Mois : septembre 2012

L’incroyable racisme de la minorité la plus choyée au monde (image)

« Je n’entretiens aucun doute sur le caractère national qui doit être donné au Bas-Canada; ce doit être celui de l’Empire britannique, celui de la majorité de la population de l’Amérique britannique, celui de la race supérieure qui doit à une époque prochaine dominer sur tout le continent de l’Amérique du Nord. Sans opérer le changement ni trop vite ni trop rudement pour ne pas froisser les esprits et ne pas sacrifier le bien-être de la génération actuelle, la fin première et ferme du Gouvernement britannique doit à l’avenir consister à établir dans la province une population de lois et de langue anglaises et de n’en confier le gouvernement à une Assemblée décidément anglaise. »

— Lord Durham

« C’est à notre existence même qu’on en veut et nous serons d’autant plus attaqués que nous serons plus dignes de vivre. »

— Olivar Asselin

« Ici, plutôt que de diminuer en s’élevant dans la hiérarchie – signe d’une intégration vers la langue commune – les services à la minorité s’élargissent et intègrent à eux une partie de la population de la langue majoritaire. Cette situation, selon notre analyse et au mieux de notre connaissance, est quasi-unique au monde. Nulle part ailleurs ne trouve-t-on une juridiction nationale détenant le pouvoir dans le domaine de l’éducation et utilisant ce pouvoir pour favoriser l’intégration dans une langue minoritaire. Le socio-linguiste Jacques Leclerc n’hésite pas à affirmer que d’une manière globale, mais également en relation aux services scolaires qu’ils reçoivent, « cette communauté jouit d’une situation sociale tout à fait exceptionnelle pour une minorité » (Leclerc, 2010). »

Apartheid universitaire, Éditions Louise Courteau, 2012.

Un attentat à la hauteur du racisme canadien-anglais

On n’a pas cessé de parler de la radicalisation des médias anglophones canadiens, qu’ils soient hors-Québec ou à Montréal. On comparait le Parti québécois au Front national français, on le qualifiait de xénophobe, on ouvrait toutes les tribunes aux plus exaltés parmi les exaltés, crachant leur haine d’un Parti québécois associé au Troisième Reich. On pleurait sur le sort des pauvres anglophones opprimés qui — SCANDALE ! — devraient apprendre la langue des Québécois avant d’obtenir la citoyenneté québécoise.

Même un parti comme Québec solidaire a participé à ce festival de la Piñata-PQ en accusant le parti d’être du « nationalisme ethnique ». On a démonisé un parti avec des propositions certes courageuses sur la langue, mais très timides en comparaison de ce qui se fait ailleurs dans le monde.

Et après, on s’étonne qu’un déséquilibré mental prenne une arme et commette un attentat contre Pauline Marois en criant : « Les anglais se réveillent ! » ?

Bien sûr, on dira simplement : « Il était fou ». C’est simple. Ça nous rassure.

« J’espère qu’elle se fera tirer ».

Mais la vraie question est : « Pourquoi ce fou agit-il maintenant, si ce n’est parce qu’on l’a suffisamment excité ? »

« J’espère que quand Pauline se fera tuer, tu la suivras. Stupides Québécois ».

À lire les médias de langue anglaise du Canada, depuis un mois, on en arrivait presque à l’impression que délivrer le Québec du Parti québécois était un impératif moral. On a excité le racisme des anglophones d’ici jusqu’à le rendre acceptable. Et après l’attentat, les messages de nombreux anglos qu’on pouvait lire sur la page Facebook du Parti Québécois, loin d’être de sympathie et de respect, ressemblaient plutôt à des appels à la haine du genre : « J’espère qu’elle se fera tirer ». (Kelsey Kazant)

C’est ce vieux fond de racisme qui est à la base de cet attentat politique. Oui, l’homme était sans doute déséquilibré, mais le résultat est qu’un homme est mort, qu’il est mort pour des raisons politiques, et que les médias de langue anglaise ont contribué à cette mort.

