Mois : mai 2008

Babich rosé

Le nouveau Babich rosé, directement de Nouvelle-Zélande, est tout à fait délicieux à 14,75$, avec de généreux arômes de framboises et une présence sucrée extrêmement subtile et délicate.  Un vin qui ne va pas tout casser, mais qui est un excellent choix pour la fin d’après-midi sur une terrasse, ou sur le bord de la piscine, quand on a envie de quelque chose de nouveau.

3,9/5,0

 

 

Unmberto Cesari… di Romagnia

Wow!  Pour 20,70$, on a ce qui s’approche le plus du Liano (à 28$), avec du fruit, beaucoup de fruit, et une légère touche de sucre résiduel, le tout acompagné d’un beau retour d’épices en finale.  Pour le prix, une occasion!   Disponible un peu partout ces temps-ci, mais ça ne durera pas.

Changements

La vie est changement; tout change constamment. Ceux qui ne savent pas s’adapter meurent, ou plus prosaïquement se figent et restent sur place, sclérosés, avançant un peu à chaque jour sans trop savoir quel est le but à atteindre. Des zombies.

J’étais ce zombie; ça fait déjà près de quatre-cinq mois que je n’ai plus vraiment de temps à offrir à ce blogue. J’ai bien tenté de le réformer, de le transformer, mais je dois faire face à la réalité: je n’ai plus l’énergie ni le temps pour être un blogueur assidu, toujours à l’affût de la nouvelle, toujours prêt à réagir et « dans le vent ». Non, pu le temps. C’est moche comme explication, non? Mais c’est celle que donnent tous ceux qui quittent leurs blogues.

Parce qu’un blogue, c’est quoi finalement? C’est un web-log, un journal personnel. Et quand ce journal ne te sert plus, c’est-à-dire quand tu te sens forcé d’y écrire, alors il faut cesser et passer à autre chose. Car notre temps et notre énergie sont limités.

Écrire à tous les jours, ou plusieurs fois par jours sur un blogue, à mon avis ça démontre qu’on a de l’espace pour faire davantage. (Sauf si bien sûr c’est son métier ou si on aspire que ce soit son métier). On a de l’espace pour devenir de meilleurs humains, c’est-à-dire fermer ce putain d’ordinateur et aller prendre l’air un peu. Aller dans le vrai monde, réaliser ses rêves. Se réaliser. Trouver un moyen de gagner sa vie tout en ayant du plaisir; se payer une voiture, une maison, avoir une jolie femme, des enfants, une bédaine de bière ou de hamac et rester là les deux pieds dans le ruisseau à se dire que la vie est belle. Oui, la vie est belle.

Ça va en surprendre quelques-uns, car ça détonne de mon ton agressif, mais la vérité c’est que je suis heureux. Oui. En fait, peut-être pas à 100%, mais plus heureux que jamais depuis longtemps. Et c’est pour ça que UHEC était devenu une sorte de déversoir de trop-plein d’émotions négatives; n’ayant plus l’énergie pour des textes rationnels et d’analyses politiques (je mets mon énergie rationnelle ailleurs, dans un projet qui me permettra de bien vivre plus tard.. et bien vivre est un euphémisme.) je n’écrivais donc que quand quelque chose me choquait assez pour que je laisse de côté mon projet boursier pour venir écrire.

Avec le résultat qu’on a vu dans le ton.

(N.B. Je pense ce que j’ai écrit, mais le ton était souvent très peu recommandable. Mais je pense tout ce que j’ai écrit, surtout à propos du caractère urgent et pitoyable de la situation du français à Montréal, principalement dans l’ouest de la ville.)

Je ne veux plus imposer ceci à Jimmy, et à lutopium. Jimmy est un excellent blogueur et il a beaucoup de rigueur. Il mérite de pouvoir se concentrer sur son propre blogue et sa propre vie sans avoir à lire mes opinions personnelles à tous les jours. Car c’était bien ce qu’était devenu UHEC: le véhicule de mes opinions personnelles. Un véhicule qui me convenait, à moi seul et à personne d’autre.

Je tiens à remercier Jimmy pour son appui indéfectible et d’avoir été là depuis presque le tout début. Ta plume s’est beaucoup affinée Jimmy, et tu es devenu un blogueur aguerri, et j’irai régulièrement te lire, quand le temps me le permettra.

J’aimerais aussi remercier lutopium . On ne s’est pas beaucoup connu car tu es arrivé à un moment assez rock’n’roll, mais j’ai beaucoup aimé te lire et je vais continuer de le faire. Tes textes allient la précision d’une analyse approfondie doublée de l’ouverture du questionnement. C’est rare, et c’est super!

