Mois : mai 2009

Santé: la droite américaine en quête de manipulation

La malhonnêteté intellectuelle de la droite américaine est sans limite.  Opposée aux réformes de la santé proposées par le président Obama, elle décide de se lancer dans le pathos en prenant l’exemple d’une patiente canadienne ayant obtenu des soins aux États-Unis pour tenter de démoniser le système canadien et toute forme de médecine publique. Cette démarche s’avère tout autant pathétique que trompeuse.
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En effet, prendre un seul cas et généraliser, c’est facile. Même moi je peux le faire, et je l’ai déjà fait. J’ai écrit ici sur le fait que mon père a été hospitalisé aux États-Unis à 2000$ de l’heure sans qu’on puisse lui trouver son problème et que c’est finalement un médecin canadien, deux mois plus tard, qui lui a diagnostiqué une tumeur au poumon. Il a eu son opération en quelques semaines et il récupère à merveille aujourd’hui. So long pour la supériorité du privé.
Malheureusement, on ne bâtit pas des réalités sur quelques cas. Ce n’est pas parce que le système de santé américain peut occasionnellement sauver quelques patients qu’on doit passer sous silence le fait qu’il est responsable de la mort de dizaines de milliers de personnes annuellement. 101 000 personnes, pour être plus précis, qui auraient pu être sauvées si les États-Unis se dotaient d’un système aussi performant que la France, bonne première. C’est du moins le résultat d’une étude qui démontre que les États-Unis se classent bon derniers au sein de toutes les nations industrialisées, notamment parce que 47 millions de leurs citoyens ne disposent d’aucune forme de couverture médicale. Le Canada, lui, se classe sixième sur dix-neuf. So long pour les horreurs du système canadien.
Par ailleurs, il est toujours pertinent de rappeler que le système français, le meilleur des pays industrialisés, est davantage public que celui du Canada (76,3% contre 69,9%; seulement 46% pour les États-Unis). Et il coûte moins cher: 3449$ per capita contre 3578$ pour le Canada et un astronomique 6714$ pour les États-Unis, de très loin le plus coûteux. Les imperfections de notre système de santé ne découlent donc pas de son caractère public, contrairement à ce que certaines personnes mal intentionnées affirment.
En fait, s’il y a des problèmes avec le système canadien, c’est principalement causé par son sous-financement chronique. Les États-Unis dépensent 15,3% de leur PIB pour la santé (tout en n’offrant aucune couverture à plus de 15% de leur population!) contre 10,0% pour le Canada. En clair: le Canada surpasse aisément les États-Unis en dépensant près de 33% de moins! Imaginons ce qu’il en serait si le système de santé était adéquatement financé! Encore une fois, on le constate, le public coûte moins cher et est plus performant, car il soigne davantage d’individus.
Avec ces chiffres en tête, on ne se surprend guère de la tactique utilisée pour démoniser le système canadien. En se servant d’une seule personne et de sa triste histoire, on espère parler aux émotions des gens et leur faire oublier qu’ils vivent dans un pays avec un système de santé misérable, plus intéressé par les profits des entreprises que le bien-être de la population.

L'hyper-spécialisation au banc des accusés

Je ne voulais pas en parler. C’est plus fort que moi; je suis devant l’écran, un petit verre de gin tonic au coin de l’oeil, et je sais que je vais écrire. Et je sais que je vais en parler. Peux pas faire autrement. Daniel Bédard est condamné à 54 mois de prison pour harcèlement criminel. Sauf que ça, c’est rien. C’est son blogue qui me fascine. Et c’est la même réflexion qui me revient constamment: ne représente-t-il pas l’échec de l’hyper-spécialisation?
