Mois : mars 2012

Citoyens de seconde classe

On aurait tort de sous-estimer l’importance de ce fait divers. L’incapacité de l’hôpital Royal Victoria à soigner une Québécoise dans la langue nationale et l’obligation pour cette dernière d’engager un interprète pour se faire servir en français constitue la démonstration la plus probante que les Québécois, en 2012, sont redevenus des citoyens de seconde classe.

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On ne pourrait imaginer pareil scénario nulle part sur cette planète ; les Québécois constituent encore une fois une anomalie parce qu’ils tolèrent qu’on méprise leur langue et qu’on le fasse en utilisant leurs fonds publics. Le bilinguisme qu’on consent à notre minorité surfinancée se transforme entre ses mains en un unilinguisme ravageur.

L’hôpital Royal Victoria fait partie du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et jouit de la dérogation 29.1 de la Charte de la langue française, ce qui permet d’assurer une forte présence anglaise dans tout l’appareil de l’administration. Malgré celle-ci, l’hôpital a le devoir de soigner les patients en français.

Or, l’hôpital ne respecte pas ce droit. La concession que la loi 86 a accordée en 1993 aux hôpitaux de langue anglaise visait à protéger la minorité de langue anglaise en introduisant davantage d’éléments de bilinguisme. Ce que la réalité nous démontre avec cet exemple, c’est que le bilinguisme prôné par les anglophones ne constitue qu’un cheval de Troie permettant de mettre en place un unilinguisme anglais par la suite. Le français n’y devient qu’une langue minoritaire parmi d’autres, une langue facultative de surcroit.

Il faut franciser les hôpitaux montréalais

La dérogation 29.1 n’est attribuée qu’aux hôpitaux desservant une majorité de locuteurs d’une même langue étrangère. Même si les données sur la langue des utilisateurs des hôpitaux jouissant de cette dérogation à Montréal ne sont pas disponibles, on peut douter de la pertinence d’attribuer cette dérogation à treize hôpitaux sur l’île de Montréal.

Comme le montre l’image ci-dessus (cliquez dessus pour l’agrandir), non seulement un grand nombre d’hôpitaux jouissent de cette dérogation, mais en plus près de 35% des lits de santé physique à Montréal sont attribués à ces hôpitaux. Dans l’ouest de l’île de Montréal, tous les lits y sont soumis.

Or, comme on peut le voir dans l’image ci-dessous, la proportion de la population de langue maternelle anglaise est inférieure au 50% requis pour obtenir la dérogation. Même dans les très anglophones banlieues de l’île, l’anglais est en situation minoritaire.

La question est la suivante : si l’article 29.1 doit être appliqué uniquement dans les hôpitaux où la population est majoritairement de langue anglaise, comment se fait-il qu’il y ait treize hôpitaux jouissant de celle-ci alors que la population de langue anglaise n’atteint que 12% dans la RMR de Montréal, 13% à Montréal, 18% sur l’île de Montréal et 47% même au cœur des banlieues les plus anglophones ?

Cette sur-représentation des anglophones (et la sous-représentation des Québécois, son corollaire) s’explique notamment par une disposition de la loi stipulant que la dérogation 29.1 ne peut être retirée qu’à la demande du conseil d’administration de l’hôpital et avec l’appui du gouvernement. Cette nuance a permis au Quebec Community Groups Network, un puissant lobby anglophone recevant plus de 4 millions de dollars d’argent public annuellement pour combattre la Loi 101, d’élaborer une stratégie prônant l’occupation des différents conseils d’administration des établissements de santé au Québec.

En 2009, par exemple, la fusion de deux hôpitaux, l’un francophone, l’autre anglophone, pour former l’Institut de réadaptation de Montréal, a donné lieu à une croisade pour étendre la dérogation 29.1 au nouvel établissement. Cette proposition émanait de Catherine Duff-Caron, une ancienne avocate du groupe de pression anglophone Alliance Quebec, qui a déposé une telle demande à l’OQLF, même si celui-ci sert une majorité de patients francophones.

