Mois : février 2008

Un exemple… parmi d’autres!

Lisez cette nouvelle. Un Britannique qui voulait marcher jusqu’en Inde s’arrête en France, déçu de ne pouvoir communiquer avec la population.

Pourquoi?

Parce que les Français se respectent assez pour ne pas parler en anglais. Et l’homme, naïf, n’avait pas compris ce respect avant de partir.

Et quelle sera la conséquence pour le voyageur britannique? Hé oui, il va apprendre le français!

En d’autres mots: si les Français s’étaient mis à genoux devant lui comme les pauvres petits Québécois à-plat-ventristes, cet homme n’aurait jamais appris la langue. Mais parce qu’ils se sont respectés et ont refusé de parler dans une langue étrangère, ils ont incité l’autre à apprendre la langue.

Un exemple à comprendre et à reproduire ici, chez nous, avec ces immigrants qui ne demandent qu’à apprendre la langue… si seulement ils en ont besoin! Car en ce moment, avec tous les Québécois mous, ils se débrouillent très bien en anglais!

Une leçon pour tous les Québécois, et particulièrement pour les naïfs qui croient que parce qu’on n’adhère pas ouvertement à une idéologie on n’en a pas une pour autant. Tiens, ça me fait penser à quelqu’un...

Car si la naïveté nous attendrit – comme quand un enfant pose une question évidente – elle nous pousse aussi à nous éloigner des grandes vérités et nous enferme dans une logique simpliste en enfantine réduisant chaque problème à une question de relativité et de point de vue.

Pour dépasser cette naïveté, et devenir véritablement adulte d’un point de vue intellectuel, il faut s’affirmer, prendre sa place, se positionner idéologiquement et revendiquer ses idées et ses positions. Il faut savoir qui ont est, ce qu’on vaut, et agir non seulement par le naïf questionnement d’autrui, mais également par la prise de position.

Je lève mon chapeau à tous ceux qui ont le courage de leurs opinions et qui ont la maturité intellectuelle nécessaire pour prendre position. Et spécialement à tous ces Français et ces quelques Québécois qui sont fiers de leur langue et qui n’acceptent pas de se faire reléguer à un statut folklorique.

* * *

Éduquez votre naïf préféré; faites-lui lire cet article.

La situation du français au Québec inquiète. Le débat oppose les tenants d’un renforcement de la Charte de la langue française à ceux qui souhaitent favoriser le bilinguisme des Québécois dans le but de faire du Québec un point de rencontre entre les cultures anglophone et francophone. Mais personne n’a jusqu’ici soulevé l’intérêt d’une troisième voie, celle d’une anglicisation portée par un réseau scolaire anglophone unique accueillant tous les jeunes Québécois.

[…]

Puisque Montréal constitue le principal point d’arrimage du Québec au monde, la locomotive de son économie, le lieu de vie et de travail de ses professionnels, artistes et chercheurs, nous verrons inéluctablement un retour à la situation qui prévalait dans le Québec d’antan. Parler français ne sera plus qu’une manifestation de repli sur soi, fruit d’une stratégie de survivance anachronique, un facteur d’isolement et un frein à la réussite économique.

À cette «louisianisation» qui attend les Québécois des régions, la mise en place d’un enseignement uniquement en anglais constitue toutefois une solution. Le maintien d’un réseau scolaire en français favoriserait en effet indûment les jeunes Montréalais, qui, étant plus naturellement bilingues que leurs concitoyens des régions, bénéficieront seuls des opportunités offertes par notre métropole anglicisée. Un système scolaire anglophone éviterait ainsi une discrimination basée sur l’origine géographique, en accord avec les valeurs québécoises de justice sociale et d’équité interrégionale.

Hé oui! Voilà qui devrait plaire aux handicapés intellectuels comme Vincent Geloso, pour qui quiconque est attaché à la protection de sa langue et des valeurs qui y sont reliées est un « intolérant, fermé d’esprit, sclérosé, moribond voire xénophobe », voici peut-être la solution: l’anglicisation totale et immédiate de tous les Québécois et la disparition du français.

