Mois : septembre 2007

L’ADQ au prise avec ses incohérences

Dans une énième démonstration d’opportunisme politique, Mario Dumont, lors du congrès de l’ADQ se tenant en fin de semaine, a décidé cette fois-ci de surfer sur l’environnement. Sauf qu’encore une fois, il est au prise avec ses propres contradictions.

Ainsi, lorsqu’il annonce vouloir présenter un plan plus ambitieux que celui du PLQ pour respecter le protocole de Kyoto, il oublie qu’une de ses promesses de tout temps a été de réduire le nombre de fonctionnaires et de laisser agir les forces du marché (ce n’est pas pour rien que c’est un parti de droite). Alors, comment inciter les entreprises à moins polluer, si c’est plus rentable de polluer, sans avoir des fonctionnaires pour s’assurer que les entreprises polluent moins? Car c’est bien beau dire « moins d’État » tout le temps (ce point très commun entre les Néolibéraux et les Libertariens), mais on ne peut pas à la fois réduire l’État et se servir de lui comme levier pour atteindre un objectif social important.

Une autre occasion de rigoler: le projet de train à haute-vitesse entre Windsor et Québec. Et bombien coûterait un tel projet? Voici ce qu’a répondu Simon-Pierre Diamond, non seulement le plus jeune député de l’histoire récente du Québec mais qui en plus du haut de son inexpérience est responsable de l’environnement:

« Actuellement, nous ne sommes pas rendus aux chiffres, mais l’important, c’est de mettre la priorité sur l’environnement. »

Ah bon. Tiens donc, moi aussi j’ai un projet. On pourrait donner un chèque de 100 000$ à tous les Québécois pour régler le problème de la pauvreté. « Je ne suis pas rendu aux chiffres, mais l’important, c’est de mettre la priorité sur la lutte à la pauvreté ». Hey, ti-coune, c’est foutrement important les chiffres quand tu aspires à gouverner une nation!

Tout ça n’est pas sans nous rappeler le dernier débat des chefs, où Mario Dumont était pris pour défendre un cadre financier de l’épaisseur d’une recherche sur les pandas d’un élève de cinquième année primaire. Et c’est ce gouvernement qui aspire à nous gouverner?

Malheureusement, on constate encore une fois que l’ADQ et son leader maximo, el general Dumont, en sont restés au stade de la critique et de l’opposition. Alors que ce parti pourrait agir en tant que prochain gouvernement et réellement proposer des mesures concrètes, il se contente encore une fois de surfer sur ce qui est populaire et il ne se donne même plus la peine d’être cohérent ou de chiffrer ses engagements.

Quoi que dans le cas de l’ADQ, il faut être bien sûr d’écrire le mot « engagement » dans de la glace; on ne sait jamais ce dont les sondages seront faits demain et quelle position diamétralement opposée le parti décidera de suivre à ce moment!

L’Histoire nous a bien appris à ne pas faire confiance aveuglément à un parti dont toutes les politiques viennent du chef, qui lui peut changer d’idée n’importe quand.

Mais a-t-on vraiment appris?

Pétition exigeant le renvoi de Pierre Morin

Même si Pierre Morin a fermé son blogue, il est important de ne pas le laisser s’en tirer aussi facilement. Non pas par vengeance, mais par soucis de transparence et pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise. Voici pourquoi je vous invite à signer cette pétition.

Celle-ci est adressée au chef de l’ADQ, non seulement parce qu’il est en situation d’autorité sur M. Morin, mais aussi et surtout parce que c’est lui qui a récompensé M. Morin (qui opérait sous le pseudonyme de « MisterPi » pour sa campagne de dénigrement opérée pendant la dernière campagne électorale.