Une guerre linguistique

De nombreux Québécois ne le réalisent pas, mais la guerre linguistique bat son plein à Montréal. Pendant que les francophones parlent de paix linguistique et « d’ouverture » à l’anglais, les anglophones utilisent le pouvoir de l’argent pour faire des pressions politiques, occuper leurs institutions et assurer que la suprématie de leur langue continuera de s’imposer dans la métropole.

Et pendant ce temps, le gouvernement regarde dans l’autre direction sous la supervision complice d’un Parti Québécois s’improvisant comme défenseur du français mais ayant renié sa promesse de 1994 d’annuler la loi 86.

Tant que nous n’aurons pas le courage de nous attaquer aux privilèges de la minorité de langue anglaise, tant que nous tolérerons le sur-financement et la sur-représentation de ses institutions, tant que nous refuserons de comprendre que nous sommes en pleine guerre linguistique et que nous avons le devoir de nous positionner fortement pour défendre notre langue nationale, on continuera de violer les droits fondamentaux de ceux qui ont contribué toute leur vie à payer avec leurs impôts les hôpitaux des anglophones et qui aujourd’hui se font cracher au visage par une minorité n’étant même pas en mesure de parler la langue nationale.

Plus que jamais, nous sommes des citoyens de seconde classe.

Qu’attendons-nous pour agir et mettre fin aux privilèges de la minorité la plus choyée au monde ?

Loi 101 : le courage de Curzi

« Tout homme qui se tient debout, est le plus beau des monuments ».
-Georges Dor

C’est son testament politique que livre aujourd’hui Curzi en proposant de renforcer la Charte de la langue française. Partant du constat maintes fois démontré que le Québec est en voie d’anglicisation, il dépose à l’Assemblée nationale un projet courageux, mais qui ne s’attaque pas au cœur du problème : le surfinancement des institutions de langue anglaise.



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En effet, l’essentiel de ses propositions concerne des mesures périphériques, symboliques ou coercitives. Par exemple, Curzi modifie l’article 1, qui spécifie que le français est la langue officielle du Québec, en y ajoutant : « Et la langue commune de tous les Québécois ». C’est un ajout important, mais symbolique. Idem pour la francisation des raisons sociales, avec ajout obligatoire d’un préfixe ou suffixe dans la langue nationale. Idem pour l’article 7, qui définit le droit de tous les citoyens à l’apprentissage du français.

En soi, le symbolisme n’est pas mauvais. Toutes ces actions constituent autant de petits drapeaux qu’on plante sur notre territoire et qui signifient : « C’est chez nous ! ». Le problème, c’est que la Loi 101 est devenue essentiellement symbolique depuis qu’elle a été dépecée plus de deux cent fois, notamment par la Cour suprême du Canada. On s’obstine sur la grosseur des caractères pendant qu’on laisse de grands pans de notre nation s’angliciser en silence. Le symbolisme satisfait essentiellement les gouvernements en place parce qu’il permet d’acheter la paix auprès de la frange plus sensible de la population tout en refusant de toucher aux privilèges de la minorité anglophone.

Ceci dit, il y a plusieurs mesures intéressantes dans ce projet. Que ce soit l’obligation de communiquer dans la langue nationale avec les immigrants, la nécessité pour les employeurs de justifier leur exigence d’une langue étrangère lors d’une offre d’emploi, l’application de la Loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés ou l’augmentation du financement de l’OQLF, ce sont là des propositions positives, mais qui restent néanmoins très sectorisées et qui ajoutent à la complexité de notre aménagement linguistique. En plus, elles ignorent l’éléphant dans la pièce : le 1,6 milliard de dollars annuellement pour les universités de langue anglaise et le 1,5 milliard pour le méga-hôpital anglophone.

Ce projet perpétue donc l’attitude schizophrénique des Québécois qui, par toutes sortes d’entourloupettes, essaient de protéger les privilèges de leur minorité tout en faisant la promotion de la langue nationale. En utilisant une approche essentiellement bureaucratique, Curzi poursuit dans la veine d’une loi devenue coercitive parce qu’elle n’a jamais eu le courage d’être assez simple pour attaquer de front les anglophones.

