FIZZ, il est possible d’obtenir un rabais de 25$ sur son deuxième mois en entrant le code d’un autre utilisateur. Voici le mien, mais un autre pourrait faire la même chose : SA5I8.

Coût mensuel total, taxes incluses : 20$.

Le plus merveilleux avec cette combinaison, c’est sa flexibilité. Si un mois j’ai besoin de télécharger davantage, je peux augmenter ma vitesse Internet ou ma limite. Si je planifie attendre des appels importants, je peux payer pour l’option « push » de Zoiper, qui, pour environ 2$ par mois, soulage la batterie du cellulaire. Idem pour les données sur Fizz, que je peux modifier en tout temps.

Nous sommes en 2019. Pourquoi payer plus cher quand d’autres options existent ? Il suffit de se relever un peu les manches et d’oser.

Faut-il dédommager les sinistrés des inondations en Beauce ?

Un autre printemps, un autre débordement de la rivière Chaudière, en Beauce. Malgré les images spectaculaires et la compassion qui nous anime à l’égard des sinistrés, doit-on, comme le propose le ministre fédéral François-Philippe Champagne, considérer soutenir la municipalité de Beauceville à l’aide du Fond d’adaptation aux changements climatiques ? Pas question !

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L’aide gouvernementale devrait servir à dédommager les gens lorsqu’ils sont victimes d’un événement exceptionnel. Ces inondations ne le sont pas. Cette année, la Chaudière déborde à Beauceville ; l’an dernier, c’était à Sainte-Marie, en 2017, encore Beauceville ; en 2016, toujours Beauceville, en 2014, Saint-Joseph-de-Beauce, alouette. Au printemps, on ne se demande pas si la rivière Chaudière va déborder de son lit, mais plutôt où elle le fera et si, exceptionnellement, elle ne le fera pas.

Pourquoi l’État, financé par l’ensemble des contribuables, devrait-il dédommager des gens qui habitent dans des zones inondables ou des municipalités qui tolèrent que des gens vivent dans de telles zones ? Oui, je sais, il faut aider son prochain et je crois qu’on ne doit pas être insensible à la douleur des sinistrés. Cela étant dit, il y a une différence fondamentale entre une inondation arrivant à tous les cent ans (comme à St-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, en 2011) et une inondation quasi-annuelle, qu’on attend comme Pâques.

La rivière Chaudière déborde, c’est connu. Des gens ont fait le choix individuel, personnel, de vivre dans des maisons ou d’installer des commerces le long de ce cours d’eau. Ils ont vraisemblablement payé leur maison ou leur terrain moins cher que le coût réel du marché, considérant le potentiel d’inondation. Pourquoi, donc, devrions-nous aider ces gens-là ? Pourquoi l’ensemble des contribuables devrait payer pour le choix individuel de gens profitant, lorsqu’il n’y a pas d’inondation, de terrains ou de maisons moins dispendieux que les autres ?

Demande-t-on à l’État de compenser un étudiant qui échoue à son examen et doit reprendre sa session ? Non, on lui dit qu’il n’avait qu’à mieux étudier. Exige-t-on de l’État qu’il paie les frais de dépanneuse d’un automobiliste ayant fait une sortie de route lors d’une tempête de neige ? Non, on lui dit qu’il n’avait qu’à être prudent ou à rester chez lui. Réclame-t-on de l’État qu’il dédommage une famille dont le toit de la résidence s’est effondré parce qu’elle avait négliger de le déneiger ? Non, on lui dit qu’elle n’avait qu’à le déneiger. Considère-t-on que l’État devrait dédommager les banlieusards qui arrivent en retard au travail à cause du trafic ? Non, on considère que c’est à chacun de planifier son temps en conséquence et d’habiter à une distance raisonnable de son lieu de travail. On pourrait poursuivre cet exercice toute la journée.

Pourquoi, donc, devrait-on dédommager une municipalité ou des gens ayant fait le choix d’habiter dans un endroit réputé inondable et dont l’histoire constitue une succession d’inondations destructrices ? Personne n’a forcé qui que ce soit à habiter à ces endroits. Toute personne habitant présentement dans une zone inondable peut faire le choix de déménager. Idem pour les commerces. Il s’agit d’un choix individuel et ce n’est pas à l’État d’assumer ce choix !