Merci aussi à Inkoghnito pour ses caricatures vraiment réussies et pour son humour qui a sû détendre l’atmosphère.

Et merci à Renart pour sa contribution pendant la plus grande partie de la vie de ce blogue. Nous nous sommes laissés d’une manière disons… euh… plutôt nulle, et j’ai plus que ma part de responsabilités. Je te pris d’accepter mes excuses si je t’ai offensé ou si j’ai trop réagi à certaines de tes commentaires à mon égard. Tu es un excellent blogueur, et j’ai vu ton potentiel quand je t’ai demandé de te joindre à UHEC. Tu fais partie de la petite catégorie de ceux que je vois devenir blogueur professionnel et qui pourraient être rémunérés pour bloguer. Je ne suis pas d’accord avec tes idées politiques, mais c’est justement le fait que tu ne prends pas position, ou jamais clairement, qui t’ouvrira les portes vers un plus grand lectorat. Bonne chance et merci de ta contribution.

Merci à tous les lecteurs habituels, passés ou présent. À Mia, à Manx, à Martin Beaudin-Lecours, à Jacques Saint-Pierre, à Philippe David, à H. Dufort, à Christian Rioux, à Tenace, à Dei Leitz (scuse j’oublie toujours comment l’écrire au complet), à Frank, et à tous les autres que j’oublie. UHEC a été un blogue vraiment mais vraiment intéressant et palpitant, avec des dizaines de commentaires chaque jour, pendant presqu’un an. Grâce à vous. Et c’est cette énergie qui m’a permis, un temps, de sacrifier beaucoup de temps pour essayer de rendre ce blogue le mieux possible, tant au niveau de l’apparence que du contenu.

Ceci dit, je ne range pas complètement ma plume de blogueur. J’ai un nouveau blogue: Le Dernier Québécois. À quoi s’attendre sur ce blogue? À n’importe-quoi. Oui. Y a pas d’étiquette, pas de limites. Je vais écrire ce que je veux, quand je le veux, et ça va saigner en masse ça c’est sûr. Et parfois ça va être plus plate qu’une toune de Mariah Carey. Et puis… Et puis quoi? Peut-être un texte par semaine, et peut-être le 8759e rang sur toutlemondetopmuchmachinchouette. Rien à cirer. J’ai décidé d’organiser ma vie différemment. Désormais, le centre de mes hobbies n’est plus l’activité de bloguer, certes intéressante mais absolument sans débouché en ce qui me concerne, mais mon programme de transactions boursières automatisées.

Le système est injuste, ça je vais toujours le dire. Il faudrait davantage répartir la richesse et taxes plus lourdement les riches, ça je ne changerai pas d’idée, même quand je gagnerai beaucoup plus d’argent. En attendant, je tente d’y faire ma place, conscient que c’est un système injuste quand même. J’ai déjà beaucoup donné côté implication sociale, et maintenant c’est le temps de récolter un peu.

Ce qui ne m’empêchera pas de continuer à faire réagir, à faire sacrer, à attirer les insultes, à faire rager, à me faire dire « je ne te lirai plus jamais » (sachant que c’est faux), à me faire traiter de borné, etc. Sauf que je le ferai en mon nom, sur mon blogue, et en ne vivant plus dans l’ombre d’un projet qui voudrait de tout coeur redevenir ce qu’il était mais dont je n’ai plus le temps et l’énergie à lui rendre.

Merci à tous!

Le Dernier Québécois

Pourquoi Renart a quitté UHEC… et la prostitution littéraire…

Bon, je ne voulais pas y revenir, mais je crois qu’il le faut. Je vais expliquer pourquoi Renart a quitté UHEC et je vais répondre par la même occasion à son dernier torchon.

Bon, commençons par le début. Renart est devenu collaborateur à UHEC parce que je lui ai dit que j’aimais son style et qu’il avait la possibilité de devenir un très grand blogueur s’il y mettait les efforts. C’était au printemps 2007 je crois. Il m’a donc soumis quelques textes, dont certains ont été refusés parce qu’ils étaient confus ou trop longs. Mais je lui ai donné quelques conseils et au bout d’un très court laps de temps il est devenu collaborateur du blogue. Même si son apport n’était pas apprécié de tous au début (plusieurs se demandaient ce qu’il faisait ici, avec sa vision apolitique, voire naïve des choses… lire à ce sujet ce commentaire, qui n’est pas exactement d’un de mes fans) je savais qu’il deviendrait un grand blogueur car sa vision naïve des choses amenait beaucoup de lecteurs. Peut-être pas des lecteurs qui avaient des opinions fortes et qui aimaient discuter, mais des lecteurs tout de même.