Enfin, nous serons compétitifs! Enfin, nous serons exploitables facilement sans avoir à obliger les transationales de nous traduire leurs ordres! Enfin, nous pourrons vivre dans l’opulence nord-américaine, dans ces villes de sécurité, d’ordre et de richesses où tu peux marcher la nuit en toute sécurité, où la culture est une valeur fondamentale, où les gens ont un sens profond de la communauté. Oui, vive la disparition du français, entend-on crier Vincent Geloso. Et tous les autres, au bûcher! À mort les mécréants, les passéistes et autres tares qui veulent vivre en français et qui croient qu’une langue a d’autres mérites que de communiquer mais qu’elle est aussi transmission de valeurs et sens de la communauté…

p.s. Pendant ce temps, Alain B. continue de me « dénoncer » sur son blogue, toujours sans arguments (et avec de nombreuses attaques ad hominem… chose étrange quand c’est exactement ce qu’on me reprochait). Il y en a qui ne savent pas quand décrocher. Rendez-lui une petite visite; c’est pas facile d’écrire dans le vide tous les jours. C’est son heure de gloire…

Pas d’arguments, pas de crédibilité

Il y a des blogueurs qui proposent des pensées, des réflexions, qui prennent position. Et d’autres qui suivent, qui font du remplissage, qui écrivent deux-trois lignes pour rapporter ce qui s’écrit à gauche ou à droite et qui n’ont pas la capacité ou l’intelligence d’amener une quelconque analyse critique.

Tiens, un exemple, le blogue du petit Émérillon.

Ce blogue d’une banalité déconcertante et d’un conformisme aseptisé, tenu par un certain Alain B., consacre un texte sur deux depuis plusieurs jours à « dénoncer » ma dénonciation de angryfrenchguy. On s’attendrait à lire des arguments, des contre-arguments, bref on s’attendrait de quelqu’un ayant comme but de dénoncer quelqu’un d’autre qu’il explique en quoi cette autre personne a tort.

Par exemple, quand j’ai dénoncé angryfrenchguy, j’ai expliqué les conséquences de son action sur le niveau d’intégration des immigrants. J’ai aussi utilisé comme argument le fait que son blogue était un endroit de discussion EN ANGLAIS entre francophones (on peut d’ailleurs y lire Alain B., en anglais, qui continue son infantile entreprise de dénonciation de mes positions… toujours sans arguments.). J’ai aussi parlé du fait que la protection de la langue française doit passer par le français. Bref, j’avais des arguments.

Au contraire, ce pauvre clown n’a pas le moindre argument. Il se contente de citer les insultes du type « tu es un pédé » de angryfrenchguy (Alain B. est probablement un homophobe refoulé qui à force de licher des derrières en a pris le goût), de me traiter d’extrémiste, etc etc. Mais il effleure à peine la question.

Ô certes, entre deux accusations lancées d’être un fasciste ou un extrémiste, son esprit à la verbe balbutiante et à l’analyse critique encore adolescente a réussi à concevoir un début de commencement de réflexion, mais il s’est arrêté beaucoup trop tôt. Le plus loin qu’il a été était ceci: « Louis tu es un [*insulte aléatoire*] parce que tu t’opposes à des gens qui sont de ton côté et tu es un [*insulte aléatoire*] parce que je dis que tu es un [*insulte aléatoire*] . » Voilà, c’est à peu près ça qu’il dit. Aucun argument.

Explique-t-il comment lui s’y prendrait pour intégrer des immigrants qui n’ont même pas besoin d’apprendre le français puisqu’il y a toujours des Québécois pour les servir en anglais?

Non.

Explique-t-il de quelle façon le fait d’ajouter une ressource supplémentaire en anglais permettrait de faciliter l’apprentissage du français chez un immigrant?

Non.

Explique-t-il en quoi le site d’angryfrenchguy, fréquenté principalement par des Québécois francophones écrivant en anglais, ne mènerait pas à une plus grande assimilation?

Non, non, et non.

Car malheureusement pour ceux qui espéraient une discussion constructive, cet idiot de service n’a pas d’arguments. Il se content de me traîter de méchant, de fasciste, d’extrémiste, etc etc. sans jamais discuter des points que j’ai soulevés. On appelle cela de l’anti-intellectualisme, de l’obscurantisme et une pathétique tentative de faire dévier le débat du sujet pour se concentrer sur les attaques ad hominem. (Certes, j’ai moi aussi utilisé ces attaques, mais elles n’étaient que complémentaires à mes arguments, alors que dans son cas elles en sont le point central).