La Loi 101 n’a pourtant pas besoin d’être complexe et d’impliquer nombre de contrôles et d’ajustements. Les solutions simples sont souvent les meilleures. En conclusion d’APARTHEID UNIVERSITAIRE, je propose notamment de financer les institutions de la minorité anglophone historique proportionnellement à son poids démographique.

La minorité anglophone historique – les anglophones nés ici, et y ayant donc des racines – forme 5,6% de la population québécoise. Il suffit simplement de financer ses institutions à 5,6% du budget total. Oubliez le 29% de financement des universités ou le 14% de financement des cégeps anglais. Oubliez le 45% pour le méga-hôpital. Oubliez les schémas complexes et les dérogations, oubliez la paperasse !

Aurions-nous besoin d’une Loi 101 tellement complexe si Bishop’s, McGill et la moitié de Concordia étaient francisés ? Aurions-nous besoin de faire tant des plaintes sur l’affichage si le méga-hôpital anglophone ressemblait à une petite clinique de banlieue plutôt qu’au monstre qui se construit actuellement dans la cour Glen ?

Il faut sortir des lieux communs. Notre refus de nous attaquer directement au surfinancement des institutions de langue anglaise est la cause principale de nos ennuis actuels.

Curzi est un des rares députés à avoir le courage de proposer un renforcement de la Loi 101. Si ses propositions ne s’attaquent pas encore au cœur des prérogatives léonines de notre minorité, elles jettent les bases d’un débat non plus basé sur la protection d’acquis insuffisants, mais sur la conquête de nouveaux pouvoirs permettant d’assurer le futur de notre langue.

C’est une étape fondamentale.

Anglais : Jusqu’où doit aller l’ouverture ?

Je vous invite à écouter mon intervention à l’émission d’Isabelle Maréchal, au 98,5 FM. En compagnie de Christopher Hall, et avec la participation du député péquiste Yves-François Blanchet, nous élaborons des pistes de solutions pour mettre fin à l’anglicisation du Québec et lutter contre l’anglomanie ambiante.

[mp3j track=”2012-03-27.mp3″ caption=”I. Maréchal : C. Hall et L. P.”]

Ma solution est toujours la même : mettre fin au surfinancement des institutions de langue anglaise et financer la minorité anglophone historique au pro rata de son poids démographique. Il faut également arrêter d’excuser les anglophones qui ne savent pas parler la langue nationale. Il faut cesser de faire la promotion du bilinguisme parce qu’un bilinguisme généralisé constitue, pour paraphraser Lionel Groulx, la première étape de l’agonie d’une nationalité.

Le racisme croissant des jeunes anglos

Le sondage CROP commandité par L’Actualité est catastrophique mais peu surprenant : 74% des jeunes anglophones du Québec s’opposent aux dispositions centrales de la Loi 101, 77% voient d’un bon œil l’anglicisation de Montréal et un spectaculaire 79% croient qu’ils n’ont pas à contribuer à la vitalité de la langue française au Québec. Aurait-on voulu mieux illustrer le racisme croissant de la minorité anglophone du Québec qu’on aurait eu de la difficulté à le faire.

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Fait intéressant : les positions des jeunes anglophones à l’égard du français sont beaucoup plus radicales et hostiles que celles des anglophones plus âgés. Oubliez la vieille madame de chez Eaton ou le Rhodésien de Westmount : le racisme et la haine anti-québécois se vivent maintenant en plein jour au cœur de quartiers historiquement populaires. Alors que leurs aînés semblent ressentir tout au moins une petite gêne à l’idée qu’on puisse mépriser les valeurs de la nation québécoise, les jeunes anglophones du Québec exposent leur haine du Québec français comme un étendard.

