Mois : novembre 2010

Pour un dépotoir Mordecai-Richler

Une rue Mordecai-Richler, êtes-vous tombés sur votre porte-cheveux? Une rue Claude-Ryan, peut-être, ou même Robert-Bourassa, voilà qui pourrait aller. Des fédéralistes qui insultaient leurs ancêtres en s’opposant à la libération définitive des Québécois, mais qui au moins n’insultaient pas notre intelligence en inventant des sornettes dignes des plus sombres psychoses des pires dictateurs de l’Histoire de l’humanité. Mais Mordecai Richler?

Sources de l’image
Mordecai Richler, qui avait écrit dans le magazine états-unien Atlantic Monthly qu’au soir de la victoire du Parti Québécois, les militants indépendantistes avaient entonné un hymne nazi.
Mordecai Richler, qui qualifiait le Québec de société tribale dont l’émancipation dans le monde moderne tient à la magnanimité des anglophones.
Mordecai Richler, qui qualifiait les femmes québécoises élevant des familles nombreuses de truies.
Mordecai Richler, qui affirmait que le but avoué de la rébellion des Patriotes de 1837-38 était d’égorger les Juifs, un mensonge tellement éhonté qu’il serait probablement inutile de rappeler que Louis-Joseph Papineau avait piloté en 1832 une loi qui accordait aux Juifs leurs pleins droits, une première dans tout l’empire britannique.
Mordecai Richler, qui hallucinait sur le risque de disparition des anglophones, un discours qui plairait probablement aux malades mentaux administrant un site comme le ParkAvenueGazette, eux qui demandent la pendaison de Pauline Marois et qui appellent les anglophones à s’armer.
Mordecai Richler, c’était cela: un menteur compulsif souffrant de paranoïa doublé d’un raciste impénitent. Une ordure sur pattes. Imaginez un sac de poubelles avec deux jambes et vous avez l’apport intellectuel de Mordecai Richler au Québec.
Cela ne semble pas déranger le maire de l’arrondissement Côte-des-Neiges, Michael Applebaum, et son conseiller Marvin Rotrand, deux Juifs ayant qualifié une demande de minute de silence pour se recueillir à propos des morts causés par l’attaque israélienne au Liban, en 2006, « d’antisémite ». Ce sont ces deux individus, fiers héritiers de la paranoïa de Richler, qui pilotent le dossier pour qu’on puisse « enfin » célébrer ce grand écrivain (sic)!
Que deux Juifs anglophones demandent la reconnaissance d’un autre Juif anglophone ayant protégé avec toute la malhonnêteté du monde les avantages rhodésiens de la minorité anglophone du Québec, voilà qui ne devrait pas trop nous surprendre. Mais que le directeur-général de la ville de Montréal, Louis Roquet, un Québécois, appuie la consécration de Richler a de quoi nous étonner.
Un grand écrivain?
« Il était un grand écrivain » se défendent ceux qui, comme Roquet, veulent souiller notre ville de la mémoire de ce créateur d’immondices intellectuelles que même la mort n’a pu complètement laver. Or, un grand écrivain, c’est quelqu’un en phase avec son milieu, qui représente une sensibilité propre à un quartier, une ville, une nation. Si les mensonges vicieux de Richler représentaient sa communauté, cela voudrait dire que c’est l’ensemble des anglophones de Montréal qui sont de graves paranoïaques et que le fait que des journaux comme The Gazette manipulent systématiquement l’information en faveur des anglophones ne constitue pas une loi du hasard, mais bel et bien la consécration d’une psychose collective.
Si Mordecai Richler était un grand écrivain, c’est donc qu’il a été reconnu par ses pairs non pas comme le désaxé raciste que nous voyons tous chez lui, mais comme un individu sain d’esprit et donc que les anglophones montréalais se reconnaissaient dans sa saleté intellectuelle. On pourrait même extrapoler et concevoir que les anglophones les plus sains d’esprit ont tout à fait compris, dès 1976, que le Québec deviendrait français et que ceux n’ayant pas quitté la nation ont préféré embarquer dans d’étranges délires de persécution leur permettant de se donner une sorte de rôle messianique dans le divin combat contre les méchants Québécois qui osaient – nom de Dieu de nom de Dieu de nom de Dieu! – exiger de pouvoir vivre dans leur propre langue. Vous voyez le portrait? Braveheart, Mordecai Richler, même combat.
D’autres diraient qu’on célèbre les histoires de l’homme et non ses prises de position politique. Arrêtez-moi ça ici. Terminus de la stupidité, tout le monde descend. Aurait-on idée d’appeler un musée le musée Hitler sous prétexte que le Führer peignait, à l’aquarelle, de pastorales scènes de la vie campagnarde prussienne? On ne juge pas un homme par partie, mais comme un tout. Si on doit imposer le nom d’un homme sur nos pancartes ou nos édifices, c’est en tant qu’homme complet – comprenant sa folie – et non pas pour quelques rares exploits. Sinon, autant récompenser le colonel Williams pour sa gestion de l’armée canadienne et le citer en exemple pour la jeunesse.
Dans les faits, ce que cette consécration demandée expose, ce n’est pas le besoin des Québécois d’honorer Mordecai Richler. Non, les Québécois, s’ils le pouvaient, préféreraient probablement encore renommer un dépotoir en son honneur, comme le montre la page Facebook à cet effet.
Un besoin maladif de symboles
Il s’agit plutôt du désir d’une communauté anglophone tissée serrée, imperméable aux faits les plus primaires, et qui a le besoin viscéral de se doter de symboles, d’objets de fierté – si abject soient-ils – ou de lieux appelant le souvenir de leur passé d’élite anglaise embrassant du regard, du haut de leur montagne, la pauvre populace canadienne-française vivant dans ses taudis. Un désir de mémoire, afin d’enraciner encore plus profondément dans Montréal cette haine d’un Québec empêchant notre État français de véritablement s’épanouir.
Et nous, pendant ce temps, qu’avons-nous à offrir à notre propre mémoire? Une rue Olivar-Asselin, du nom de notre plus grand journaliste, ayant giflé en pleine Assemblée le premier ministre Taschereau, le plus corrompu de son époque: un bout de rue de 200 mètres sur le bord d’une autoroute et menant à une école arménienne. Une rue René-Lévesque, incapable de s’imposer jusque dans Westmount et de remplacer définitivement la Dorchester. Une rue Pierre-Bourgault? Une rue Pierre-Falardeau?
Les anglophones l’ont compris: une communauté qui survit et qui prospère a besoin de racines.
Mais nous, nous préférons tout oublier. Non, pire: nous institutionnalisons notre propre oubli en interdisant l’apprentissage de notre histoire à nos jeunes et nous faisons passer cela pour du progrès.
Mordecai Richler doit rire dans sa tombe.
Et si on déménageait ses restes dans un dépotoir, question de bien enraciner son souvenir et de souligner toute son « importance » pour le peuple québécois?
L’odeur fétide de ses préjugés aurait enfin de la compétition.