Toutes mes sympathies au sinistrés, mais ces inondations n’étaient-elles pas prévisibles ? Soyons honnêtes…

Quand la gauche a peur

Aujourd’hui, aux États-Unis, la journaliste conservatrice Kaitlin Bennett a été éjectée d’un rassemblement de Bernie Sanders. Elle était calmement assise, tranquille, quand des policiers sont venus la chercher pour la forcer à quitter. Ce rassemblement, pourtant annoncé « ouvert pour tous », ne pouvait tolérer la présence d’une journaliste ayant d’autres idées que celles prônées par la gauche.

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Au Québec, même phénomène : la professeure Nadia El-Mabrouk, bien connue pour son opposition au port du voile islamique, a récemment été désinvitée d’une conférence qu’elle devait donner à l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal. Le mois précédent, c’était Québec Solidaire qui expulsait les journalistes de son congrès. En 2016, c’était Rhéa Jean, militante féministe, qui a vu sa conférence annulée parce qu’elle a eu l’audace — que dis-je, l’outrecuidance — d’affirmer que les êtres humains sont sexués, c’est-à-dire divisés, biologiquement, entre des hommes et des femmes.

La gauche ne fait même plus semblant de jouer le jeu : ses vieux réflexes soviétiques sourdent de partout, dégoulinent, salissent et corrodent le principe même de la liberté d’expression.

Il y a quelques mois, le philosophe Normand Baillargeon, pourtant un homme de gauche lui-même, faisait grosso modo le même constat que Jordan Peterson par rapport au post-modernisme et aux dérives du marxisme social :

Il y a des chercheurs et des intellectuels qui posent des questions fondamentales et qui se font censurer. Faut-il réécrire les livres […] ? On a abandonné la gauche qui défend les travailleurs, les pauvres, qui lutte contre les inégalités et contre le capitalisme. Cette gauche est plutôt une pensée postmoderne, individualiste, qui veut imposer à tout le monde sa vision personnelle.

Le problème de base avec cette analyse, c’est qu’elle oublie à quel point la censure et le mépris des opinions contraires font partie de l’ADN de tout ce qui est à gauche. Dire de la gauche qu’elle a malencontreusement censuré quelqu’un serait l’équivalent d’affirmer qu’un guépard a malencontreusement mangé une gazelle. La censure, la haine de la diversité, l’hostilité aux débats font partie de l’histoire de la gauche depuis que celle-ci a décidé qu’elle s’imposait en modèle de vertu et détentrice de l’ultime vérité.

l’archipel du goulag

S’il y a un livre que tout gauchiste devrait lire, c’est bien L’Archipel du Goulag, d’Alexandre Soljenitsyne. On y est témoin de la censure gauchiste dans toute son inhumanité, elle qui a atteint une telle perfection qu’il a fallu que ce livre s’écrive en secret et sorte clandestinement du pays où il a été rédigé. Soljenistyne, qui a été arrêté et envoyé au Goulag pour de simples lettres privées se moquant timidement du premier secrétaire soviétique, y a passé des années, et a été témoin des conséquences morbides et des conséquences terribles du pouvoir absolu concentré entre quelques mains.

Un individu accroche son manteau sur le buste de Staline ? Au Goulag ! Un autre punaise un journal et met la punaise sur le visage d’un chef soviétique ? Au Goulag ! Un chef de district est le premier à s’arrêter d’applaudir après une ovation debout de onze minutes quant aux géniales politiques du premier secrétaire ? Au Goulag ! Ton père est un Koulak, soit un ancien propriétaire terrien apte à bien exploiter celle-ci ? Au Goulag ! Ta mère ? Au Goulag ! Ton frère ? Au Goulag ! Au Goulag ! Au Goulag !

Soljenitsyne démontre, dans son œuvre, que le Goulag ne constitue pas une anomalie de l’Histoire, le fruit de la seule cruauté de Staline, mais s’est plutôt mis en place dès la révolution russe de 1917, sous Staline, et que les camps de concentration russes ont ensuite servi d’exemple à ceux des nazis.

