Mois : octobre 2007

Quelle justice? (II)

(Avertissement: ceci est un texte plutôt personnel. SVP si vous aimez pas, abstenez-vous de commenter, car anyway c’est probablement pas le dernier texte si j’en juge pas mes mésaventures avec le « fémino-fascisme » (dixit davidg)).

Le 22 août dernier, j’écrivais un texte assez personnel où j’expliquais de quelle façon il me semble que les hommes n’ont pas le moindre pouvoir en matière de justice conjugale. J’écrivais aussi de quelle façon je m’étais fait traiter comme un moins que rien par l’agent Marc Gagné (#4572).

Et bien, oui, c’était encore lui qui venait sonner chez moi tantôt. Il monta les marches, avec son air de porc frais que j’imagine être son air normal, et il commença à me menacer: « si tu recontactes ton ex, si tu lui parles, ou quoi que ce soit, on t’embarque pour harcèlement criminel et menaces ». J’étais là à le regarder, et je me demandais: « as-tu toujours été un si mauvais policier, Marc Gagné, plein de préjugés et incapable de voir qui est la vraie victime dans cette histoire? »

Récapitulation.

Quand mon ex est partie, ça a été difficile. Les derniers jours, elle vargeait dans ma porte de chambre (heureusement barrée), elle me bloquait le chemin, me graffignait, criait au meurtre (même les voisins sont contents qu’elle soit partie et depuis son départ ils m’ont même tricoté des chaussettes pour l’hiver), et elle m’a même mordu. Difficile, c’est pas le mot. Ce fut infernal. Et ensuite son père qui est débarqué, qui m’a frappé, poussé, et le policier Gagné qui m’a foutu à la porte de chez moi et a tout gobé de la version des deux autres, me disant que c’est une plainte croisée qui se produirait puisque les deux porteraient plainte contre moi si je portais plainte.

Alors j’ai fermé la gueule. De toute façon, que vaut la parole d’un homme contre une femme dans ce système de justice?

Il y a environ un mois, Émilie s’est pointée de nouveau chez moi, avec son père, A. Paré. De quoi il a l’air son pôpa? Hmm… Disons un pitbull enragé mais en moins sympathique. Ils voulaient faire l’échange de nos choses, mais moi ça ne m’adonnait pas du tout cette journée-là, mais vraiment pas du tout. Alors je suis parti faire un tour pour ne pas les voir, et ils ont essayé de rentrer quand j’étais pas là, même que mon coloc a dû être plus que persuasif pour les faire partir. Sauf qu’ils sont restés là, et quand je suis revenu, son père m’a couru après comme un enragé et a essayé d’entrer. Bon, disons en partant, c’est quand même particulier d’avoir à faire affaire avec le papa d’une fille de 24 ans, surtout quand le père est violent et a été dans une secte, alors c’était une situation surréaliste où le pitbull avait le pied dans la porte et où je lui disais de partir, mais lui continuait, me harcelait. J’ai néanmoins pu profiter d’un moment d’inattention de l’animal pour lui fermer la porte au nez. (Notons au passage que mon ex avait menti au pitbull en lui faisant croire que je l’avais suivie pour connaître son adresse, alors qu’elle m’avait laissé la raccompagner de son plein gré.)

Ça en reste là.

Deux semaines plus tard, soit il y a deux semaines, Émilie revient chercher ses trucs chez moi. On s’explique, et je lui donne toutes ses affaires, sans exception. Je lui dis que je le fais parce que j’ai confiance qu’elle me redonnera les miennes plus tard et que je ne veux pas avoir à jouer à l’enfant en retenant ses choses en otage en attendant les miennes. Je lui ai fait confiance.

Et j’ai eu tort.

Aujourd’hui, deux semaines jour pour jour, je la contacte par courriel pour lui demander mes choses. J’ai attendu deux semaines pour lui laisser du temps. Je la contacte par MSN lorsque je la croise, et elle me répond: « je ne les ai plus tes choses ». Hé oui, elle a donné mes choses! Bon, ok, ce ne sont qu’une paire de vise grips, une robe de chambre hyper-confort et 2-3 gossins, sans oublier le compte d’hydro qu’elle a jamais payé. Mais le principe: elle a donné mes choses! Quand même!

Alors on s’explique par courriel, on discute, et je lui demande mes choses, et elle me dit d’oublier ça. Alors je lui dis que je passerai chez elle les chercher. Et elle me dit: « sinon quoi? ». Et je lui dis: « sinon rien, je viens simplement chercher ce qui m’appartient ». En clair, quand tu donnes ce qui ne t’appartient pas, la moindre des choses est de racheter l’équivalent à la personne lésée.