« Pourrions-nous nous débarrasser des francophones ? C’est tout ce que je veux. »

Non, désolé, ce n’est pas aux Québécois à se regarder dans le miroir ce soir.

« Il est possible qu'une quantité injuste de Québec-bashing a pu conduire cet homme à commettre ce geste dégoûtant. »
« Il est possible qu’une quantité injuste de Québec-bashing a pu conduire cet homme à commettre ce geste dégoûtant. »

Ce soir, ce sont les anglophones qui font face à leur propre racisme, à leur ingratitude, à leur incapacité à reconnaître que le Québec est (trop) généreux avec eux, allant jusqu’à tolérer ce qui serait inacceptable partout ailleurs sur cette planète.

« Jour 1. Pas morte. Nous avons encore beaucoup de journées pour la tuer ».
« Jour 1. Pas morte. Nous avons encore beaucoup de journées pour la tuer ».

Nous ne forçons personne à vivre ici. S’ils ne sont pas heureux, ils peuvent aller n’importe où ailleurs sur cette planète.

« Je donne un mois à cette salope avant que quelqu'un qui vise mieux fasse ce qui doit être fait ».
« Je donne un mois à cette salope avant que quelqu’un qui vise mieux fasse ce qui doit être fait ».

Le seul problème : il est peu probable qu’ils trouvent un peuple aussi mou que nous, allant jusqu’à surfinancer leurs institutions et acceptant de se laisser mépriser jour après jour après jour après jour après jour…

« Parle anglais ou meurs. »
« Parle anglais ou meurs. »

Québec solidaire : à genoux !

Le thème de la campagne électorale de Québec solidaire est : « Debout ». Debout face aux entreprises qui ne paient pas leur juste part des impôts, debout pour une plus grande répartition de la richesse, debout pour une plus grande intervention de l’État dans l’économie. Or, comment peut-on affirmer être « debout » quand on fait campagne, dans plusieurs circonscriptions, en anglais ?

Dans St-Henri-Ste-Anne, où moins de 18% de la population a l’anglais comme langue maternelle, on fait la distribution de tracts unilingues anglais. Vous avez bien lu : le parti qui affirme être debout, et qui incite ses militants à mettre une photo d’eux sur les réseaux sociaux avec le mot « debout » en blanc sur orange, tombe dans le clientélisme dès qu’il est question de notre langue nationale. Ce parti soi-disant champion du mieux-vivre et de la cohésion sociale encourage le repli sur soi des anglophones en refusant de s’adresser à eux dans la langue nationale.

Québec solidaire ne pourra jamais aspirer à gouverner le Québec tant que le parti n’aura pas résolu cette contradiction majeure. On ne peut pas à la fois prôner l’intervention de l’État en matière économique et le laisser-aller en matière identitaire et linguistique. On ne peut pas lutter contre les dérives du libre-marché quand il est question de nos ressources naturelles et ne rien faire quand il est question de notre langue. On ne peut pas affirmer à la fois qu’il est légitime de mieux encadrer les mieux-nantis et illégitime de le faire pour ceux qui vivent ici mais qui refusent de s’intégrer à nous. Il y a là une incohérence qui mérite d’être soulignée.

Nous avons de nombreux défis auxquels faire face. Oui, il faut mieux redistribuer la richesse, mieux utiliser l’État pour gérer nos ressources, encourager une plus grande égalité économique entre nos citoyens. Mais nous avons également la responsabilité de poursuivre notre combat séculaire pour la survie du français et la valorisation de notre identité.

Québec solidaire, en refusant le libre-marché économique pour mieux embrasser le libre-marché identitaire, contribue dans les faits à sacraliser le droit de l’individu au détriment de celui de la collectivité et nuit ainsi à ses propres conceptions sociales visant à promouvoir une plus grande cohésion.

Être debout, c’est bien davantage que de se battre pour une économie plus solidaire. Être debout, c’est aussi lutter pour une cohésion sociale, identitaire et linguistique, pour une nation en lutte depuis un quart de millénaire et qui a le désir de continuer à exister, ici, en Amérique du Nord, en français.