Mois : octobre 2011

Nous sommes des esclaves

« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis. »

-Thomas Jefferson

* * *

« L’or est une monnaie. C’est tout. »

-J.P. Morgan

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Une des activités préférées des indépendantistes comme moi est de se demander pourquoi l’indépendance ne s’est pas faite. Pourquoi, en fait, le Québec est toujours dans le giron canadien alors que je ne me rappelle même pas avoir rencontré un seul Québécois ouvertement et fièrement fédéraliste depuis dix ans. Pourquoi le Québec n’est pas un pays alors qu’existe une telle indifférence à l’égard du Canada. Dans un récent billet, je parlais de l’individualisme en tant que pire ennemi d’une conception collectiviste comme l’indépendance, mais il me semble qu’il faille aller plus loin. Et si la raison de ce manque d’intérêt provenait simplement de l’incapacité pour la population de concevoir ce que représente réellement la véritable in-dépendance?

Depuis des décennies, on nous vend un projet clef-en-main quant à la création magique d’un État soi-disant indépendant. Je dis « soi-disant » parce que la plupart des élites indépendantistes considèrent qu’un État québécois s’enchaînerait de la même manière que l’État canadien en adoptant ses alliances – dont le libre-échange nord-américain – et sa monnaie. Il s’agit d’une erreur fatale.

Qu’est-ce que l’indépendance?

L’indépendance commence par la capacité de diriger soi-même sa destinée et s’il y a UNE SEULE chose qui domine toutes les autres dans ce domaine, c’est la monnaie. Laisser la gestion de la monnaie à d’autres – une banque centrale semi-privée, un État étranger, un conglomérat de banques, etc. – constitue l’équivalent pour un jeune adulte d’aller vivre en appartement tout en laissant la clef à ses parents. Il n’y a pas un seul bien qui soit plus important que la monnaie.

La monnaie permet la vie économique. Elle permet de s’acheter des biens. Elle évalue ces biens. Elle participe à l’éducation, à la culture, à la langue d’une nation selon qu’elle favorise une dépendance face à ses voisins ou une indépendance face à ceux-ci. La monnaie, c’est l’arme ULTIME de toute nation. Qui contrôle la monnaie contrôle la nation.

Or, les nations ne contrôlent plus leur monnaie aujourd’hui. Le Canada, la France, les États-Unis ou l’Allemagne ne sont pas davantage indépendants que le Québec. Ce sont des groupes de banquiers qui, aujourd’hui, décident des politiques des États. Ce sont eux qui prêtent l’argent aux pays, ce sont eux qui prêtent l’argent aux gens. Ce sont eux qui créent cet argent à partir de rien du tout et qui détruisent ainsi les économies de la population par l’inflation.

Regardez l’image ci-dessous.

Tout en haut existe un cartel bancaire, formé de méga-banques, principalement étatsuniennes, mais également européennes. Elles contrôlent toute l’économie de deux façons. De la première (partie gauche), elles prêtent aux États – qui deviennent de facto leurs subalternes – ce qui entraîne une augmentation de la dette publique, contrebalancée en partie par des dépenses publiques entraînant des revenues de taxes et d’impôts. De l’autre (partie droite), elles prêtes aux particuliers et aux corporations, qui ensuite dépensent et obtiennent un retour sur leurs investissements.

Or, à chaque étape, on crée davantage d’argent, puisque l’argent constitue aujourd’hui une dette (chaque dollar dans vos mains est en fait une promesse de règlement de dette; le dollar n’a pas la moindre valeur par lui-même). Quand on prête aux gouvernements, les intérêts réclamés augmentent la masse monétaire. Et quand on prête aux particuliers et aux entreprises, on crée encore davantage d’argent puisqu’on peut créer jusqu’à dix fois la valeur reçue. Par exemple, si vous déposez 100$ à votre banque, celle-ci peut en prêter 1000$; on vient de créer 900$ à partir de rien.

Cela a deux conséquences: d’un côté les banques encaissent de juteux profits en recevant les intérêts de leurs prêts; de l’autre l’augmentation de la masse monétaire entraîne une augmentation de l’inflation et la dévaluation de la valeur de l’argent dans nos poches.

Concrètement: on se fait avoir des deux côtés.