Donc, avant de lui envoyer une mise en demeure pour la cour des petites créances, je devais avoir son adresse exacte. Et je suis allé chez elle. C’était la première fois que j’allais chez elle depuis qu’elle est partie (je l’avais raccompagné une fois devant chez elle, de son plein gré, mais sans aller sonner ou chercher à entrer). J’ai sonné trois fois, elle a ouvert la fenêtre d’en haut et m’a demandé de partir sinon elle appelerait la police. Je lui ai alors simplement dit que je voulais mes affaires, et elle a alors appelé la police. Je lui ai dit qu’on se reverrait en cour et je suis parti.

Deux-trois heures plus tard, qui vient sonner chez moi? Et oui, l’agent Marc Gagné (le même fendant que le 22 août dernier), et il vient me menacer. Il a cru à 100% les mensonges de mon ex (qui m’accusait de la harceler… pour moi un téléphone pour ravoir mes choses et 2 courriels après deux semaines, ce n’est pas du harcèlement) et il m’a dit qu’il pouvait m’embarquer pour harcèlement et menaces. Il m’a dit que mes courriels étaient menaçants, alors que tout ce que j’ai écrit c’est que je connaissais son adresse et que j’irais la voir pour ravoir mes choses.

Alors j’ai voulu discuter avec Marc Gagné, mais on ne discute pas avec Monsieur-la-loi. De toute façon, son idée était faite. Dans sa petite tête de policier unidimensionnel je cadrais avec son scénario de l’ex qui ne veut pas se détacher et qui harcèle, etc. Ça ne lui a sûrement pas effleuré l’esprit que je voulais juste ravoir mes affaires et que l’autre est une menteuse compulsive. Non, faut pas déstabiliser l’esprit étroit de la police.

Mon coloc était sidéré. Il me disait: « merde, de quel droit il vient te dire ça, te menacer et tout, merde! ». Et après mon téléphone sonne: c’était mon père. Marc Gagné avait appelé mon père (ouh-la-la… à mon âge ça m’a bien fait rigoler.. lui aussi peut-être) pour lui dire de me dire d’arrêter, et je cite, « de harceler mon ex ». Faudra sûrement qu’on m’explique: aller sonner une fois chez une voleuse pour ravoir ses choses, c’est du harcèlement. Mais quand la voleuse vient chez moi avec son père, bloque l’entrée, essaie de rentrer de force, là ça c’est correct? C’est ça la vision de la justice de l’agent Marc Gagné?

Je ne sais pas trop encore ce que je vais faire. J’ai déjà envoyé une mise en demeure à mon ex lui donnant 10 jours pour me donner la valeur de ce qu’elle m’a volé. Et j’ai fait imprimer un formulaire de la déontologie pour porter plainte contre l’agent Gagné.

Et le plus drôle, c’est que je suis tellement en colère que je ne suis plus certain contre qui en premier. Contre Émilie, une voleuse, menteuse et manipulatrice qui m’a volé mes choses et qui se la joue devant la police? Contre Marc Gagné, un petit policier sans jugement qui est incapable de sortir de ses cadres conceptuels et qui fait de l’intimidation une méthode de travail? Ou contre le système de justice, qui, parce que je suis un homme, ne me donne pas la moindre des chances et me pousse au désespoir?

Ou peut-être un peu de tout. Ou peut-être que si le système de justice allait mieux, le reste irait mieux? Si les policiers n’étaient pas des sexistes si prompts à prendre pour du cash tout ce que disent les femmes; si les juges n’appliquaient pas le deux poids, deux mesures, favorisant systématiquement les femmes; s’il existait de bons mécanismes pour que les victimes (hommes) puissent dénoncer leur ex-conjointe quand c’est elle qui est dans le tort?

Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c’est que le système est pourri, que je n’ai pas la force de me battre contre, mais que je ne vais pas hésiter à porter plainte contre ce petit Napoléon hautain et méprisant et qui est venu me faire la morale chez moi en bombant le torse et en me menaçant de m’embarquer.

Si ça se trouve, une plainte à la déontologie ça ne mènera nulle part. Sauf qu’au moins, je pourrai me regarder dans le miroir et je saurai que j’aurai fait mon possible contre un système pourri engendrant des policiers pourris qui protègent les criminelles et s’attaquent aux victimes.

Et l’autre, l’ex, chose… Là encore, j’irai en cour des petites créances pour ravoir mes choses. Elle fera très certainement son numéro de la victime, elle mentira et demandera à son père de mentir, et le juge la croira très probablement.