Quiconque connaît moindrement notre histoire ne devrait pas se surprendre d’une telle situation. Depuis des siècles, le racisme anti-québécois de cette minorité repue et satisfaite a constitué la toile de fond où se tramaient les vicissitudes de leur quotidien. En 1849, par exemple, ce sont ces mêmes suprématistes haineux qui ont mis le feu au parlement de Montréal parce que celui-ci voulait indemniser les agriculteurs victimes des troubles reliés à la Révolte des Patriotes. En 1900 après la victoire des Anglais dans la guerre des Boërs, les mêmes orangistes reliés à l’Université McGill ont commis une émeute, arrachant tout ce qui était le moindrement francophone, chantant le Rule Britannia et hissant l’Union Jack à l’Hôtel de Ville. En 1970, les mêmes racistes se félicitaient qu’on suspende la liberté de tout un peuple, qu’on emprisonne des poètes, des syndicalistes, des leaders étudiants, des politiciens.

Quiconque n’apprend pas de son passé est condamné à le revivre, dit l’adage. Qu’avons-nous appris, exactement, quand nous tolérons que des anglophones vivant ici continuent, en 2012, de mépriser nos valeurs fondamentales ? Qu’avons-nous appris quand nous acceptons de cohabiter avec des gens qui n’ont ni le désir de respecter nos lois, ni le désir de participer à notre existence et encore moins le désir de nous voir survivre en tant que collectivité ?

Nous n’avons rien appris parce que nous avons oublié que nous sommes un peuple en lutte. Nous agissons comme si nous étions souverains, mais pour l’anglophone qui vit ici nous ne sommes qu’une province, du latin pro victis qui signifie territoire des vaincus. Le jeune anglophone qui vit ici ne voit pas en nous une nation, mais une simple minorité canadienne ayant le culot de tenter d’imposer un aménagement linguistique comparable à ce qui se fait ailleurs dans le monde. Pire : cet anglophone est témoin de ceux des nôtres qui, profondément aliénés, contribuent à affaiblir la portée de notre langue.

Nous ne comprenons pas que le jeune anglophone n’a aucun désir de s’intégrer. Il voit notre langue et il voit une langue faible. Il regarde notre peuple et il voit un peuple vaincu. Pour lui, la Révolution tranquille ne constitue qu’une parenthèse dans l’histoire d’un peuple ne méritant que de disparaître en silence. Le français, la Loi 101, nos valeurs ? Rien à foutre. Jour après jour, il se nourrit des immondices haineuses publiées dans un torchon comme The Gazette. Il s’éduque dans une université surfinancée comme McGill. Il se fait soigner dans sa langue dans des hôpitaux surfinancés. Il voit un mégahôpital anglophone de près de 1,5 milliard de dollars s’ériger dans la cour Glen. Sa langue est maîtresse.

Pierre Falardeau disait que lorsqu’on se tient debout, on ne se fait pas aimer, mais on se fait appeler « monsieur ». Voilà notre problème. Nous avions appris à toute une génération d’anglophones à nous respecter. Or, depuis 1977, nous n’avons cessé d’édulcorer notre Loi 101, de réduire jusqu’à l’insignifiance la portée de notre aménagement linguistique, de faire le dos rond aux anglophones, de leur montrer patte blanche, de cochonner de bilinguisme tout ce que nous touchons. Nous nous croyons un peuple mature en paix avec sa minorité anglophone, mais nous oublions que cette minorité québécoise se considère comme une majorité canadienne et que celle-ci n’aura de paix que lorsque sa langue sera la seule valable sur tout ce continent.

Cette haine et ce racisme anti-québécois doivent servir à quelque chose : nous rappeler que l’objectif du peuple québécois ne doit pas être d’être aimé, mais d’être respecté. Nous n’avons pas à obtenir l’assentiment de notre minorité pour quelque décision que ce soit. Nous n’avons pas à continuer à tolérer le surfinancement de ses institutions ou le mépris de nos valeurs et de nos lois.

Nous avons le devoir d’agir avec force, vigueur, et d’imposer le respect à cette minorité de racistes non seulement en renforçant la Loi 101, mais également en mettant la hache dans les institutions permettant la transmission de leur mépris.