Si vous regardez au centre du graphique, on voit différentes « solutions » proposées pour mettre fin aux dettes privées ou publiques. Notez que celles-ci ne constituent pas de véritables solutions. En privatisant ou en nationalisant, on transfère simplement les dettes soit vers la collectivité, soit vers l’individu; cela ne change strictement rien pour les banques en haut. D’un point de vue moral, on pourrait souligner qu’il est mieux de faire peser le poids de ces dettes sur la collectivité, mais à terme, même dans un système ayant largement nationalisé ses entreprises et réduit la pauvreté, le poids de la dette finirait par tout étouffer puisque l’argent est une dette.

En clair: puisque l’argent constitue une dette, et puisque les dettes augmentent proportionnellement selon la quantité d’argent en circulation, il est tout à fait IMPOSSIBLE de rembourser ces dettes. Pensez-y. Les États sont endettés comme jamais et les individus ont un taux d’épargne négatif. Tout n’est que dette, dette, dette. Cette dette existe parce qu’elle est argent et on ne peut pas plus la rembourser que d’éliminer tout l’argent en circulation.

Ce système fonctionne un peu comme un siphon: il aspire vers le haut toutes les forces productives de la société jusqu’à rendre chacun de nous aussi esclaves qu’ils peuvent l’être, pris entre d’un côté les taxes élevés nécessaires pour rembourser la dette publique et de l’autre les salaires de misère ou les prix élevés pour rembourser la dette privée.

Nous sommes des esclaves.

L’or: la seule libération

Il y a une seule façon de sortir de cette gigantesque partie de casino truquée: l’or. L’or, depuis des millénaires, n’a qu’une seule fonction: celle d’être une monnaie. On ne peut pas imaginer une monnaie plus stable et plus indépendante: on ne peut pas l’imprimer, on ne peut pas la détruire volontairement (on pourrait, en théorie, mais ce serait stupide puisque sa valeur est intrinsèque), on ne peut pas altérer sa valeur. L’or est d’une telle importance que le lieu où il est gardé constitue présentement un secret encore plus important que celui concernant le lieu d’armes nucléaire.

Si vous avez de l’or, vous avez la liberté. On ne peut plus dévaluer votre monnaie. On ne peut plus vous aspirer dans une course sans fin pour battre l’inflation. Vous stockez le produit de votre travail dans l’or et on ne peut pas vous le prendre ni par les taxes, ni par l’inflation. L’or existe, simplement. Sa valeur est intemporelle, éternelle. Elle ne monte pas; elle ne descend pas. Seule la monnaie à laquelle on le compare monte ou descend.

Si vous calculez vos revenus et vos dépenses en or, vous pouvez les comparer dans le temps. Par exemple, le salaire per capita des États-Unis, en 1970, était de 3 587$ par année, ce qui équivalait à 102 onces d’or (35$/oz.). En 2010, ce salaire était rendu à 39 945$, soit 29 onces d’or (1400$/oz). Il s’agit d’une baisse du pouvoir d’achat en or de 72%.

Évidemment, cela ne signifie pas, selon le paradigme actuel, que tous les Américains se sont appauvris de 72%. Puisque notre monnaie est créée à partir de rien, qu’elle ne repose sur rien, et ce depuis le début des années 70, on a créé une gigantesque bulle de crédit facile s’appuyant à la fois sur les épargnes du passé (taux d’épargne à la baisse depuis quatre décennies) et sur les richesses du futur (voilà exactement ce que constitue le crédit). On a ensuite donné l’illusion de la richesse à des gens qui, s’ils étaient réellement observateurs, remarqueraient sans peine que là où un seul salaire réussissait à faire vivre une famille un demi-siècle plus tôt, deux sont maintenant insuffisants.

Et quand le système actuel s’effondrera, quand le gigantesque siphon aura sucé jusqu’au dernier baril de pétrole à bas prix, quand il aura rendu esclave des dettes le dernier des citoyens, quand cette gigantesque bulle se dégonflera parce que l’épargne du passé et les anticipations du futur ne suffiront plus pour alimenter la machine, que restera-t-il?

Il restera ceux qui auront une monnaie alternative, libre de toutes contraintes.