Je le lis et le relis, et toujours la même question: comment est-ce possible? Comment un individu aussi éduqué, articulé, peut-il être malade à ce point et se croire au centre d’un vaste complot impliquant des juges, des procureurs, des politiciens, des psychiatres, le conseil de presse et les journalistes? Ça me dépasse. Il affirme qu’on l’accuse pour rien, qu’il manque de preuves ou que celles-ci ont été volontairement détruites, que les jurés ont été achetés, que le juge outrepasse ses droits ( « je vous mets en état d’arrestation, monsieur le juge! »), bref que le monde entier se ligue contre lui, l’honnête citoyen, victime de tous les Judas Iscariote de la Terre et crucifié sur l’autel d’une justice conçue pour l’écraser. Comment est-ce possible?
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Et si la folie constituait le flanc nord de quelque gigantesque montagne? Plus haut se situe le sommet, plus obscur et dense est son côté nord. Comme si la folie ne pouvait s’adosser qu’à quelque génie. L’idiot peut être fou, mais l’ampleur et la complexité de sa folie n’atteindront jamais le pinacle de l’intelligence d’un Daniel Bédard. C’est ce qui me trouble le plus: son intelligence.
En quelque sorte, ça me fait penser à notre société et à son exigence pour l’hyper-spécialisation. Les hommes à tout faire, c’est-à-dire ces individus ayant développé une connaissance limitée d’une foule de sujets différents, n’ont plus leur place. On ne veut pas qu’un bon gars aux bonnes valeurs enseigne à nos jeunes comment vivre en société. Non. On veut dix spécialistes différents aux diplômes longs comme de la tapisserie. Et qu’importe si ceux-ci ne savent pas changer une crevaison ou partir la laveuse. La spécialisation, c’est tout ce qui compte.
À mes yeux, Daniel Bédard ne constitue qu’un exemple de la spécialisation poussée à ses limites. Qu’un individu aussi malade ait pu atteindre de tels sommets dans sa carrière sans être traité me laisse pantois. Non, c’est pire: ça me fascine. Nous sommes tellement obnubilés par les résultats spécifiques dans un champ donné que nous oublions de voir l’ensemble des données. Nous observons la forêt le visage à deux centimètres du premier sapin et nous croyons dur comme fer que nous avons tout vu. On engage des individus sur la base de connaissances ultra-spécifiques mais on oublie l’individu derrière les connaissances. Bref, on déshumanise la personne, elle qui ne constitue plus que la somme de ses connaissances dans un secteur bien défini.
Si on avait jugé Daniel Bédard, dans le passé, sur autre chose que ses qualité d’architecte, on aurait peut-être détecté sa maladie mentale plus tôt, lui offrant la possibilité de l’aider bien avant que la situation ne dégénère. C’est précisément parce qu’on a placé ses qualités d’architectes au-dessus de ses qualités humaines que celui-ci a pu autant autant faire de mal et qu’il se retrouve en prison aujourd’hui.
Et si on rejetait la spécialisation à outrance?
À l’origine, la spécialisation a permis la progression de l’humanité. Au lieu d’avoir un fermier qui s’improvise cordonnier et qui vend sa propre marchandise en même temps, on a préféré qu’il se concentre sur son métier de fermier pour ensuite vendre sa marchandise à un autre individu se spécialisant dans la vente des aliments et lui-même pouvant utiliser l’argent pour payer le cordonnier, spécialisé dans la chaussure. Tout va pour le mieux.
Cependant, Internet entraîne une véritable révolution. Aujourd’hui, en 2009, alors que le réseau n’a même pas vingt ans de vie grand public, je peux trouver une foule d’informations me permettant de me passer des spécialistes. Grâce à la magie des moteurs de recherche, on peut trouver de l’information spécifique sur le sujet désiré au moment désiré. Ainsi, si je suis malade, je peux aller sur un site où on parle de mes symptômes et des remèdes possibles. Si je dois changer les bougies de mon moteur, il existe des tutoriels. Et si je veux avoir de l’information sur une destination touristique, je n’ai pas besoin d’aller voir un agent de voyages. Et tout ça, c’est seulement après vingt ans. Qu’en sera-t-il dans cinquante ans?