En conséquence, au lieu d’avoir un débat sain et intéressant, on se retrouve avec une chasse aux sorcières menée par un obscur blogueur incapable d’avoir une quelconque pensée originale et qui se contente de billets de trois lignes citant (toujours) quelqu’un d’autre pour maintenir sur le respirateur artificiel son blogue moribond.

Encore une fois, on constate ce qui ne va pas chez de nombreux péquistes: ils sont incapables de se remettre en question et au lieu d’aller au fond des choses et de débattre de ce qui doit être débattu, ils rejettent du revers de la main toute position courageuse en l’étiquetant et en la rejetant, puis en ostracisant celui ou ceux qui en étaient à l’origine.

Désolé pour les rêveurs, mais on ne fera jamais l’indépendance avec des gens qui ont une telle peur des remises en question et du débat. Et le PQ se fera ramasser aux prochaines élections, à cause de gens comme Alain B. (et Pauline Marois, qui est du même type) qui ont refusé de se poser les vraies questions et qui font de la fuite des débats une raison d’exister.

Heureusement que le PQ n’a plus le monopole de la souveraineté. Que tous les fermés d’esprits et ceux ayant peur des arguments et des débats y coulent avec le Titanic Marois; pendant ce temps-là les autres font avancer la discussion en proposant des solutions, parfois originales, mais toujours soutenues par de solides arguments.

L’idiot du village… ou le culte de l’à-plat-ventrisme!

<img src='http://deloison.florent.free.fr/blogimage/idiotwip2.jpg' Suite à mon dernier billet, où je dénonçais l’entreprise d’anglicisation de la culture québécoise entreprise par un certain angryfrenchguy, il y a eu de nombreuses réactions. Plusieurs négatives, quelques-unes positives, mais surtout une conclusion: plusieurs n’ont pas aimé le ton que j’ai employé mais étaient d’accords sur le fond. À preuve, ce dernier billet a été relativement bien coté et un sondage sur la question démontre qu’une majorité des visiteurs ne croient pas qu’on puisse défendre le français en s’exprimant en anglais.

Donc la forme, la forme. Il aurait peut-être fallu dire les choses différemment, mais c’est plus fort que moi quand je suis confronté à un idiot, un vrai, un irrémédiable. Je veux dire: il y a des gens avec qui on peut s’expliquer, faire valoir ses points de vue, mais il y en d’autres qui répondent avec des insultes (voir ses commentaires suite au billet de Renart)et une litanies d’approximations douteuses sur le soi-disant bien-fondé de son entreprise de destruction.

Dans la vie, il y a un temps pour la discussion, les échanges d’idées, la médiation, et il y a un temps pour la dénonciation. Par exemple, c’est bien beau de recycler, de planter un arbre et de faire du compost sur son balcon, mais si tu dénonces pas l’usine à côté de chez toi qui respecte pas les plus banales lois environnementales, ce que tu fais n’as aucun sens.

À mon avis, c’est ce que sont les gens comme angryfrenchguy et les autres clowns qui croient, dans leur esprit tourmenté, qu’on peut favoriser la cause du français et de l’indépendance du Québec en le faisant en anglais.

Ok, résumons quelques-uns de leurs arguments.

1) « Nous devons parler de l’indépendance du Québec à l’international sinon n’importe qui va dire n’importe quoi sur nous! »

Malheureusement pour eux, la vérité c’est que n’importe qui va toujours dire n’importe quoi sur tout le monde et que la seule chose qui se dégage d’un texte anglophone portant sur le Québec est qu’une personne qui soit tombé sur ce site et qui avait le désir de visiter le Québec va maintenant avoir la conviction que les Québécois parlent anglais et que l’anglais est une langue officielle au Québec. Et pour ce qui concerne l’indépendance, elle se fait à Québec, pas à Jakarta ou à Hong Kong.

Et aussi… La majorité des utilisateurs du blogue-poubelle de angryfrenchguy sont des Québécois francophones écrivant… en anglais. Belle entreprise d’assimilation!

2) « Nous devons communiquer avec les anglophones, établir un pont. »

Ça me fait penser un peu à l’histoire du voleur pris en flagrant délit chez quelqu’un et qu’au lieu de le chasser il faudrait « établir un pont avec lui » et lui offrir le repas et peut-être même un digestif. Non. Quand un intrus est chez toi, tu le chasses et ça finit là. Et si, collectivement, nous avons décidé que la langue commune des Québécois est le français, c’est que le seul pont possible doit se faire en français.