Voilà pourquoi le Québec, plutôt que de vouloir devenir l’équivalent des autres « pays » soumis de cette planète, ferait mieux de commencer à accumuler ses richesses et à tenter de construire un modèle alternatif. Il devrait s’allier à tous les mouvements, à tous les partis politiques, à toutes les organisations réellement indépendantistes, de tous les pays, dans le but non pas de créer un nouvel ordre mondial différent, mais plutôt un ordre local sain, véritable, basé non pas sur des dettes, mais sur des richesses concrètes et inviolables.

Individuellement, les citoyens devraient également commencer à se protéger et à retirer progressivement leurs jetons de ce grand casino pour acheter des valeurs sûres, comme l’or. Évidemment, la première étape, s’ils sont comme votre humble serviteur, consiste d’abord à se sortir de dettes…

Aucune monnaie fiat, basée sur de l’air, n’a jamais réussi à créer un ordre stable. Celle-ci s’effondrera également, comme les autres.

À ce moment-là, on descendra dans les rues, on deviendra des Indignés et on réclamera le retour d’une forme ou d’une autre de monnaie basée sur l’or. À ce moment-là, le fruit sera mûr et notre discours sera assez porteur pour atteindre le 99% encore confortablement assis au casino aujourd’hui.

Ces changements risquent de se produire de toute façon, si on se fie à certains documents rendus publics par Wikileaks et qui indiquent que la Chine entrevoit un retour partiel à l’étalon-or d’ici quelques années par les États-Unis dans le but de sauver son système et de limiter la croissance exponentielle de la Chine et de l’Inde, notamment…

Tout est lié.

Pour une monnaie québécoise basée sur l’or

À la demande générale, une nouvelle vidéo éducative. On sort ici de la question linguistique pour s’attaquer au problème de l’instabilité monétaire et je propose une manière élégante – et déjà expérimentée – de sortir de la crise, de mettre fin au vol que constitue l’inflation et de permettre au pays du Québec d’être véritablement maître chez lui.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=ZqcnjcANX58&w=650&h=366]

Quand un chef du RRQ attaque les militants

La manifestation citoyenne pour une Loi 101 plus forte de dimanche dernier a été un vibrant succès. Malgré la pluie, malgré le vent, malgré le froid et malgré le fait qu’il y avait trois autres manifestations au même moment dans les rues de Montréal. Et malgré aussi, disons-le franchement, l’obstruction systématique du Réseau de résistance du Québécois (RRQ).

Source de l’image

J’avais parlé brièvement du comportement d’un de ses membres dans mon dernier billet, mais j’aimerais régler la question une fois pour toutes, car de nombreux militants du RRQ – des militants honnêtes – ne sont pas au courant des tractations qui se trament au sein de ce mouvement. En l’occurrence, et bien que je n’ai pas toutes les preuves permettant d’affirmer avec certitude que les plus hauts échelons ont été impliqués, je peux affirmer sans l’ombre d’un doute que le RRQ a tenté de saboter cette manifestation pour une Loi 101 plus forte.

Réglons d’abord le cas de Carl Contant. Ces deux copies d’écran devraient le faire assez rapidement. LIEN 1. LIEN 2. Ce ne sont là que quelques extraits du harcèlement constant de M. Contant contre les divers organisateurs de notre manifestation. Notez, dans le lien 2, qu’il affirme: « y en aura pâs (sic) de ta manif ». Et c’est bien ce qu’il a tenté de faire, en écœurant à ce point les organisateurs qu’il a fallu demander la protection de la Milice patriotique du Québec (MPQ) pour assurer le bon ordre. Selon un des organisateurs, M. Contant était déçu du fait que cet organisateur ne s’était pas présenté à son événement et il a voulu se venger. Normalement, on aurait dû en rester là et Carl Contant, dans un mouvement crédible ne distribuant pas la chefferie de ses sections avec un boulier, aurait dû être suspendu de ses fonctions immédiatement ou au moins réprimandé pour avoir tenté de nuire à une manifestation de militants francophiles.