Offre d'emploi – Premier ministre

Nombre de poste(s) à combler : 1
Appellation d’emploi à l’interne (si différente) : Premier ministre
ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC
Accès à l’égalité
Nous souscrivons à un programme volontaire d’accès à l’égalité en emploi selon la Charte des droits et libertés de la personne et nous encourageons les personnes lésées par des années de corruption libérale, les nationalistes, les francophiles, les démocrates et les progressistes à présenter leur candidature. Nous nous réservons cependant le droit de refuser la candidature de tout individu portant les noms « John », « James » ou « Charest » afin de préserver la confiance du public dans notre institution.
Lieu de travail
1045 Rue des Parlementaires
Québec (Québec)
G1A 1A4
Principales fonctions
De façon plus spécifique, la personne dirige l’État du Québec dans le respect de ses traditions démocratiques et non comme s’il s’agissait du carré de sable de ses amis mafieux, cesse de blâmer l’opposition pour ses propres avanies, déclenche une enquête publique sur l’industrie de la construction et ses liens avec le financement des partis politiques, instaure un financement par l’État des partis politiques, met en tutelle les municipalités où il y a corruption, gère un cabinet de ministres qui sont nommés pour leurs compétences et non pour leurs liens avec certains financiers occultes, protège le français langue commune et nationale du Québec, assure le bon fonctionnement de l’État en cessant de privatiser ses services pour avantager ses amis, se présente en conférence de presse avec le sourire et un discours positif pour la nation, vérifie et tient à jour les dossiers liés aux différents ministères sous sa responsabilité, assure la bonne direction des fonctionnaires gouvernementaux. Au besoin, elle accomplit toute autre tâche connexe, y compris l’écoute de la population et la capacité à admettre ses torts.
Exigences et conditions de travail
Scolarité : Secondaire (DES)
Terminé
Années d’expérience reliées à l’emploi : 1 à 2 années d’expérience
Description des compétences : Très bonnes aptitudes pour la communication. Ouverture à travailler avec une clientèle non-mafieuse. Bonnes aptitudes pour l’analyse, avoir le souci de l’intégrité et faire preuve de jugement; Bonne connaissance du fonctionnement de l’Assemblée nationale; Connaissance des méthodes et usages propres à la tenue d’un gouvernement. Bonne connaissance de la langue française (parlée et écrite). Aucun lien avec Paul Desmarais, Pier-Karl Péladeau, Tony Accurso ou la mafia est un atout. Doit être propre de sa personne et en mesure de nettoyer l’odeur de pourriture émanant du bureau de l’ancien détenteur du poste.
Langues demandées : langues parlées : français
langues écrites : français
Salaire offert : 183 000$ par année
Nombre d’heures par semaine : Illimitées
Conditions diverses : Aucune enveloppe brune n’est acceptée sur les lieux du travail.
Statut d’emploi : temporaire (jusqu’à la prochaine élection)
Date prévue d’entrée en fonction : 2011-01-03
L’employeur accepte les candidatures en ligne : veuillez remplir le formulaire disponible sur cette page.

