Mois : juin 2002

Un grand pas en avant

Au cours des dernières années, on a souvent critiqué, avec raison, plusieurs projets douteux du gouvernement québécois. Du virage à droite aux feux rouges aux fusions municipales en passant par des compressions en santé et autres, le gouvernement du Parti québécois a la plupart du temps été sous le feu de la critique durant ses deux derniers mandats.

Cependant, il faut rendre à César ce qui appartient à César. La loi antipauvreté, et plus spécifiquement le revenu de solidarité, est un grand pas en avant, une mesure concrète et social-démocrate qui permettra à des milliers de personnes vivant dans une pauvreté intolérable de pouvoir vivre avec un peu plus de dignité. Même si le projet est limité et n’inclut pas tout le monde, il faut y voir un progrès significatif et un autre signe selon lequel il est possible de faire les choses différemment au Québec.

De plus, ce projet a l’avantage d’être un investissement durable et majeur d’argent dans la collectivité. En effet, les millions de dollars ainsi remis aux plus pauvres seront dépensés dans les quartiers, dans les épiceries, dans des magasins de vêtements, dans des commerces locaux. On est très loin des mesures de droite d’un certain parti «en progression fulgurante» qui, avec son projet de taux unique d’impôt, entend favoriser les plus riches, dilapidant ainsi notre argent en direction de banques étrangères, en biens de luxe divers et autres achats. En clair, chaque dollar remis à une personne pauvre revient beaucoup plus vite dans l’économie qu’un dollar donné à un riche. Le projet du gouvernement est donc aussi un projet économiquement positif.

Depuis plusieurs années, le gouvernement québécois ressemblait de plus en plus à un gouvernement traditionnel de droite, d’ailleurs peu à l’écoute des citoyens, mais ce projet, même si plusieurs le qualifient d’électoraliste, saura redonner un peu de vie à des milliers de Québécois que les différentes compressions des dernières années ont affectés.

La montée «fulgurante» d’un tiers parti aura finalement forcé le gouvernement à se repositionner sur l’échiquier politique et à établir clairement qu’il rejette les valeurs d’exclusion et d’intolérance et qu’il croit encore à la social-démocratie. Ce n’est qu’un début, espérons-le. Chapeau, M. Landry!

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