À gauche, on ne lésine pas avec la dissidence, et il y a une raison fondamentale pour cela : de tout débat jaillit la vérité et la vérité détruit les thèses gauchistes comme de la glace sur le rebord d’une fenêtre en plein été.

la gauche a peur

C’est de cette vérité que la gauche a peur. S’il devait y avoir un débat, il serait possible de comparer les mérites de chaque position, d’opposer les faits, de considérer le bien-fondé des idées de chacun. La droite, traditionnellement plus décentralisée, n’a pas à soutenir un agenda, à se faire le porte-étendard d’une vision étroite et renfermée ; elle peut se permettre de tirer dans tous les sens et d’absorber — ou de rejeter — librement ce qui lui convient. C’est pour cela que la droite est en ébullition depuis plusieurs décennies tandis que la gauche sent le vieux sous-sol miteux de l’est de la ville.

Quelle différence y a-t-il entre un Staline qui défend ses politiques cruelles par la nécessité de protéger la société soviétique des agitateurs capitalistes et un parti politique qui exclut des journalistes sous prétexte de protéger sa propre unité ? Il n’y a là qu’un ordre de grandeur ; il s’agit de la même idée consistant à affirmer qu’il serait acceptable de s’attaquer à la liberté individuelle d’une minorité pour défendre une vague notion de liberté collective pour la majorité.

N’est-il pas ironique que la gauche, toujours prête, en théorie, à défendre telle ou telle minorité, soit celle qui n’hésite pas à écraser n’importe quelle dissidence risquant d’affaiblir la majorité ?

Il y a dans la vie bien peu de certitudes, mais si j’en avais une, une seule, ce serait celle-ci : une société qui permet qu’on censure des journalistes, des professeurs ou des chercheurs est une société bien fragile. Idem pour un parti politique.

Quand on a peur des idées des autres, on affirme déjà ouvertement sa propre défaite idéologique.

L’industrie de la victimisation

Dans la catégorie « ce serait drôle si ce n’était pas la réalité », on apprenait hier que les étudiants de l’université de Georgetown, à Washington, ont approuvé un fonds destiné aux descendants d’esclaves qui avaient été vendus par l’université… en 1838. On forcera ainsi les 7000 étudiants actuels de l’université à cotiser à ce fonds pour tenter de « réparer » les erreurs du passé. L’industrie de la victimisation a été créée.

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Il y a quelque chose de profondément malsain d’une part à pénaliser des étudiants d’aujourd’hui pour une action ayant été commise il y a près de deux siècles, à une époque où les valeurs étaient différentes, et d’autre part à donner cet argent à des gens qui n’ont rien fait d’autre pour le mériter que d’avoir des ancêtres leur permettant de toucher l’argent.

De quel droit, par exemple, le fait d’avoir un arrière-arrière-arrière-grand-père ayant été vendu comme esclave devrait donner droit à une compensation ? Si on suit cette logique, les Chrétiens ne pourraient-ils pas exiger des réparations de la part des descendants des Juifs qui ont tué Jésus ? Les Québécois pourraient-ils en demander aux descendants des Anglais qui ont pris Québec en 1759 ? Est-ce que je peux demander des réparations à Pierre-Jean-Jacques parce que son grand-père devait de l’argent à mon grand-père ? Où cela s’arrête-t-il ?

Cette folie crée une sorte de classe aristocratique de parvenus récoltant de l’argent qu’ils n’ont pas mérité et qui leur est dû simplement par une espèce de droit du sang anachronique basé sur la culpabilité des autres.

les dérives du marxisme social

Tout cela ne fait aucun sens pour qui n’est pas initié au merveilleux monde du marxisme social. En clair, le marxisme économique ayant été, au tournant des années 1970, tout à fait discrédité par les expériences stalinistes et maoïstes — le communisme a tué près de cent millions d’êtres humains, doit-on le rappeler ? —, a été remplacé par un marxisme social transposant simplement la lutte des classes au domaine identitaire, et n’opposant plus simplement les prolétaires et les bourgeois, mais n’importe quel groupe d’opprimés et d’oppresseurs.