Or, ce qui s’est produit est l’exact contraire. Carlo Mosti, directeur national et coordonnateur de la section Montréal du Réseau de Résistance du Québécois et Guillaume Martin, directeur des Communications Internet, de même que de nombreux autres membres du RRQ qu’il ne vaut pas la peine de nommer ici, se sont immiscés sur les pages des activités du regroupement citoyen en tenant le même discours agressif et résolument hostile au projet de manifestation. M. Mosti s’en est pris à un des organisateurs, qui est un ancien chef de section du RRQ défroqué, et M. Martin s’est contenté de l’appuyer dans son œuvre. Nous étions plusieurs à leur rappeler qu’il s’agissait d’un événement en faveur de la langue française et que de nombreux militants y étaient impliqués; rien à faire.

La goutte qui a fait déborder le vase, si on peut dire, est la partie qu’on ne peut prouver mais à propos de laquelle on a reçu le plus d’informations via de nombreuses sources (y compris des membres en règle du RRQ en désaccord avec la manière d’agir de l’organisation). Près d’une dizaine de jours avant l’événement, une organisation importante pour la défense du français au Québec (nous ne la nommerons pas; elle est au-dessus de tout cela) avait démontré un vif intérêt pour participer à l’événement. Tout était parfait: nous étions un mouvement citoyen, nous étions pacifiques, notre discours rejoignait celui de l’organisation en question. Or, entre-temps, le RRQ a lancé sa cellule de Laval (s’appropriant les statistiques compilées par votre humble serviteur sans le nommer, mais n’allons pas les blâmer pour si peu) et au lendemain du lancement auquel a participé l’organisation francophile précitée, il n’était plus question de sa participation à notre activité. En politique, on appelle cela du tordage de bras.

Ce qui a été clair, tout au long du processus, c’est que le RRQ souhaitait que les militants pour le français se plantent. Ils nous ont d’abord ignoré, mais au fur et à mesure que les gens indiquaient leur participation, ils ont commencé à nous attaquer, d’abord d’une manière bénigne, puis jusqu’aux menaces ayant nécessité la présence de la MPQ.

Au nombre des arguments prônés par le groupuscule, il y avait celui selon lequel nous donnerions de la visibilité aux suprématistes anglophones en manifestant contre eux. Nous avons prouvé qu’ils avaient tort en orientant notre manifestation non pas comme une contre-manifestation, mais comme une activité de sensibilisation des citoyens en faveur d’un renforcement de la Loi 101. Nous avons réussi. Malgré eux. Cinq pages de pétition pour le renforcement de la Loi 101, nombre d’appuis, et la question du sur-financement des institutions de langue anglaise au cœur des débats. C’est à peine si on a vu les orangistes.

Le pire, c’est que quelques jours plus tard, hier soir en fait, j’apprends que certains des militants ayant lutté avec tant d’acharnement contre notre manifestation pour le français ont participé à une manifestation contre un groupuscule islamiste radical. Et sur la page du RRQ-Laval, Carlo Mosti a répondu: « Bravo la gang pour votre intervention rapide! ». Comprenez-vous? Manifester contre des suprématistes qui veulent abolir la Loi 101 et ainsi éliminer le fait français en Amérique du Nord, c’est trop marginal. Mais manifester contre des islamistes qui veulent l’établissement de la charia et la mort « lente et dans la souffrance » des personnes coupables d’adultère, ça ce n’est pas marginal du tout, non, non… La belle logique!

La quête de respectabilité du RRQ

La vérité, c’est que le RRQ n’a pas voulu participer au rassemblement citoyen pour le français pour deux raisons. La première parce que votre humble serviteur (qui a déjà lourdement critiqué le RRQ) et un ancien chef de section du RRQ l’organisaient, et ensuite parce qu’il n’y avait pas de « grosses caméras ». Ce sont là les deux principales motivations du RRQ: l’égo et la visibilité, qui se transforment en fait en un seul dogme: respectabilité. Et tant pis pour les militants qui se gèlent les fesses pour la cause et qui n’ont pas besoin d’exhiber le kit vestimentaire du bon petit rrquiste devant les caméras pour exister. Tant pis pour l’action de terrain.