Mais au moins, j’aurai la certitude et la conviction profondes que c’est le système qui est pourri et que les masculinistes ont raison de vouloir le changer. Et je saurai que elle, elle tombera sur un homme un peu moins mou que moi, qui n’acceptera pas de se laisser marcher sur les pieds et qui lui remettra les idées solidement en place. Peu importe la suite des choses pour ce malheureux qui aura osé se faire respecter…

La majorité a raison (André Pratte n’aime pas la démocratie)

J’aurais voulu en parler plus tôt, mais j’ai beaucoup travaillé en fin de semaine, ayant notamment passé mon samedi soir à servir des immigrants incapables de dire « bonjour », « merci », ou de dire n’importe quel mot de français même après des années ici. Avez-vous lu le dernier torchon de André Pratte? Voici quelques extraits de sa dernière merde, intitulée « La majorité a tort ».

Même si on leur posait des questions plus directes, les Québécois francophones se montreraient peut-être favorables au projet de loi de Mme Marois. Cela ne donnerait pas davantage raison à la leader péquiste. On parle ici des droits des minorités. C’est justement pour protéger les minorités de la «dictature de la majorité» qu’existent les chartes des droits.

On ne prive pas une minorité de ses droits pour satisfaire les fantasmes de militants déçus, ni même pour calmer la paranoïa de la majorité.

Ok, dans le désordre, démêlons cette désinformation.

Premièrement, M. Pratte invalide l’argument selon lequel la majorité aurait bien choisi en laissant sous-entendre que les questions du sondage, démontrant que la majorité des Québécois appuient le projet du PQ, auraient été imprécises, induisant ainsi la population en erreur. Mais c’est ce même André Pratte qui, à d’autres moments, va se servir de sondages pour faire valoir les intérêts du privé, de baisses d’impôts ou autres mesures néolibérales. Comme quoi on dit bien ce qu’on veut dire…

Ensuite, en mettant l’accent sur la « protection des minorités », c’est la démocratique que M. Pratte invalide. Une charte défendant les minorités contre des exagérations de la majorité, personne n’est contre. Mais de faire passer un test de français aux immigrants n’est pas tout à fait de la torture. Bref, sous prétexte de défendre la charte, M. Pratte démontre son peu de respect pour la démocratie qui est, qu’on le veuille ou non, une dictature de la majorité. Ce n’est peut-être pas le meilleur système, mais c’est de loin le moins pire.

Finalement, les immigrants n’ont pas à avoir le « droit » de venir ici, de parasiter notre mode de vie et de lever le nez sur nos valeurs, d’engorger nos tribubaux avec leurs demandes d’accomodements et de cracher sur notre langue. Immigrer au Québec est un privilège, et non un droit. Il n’est pas question de soulager la paranoïa de la majorité, comme l’affirme le bouffon de Gesca inc. (Power Corporation), mais bien d’inciter positivement les immigrants à s’intégrer, en leur imposant d’apprendre le français et de mieux connaître nos valeurs.

Peut-être que si André Pratte sortait de son VUS ou de sa grosse baraque pour venir faire un tour rue Décarie à Ville Saint-Laurent, il aurait une autre vision des choses. Parce que ce que moi j’y vois – et ce n’est pas le seul endroit à Montréal – est une majorité d’immigrants qui ne veulent rien savoir d’apprendre le français, et une majorité de Québécois trop lâches pour leur imposer notre langue et nos valeurs.

Le fait que Gesca et Power Corporation mobilisent ainsi tous leurs laquais pour détruire le projet du Parti Québécois ne fait que démontrer à quel point ce projet est non seulement utile, mais indispensable.

J’ai toujours été très critique du Parti Québécois, mais s’il place ce projet au coeur de son programme électoral lors des prochaines élections, il ne fait plus de doute dans mon esprit qu’il aura mon vote (en autant qu’il n’adopte pas trop de politiques néolibérales en contre-partie).

Parce que la majorité a raison de s’inquiéter pour sa langue et sa culture. Met ça dans ta pipe, André Pratte.

Acidenitrix et Suelburnus Dumont

Peut-être que si Mario Dumont passait un peu moins de temps à lire des bandes dessinées et peu plus à organiser son parti pour qu’il ait l’air moins juvénile et inapte à gouverner, il n’aurait pas l’air d’un tel idiot. Car en comparant les Libéraux à Assurancetourix, les Péquistes à Obélix et les Adéquistes à Astérix, il ne fait que confirmer ce qu’à peu près quiconque a un minimum de culture politique est à même de réaliser: l’ADQ est une vraie joke, un simili parti politique dirigé par un grand bouffon qui a manqué sa carrière.