Évidemment, nous aurons toujours besoin de médecins, de mécaniciens et d’individus ayant une certaine forme de spécialisation. Mais la disponibilité sans précédent d’une information gratuite et de qualité court-circuite l’habituel passage obligé vers les « experts ». De plus en plus, ceux-ci ne sont plus considérés comme des temples de savoir mais comme des outils supplémentaires dans la quête ininterrompue de nouvelles connaissances.
En fait, le cas Daniel Bédard, tout comme celui de Valery Fabrikant il y a une décennie, représentent peut-être simplement la limite d’un système ayant placé les connaissances théoriques au-dessus de toute autre forme de considération. On a tellement séparé l’individu de ses connaissances qu’on a permis à des gens ayant de graves problèmes mentaux d’atteindre des cimes qui auraient été impossibles à gagner par le passé. Ce sont peut-être de simples reliquats d’une époque bientôt révolue.
Ce n’est peut-être donc pas seulement l’histoire de Daniel Bédard, mais également celle de toute une société ayant permis qu’on sur-valorise de tels individus sur la simple base de connaissances théoriques à une époque d’indigestion d’informations où c’est précisément le sens qui est en manque.
Et si on plaçait l’humain au coeur de tout? Il ne sait peut-être pas tout sur tout, mais il est foutrement meilleur pour faire les nécessaires liens entre les divers éléments qu’un automate au coeur d’acier et au cerveau de mélasse…

Les dérives de l'utilisateur-payeur

« On ne peut pas faire payer tous les contribuables du Québec pour une catégorie de conducteurs qui ne s’autofinance pas. » C’est de cette façon que la ministre des Transports, Julie Boulet, a fermé la porte samedi aux motocyclettes quant à une éventuelle baisse de leurs astronomiques cotisations. Le sacro-saint utilisateur-payeur. Encore. Comme je l’écrivais ici, ce n’est pas l’ensemble des motocyclistes qui est davantage à risque, mais une minorité de jeunes et de nouveaux conducteurs. Le choix de considérer l’ensemble des motocyclistes comme une catégorie distincte et de faire abstraction des spécificités sous-jacentes à ce groupe ne fait que confirmer le dogmatisme des positions du gouvernement quant au concept d’utilisateur-payeur. Un concept qui, dans sa finalité, se révèle d’un ridicule consommé.
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En effet, jusqu’où ira-t-on pour faire payer l’utilisateur d’un service précis? Prenons la première phrase de ce billet; ne pourrait-on pas l’appliquer à n’importe quelle autre situation? Poussons la logique de l’utilisateur-payeur dans ses derniers retranchements.
Un exemple au hasard: l’électricité. Est-il normal que le même kw/h coûte le même prix à Montréal qu’en région? Dans la métropole, la densité de population est très forte, ce qui signifie que les installations d’Hydro-Québec sont plus rentables car davantage d’usagers peuvent se brancher sur une même quantité de fils. Est-il normal que les consommateurs d’électricité de Montréal paient pour ceux de l’extérieur? N’y a-t-il pas quelques endroits très retirés où il en coûte plus cher pour Hydro-Québec d’entretenir son réseau que les revenus qu’elle obtient de ses rares clients? On ne peut pas faire payer tous les usagers en milieu urbain du Québec pour une catégorie de consommateurs qui ne s’autofinance pas.
Un autre: la santé. Mon père s’est fait soigner à près de 2000$ de l’heure aux États-Unis par des médecins qui n’ont même pas été foutus de lui dire qu’il avait une tumeur à un poumon. Utilisateur-payeur. Devrait-on faire payer ainsi tous les citoyens qui ont la malchance d’être malades? Et ne serons-nous pas tous malades un jour? Et que faire des citoyens qui fument la cigarette, de ceux qui habitent près des autoroutes (pollution), de ceux qui ont trop utilisé leurs cellulaires? On les laisse crever sous prétexte qu’ils avaient de mauvaises habitudes de vie? Et qui décide quelles habitudes méritent d’être pénalisées et lesquelles ne le méritent pas? On ne peut pas faire payer tous les contribuables du Québec pour une catégorie de citoyens qui ne s’autofinance pas.