Le droit des Anglais

Je remarque un trait commun à tous les débats touchant la langue au Québec : alors que les Québécois ont des positions modérées et variées, la minorité anglophone est quasi unanime à dénoncer la Loi 101 et à déverser sa haine – voire son racisme – sur le peuple québécois. Cette attitude, loin d’être normale, constitue plutôt la conséquence d’une sorte de complexe de supériorité issue de ce qu’on peut considérer comme étant le « droit des Anglais ».

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Comme il en est question au chapitre 2 d’APARTHEID UNIVERSITAIRE, le droit des Anglais a été exprimé par Edmund Burke au 18e siècle en réponse aux Lumières françaises. Cette attitude de supériorité découlait d’une forme de darwinisme social qui valorisait l’application des théories biologiques de Darwin au niveau politique. En clair, on considérait qu’il était légitime pour le plus fort de dominer le plus faible et les Anglais considéraient donc qu’ils avaient non seulement le droit, mais le devoir de dominer les autres peuples, qu’ils considéraient comme inférieurs. C’est ce « droit des Anglais » qui a inspiré les politiques ethnocidaires de Durham à l’égard de la nation québécoise dans les années 1840.

Aujourd’hui, après près d’un demi-siècle de rapports linguistiques basés sur des aménagements structurés, on semble revenir à l’idée d’un rapport de force brut entre les langues. L’anglais étant la langue la plus puissante d’Amérique du Nord – et de loin – on considère donc qu’il est normal, voire nécessaire, de l’imposer à toutes les autres, considérées comme inférieures.

Se croyant investis du devoir d’imposer la supériorité présumée de leur langue, nombre d’anglophones vivant au Québec considèrent comme une hérésie la seule pensée que puisse exister une puissance étatique leur imposant une langue qu’ils considèrent inférieure. À leurs yeux, il n’y a qu’un pas entre l’obligation d’afficher en français ou d’envoyer les enfants d’immigrants à l’école française et les camps de concentration de Dachau ; ils perçoivent le contrôle de leur langue non pas comme une mesure nécessaire pour protéger une langue française minoritaire sur ce continent, mais comme un affront que fait le faible au fort simplement en pensant qu’il pourrait imposer des règles dépassant le simple rapport de force.

Ce complexe de supériorité de la minorité de langue anglaise ne serait pas si dangereux en soi s’il n’arrivait pas à s’imposer de plus en plus à une grande partie des Québécois. Ceux-ci, éduqués à l’école du laisser-faire économique et identitaire, en viennent non seulement à se montrer indifférents à l’égard de leur langue, mais même à la détester et à ne plus se considérer, collectivement, qu’à travers le prisme déformant et haineux de la majorité anglophone continentale.

Le Québec, à leurs yeux, ne constitue plus le territoire physique de la nation québécoise, mais une simple limite géographique où vivent des humains ayant la particularité de parler une langue considérée comme inférieure, possédant une culture considérée comme inférieure, des valeurs considérées comme inférieurse, un système politique considéré comme inférieur, alouette ! Ces Québécois ayant adopté la vision du « droit des Anglais » ont appris à haïr leur propre peuple précisément parce que le Québec s’est doté d’un aménagement linguistique permettant de faire triompher le faible aux dépens du fort.

Les idées de droite qui soufflent sur le Québec depuis environ trois décennies commencent à donner leurs fruits. Tout en laissant une Loi 101 de façade de plus en plus affaiblie, on a travaillé à affaiblir ses fondations en enseignant à nos jeunes à détester tout ce qui n’est pas issu du « laisser-faire ». L’idée même de légiférer pour autre chose que pour protéger les « libertés » individuelles devient de plus en plus étrangère pour nombre de jeunes.

Nous vivons donc à la pire des époques. Non seulement nous rapprochons-nous de plus en plus du précipice de l’assimilation, mais nous le faisons dans un contexte où l’État est systématiquement émasculé et où la simple conviction que puisse exister en Amérique du Nord un peuple riche et ayant une langue méritant d’être protégée est anéantie à la fois par le racisme d’une minorité d’anglophones surfinancés et par l’ignorance et l’endoctrinement d’une majorité de Québécois ayant appris à détester tout projet collectif.