Un pont, c’est simplement une capacité de communiquer. Et si la communication doit se faire dans une langue plutôt qu’une autre, c’est un choix politique. Et si, collectivement, nous décidons que cette communication doit se faire en français afin de forcer les immigrants à s’intégrer à nous, c’est que nous savons que c’est la seule façon pour eux d’apprendre.

J’aurais envie de dire à tous les angryfrenchguy de ce monde de sortir un peu de leur bulle, de se promener un peu à Montréal. Qu’ils viennent faire un tour à Ville Saint-Laurent, où une personne sur deux n’est pas née au Québec et où tu as de la misère à te faire dire l’heure en français. Qu’ils viennent voir ces immigrants qui sont ici depuis cinq, dix, ou quinze ans, et quoi n’ont JAMAIS eu besoin d’apprendre le français car il y avait toujours des Québécois assez colonisés pour leur donner tout-cuit dans le bec en anglais.

Des Québécois colonisés comme notre idiot du village national, qui, grâce à son blogue, va aider ces immigrants à mieux pouvoir vivre au Québec… en anglais!

Ce qui me répugne le plus avec ce angryfrenchguy, c’est qu’il croit faire quelque chose de bien alors que ce qu’il fait est profondément nuisible et dommageable pour la langue française au Québec. Grâce à des gens comme lui, on a de la difficulté à faire dire « bonjour » à des immigrants ici depuis dix-quinze ans, et face à un gouvernement fédéral offrant trop de services en anglais aux immigrants (et un gouvernement provincial de plus en plus accomodant), on s’attendrait à autre chose que davantage de la même erreur.

La SEULE solution pour intégrer ces immigrants est de leur faire comprendre que la SEULE langue acceptable pour communiquer au Québec est le français. De cette façon, ils n’auront pas le choix de s’intégrer et d’apprendre notre langue. C’est en leur parlant constamment en français, en les faisant pratiquer, en les encourageant (chose que je fais fréquemment à mon travail puisque je parle à tous les clients en français.. plusieurs me remercient de leur donner l’occasion de pratiquer), mais en restant ferme dans la nécessité d’une communication en français, qu’on peut les aider à s’intégrer.

Malheureusement, tant et aussi longtemps qu’il y aura des à-plat-ventristes et des traîtres comme angryfrenchguy pour leur permettre de participer à une vie culturelle québécoise en anglais, ils ne ressentiront pas le besoin d’apprendre le français.

En ce sens, il est important de dénoncer ce type et de l’inciter à cesser son entreprise nuisible pour la langue française et l’intégration des nouveaux arrivants au peuple québécois.

* * *

Sur la nécessité d’intégrer ces immigrants, je vous invite à lire l’excellent texte d’Accent Grave.


Quelques extraits:

Leur télé ne capte que les stations américaines, ils ne connaissent aucun artiste local, ne lisent pas, ne goûtent pas nos mets. L’histoire de leur pays d’adoption ne leur est d’aucun intérêt, ils ne sortent pas de leur refuge si ce n’est pour se rendre à l’épicerie spécialisée où à un lieu de culte spécifique. On sent une odeur de mépris, vision périphérique nulle.

[…]

Ce sont des apatrides frustrés. Ils resteront apatrides. Meilleure chance à leur progéniture. Eux, ils auraient voulu immigrer aux É.-U., ils se sont contentés du Canada. Le Québec là-dedans? Leurs concitoyens? Leurs voisins? C’est quoi ça?

La solution est claire et simple: soyons nous-mêmes, en français, et ne leur permettons pas de s’isoler encore davantage en leur offrant une fenêtre culturelle EN ANGLAIS sur le Québec.

Les traîtres du français

J’ai visité un site assez étrange dernièrement. Intitulé Angryfrenchguy, ce blogue à la qualité plutôt moyenne possède la particularité suivante: la majorité des participants sont des Québécois (et donc francophones) et ils se parlent tous en anglais. Et le tout – comble du ridicule – soit disant pour mieux défendre les intérêts du Québec…

Il va sans dire que je n’ai pas plus de respect pour quelqu’un qui prétend défendre le français en anglais que j’en ai pour un pays qui en bombarde un autre au nom de la paix ou pour un violeur qui viole au nom de la virginité. Par quelle logique tordue peut-on être assez imbécile pour croire que c’est en adoptant la langue de la majorité dominante – que dis-je, en la vénérant assez pour l’utiliser jusque dans des commentaires entre Québécois – qu’on puisse la protéger?