Au printemps dernier, quand le « colonel » James Angus Brown – oui, oui, celui qui demandait la pendaison des indépendantistes – a annoncé une manifestation pour le 17 avril, j’ai immédiatement contacté Patrick Bourgeois pour lui demander d’organiser quelque chose. Sa réponse? Oui, bof, non. Pas important. Quelques semaines plus tard, on annonçait le voyage de noces du prince et le branlebas de combat du côté de Bourgeois fut spectaculaire: « Nous serons là! », « Non au prince! » etc. Qu’on comprenne: que des gens de chez nous demandent la pendaison des indépendantistes, ça ne vaut pas la peine de se déplacer. Mais qu’un prince vienne en voyage de noces à Québec, alors ça, ÇA c’est important. C’est capital. Arrêtez les presses tout le monde on a une histoire. Et c’est ainsi que Bourgeois vola de caméra en caméras, de micro en micros, se faisant entendre jusqu’en Angleterre (est-ce que ce sont les Anglais d’Angleterre qui feront notre indépendance, au fait), à propos d’une monarchie autrefois coupable de crimes contre nous… au même moment où le RRQ ne faisait rien contre un individu demandant notre pendaison!

Heureusement, des citoyens se sont levés et ont manifesté. Ils n’étaient pas beaucoup, mais ils valaient mieux que le RRQ, si vous voulez mon avis, parce qu’ils sont allés à un combat loin des caméras et où il ne suffisait pas d’investir 1000$ dans un avion et une banderole pour clamer une victoire.

Le RRQ, en fait, et de plus en plus, s’englue dans son dogme – que dis-je, sa folie – de la respectabilité. Se séparant progressivement des militants qui l’ont aidé à se forger une crédibilité dans le mouvement, il s’impose en juge de ce qu’il est légitime ou non légitime de faire. Une quantité impressionnante de ses premiers membres lui ont tourné le dos – et plusieurs ne demanderaient qu’à révéler les secrets plus sombres de l’organisation mais se taisent pour le bien du mouvement – mais le RRQ peut compter sur une équipe de recrutement faisant des merveilles dans l’art du « branding », consistant à habiller un adolescent en noir et blanc de la tête au pied et de lui faire croire qu’il est Patriote parce qu’il n’a plus un sous en poche mais des lettres RRQ du fond de culotte au dessous des bras.

Pourquoi je quitte le RRQ

Il y a presque un an, j’annonçais que je me joignais au RRQ. Après un faux-départ, j’avais décidé de laisser une chance au mouvement. Pour le bien de la cause. Parce que j’y croyais. J’ai décidé de laisser tomber mes doutes et de plonger.

Je leur ai envoyé mon 20$. Jamais eu de reçu, jamais eu de documentation, jamais eu d’invitation. Mais ils ont pris le 20$. Pas trop grave. J’ai commandé un livre. Jamais arrivé. J’ai dû insister à plusieurs reprises pour que je finisse par le recevoir. Pas la fin du monde. J’avais des informations importantes à communiquer à Patrick Bourgeois l’été dernier. Je lui ai communiqué à plusieurs reprises sur Facebook, je lui ai téléphoné à deux reprises, j’ai laissé des messages. Aucun retour d’appel. Y a rien là. Jusqu’à ce point, sérieux, je trouvais le mouvement broche-à-foin mais je continuais de le respecter et je me disais que j’avais sûrement été malchanceux ou peu importe.

Mais quand on s’attaque aux militants comme le RRQ l’a fait, comme les plus hauts échelons l’ont approuvé, je décroche. Je ne peux tolérer qu’on s’attaque à des gens comme Denis, le peintre, ou encore Alain, qui vient manifester sur son heure de dîner au travail. Je ne peux tolérer qu’on s’attaque à des gens comme Daniel, qui a participé financièrement à l’impression de nos dépliants, qui est venu avec un mégaphone et qui est de toutes les manifestations. Je ne peux tolérer qu’on s’en prenne à Renaud, qui subit les fausses plaintes d’un suprématiste anglophone pour son implication et qui a toujours été dans la rue pour notre langue. Je ne peux tolérer qu’on attaque Jennifer, qui, malgré des moments difficiles dans sa vie personnelle, s’est pointée avec nous pour la cause. Je ne peux tolérer que le RRQ attaque quelque militant que ce soit qui prend de son temps pour une cause à laquelle il croit et qui permet de nous faire avancer collectivement sans aucune autre récompense que celle d’avoir la conviction d’avoir bien agi.