Et encore: les routes. Est-il normal que chaque citoyen paie pour des routes qu’il n’utilise pas? Je ne vais jamais à Saguenay: pourquoi utiliserait-on mes impôts pour financer l’élargissement de la route dans la réserve des Laurentides? Et puis: pourquoi est-ce que je paie autant que mes voisins derrière chez moi pour l’utilisation des rues alors que sur la mienne nous sommes des dizaines dans des appartements alors que derrière ils habitent des maisons espacées et utilisent donc moins leur rue? Selon le concept d’utilisateur-payeur, il faudrait installer des péages à chaque rue, intersection, afin de s’assurer qu’on ne fait pas payer tous les contribuables du Québec pour une catégorie de citoyens qui ne s’autofinance pas.
Et le transport en commun? Pourquoi les automobilistes paieraient-ils pour le transport en commun? Qu’il s’auto-suffise! Des tarifs à 5$ du déplacement devraient faire l’affaire. Mais… Pourquoi paierais-je 5$ pour me déplacer du métro Sherbrooke jusqu’à Laurier alors qu’un autre paie le même montant pour faire la ligne orange au complet? Injustice! Ne faudrait-il pas alors faire payer le transport en commun au kilomètre parcouru? Pourquoi l’homme qui part de Rivière-des-Prairies jusqu’au centre-ville ne paierait-il pas plus cher que celui qui utilise moins les déplacements publics? On ne peut pas faire payer tous les utilisateurs du transport en commun pour une catégorie de citoyens qui ne s’autofinance pas.
Mais encore. J’habite dans l’est de Montréal. C’est-à-dire que les vents dominants amènent toute la pollution urbaine jusque chez moi. Est-il normal que je doive payer sensiblement les mêmes impôts et taxes que les autres alors que mon droit de jouissance de la vie est diminué? Pourquoi les résidences cossues de l’ouest de la ville ne paieraient-elles pas plus cher pour l’air pur? On ne peut pas faire payer tous les contribuables du Québec pour une catégorie de citoyens qui ne s’autofinance pas.
Toujours au hasard: l’école. Est-il normal qu’il en coûte le même montant pour un élève sage que pour un élève turbulent, qui accapare son professeur? En monopolisant l’attention d’un professeur, l’élève agité utilise davantage les ressources mis à sa disposition qu’un autre élève. On ne peut pas faire payer tous les contribuables du Québec pour une catégorie de citoyens qui ne s’autofinance pas.
Et… les pauvres. Est-il normal d’avoir à payer pour les pauvres? Qu’on les laisse crever. Pas de B.S., pas de services sociaux. Qu’ils se battent à deux pour chaque emploi minable disponible et qu’ils pourrissent dans leur crasse. On ne peut pas faire payer tous les contribuables du Québec pour une catégorie de citoyens qui ne s’autofinance pas.
Je vous jure que je pourrais continuer jusqu’à demain matin. La vérité, c’est qu’une société ne se bâtie pas sur le concept de l’utilisateur-payeur. Elle se construit avec l’idée que tous, à un moment ou un autre de leur vie, auront besoin des services de la collectivité. Même le plus riche aura besoin des services sociaux qui assurent un minimum de stabilité sociale et empêchent les plus déshérités de la société de le voler ou le tuer dès qu’il met les pieds dans la rue.
Bien sûr, il ne s’agit que de moto ici. Par contre, c’est l’idéologie derrière la justification de la ministre qui me fait peur. Car à partir du moment où on décide qu’une classe de citoyens mérite d’être stigmatisée comme étant « trop coûteuse » pour les autres, qui sait où cela va s’arrêter?