Par ce tour de passe-passe, il devient possible de définir n’importe quel groupe selon cette opposition. Il n’y a plus d’individus, plus de logique. Il n’y a que le pouvoir. Définissez un groupe — n’importe lequel — et vous pouvez déterminer un affrontement opprimé contre oppresseur. Les homosexuels ? Opprimés. Les hommes blancs ? Oppresseurs. Les transgenres ? Opprimés. Les Occidentaux ? Oppresseurs. Les immigrants ? Opprimés. Il est possible de diviser en catégories toujours plus petites chaque groupe, presque jusqu’à l’individu, pour le faire rentrer dans cette logique. La société en entier s’effondre selon cette logique. Il n’y a plus de vivre-ensemble, mais une éternelle lutte pour savoir qui est la plus grande victime.

Ce marxisme social a pris d’assaut nos universités. Comme l’explique le génial Jordan Peterson :

« Nous avons financé par des fonds publics les porteurs d’idées postmodernistes gauchistes et extrêmement radicales qui veulent à tout prix démolir le fondement de la civilisation occidentale. Et ce n’est pas une illusion paranoïaque. C’est leur but qu’ils ne cachent pas »

On aurait tort de croire que le cas de l’université de Georgetown est unique. Loin de là. Même ici, le cancer du marxisme social sévit. Pas plus tard qu’hier, on apprenait que l’Association facultaire des étudiants en sciences humaines de l’UQAM se dotait du logo ci-bas.

Tout est y est : les couleurs de la fragmentation sociale, la faucille du communisme — 100 millions de morts —, le logo anarchiste, et même l’idée de la lutte. Comprenons : il fut un temps où l’université était un lieu d’apprentissage, où l’étudiant étudiait humblement le savoir transmis par les générations précédentes, afin d’espérer, un jour, l’enrichir lui-même. Avec le marxisme social, tout cela est bien terminé : l’université constitue un lieu de lutte ! Le pouvoir, toujours le pouvoir !

renouer avec l’individualisme

La seule manière de s’opposer à ces dérives consiste, selon moi, à renouer avec notre individualisme. Si ce mot est si honni de la part des postmodernistes et autres gauchistes, c’est parce qu’il constitue le talon d’Achille de toute leur idéologie. Tant que les gens acceptent d’être définis par leurs différences ou leurs caractéristiques sociales — orientation sexuelle, couleur de la peau, ancêtres esclaves, ancêtres esclavagistes, etc. — ils demeurent précisément des esclaves de leur statut d’opprimé ou d’oppresseurs.

Par contre, s’ils renouent avec leur individualisme, s’ils reconnaissent qu’ils ne sont ni leur orientation sexuelle, ni la couleur de leur peau, ni leurs ancêtres, ils se libèrent de ces luttes de pouvoir et reprennent le contrôle de leur vie. Ils ne sont plus des victimes, des personnes devant être privilégiées ou compensées, des écrous dans la machine de l’industrie de la victimisation, mais des individus pleinement maîtres de leurs actions et qui n’ont qu’eux à regarder pour déterminer leurs succès ou leurs échecs.

L’individualisme, quoi qu’on en dise, se trouve à la base de notre civilisation chrétienne, et c’est par ce pouvoir de l’individu, lui qui décide qu’il a le droit de s’épanouir selon sa pleine conscience et non pas en tant que maillon d’une chaîne de la médiocrité, que se sont créées les plus belles réussites de l’humanité.

Ce n’est pas le rôle d’une université de constituer un terrain de lutte ou de réparations. Sous prétexte de penser à réparer le tort commis à des esclaves il y a deux siècles, ces étudiants deviennent eux-mêmes esclaves d’une lutte de pouvoir. L’université devrait redevenir un lieu d’apprentissage.

Tiens, pourquoi ne pas commencer par asseoir tous ces gens dans une salle où on leur expliquerait les conséquences désastreuses des principaux systèmes collectivistes du vingtième siècle ?

Ce serait déjà un début.