Mais j’ai une suggestion pour notre bouffon national. Au lieu de se comparer à Astérix, je comparerais plutôt l’ADQ à Acidenitrix.

« L’affreux Acidenitrix, avec sa tête de hareng et sa nauséabonde odeur corporelle à l’avenant, sème tel l’autre infâme Detritus la zizanie sur son passage. »

Dumont, tout comme Acidenitrix, est un personnage charismatique, qui pointe le doigt pour accuser ou qui fait de grands gestes pour illustrer ses propos. Il est charismatique, et au lieu de se servir de ce charisme pour être utile à sa société, il préfère semer la zizanie un peu partout et il serait prêt à vendre ses concitoyens pour un peu de gloire personnelle.

Soudainement, j’ai une pensée pour tous ces gens, surtout en région, qui ont voté pour ce clown.

* * *

Mais pourquoi s’arrêter à un personnage. Dumont avait l’embarras du choix pour se comparer. Tiens, par exemple, le gouverneur de la Corse, cette province distincte semi-autonome, Suelburnus:

Suelburnus intervient dans Astérix en Corse. Il ordonne l’arrestation de Ocatarinetabellatchitchix, un rebelle corse qui a décidé de ne pas se laisser ruiner par les impôts de César.

Suelburnus porte bien son nom : quel poltron !

Traits de caractère :
Suelburnus est un lâche : il projette de trahir ses hommes, les laissant défendre des entrepôts vides, pendant qu’il quitte la Corse avec la recette des impôts.

Dumont, comme tout bon gouvernement provincialiste (pour ne pas dire duplessiste) et de droite qui se respecte (même s’il ne s’assume pas trop), entend dépecer l’État pour le vendre au plus offrant, empochant très certainement au passage quelques enveloppes sous la table. Au bout de deux mandats, quand le Québec en sera encore à essayer de recoller tout ce que l’ADQ aura détruit, lui il ira se la couler douce dans le sud, assis sur ses millions!

Et y a du monde qui a voté pour ça! (Misère…)

Bientôt, qui sait, avoir lu Astérix et Obélix sera peut-être un prérequis faire partie de l’équipe de l’ADQ. Quoi que… Y a des députés adéquistes qui sont probablement trop jeunes ou illettrés pour savoir de quoi il est question! Tiens, comme ce Simon-Pierre Diamond, vous savez, le député de Marguerite-Bourgeois qui a à peine l’âge de voter et qui poussait des gens devant les micros pour faire passer ses idées vieillottes…

Les raccourcis de Lagacé

Patrick Lagacé remet ça ce matin:

Tiens, tiens, Bernard Landry égratigne le projet de loi de Pauline Marois sur la citoyenneté à deux vitesses.

Alors je me demande, là, comme ça, tout bouleversé, pensif, quelques trucs…

Bernard Landry est-il un colonisé ?

Bernard Landry est-il une marionnette à la solde des intérêts fédéralistes ?

Bernard Landry couche-t-il avec André Pratte ?

Ce que Lagacé ne dit pas, c’est que la principale critique de Landry concerne surtout les Canadiens hors-Québec qui viennent s’établir au Québec. Bref, il veut simplement modifier le projet de loi pour inclure ceux-ci. C’est tout.

On est loin, très loin d’une remise en question totale du projet.

De toute façon, je me demande ce que Lagacé pourrait y trouver de constructif de toute façon. Je lui ai écrit pour lui demander pourquoi il s’acharnait sur un projet aussi important pour l’identité québécoise, peut-être plus important encore que la loi 101, et il m’a répondu que « c’est un projet de merde ».

Et bien, peut-être devrions-nous échanger de travail pour une journée. Moi j’enverrai des tas de billets rapides et faciles toute la journée sur Cyberpresse, et lui ira travailler à Ville Saint-Laurent avec 50% des gens qui ne parlent pas français, même après des années ici. Peut-être que ça lui montrera l’urgence de la situation. Peut-être que d’être une minorité dans son propre pays, comme je le suis, lui ouvrira les yeux sur l’urgence de la situation.

Lagacé m’a répondu que la fin ne justifie pas les moyens. Et je lui ai répondu qu’on ne torturera pas ces gens, on va juste leur faire passer un test pour vérifier leurs connaissances et leur désir d’intégration à la communauté!

Je ne me souviens plus qui a dit qu’on va toujours trop loin pour ceux qui ne font nulle part. Et bien, pendant que Lagacé fait du sur-place et calomnie un projet hyper-motivant et intégrateur pour la culture québécoise, permettant d’espérer une meilleure compréhension de notre culture de la part des immigrants, le reste du Québec continue d’avancer.