Marois doit partir

Quand le malade vivote sur le respirateur artificiel et que tout espoir de guérison a été écarté, il faut parfois agir d’une manière humaine et le débrancher. C’est ce à quoi aspirent réellement le groupe des cinquante ayant signé une lettre pour mettre au rancart (l’étapisme de) Pauline Marois. Ces jeunes péquistes ne devraient pas être ostracisés ou traités de « no-name » (sans-noms) comme l’a fait avec si peu de classe et de fierté francophone l’ancien président de l’aile-jeunesse du parti, Alexandre Thériault-Marois. Il faudrait plutôt les féliciter, voire les récompenser pour leur tentative de sauver ce qui reste du parti de René Lévesque.

Source de l’image
En effet, Pauline Marois est devenu un boulet pour le Parti Québécois. Alors que le gouvernement Charest atteint un niveau d’insatisfaction stratosphérique dans les sondages, Marois n’arrive qu’à égalité avec le premier ministre au niveau des intentions de vote. Pire: un hypothétique parti n’existant même pas encore sur papier et dirigé par deux anciens péquistes prendrait le pouvoir si des élections étaient déclenchées demain matin!
On peut chercher des solutions de midi à quatorze heures, on peut vouloir mieux « vendre » Marois, on peut travailler sur ses manières, on peut dépenser des dizaines de milliers de dollars pour améliorer son image médiatique: rien n’y fait. Le courant ne passe pas. La population ne fait pas confiance à Pauline Marois. Elle est compétente, probablement très intègre, sûrement une excellente politicienne, mais les gens ne veulent pas d’elle, peu importe les raisons. Nous aimerions tous nous identifier au légitime rêve de Marois de devenir première ministre et de diriger un gouvernement du Parti Québécois, mais la particularité du rêve consiste à s’estomper quand sonne le réveil du matin.
Or, ce réveil a sonné depuis bien assez longtemps. Quand ce sont des députés libéraux qui rigolent du leadership de Marois, c’est qu’il est temps d’agir. La récente sortie de Jacques Parizeau doit sonner le réveil des troupes. Ce n’est plus le temps d’appuyer sur « snooze » et d’oublier la réalité. Si le Parti Québécois aspire à prendre le pouvoir et à réaliser l’indépendance, il lui faudra trouver des solutions à la fois au problème Marois et améliorer son plan de match en faveur de l’indépendance.
Gilles Duceppe doit prendre la tête du Parti Québécois
Gilles Duceppe n’est ni René Lévesque ni même Jacques Parizeau. Sur plusieurs points, on pourrait même affirmer qu’il fait partie de ces politiciens qu’on trouve un peu trop « langue de bois ». Ceci dit, ses convictions sont claires, nettes et précises. Il ne manque pas une occasion de parler de souveraineté. Il ne le fait pas du bout des lèvres comme Marois, presque comme une éruction involontaire; il le dit haut et fort et il semble davantage prêt à agir en faveur de celle-ci.
De plus, la population l’aime. Oui, il est imparfait. On se rappelle tous l’avoir vu avec un bonnet sur la tête ou s’être mêlé dans ses mots alors qu’il faisait une entrevue télévisée. Peu importe: il est imparfait et il nous ressemble. N’importe quel citoyen du fond d’une ruelle de Montréal ou d’un rang de la région peut s’identifier à Gilles Duceppe.
Or, au-delà du discours, des idées, de la rhétorique, à la fin, dans l’isoloir, la question se résume souvent à celle-ci: « est-ce que je fais confiance à cette personne? » Et Duceppe, dominant outrageusement les élections fédérales au Québec depuis plus d’une décennie, inspire confiance.
Le Parti Québécois doit refuser tout projet de gouvernance et bâtir l’indépendance dès maintenant