Mathieu Gauthier-Pilote me répond:

Si on fait un petit calcul rapide et conservateur, considérant qu’il y a seulement 20 millions d’Américains progressistes sur 300 millions, seulement 20% des Écossais et des Irlandais, seulement 10% des Indiens, Australiens et autres, on arrive à un nombre qui dépasse plusieurs fois la population totale du Québec.

Toutes ces personnes, lorsqu’elles s’intéressent au Québec, tombent d’abord sur les médias du Canada anglais qui sont contrôlés par des adversaires du Québec français, du Québec libre. Nous n’aurons jamais la liberté d’exprimer notre point de vue librement via ces médias, mais le Corporate Canada et Ottawa ne peuvent rien faire contre les sites Internet. La voie est libre, le terrain est déminé.

Malheureusement pour M. Gauthier-Pilote, ce ne sont ni les Américains progressistes, ni les Écossais, ni les Irlandais, ni les Indiens ou les Australiens qui feront l’indépendance du Québec et assurerons la pérennité de la langue française. Cette langue, ce pays, c’est le nôtre, et personne n’assurera notre survie collective sinon nous-même. Ce n’est donc pas en adoptant l’unilinguisme à l’anglo-saxonne qu’on fera avancer le combat pour le français au Québec.

Au contraire, la seule stratégie porteuse d’avenir en est une impliquant d’imposer notre langue aux autres. D’arrêter de s’excuser d’exister. D’arrêter d’attendre qu’une mère-patrie disparue depuis des siècles nous prenne par la main ou qu’un empire n’ayant eu comme but que de nous assimiler se décide soudainement à nous « aider » à survivre.

Je travaille depuis un an et demi dans l’ouest de Montréal. Un client sur trois ne sait pratiquement pas parler français. Je vois les mêmes personnes depuis un an et demi se faire servir en anglais par mes collègues qui sont trop « heureux » de les servir dans la langue de Shakespeare. Ces mêmes personnes qui sont toujours incapables de dire « bonjour », « merci » ou quoi que ce soit d’autre. Des gens qui n’ont même pas le DÉSIR d’apprendre ne serait-ce que le minimum de français parce qu’il y aura toujours un Québécois qui, anyway va les servir en anglais.

Ça fait un an et demi que je suis là et ça fait un an et demi que je vois des anglophones rentrer fièrement et parler fort dans leur langue, sachant pourtant pertinemment bien que tout est écrit en français et que tous les employés le parlent. Pourquoi? Parce qu’ils SAVENT qu’il y aura toujours un Québécois qui, anyway va les servir en anglais.

Quand on se prostitue pour parler anglais (car c’est bien de quoi il est question quand l’anglais devient la langue du travail), on ne se trompe pas seulement soi-même, mais on trompe également tout touriste ou nouvel arrivant devant faire le choix ou non d’apprendre notre langue. Quand on se force à parler anglais à un quidam croisé dans la rue, on lui enlève le désir d’apprendre notre langue. Il se dit intérieurement: « pourquoi apprendrais-je le français si tous ces Québécois me parlent en anglais et me comprennent très bien en anglais? » Et après, on se demande pourquoi l’anglais progresse sur l’île de Montréal?

Si le Québécois qui, anyway se force pour accomoder un Anglophone est un lâche, celui qui se force pour vraiment s’angliciser et chercher à angliciser ses compatriotes est un traître.

Des traîtres il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Il prétend agir pour le bien-commun mais il trahi les siens. Que ce soit Pauline Marois, qui veut augmenter la présence de l’anglais et ainsi participer à notre assimilation, ou que ce soit cet obscur blogueur amateur qui est incapable de comprendre qu’il détruit la cause qu’il prétend défendre en encourageant le dialogue EN ANGLAIS sur ce qui nous concerne collectivement, de tels traîtres prétendent toujours agir pour le bien commun. Mais ce n’est pas le cas.