C’est à ce moment précis que je décroche. Et c’est à ce moment précis que je réalise que tous les doutes, toutes les impressions (le RRQ ne ressemble-t-il pas à une secte?), tous les questionnements quant à l’importance réelle de ce regroupement au-delà des gros bras qu’il présente aux caméras en se la jouant comme des durs, me sont revenus en plein visage et justifie cette décision de quitter le RRQ. C’est facile, je n’ai même pas de carte de membre à déchirer. Ils ne me l’ont jamais envoyée.

On m’a souvent accusé par le passé de mal faire les choses ou de les faire pour les mauvaises raisons. On m’a accusé de faire passer mon égo avant la cause. On m’a accusé de ne pas être un vrai militant parce que je ne militais pas dans la rue (ce qui est faux, puisque j’ai dû participer au moins à trente ou quarante manifestations dans ma vie, bien qu’il est vrai que j’aie pris une pause dernièrement; j’avais seize ans et je manifestais déjà avec le MLNQ ou avec des organisations socialistes comme l’ADDS). Et là, je me lève avec des citoyens, des gens sans sigle, sans slogan, sans groupe officiel, sans « grosses caméras », pour la cause, mais ce ne sont plus des suprématistes anglophones voulant la pendaison des indépendantistes que j’ai dans mon chemin.

C’est le RRQ. Là. Dans nos jambes, tentant de nuire à la cause.

Et bien, j’ai des nouvelles pour vous, têtes dirigeantes du RRQ. De nombreux indépendantistes radicaux ne veulent plus rien savoir de votre mouvement. Pas parce que vous êtes radicaux – ils le sont eux-mêmes – mais parce que votre organisation est mal dirigée, centre tout sur le paraître plutôt que sur l’être et parce que vous dénigrez les initiatives qui ne viennent pas de vous.

Vous descendez, et pas seulement dans mon estime. Moi, je ne suis personne. Juste un gars qui aligne des mots et qui a des convictions. Mais les militants – dont certains sont encore membres du RRQ – en ont discuté lors de notre manifestation et ceux qui n’y étaient pas ont le droit de savoir.

Devoir de comprendre. Devoir de mémoire.

Pour ma part, j’ai dit la vérité. Je suis libéré.

Le reste ne m’appartient plus.

Citoyens 2 – Extrémistes anglophones 0

Nous étions plus d’une trentaine au meilleur de la manifestation. Eux, trois. Je ne croyais pas que les suprématistes anglophones pouvaient davantage se faire ridiculiser qu’ils l’avaient été à la dernière manifestation de leur groupuscule haineux, mais c’est pourtant ce qui s’est produit. Plus humiliant encore pour eux, la police les a forcés à changer de côté de rue afin de ne pas nuire à notre manifestation et de nombreux citoyens les ont engueulés. Et nous, on a fait la promotion de nos idées. Ce qui était EXACTEMENT le but recherché.

Source de l’image

Ce qui avait commencé, il y a quelques mois, comme un regroupement informel de citoyens opposés à l’intolérance d’une minorité d’extrémistes dirigés par Hugo Shebbeare, se transforme inlassablement en force citoyenne pour le français. Nous avons un seul point commun, pour beaucoup: le désir de protéger notre langue. Nous ne faisons pas de politique, nous ne voulons rien savoir des chicanes entre mouvements ou groupuscules. Nous ne sommes pas nécessairement des mêmes horizons, mais nous sommes unis pour une cause: la promotion et la valorisation de la langue commune des Québécois.

Certains se sont moqués de nos projets. Au début, gentiment. Puis, après notre succès du mois d’août, un peu plus agressivement. Des membres très en vue du Réseau de résistance du Québécois (RRQ), dont Carl Contant, chef du RRQ-Lanaudière, nous ont insultés, nous ont traîné dans la boue et ont même menacé une des personnes ayant participé à l’organisation de la manifestation. Ils ont fait des pressions pour empêcher qu’une organisation très connue pour son implication dans le mouvement ne se joigne à nous, alors qu’elle avait démontré son intérêt. Leur argument était que nous nuisions au « mouvement » en donnant de la visibilité à aux extrémistes anglophones, mais la seule organisation qui a réussi à perdre de la crédibilité dans cette histoire, c’est le RRQ.