Et plus nous distancerons des Lagacé, Pratte, Roy ou Dubuc (ou d’autres chroniqueurs de Gesca inc.), plus ceux-ci tenteront d’utiliser des raccourcis pour nous rejoindre. Mais ça ne marchera pas; ils sont déjà trop loin derrière.

Les incohérences de Dumont face au projet Marois

J’écoutais Mario Dumont ce midi en direct à RDI, lors d’une conférence de presse dénonçant le nouveau projet identitaire du Parti Québécois. En gros, le discours de Dumont se résumait en quelques points.

1) Le projet proposé par Marois est encore une ébauche et l’Assemblée nationale n’est pas un endroit où présenter des projets de lois qui n’ont pas été bien structurés;

2) Le projet est douteux d’un point de vue constitutionnel;

3) Le projet crée un malaise même chez les péquistes.

Tout d’abord, M. Dumont peut-il nous expliquer quel est le meilleur endroit où discuter des politiques d’immigration et d’intégration visant l’ensemble de notre nation, sinon à l’Assemblée nationale? Ce n’est sûrement pas à la taverne Chez Maurice, aux danseuses du Vegas ou dans le sous-sol de l’oncle Robert. C’est à l’Assemblée nationale qu’on doit en discuter. En disant qu’un projet doit être finalisé avant d’être débattu à l’Assemblée, Dumont explique de quelle façon l’ADQ fonctionne: tout est préparé dans le noir, loin des caméras, et les débats de la chambre ne sont qu’un gros show pour les nouvelles de 18 heures. C’est une insulte non seulement pour les citoyens, qui ont élu des représentants devant discuter des sujets les préoccupants, mais également pour l’institution qu’est l’Assemblée nationale.

Ensuite, quelqu’un peut-il demander à Mario Dumont de ne pas parler de constitutionnalité? De quel droit peut-il le faire, lui qui a décrété au milieu des années 90 un moratoire constitutionnel, affirmant que la question était sans importance et qu’il y avait d’autres priorités? Étrange comme les temps changent. Les priorités de Dumont, on les connaît: suivre le courant et surfer sur la vague des sondages. Sauf que quand vient le temps de se mouiller, il a peur le petit! C’est lui qui a le premier repris le débat des accomodements raisonnables, et quand vient le temps d’agir, il s’enfuie comme un lâche! Mais il a raison: si vraiment le projet est inconstitutionnel, alors les Québécois devront rejeter la constitution et voter l’indépendance. Pas facile pour un chef de parti soi-disant autonomiste qui vivote entre deux chaises depuis quinze ans.

Finalement, le malaise, il n’est pas chez les péquistes, mais chez ceux qui ont peur de prendre les moyens pour réaliser leurs objectifs. C’est facile de créer des commissions, d’appeler à l’intégration des immigrants, de se plaindre du recul du français à Montréal. Très facile. Mais beaucoup plus difficile de prendre le taureau par les cornes et de voter les nécessaires lois pour effectuer les changements souhaités. Dumont, comme à son habitude, préfère crier haut et fort et faire de grands gestes devant les caméras, mais quand vient le temps d’agir, c’est le silence radio.

Le projet de test sur les connaissances du français est une excellente idée, déjà en vigueur dans de nombreux pays, tels les États-Unis, la Suisse ou la Finlande. Grâce à un tel test, on permet d’améliorer la cohésion sociale en permettant aux immigrants de mieux comprendre leur société d’accueil et aux natifs de moins se sentir menacés par des gens qui ne s’intègrent pas toujours facilement.

D’un point de vue politique, Marois a véritablement eu un éclair de génie. J’ignore qui sont les politologues dans son équipe, mais je leur lève mon chapeau: en opposant les intérêts identitaires québécois à la constitution canadienne, on peut – enfin! – prouver que le meilleur intérêt des Québécois est l’indépendance, puisque la constitution empêche le Québec de se doter de ses propres politiques d’immigration.

Et on force également Mario Dumont à faire face à ses incohérences et à choisir sa chaise: fédéraliste et respectueux d’une constitution empêchant le Québec de protéger son identité, ou indépendantiste et désireux de sortir du cadre constitutionnel canadien contraignant.

Et puis, si le PQ bat de l’aile depuis qu’il a relégué aux oubliettes le projet indépendantiste, il peut tout de même espérer recoller les morceaux entre ses diverses factions (purs et durs, aile-gauche, aile-droite) car le ciment identitaire est tout aussi solide et important que celui de l’indépendance.

Voilà qui devrait ramener à la raison ceux qui ont entendu les sirènes adéquistes et qui ont voté pour une girouette incapable d’avoir le courage de ses ambitions.