Adopter la langue de l’empire soi-disant pour encourager le multilinguisme est une ignominie sans nom. Car comme l’écrit Bernard Cassen dans le dernier numéro de la revue Manière de Voir (février-mars 2008):

« Revendiquer un monde multipolaire, c’est aussi récuser toute langue unique, et donc encourager le multilinguisme. Le droit de créer et travailler dans sa langue est un des attributs de la souveraineté populaire, notion qui hérisse les dirigeants des transationales, des institutions financières, ainsi que leurs porte-parole et porte-plumes locaux. »

Dans le rôle du porte-parole de la haute finance, Pauline Marois. Et du porte-plume, l’angryfrenchguy.

Que ce soit sur la scène politique québécoise ou dans les bas-fonds de la blogosphère, chacun, à leur manière, fait la promotion de la langue anglaise et de l’à-plat-ventrisme devant la langue dominante ce qui, à terme, diminuera encore davantage le poids de notre langue et notre chance de survivre collectivement. Chacun, à sa manière, contribue à un monde unilingue, unipolaire, où le tout-anglais est roi et maître et où tout autre langue est réduite à un folkore vieillot et désuet.

La guerre, c’est la paix. La liberté c’est l’esclavage. L’amour c’est la haine. Et maintenant: la défense du français en anglais. Une logique aussi tordue ne peut provenir que d’un esprit particulièrement tourmenté.

Ou peut-être simplement la personne tenant ce type de raisonnement est-elle trop niaise pour se rendre compte du tort qu’elle commet en ne se respectant pas assez pour exister et communiquer dans sa langue.

Rapport Castonguay: un grand recul

Celui qu’on présente encore comme le père de l’Assurance-Maladie, mais qui dans les faits a plutôt été très près notamment du milieu des assurances privées depuis quelques décennies, a décidé faire un cadeau à ses amis en tiers-mondialisant/américanisant le système de santé québécois, pourtant l’un des meilleurs au monde QUAND IL EST BIEN FINANCÉ.

L’ouverture au privé, c’est une américanisation de notre système de santé. Le système américain, ne l’oublions pas, est le plus privé et le plus coûteux des pays développés (du près du double du deuxième plus coûteux!) et offre une couverture pitoyable, laissant sans soin près de 45 millions de citoyens du pays. Et c’est cette pilule que ce vieil arriviste de Castonguay espère nous imposer?

Pourtant, il existe des solutions au problème de l’explosion des frais. Des solutions qui demandent cependant du courage. Comme augmenter les impôts des plus riches, eux qui ne paient pas leur juste part. Comme encourager les médicaments génériques au lieu de payer le plein prix pour des brevets renouvelables après vingt ans en ne changeant qu’une ou deux molécules. Comme imposer lourdement les entreprises privées, qui font des milliards sur le dos des citoyens et des travailleurs.

Comme rétablir un peu le profond déséquilibre causé par près de vingt-cinq années de la droite au pouvoir, où la richesse se concentre de plus en plus entre de moins en moins de mains.

Et quelle est la solution de l’ancêtre Castonguay? Davantage de privé, même si le privé est plus cher, même si le privé n’est pas inclusif, même si des gens vont manquer de soin à cause d’une décision aussi irresponsable.

Imposer un ticket modérateur, quelle est cette idée stupide? Est-ce que les gens font exprès d’être malade? Pourquoi pénaliser ceux qui le sont? Pourquoi faire payer les gens qui vont se faire soigner? La santé est un DROIT pour tout le monde, pas juste pour ceux qui ont les moyens.

Avec une mesure pareille, c’est le retour aux années misérables des pauvres malades, d’une incapacité pour ceux-ci de s’élever dans l’échelle sociale, et c’est bel et bien la fin de l’égalité des chances pour tous.

C’est une ère de privilèges et de droit à la santé pour la minorité qui a les moyens de se la payer. Et les autres, qu’ils crèvent! Ça coûtera moins cher à soigner!

Reste à souhaiter que ce rapport débile et partial reste sur une tablette poussiéreuse et qu’il n’y ait pas de suite.

Nous avons les moyens de bien soigner tout le monde. Il faut seulement avoir le courage d’aller chercher l’argent là où elle est. Et ça passe par des mesures de gauche de redistribution de la richesse. Les remèdes néolibéraux en place depuis vingt-cinq ans ont échoué. Il est temps de penser différemment.