Affaire Villanueva: les absents ont tort

Les Villanueva nuisent à leur propre cause. En cherchant à court-circuiter l’enquête publique du coroner Sansfaçon sur la mort de Fredy Villanueva, le 9 août 2008, ils empêchent non seulement que la lumière soit faite sur les événements, mais ils risquent de rendre plus difficile l’amélioration de la société dans son ensemble. Leur attitude n’est pas celle de gens civilisés et désireux d’utiliser les moyens à leur disposition pour se faire entendre, mais plutôt celle de petits bums cherchant à exploiter chacune des failles du système.
Ainsi, on apprend ce matin que la mère de Fredy Villanueva n’a pas pu se présenter, faisant remettre par son fils Dany un billet d’un médecin justifiant son absence, pour cause de « dépression ». Ne s’agit-il pas là de pure malhonnêteté? À ce que je sache, la dépression ne frappe pas du jour au lendemain; elle aurait très bien pu avertir les autorités bien en avance de son état, si celui-ci est réel, bien entendu. Pourquoi avoir attendu le matin-même du début d’une enquête du coroner pouvant faire la lumière sur la mort de son fils?
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La vérité, c’est que la famille Villanueva se comporte en victime. Par exemple, on a offert aux parents de Villanueva l’assistance d’avocats payés par l’État pour les assister. Mais ils ont préféré cracher sur cette offre, réclamant que les autres témoins (Denis Meas, Jeffrey Sagor-Metellus, Anthony Clavasquin et Jonathan Senatus) jouissent des mêmes privilèges. Pourquoi? Quand on est témoin, on donne sa version. A-t-on besoin d’un avocat si on ne cherche pas à cacher des faits? L’enquête ne porte pas sur les blessures infligées aux témoins, mais sur la mort de Villanueva. A-t-on besoin d’un avocat pour déclarer: « nous jouions aux dés, les policiers ont voulu arrêter Dany, Fredy a foncé sur les policiers et ceux-ci l’ont abattu »?
On réclame une enquête publique, on affirme qu’une enquête du coroner ne suffirait pas. Ah oui? En 1991, c’est une enquête menée par le coroner ad hoc Harvey Yarosky sur les causes du décès de Marcellus François, abattu par erreur par les policiers, qui a permis de faire prendre conscience d’une certaine forme de profilage racial de la part des policiers. La police s’est par la suite dotée d’une politique interdisant les interventions basées sur des facteurs comme la race, la religion, la couleur de peau ou la condition sociale sans motifs réels ou soupçons raisonnables de la part des agents.
Évidemment, on peut objecter que tel profilage existe toujours. Mais quoi de mieux, alors, que d’utiliser toutes les tribunes allouées pour en parler? Ce n’est pas en boycottant l’enquête qu’on arrivera à faire passer ses arguments. Oui, le profilage racial existe peut-être encore. Et si on en parlait? Et si on se demandait comment agir correctement alors que les minorités visibles sont sur-représentées dans plusieurs types de crimes et que presque tous les gangs de rue à Montréal sont formés de Noirs, de Latinos ou d’autres ethnies? Peut-on en parler? L’enquête du coroner n’est peut-être pas l’endroit parfait, mais c’est un bon début.
Et puis, va-t-on faire une enquête publique à chaque fois qu’il y a mort d’homme? Pourquoi Fredy Villanueva mériterait-il un traitement spécial? Lui conférer un tel traitement ne récompenserait-il pas simplement les voyous qui ont mis le feu à Montréal-Nord au lendemain des événements?