Outre la question du chef, celle du discours reste importante. La « gouvernance souverainiste » de Pauline Marois est vouée à l’échec. Le concept-même de gouverner une province – et peu importe les fantasmes de bizarreries du genre « indépendance sectorielle » – implique de faire des choix selon l’axe gauche-droite et non plus selon celui indépendantisme-fédéralisme. Une gouvernance provinciale du PQ ne peut qu’entraîner des déchirures à ce niveau; l’aile-gauche (ou ce qui en reste) et l’aile-droite ne pourraient jamais être satisfaits. Le parti serait constamment écartelé entre sa gauche et sa droite. On l’a vu sous les règnes de Bouchard et Landry. Ne dit-on pas que la folie consiste à agir d’une même manière en espérant des résultats différents?
L’indépendance constitue un geste de rupture. Par essence, il s’agit d’une position radicale. On ne peut pas constamment agir sur la pointe des pieds en ayant peur des sondages. Les plus grandes réalisations du Québec moderne ont constitué autant de gestes de rupture. Croyez-vous qu’on aurait nationalisé l’hydro-électricité en parlant de « nationalisation sectorielle » ou qu’on aurait appliqué la Loi 101 en revendiquant des gains linguistiques circonscrits? Il arrive un moment pour un peuple où celui-ci doit rompre avec un passé le sclérosant et lui faire mordre la poussière.
Le Québec stagne ou recule depuis des années précisément parce qu’on n’a pas définitivement réglé la question nationale et qu’on a préféré avancer sur la pointe des pieds en se contentant des miettes lâchées par le gouvernement de l’autre nation. L’indépendance ne tombe pas du ciel comme un fruit mûr, malgré ce qu’affirment certains rêveurs. Ce n’est pas parce que l’identité québécoise s’avère de plus en plus forte – qui se définit encore principalement comme Canadien aujourd’hui? – que l’indépendance approche; au contraire, c’est peut-être parce que nous avons de moins en moins l’impression de voir les chaînes qui nous limitent que nous avons peur des gestes de rupture.
Autrement dit: l’idée d’indépendance s’est bâtie sur une opposition entre un Québec français et un Canada anglicisant. Or, nous assistons à la naissance du concept de Québécois francophone – et à la légitimation de l’oxymore « Québécois anglophone » – laissant entrevoir non pas un rapprochement vers la réalisation de l’indépendance, mais plutôt vers la bilinguisation puis l’anglicisation du Québec. Loin de constituer une amélioration vis-à-vis du statu quo, la stratégie des petits pas et de la création d’une identité québécoise à l’intérieur du Canada nous rapproche plutôt du précipice.
Voilà précisément pourquoi il est d’une importance capitale de rejeter la stratégie de l’étapisme prônée depuis des décennies par les bonzes péquistes. Elle a échoué. Et elle échouera encore. Les peuples qui sont devenus libres ont d’abord planifié leur libération, l’ont exécuté, puis sont passé à d’autres enjeux.
Si l’article premier du Parti Québécois affirme que le but du parti est de réaliser l’indépendance du Québec, il doit s’y atteler dès maintenant en se débarrassant à la fois du boulet Marois et de son plan d’étapisme ne constituant qu’un énième recul pour la cause. S’il faut une élection référendaire, qu’à cela ne tienne. Le but, le seul, doit être d’utiliser tous les moyens possibles pour libérer définitivement le peuple québécois de l’État canadien.
Sinon, qu’il change son article premier et qu’il devienne un simple parti provincial.
Et nous disparaîtrons en silence à grands renforts de bilinguisme et de « In English Please » (en anglais SVP) éructé de la bouche pointue d’un individu faisant partie d’une nation qui, elle, se respecte.