A l’attention de : Mario Dumont, chef de l’Action Démocratique du Québec

Nous exigeons le renvoi immédiat de Pierre Morin, chef de cabinet du troisième vice-président de l’Assemblée nationale et employé de l’Action Démocratique du Québec, pour avoir manqué à son devoir en s’occupant d’un blogue intitulé Les dessous… de la politique sous une identité frauduleuse (une soi-disant « Élodie Gagnon-Martin ») et où il tenait des propos orduriers et diffamatoires à l’encontre des adversaires de l’ADQ.

Il est inacceptable dans une démocratie qu’un individu travaillant au parlement et occupant une fonction importante dans l’appareil législatif puisse occuper parallèlement de telles activités méprisantes. M. Pierre Morin n’est pas un citoyen comme les autres; il a un poste qui lui demande un devoir de réserve et il n’en a pas tenu compte en occupant (anonymement) le blogue pré-cité.

Pour toutes ces raisons, nous croyons que M. Pierre Morin doit être démis immédiatement de ses fonctions.

Veuillez faire circuler cette pétition. Nous avons un devoir moral de nous opposer au détournement de la démocratie opéré par Pierre Morin et à sa campagne de salissage opérée anonymement pour le compte de l’ADQ.

AJOUT: Certaines personnes seront peut-être tentées de dire: « bon, il est démasqué, c’est fini, on passe à autre chose ». Ces gens ont tort et ceux qui pensent ainsi sont des gens qui ont peur d’aller jusqu’au bout et d’être cohérents avec eux-mêmes. Car être cohérent, c’est de se dire à soi-même et au monde que ce qu’on dénonce on ne le fait pas pour des raisons partisanes, mais bien parce que c’est la fonction qui est incompatible avec les conneries écrites sur un blogue. En d’autres mots: on aurait fait pareil si le blogueur avait été au service du PQ ou d’un autre parti.

Malheureusement, dans certains milieux péquistes, on ne semble pas avoir à coeur nos institutions démocratiques et le respect de notre parlement. On préfère la real politik; on préfère que Pierre Morin demeure au parlement, mais les mains liées, plutôt que de le voir sur le chômage à temps plein et avec toute la journée pour bloguer. Si cet argument se tient d’un point de vue pratique, il est bien la démonstration que ceux qui le tiennent ont davantage peur de Morin que quoi que ce soit d’autre et qu’à leurs yeux nos instititutions ne valent pas la peine qu’on les défende.

En outre, ils donnent l’impression d’être davantage intéressés par un règlement de compte contre quelqu’un s’attaquant régulièrement à leur parti que de dénoncer un geste sans transparence et qui mine la confiance qu’ont les citoyens envers ceux qui occupent notre parlement. À moins, bien sûr… qu’ils espèrent eux-mêmes un jour se faire engager par un parti politique pour bloguer « undercover »? Car si on congédie Morin pour ses conneries, ceux-ci peuvent dire adieu au même rôle pour le PQ, par exemple.

Dans tout ce dossier, il y a une chose qui est plus importante que toutes les autres: le parlement doit être un sanctuaire où ceux qui y travaillent sont au-dessus de toutes manoeuvres de salissage et de campagnes de dénigrement partisanes comme celle entreprise par M. Morin.

Si on accepte que Morin continue à travailler au parlement malgré ce qu’il a fait, on lance le signal clair que c’est acceptable de le faire et on incite d’autres à le faire. La seule façon d’empêcher une telle situation de se reproduire est de renvoyer Pierre Morin. Sinon, on est complice par le silence de ses actions et on se prépare pour le prochain épisode avec peut-être de nouveaux acteurs mais la même utilisation de fonds publics et d’espace public pour faire de la diffamation sur des adversaires politiques.

Victoire!

Ça y est, Pierre Morin, alias Élodie G. Martin, vient de (re)fermer son blogue. Faut dire, il n’avait plus vraiment le choix, car la pression était très forte, non seulement de la part des blogueurs, mais aussi depuis qu’Antoine Robitaille, du Devoir, était sur l’affaire.