Ma vision de Renart a commencé a changé à partir de son texte Pourquoi je ne suis pas libertarien (mais que je suis quand même quelque peu sous le charme). Je trouvais sa position confuse, politiquement intenable, et je n’étais pas vraiment à l’aise qu’un blogueur affilié tienne des propos de droite sur le blogue. Et puis, à ce même moment, j’ai vécu une rupture et je n’avais pas trop le temps et le goût de bloguer. Alors j’ai laissé courir. Mais je commençais à me questionner sur notre collaboration, car il était clair que UHEC devait rester un blogue de gauche et un blogue politique.

Renart posait des questions, et il en pose d’ailleurs toujours. Il est bon pour ça, poser des questions. Mais il l’est moins pour trouver des réponses. Il écrivait le 20 octobre 2007:

Au-delà de la politicaillerie et des grands discours, il va bien falloir un jour trancher dans le compromis canadien, le multiculturalisme, le bilinguisme officiel insidieux, asymétrique, parasite maladroit du bilinguisme volontaire, utilitaire, qui lui s’appuie avec raison sur le statut mondialisant de la langue anglaise. Il faudra faire le tri. […] Sinon, aussi bien passer à un autre niveau et accélérer l’assimilation en intégrant la totalité des nouveaux immigrants par l’anglais et en offrant des cours d’anglais gratuits pour la population francophone.

Ce sont de bonnes questions, mais le tri, il aurait pu le faire en lui aussi, car c’est lui qui se trouvait constamment entre deux chaises, incapable de se décider sur la position à choisir. Incapable de prendre position sur le multiculturalisme, sur le bilinguisme, sur l’anglicisation rampante à Montréal. Puisque UHEC a toujours été un site « coup de gueule », disons que je commençais à trouver que ses positions étaient plus que floues et moins pertinentes. Le tri, il aurait fallu qu’il le fasse d’abord dans ses idées.

Par la suite, ce qui s’est passé est la chose suivante: j’ai compris. Oui, oui, j’ai compris. Compris qu’un blogue c’est juste des bits sur un écran. Je me suis fait une nouvelle copine (déjà cinq mois, ouhla! 🙂 ), et j’ai commencé un projet de programmation de système automatisé de transactions boursières. En quelques mois j’ai appris à programmer alors que je ne savais rien faire et que j’ignorais tout de la programmation. Depuis environ quatre mois, je passe en moyenne quarante à cinquante heures par semaine à programmer (ou en attente de résultats d’optimisations), trente heures à travailler, et je vois ma copine la balance du temps. Alors le blogue… Disons que j’ai commencé à m’en foutre. Et sérieusement.

Parallèlement, j’ai commencé à chérir l’idée de pouvoir écrire moins souvent sur le blogue, seulement de temps en temps quand je le pourrais. J’ai même pensé le fermer, et c’est venu très près que je le fasse. Mais j’ai décidé de continuer, de n’écrire que quand j’en avais vraiment envie. Renart m’a alors écrit, s’inquiétant de la baisse du lectorat et du ranking: « […] La différence entre ta présence forte sur ton blogue avant et ton silence de maintenant semble se faire ressentir au niveau des commentaires, du trafic, et surtout, de notre détermination à y participer. »

Bon, concernant l’épisode de AFG, Renart affirme que c’était de l’égocentrisme de ma part justifiée par le fait que AFG avait dépassé UHEC dans le classement de Toutlemondeenblogue. Rien n’est plus éloigné de la réalité. La vérité, c’est que UHEC était déjà quasi à l’abandon (mon texte précédent datait de presque une semaine!) et que je n’en avais rien à cirer du classement de blogue de machin-truc. Je m’en foutais éperdument. Comment je suis tombé sur le site d’AFG? Je ne m’en souviens plus. Je crois que cette semaine-là tout le monde en parlait, peut-être même Lagacé. Je ne savais même pas que AFG était plus visité que UHEC, et je m’en foutais honnêtement.

