Mois : novembre 2015

Les hypocrites du climat

La Conférence de Paris sur le climat, qui encombre les principaux médias pendant deux semaines, constitue l’apothéose de la malhonnêteté écologique actuelle. Des dizaines de milliers de personnes consommeront des centaines de milliers de litres d’énergies fossiles pour demander aux autres – oui, toujours aux autres – de réduire leur empreinte écologique.

Ils ont des slogans ambitieux et des stratégies médiatiques originales, mais cela suffit-il à contrebalancer l’extrême incohérence de leur discours ? On peut lire certains soi-disant écologiques québécois qui justifient cette aberration en affirmant qu’il n’est pas grave de brûler autant de pétrole pour aller jusqu’à Paris si c’est pour forcer les gouvernements à « faire quelque chose » pour nous sortir du pétrole.

Ces gens, comme beaucoup trop de gens en général, attendent toujours que quelqu’un, quelque part, fasse les choix à leur place. Plutôt que de prendre l’initiative de réduire eux-mêmes leur dépendance au pétrole, ils demandent au gouvernement de l’imposer. Plutôt que de sortir leur vélo pour aller au travail, ils réclament qu’on taxe les voitures. Plutôt que de cultiver leur propre lopin de terre, ils exigent des efforts des agriculteurs. Plutôt que de réduire eux-mêmes leur rythme de vie, ils demandent qu’on l’impose aux autres.

Tout cela n’est pas sans rappeler l’ancien vice-président étatsunien Al Gore, qui s’est fait un nom en prêchant la lutte aux changements climatiques, mais qui s’achetait ensuite une villa de dix mille pieds carrés avec neuf salles de bain, six foyers et des fontaines extérieures électriques…

Les gens ne sont pas dupes et ils rejettent cette hypocrisie.

Ce qui manque dans le mouvement écologiste, en ce moment, ce ne sont pas des projets, de l’argent, des taxes, des engagements gouvernementaux ou de super-vedettes qui se font voir la face partout avant de prendre l’avion et de rentrer chez eux en VUS. Ce qui manque, ce sont des femmes et des hommes qui, comme le disait Gandhi, sont le changement qu’ils veulent voir dans le monde. Des personnes qui, par leurs actions, en inspirent d’autres.

Les vrais écologistes

Les vrais écologistes ne sont pas ceux qui montent dans un avion rempli de 50 000 litres de kérosène pour aller palabrer à Paris à propos de ce que devraient faire les autres. Les vrais écologistes sont ceux qui vivent le changement. Je pense notamment aux Jardins de la Grelinette, une ferme de moins d’un hectare à Saint-Armand, en Montégérie, qui fait vivre toute une famille et dont les légumes, biologiques, sont distribués localement. Je pense à Déménagement Myette, une entreprise montréalaise offrant des déménagements en vélo pendant l’été. Je pense à tous ceux qui font le choix du transport en commun, qui possèdent des véhicules moins énergivores, qui baissent le thermostat d’un cran, qui isolent leur maison, qui font pousser un potager. Je pense à ceux qui vivent dans des mini-maisons et qui y sont confortables. Je pense à ceux qui font le choix de vivre sans électricité

Au final, nous n’aurons pas le choix de réduire notre rythme de vie. Notre richesse actuelle, alors qu’un chômeur contemporain vit mieux qu’un roi du moyen-âge, résulte de l’exploitation effrénée des énergies fossiles. Puisque le pic pétrolier est déjà derrière nous et que l’énergie per capita continuera de diminuer dans un futur prévisible, ces changements seront inévitables. Ceux qui ont fait le choix de vivre avec moins sont des précurseurs, et des inspirations autrement plus efficaces que ces vieux politiciens séniles à Paris.

Si on espère adoucir le déclin et ainsi limiter l’impact sur le climat, ce ne sont pas de discussions stériles à des sommets mondiaux dont nous avons besoin. Des cabotins y bavardent depuis des décennies et ils continueraient de discuter bien après qu’il n’y aurait plus ni pétrole ni contribuables pour payer leurs voyages. Il suffit plutôt d’encourager ces personnes qui ont déjà décidé de faire les changements nécessaires et de s’inspirer de leurs réussites (ou de leurs échecs) afin de bâtir le monde de demain.

L’ère des grandes solutions gouvernementales ou planétaires est terminée. Vivement le retour au local et aux gens qui pratiquent ce qu’ils prêchent au quotidien !

Coderre le petit maire

La décision du maire de Montréal de demander une dérogation à la Loi 101 pour accueillir des réfugiés syriens dans les écoles réservées à notre minorité de langue anglaise constitue une telle aberration qu’on se demande si le maire n’a pas trop respiré d’effluves nauséabonds lors de sa visite du collecteur défectueux. On sait que le monsieur est un fédéraliste convaincu, mais il y a des limites à ne pas franchir.