D’ailleurs, elle a censuré un de ses commentaires sur son blogue, tel que cité par la chronique Sur le Web, de Radio-Canada:

« Je ne tire aucune conclusion dans mon texte. J’expose une bonne histoire bien de notre époque. Si vous n’avez pas de couille, comme vous le prétendez, vous me téléphonez, on se rencontre IRL et on fait connaissance. Je suis prêt à publier un texte avec photos de la vraie Élodie Gagnon-Martin. Pensez-y : ça fermerait la trappe à ces «ragots écrits sur d’obscurs blogues». Et ça vous ferait une autre maudite belle pub. On pourrait voir vos yeux verts. »

J’ai moi-même fait quelques recherches, et voici deux adresses IPs utilisées par la/les personnes derrière ce blogue: 24.203.116.20 et 74.59.5.67 Ce sont deux adresses situées à Montréal et appartenant à Vidéotron, ce qui rend de plus en plus probable l’idée d’une aide externe pour permettre à Pierre Morin d’effectuer ses campagnes de salissage contre les adversaires de l’ADQ sans laisser de trace de son bureau du parlement.

Qu’est-ce que ça signifie, cette fermeture du blogue de Élodie G. Martin? Ça signifie que Pierre Morin ne peut pas se permettre d’être sous les feux de projecteur et que l’ADQ n’a pas besoin de se faire blâmer publiquement pour avoir eu des gens sur son payroll qui entretiennent des outils de diffamation contre leurs adversaires. Ultimement, si le blogue n’avait pas été fermé, on aurait peut-être pu assister à des poursuites.

Des gens diront peut-être qu’il s’agit d’une tempête dans un verre d’eau. Pas d’accord: les blogues ont de plus en plus d’influence et il n’est pas normal en démocratie qu’un individu au service de l’État dans des fonctions officielles travaille « undercover » à salir les adversaires politiques de son parti.

C’est donc une petite victoire dans la blogosphère, mais une grande victoire politique, et la preuve, encore une fois, de l’immaturité de l’ADQ et de son incapacité à jouer franc-jeu avec la population. Car si ce parti est capable d’accepter des idiots comme Pierre Morin dans ses rangs, et est capable de donner à celui-ci un poste important au parlement, et ensuite de lui permettre de continuer ses idioties, de quoi sera-t-il capable au pouvoir?

« Élodie Gagnon-Martin » payé(e) par l’État?

Ça faisait quelque temps qu’on en parlait entre blogueurs souverainistes. Voici maintenant que le Devoir, sous la plume d’Antoine Robitaille, a décidé de coller ensemble tous les morceaux du casse-tête. Et le résultat est assez surprenant: il y a une très forte possibilité qu’Élodie Gagnon-Martin, l’auteure du blogue-poubelle Les dessous… de la politique, soit en fait MisterPi, un blogueur qui avait contribué, selon lui et ses amis de l’ADQ, à la bonne performance du parti aux dernières élections, et qui occupe présentement un poste au parlement.

La nouvelle est BIG. Qu’un homme qui est payé par les contribuables dans sa fonction au parlement occupe un blogue officiellement, il n’y a rien de mal. Mais qu’il travaille anonymement pour insulter ses adversaires politiques, à même les deniers publics, voilà qui est troublant.

Mêmes sujets, mêmes thèmes, même blogoliste, mêmes erreurs d’accord du sujet féminin, mêmes caricatures; ce blogue est presque la copie conforme de ce que faisait MisterPi. Sans oublier que l’auteur(e) a publié de nombreux commentaires reliés à la circonscription de Joliette (lieu d’origine de Pierre Morin, alias MisterPi) et que Gilles Taillons, vice-président de l’ADQ, réagit occasionnellement sur son blogue. Et jusqu’à tout récemment, le blogue-poubelle avait le même aspect visuel mettant l’emphase sur un des yeux du soi-disant auteur (étrangement le design a été changé au cours des derniers jours, alors que la discussion sur la véritable identité d’Élodie G. Martin faisait rage dans la blogosphère).