Alors, quand j’ai écrit ce que j’ai écrit à propos de AFG, je l’ai fait parce que je voulais bien le faire. Parce que j’ai fait le tri dans mes idées (contrairement à Renart) et que j’ai choisi: le bilinguisme est un ennemi car le bilinguisme dans une société minoritaire conduit à l’assimilation. J’ai choisi mes idées. J’ai pris possession de mes points, de vue, au risque de déplaire. J’ai préféré être cohérent et m’aliéner des lecteurs plutôt que d’être naïf et ignorant et de poser des questions sans jamais trouver de réponses. J’ai choisi de dénoncer le fait que d’écrire en anglais sur la vie québécoise n’incitait pas les immigrants à se franciser. Je l’ai fait, et je le referai encore. Parce que ce sont là mes valeurs. Je crois en la langue française et en l’intégration des immigrants. J’ai pris position, ce que Renart n’est pas capable de faire. (En passant, notez que Renart est son nom « d’artiste ». Personnellement si j’avais déjà été refusé de publication à 4-5 reprises je réfléchirais avant de me prendre un nom « d’artiste » et de traiter les autres d’égocentriques…)

Suite à ce texte, Renart a écrit quelque chose que je n’ai pas aimé et j’ai compris que lui et moi on ne pensait vraiment plus pareil et qu’il valait mieux terminer notre collaboration. Je n’étais plus à l’aise d’écrire à côté de ses textes naïfs et insipides et lui n’était plus à l’aise non plus avec quelqu’un qui assume ses positions. Alors nous avons décidé d’en rester là, et c’est tout.

* * *

Quand Renart m’accuse d’être égocentrique, il fait de la projection. En fait, depuis son départ, tout tourne autour de son égo. De ce qu’il a vu, à qui il a parlé, des textes qu’il a écrit sur Centpapiers ou ailleurs, de son rang dans les blogues (non mais quelle importance le « ranking », franchement!), etc. Il a écrit plusieurs textes pour me dénoncer, et il a continué ses petits textes insipides où il pose beaucoup de questions sans jamais trouver de réponses. Mais pour Renart, ce qui compte c’est d’être lu. Le ranking! Il m’avait d’ailleurs écrit cet hiver pour me signifier que UHEC baissait dans les rankings, c’est pour vous dire l’importance que ça avait pour lui. Être connu, connaître la gloire… Il semble bien parti pour réaliser son rêve, lui qui blogue à temps plein désormais.

Par ailleurs, il affirme qu’il avait changé de catégorie pour le ranking ou je-sais-pas-quoi. Il dit qu’il avait fait ça pour me faire descendre dans le ranking et que je lui avais écrit par la suite. Et bien je n’ai même pas été visité ce ranking et jusqu’à preuve du contraire il n’est pas possible de changer de catégorie, alors vraiment il est rendu bas ce Renart pour mentir comme ça!

* * *

Aujourd’hui, c’est la fête des Patriotes.

Les Patriotes, s’ils vivaient aujourd’hui, ils se révolteraient. Ils n’accepteraient pas de plier sur leur langue, sur leur culture, de devoir plier l’échine et s’angliciser inexorablement. Mais si des mous comme Renart étaient catapultés en 1837, ils seraient les premiers en avant de la ligne à dire: « mes amis, ça ne vaut pas la peine cette violence! Ce n’est pas grave si nous disparaissons, ou si nous nous faisons écraser! » Mous. Très mous. Et ils accepteraient un job de journaliste pour le compte de Sa Majesté et renieraient ensuite leur peuple pour quelques dollars.

Car c’est comme ça qu’ils sont les gens assoiffés par le prestige, le pouvoir… ou le ranking. Ils se disent indépendantistes, mais ils sont une honte, le genre de soi-disant indépendantistes qui sont en fait les pires collabos et dont les actions sont plus dommageables que plusieurs fédéralistes (qui eux au moins avance à visage découvert).

Ils posent des questions de la même manière que d’autres offrent une voiture à vendre; quand l’acheteur offre le bon prix, les réponses se trouvent immédiatement. Bref, c’est une forme de prostitution littéraire où l’auteur s’offre à celui qui lui offre le plus.

La seule chose que je regrette avec Renart, c’est de ne pas avoir suivi mes intuitions dès le début, et de l’avoir viré dès l’automne dernier, quand j’ai commencé à être mal à l’aise avec ses positions.

Ceci dit, je lui souhaite la meilleure des chances dans sa carrière de blogueur-naïf professionnel. Qui sait, il se retrouvera peut-être un jour sur Cyberpresse, à poser des questions et à ne jamais donner de réponses, sauf quand ça va dans la « bonne direction »…

La prostitution littéraire, c’est déjà mieux que de faire la rue, non?