La vérité, c’est que les Villanueva, en refusant d’utiliser les moyens mis à leur disposition par l’État, empêchent la société d’évoluer. Ils lancent le message qu’ils ne sont pas intéressés à s’intégrer et qu’ils considèrent les autorités comme un bloc hostile. Ils insultent ainsi non seulement le coroner Sansfaçon, dont on ne peut remettre en question l’indépendance, mais également tous les citoyens du Québec, qui ont porté leur confiance en ces autorités. En refusant les mécanismes démocratiques mis à leur disposition, ils s’attaquent ainsi non seulement à nos valeurs communes, mais également à leur propre cause. Bref, ils se tirent dans le pied au lieu de l’utiliser pour se botter les fesses et participer à la création du Québec de demain.
Dans les faits, il est peut-être là le noeud du problème: ces immigrés, ou fils d’immigrés, n’ont peut-être pas encore compris l’importance du respect des autorités. Un respect non pas basé sur la peur, mais sur la compréhension de la légitimité de celles-ci et sur la possibilité que chaque citoyen a de faire valoir ses droits en utilisant les mécanismes démocratiques à sa disposition.
Et ça commence par se présenter à l’enquête et donner son point de vue sur les événements, afin qu’une réelle compréhension des faits entraîne un dialogue permettant de s’assurer que pareille situation ne se reproduise plus jamais. En démocratie, plus que jamais, les absents ont tort.

Mont-Royal: la vente de feu se poursuit

Du béton. Sur le Mont-Royal. Un zonage non-respecté, une montagne défigurée. Et l’administration Tremblay s’en lave les mains. Encore. Jusqu’où ira l’insensibilité du maire envers ses citoyens et ce qui leur tient à coeur?
Toutes les villes du monde atteignent un point où elles choisissent leurs priorités et décident de protéger un espace vert assurant la qualité de vie de leurs citoyens. Il y a Central Park à New York, le Bois-de-Boulogne à Paris, et même les plaines d’Abraham à Québec. Aurait-on idée de construire des condos sur les plaines d’Abraham? En appuyant le nouveau projet de 325 condos sur le Mont-Royal (avec un beau stationnement de 671 places, soit pour deux voitures par condo, allo les problèmes de circulation!) la ville de Montréal ne fait que démontrer son peu de fierté d’avoir un parc comme le Mont-Royal en son centre.
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En fait, le message est bien pire, car il s’agit de la continuité de celui lancé dans les affaires Accurso et Catania: la ville est à vendre. Ou plutôt: l’administration Tremblay est à vendre. Rien à foutre du zonage institutionnel: on va vous le modifier. Et les arbres? Coupez-les. Votre construction est trop haute,  créant une pollution visuelle? Rien à foutre: construisez, construisez, construisez. On n’en a rien à foutre du Mont-Royal.
Pourtant, ce parc devrait constituer notre fierté. Il est plus visité que tous les autres parcs nationaux du Québec réunis. Il offre une bouffée d’oxygène à tous les citoyens et permet à tous, peu importe leur revenu, d’avoir accès à un minimum de nature au coeur de notre ville.
Le problème n’est pas seulement qu’on y construise des condos sur son flanc. Le problème est plutôt qu’on ne sait pas où s’arrêteront ces constructions. À tous les ans des citoyens doivent s’organiser et faire des pétitions pour empêcher qu’on détruise leur joyau. Doit-on attendre qu’il ne reste plus que quelques arbres épars perdus entre les condos pour protéger notre montagne?
Avoir une montagne en son centre est une chance que peu de villes possèdent. Mais de la manière dont l’administration Tremblay s’occupe de ce qui devrait être un sanctuaire inviolable de beauté naturelle urbaine, je me dis parfois qu’on ne mérite pas cette topographie et que Montréal aurait peut-être du être aussi plate que Drummondville.
Quoi que…Là-bas, ils ont un village d’antan. On pourrait peut-être en faire un ici aussi.  Dans quelques années, on plantera 2-3 arbres entre les stationnements et les condos et on demandera aux gens d’imaginer qu’il y a déjà eu un parc à cet endroit.
À Montréal, du changement, et ça presse!  Et si on montrait la porte à ce très petit maire avant qu’il ait tout vendu ce qui nous est précieux?