Suite à ces révélations, je crois que l’ADQ devrait obliger Pierre Morin à fermer ce blogue. Les contribuables n’ont pas à payer le salaire de quelqu’un qui a toute la journée devant lui pour bloguer au service d’un parti.

Élodie, tu es démasqué. Moi non plus, je n’accorde pas bien au féminin, mais c’est bien parce que tu es un homme. Un homme au service de l’ADQ et qui gère un blogue-poubelle sur le bras des contribuables.

La fin de partie

Il semble de plus en plus probable que les États-Unis vont attaquer l’Iran. Il y a quelques semaines le Courrier International expliquait neuf indices qu’une guerre se préparait, et aujourd’hui on apprend par le Canard enchaîné que les services secrets russes on averti l’Iran qu’une attaque était imminente.

En clair, le plan israélo-américain serait de procéder à des attaques furtives contre les installations nucléaires (civiles) iraniennes, et ce avant la fin de 2007. Voilà pourquoi Moscou a livré des armes antiaériennes à Téhéran.

Mais un autre signe qui ne ment pas, c’est cette tournée américaine du président iranien Ahmadinejad, qui joue très gros et espère empêcher les États-Unis d’attaquer le pays avant qu’il n’ait complété la construction d’une arme nucléaire lui permettant d’assurer son auto-défense.

Mais ultimement, ne nous trompons pas. L’enjeu n’est pas le nucléaire. L’enjeu, c’est le pétrole. Comme je l’affirmais dans Made in China le véritable but des États-Unis est de s’accaparer des dernières ressources de pétrole de la planète en prévision du pic pétrolier (le moment où on atteint le maximum absolu de production de pétrole à l’échelle mondiale, mais dont l’aspect le plus dangereux est ce moment où l’offre de pétrole ne suffit plus à la demande) et d’empêcher la Chine et l’Inde de pouvoir avoir accès à suffisamment de pétrole pour assurer un développement économique leur permettant, à terme, de surclasser les États-Unis.

Car dans un contexte où le pétrole sera une denrée de plus en plus dispendieuse (et rare), seuls les pays assurant leur accès à cette source capitale d’énergie seront en mesure d’être compétitifs. L’enjeu, pour les États-Unis, est donc de s’assurer d’être le dernier pays en possession de pétrole à bas prix quand la crise économique, résultante de l’explosion des coûts de l’or noir, frappera.

L’Irak, l’Iran, l’Afghanistan, les républiques du Caucase, le Pakistan (malgré les démentis, les services secrets pakistanais, qui ont notamment été impliqués dans le financement des attaques du 11 septembre 2001, sont pratiquement une création de la CIA)… Washington s’installe un peu partout dans la région et bloque toute voie qui puisse permettre à la Chine de s’approvisionner en pétrole à long terme. Et quand le pétrole coûtera 200$ le baril – et il VA coûter 200$ le baril d’ici quelques années – les États-Unis seront en excellente position pour maintenir leur empire et auront déjà leurs soldats-pions sur place pour protéger leurs intérêts pendant que les pays émergents annihilent leur croissance dans la recherche désespérée d’énergie.

Aux échecs, on appelle ça l’analyse d’une transition vers la fin de partie. Quand il y a moins de pièces sur le jeu et qu’il ne suffit plus de penser en terme de calculs tactiques à court terme mais plutôt en concepts stratégiques à long déploiement et aux conséquences de ceux-ci, il faut non seulement imaginer les transformations possibles en terme de matériel existant, mais l’aspect du jeu après de nombreux échanges effectués. Bref, il faut prévoir la fin de partie, ce moment où il ne reste plus que quelques pièces et où les objectifs de chacun sont clairs et précis et où seule la bonne application de la technique peut vaincre.

Cette fin de partie, c’est celle du monde de l’après-pétrole à bas prix et cet échiquier, c’est notre planète.