Nous avons prouvé l’utilité de notre action. Non seulement des membres du RRQ étaient-ils parmi nous, mais c’est notre discours, nos arguments, notre point de vue qui ont volé la vedette. Nous avions des pancartes dénonçant le sur-financement des institutions de langue anglaise, nous avions des dépliants faisant état de nos revendications et nous avons fait remplir près de cinq pages de signatures pour la pétition en faveur d’une Loi 101 plus forte. Nous avons même convaincu des anglophones non seulement de reconnaître l’importance de la Loi 101, mais également de signer la pétition pour son renforcement! Toute l’attention était sur nous, un groupe de citoyens de tous les âges et des deux sexes, pendant que les trois extrémistes anglophones – tous blancs et tous à peu près du même âge – n’ont réussit qu’à rendre nos idées encore plus désirables aux yeux des passants.

Avec notre mégaphone, nous avons crié, bien fort: « Nous demandons la fin du sur-financement des institutions de langue anglaise. Les anglophones de souche forment 6% de la population et il est injuste qu’ils reçoivent près de 30% du financement pour leurs universités! » Plusieurs citoyens se sont arrêtés, ont lu nos pancartes, et nous ont questionnés à propos de ce déséquilibre du financement. Le fait d’avoir tenu cette manifestation en face d’un des pavillons les plus luxueux de la Concordia University rendait notre argumentaire encore plus convaincant, alors que nous avions simplement à parler du désastre de l’Îlot Voyageur à l’UQÀM pour illustrer notre propos.

D’un point de vue plus personnel, j’ai eu l’occasion de discuter avec un policier qui m’a expliqué que le fait que Hugo Shebbeare m’ait crié directement dans le visage avec son mégaphone le 26 août dernier pouvait constituer une voie de faits. Nous avons donc évité de lui faire la même chose et le policier lui a demandé de changer de coin de rue et de mettre fin à son harcèlement contre nous. Il va sans dire que j’étudie mes options d’un point de vue légal. Je ne cherche pas à suivre cette voie, mais si Shebbeare continue de me harceler ou de harceler mes compatriotes avec ses plaintes abusives, il est possible que je dépose une plainte contre lui; j’ai de nombreux témoins. Je lui suggère de se tenir tranquille et de faire valoir ses idées dans le respect de la loi.

Cette manifestation fut une grande réussite. Nous avons prouvé, encore une fois, que les Québécois rejettent les suprématistes et ceux qui veulent détruire notre paix sociale en abolissant notre loi la plus chère. Nous avons agi comme des citoyens, sans logo d’organisation, sans support logistique, mais avec la gracieuse offre de sécurité de la MPQ. Nous avons également prouvé que nous étions au-dessus des bas jeux politiques d’organisations ne pouvant accepter qu’une initiative citoyenne s’organise en-dehors de ses rangs.

Nous étions présents pour la cause du français, simplement, en notre nom.

Des Québécois DEBOUT!

Si la tendance se maintient, il devrait s’agir de la dernière manifestation de ce groupuscule haineux. Le 17 avril, ils étaient 13 manifestants, le 26 août, ils étaient 7, et aujourd’hui ils étaient 3. Un individu normal, à ce stade, comprendrait que personne ne partage ses folles idées.

Ceci dit, nous serons prêts pour une prochaine ronde et nous remercions chaleureusement Hugo Shebbeare de nous donner l’occasion de conscientiser les Québécois et de leur rappeler que, près de trente-cinq ans après l’adoption de la Loi 101, existe toujours une minorité de Rhodésiens incapable d’accepter notre existence et dont le rêve le plus fou est de nous voir disparaître.

À la prochaine fois!

Pourquoi je ne participe pas à « Occupy Montreal »

Une nouvelle vidéo, qui explique les raisons de mon refus de participer à ce « mouvement ».

Deux raisons, principalement:

  1. Un mouvement désorganisé et faible idéologiquement, n’étant pas en mesure de réellement changer les choses car refusant de s’afficher clairement socialiste, communiste ou d’une autre idéologie rassembleuse et porteuse d’espoir;
  2. Un mouvement qui ne respecte pas la langue commune et officielle du Québec, et perd donc la crédibilité pour parler au nom des Québécois.

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