La Charte de la langue française constitue la pierre angulaire du Québec moderne et le rempart contre l’assimilation des francophones en Amérique du Nord. Doit-on encore parler de son importance ? La Commission Laurendeau-Dunton a démontré, pendant les années soixante, que la population active masculine francophone arrivait au douzième rang des revenus parmi tous les autres groupes ethniques, devançant seulement les Italiens et les Amérindiens. En 1972-73, près de 90% des enfants d’immigrants fréquentaient l’école anglaise. Trente ans plus tard, ils n’étaient plus que 8%. Ce changement, c’est la Loi 101, et spécifiquement l’article obligeant les immigrants à fréquenter l’école dans la langue commune, qui l’a permis.

Donc, Coderre veut qu’on suspende la seule loi qui permet aux Québécois d’espérer protéger leur langue commune. Tout ça pour pouvoir accueillir davantage de Syriens. Notons ici l’absurdité de la logique : beaucoup de gens se questionnent déjà sur notre capacité d’intégrer un si grand nombre de réfugiés (alors que nous recevons, proportionnellement à notre population, plus d’immigrants que la plupart des pays industrialisés) et le monsieur Coderre veut nous enlever notre principal atout : l’intégration en français. Le seul résultat qui peut être espéré d’une telle absurdité consiste en une augmentation encore plus problématique des poches de non-intégration dans la région de Montréal, ces quartiers où le français a une vitalité aussi faible que le pendjabi ou l’arabe.

Coderre se justifie en expliquant que les écoles de langue anglaise ont des places disponibles. Mais à qui sont réservées ces places ? Selon la Charte de la langue française, elles sont réservées à la minorité de langue anglaise, les anglos de souche. Pas aux immigrants. En d’autres mots : si ces écoles ont un surplus de places disponibles, pourquoi ne pas simplement transférer les ressources vers le réseau dans la langue nationale ? Le problème, c’est qu’on touche ici aux privilèges de la minorité de langue anglaise, des privilèges politiques qu’ils ne voudront jamais abandonner. Et c’est donc le Québec français qui écope.

Comme je le démontrais dans mon livre Apartheid Universitaire (Éditions Louise Courteau, 2012), le réseau d’éducation de langue anglaise, au Québec, est systématiquement surfinancé par rapport au poids démographique des anglophones de souche. Le problème est beaucoup plus criant au cégep et à l’université, où le 6% d’anglophones de souche se partagent respectivement 14% et 29% du financement total, mais il s’agit là d’une conséquence de toutes les dérogations et affaiblissements qui ont été imposés au fil des ans. La Charte de la langue française est constamment dépecée et ce sont des fédéralistes comme Coderre qui y participent.

Nous faire respecter dans notre maison

Vous souvenez-vous de la chanson « Chez nous » de Daniel Boucher ? Dans celle-ci, l’artiste fait du Québec une maison. Il affirme vouloir accueillir des gens de partout, de toutes couleurs, mais qu’il ne veut pas se gêner de dire qu’il aime sa maison, et qu’il aime ses valeurs et que c’est « d’même de que ça s’passe ». N’est-ce pas représentatif de ce que nous voulons vraiment, nous, les Québécois ? Accueillir des gens d’ailleurs, d’accord, mais n’ont-ils pas ensuite le devoir de nous respecter, de s’intégrer, d’apprendre notre langue, de respecter nos valeurs ?

Nous sommes plusieurs à être opposés à la venue de ces réfugiés syriens, mais là n’est pas l’enjeu principal. La question consiste plutôt à se demander de quelle manière on peut espérer que ces gens nous respectent si nous modifions nos lois fondamentales pour les accueillir. Pour revenir à l’analogie de la maison : ouvririez-vous toutes grandes vos portes à des gens qui y marchent avec leurs bottes sales ? À des gens qui fument si vous êtes non-fumeur ? À des gens qui décident de défoncer le mur de votre salon parce qu’ils ont besoin de cet espace ?

Non, évidemment.

Le Québec est notre maison. Nous sommes ouverts, accueillants, mais il y a un nombre limite de visiteurs qui peuvent y être accueillis et ceux-ci doivent respecter des règles fondamentales. Une de ces règles, c’est que l’éducation des immigrants doit se faire en français. On ne force personne à venir ici, mais s’ils viennent, ce sont les règles. Entrez chez nous, mais enlevez vos bottes.

Coderre, en demandant qu’on déroge à notre loi fondamentale, ne fait pas preuve d’ouverture ou d’accueil à l’égard de ces Syriens. Il atteste plutôt sa fermeture et sa complète déconnexion d’avec les valeurs québécoises. Il démontre encore une fois que son attachement au Canada – un pays de langue anglaise peinturluré grossièrement d’un bilinguisme de façade – dépasse de loin celui du Québec et que s’il a à choisir entre déplaire à des anglophones en francisant certaines de leurs écoles ou aux Québécois en violant la loi, il choisira de violer la loi n’importe quand.

Le maire de Montréal a le devoir historique de protéger notre langue commune. En se mettant au service de la minorité la plus choyée au monde et en œuvrant à contourner la loi pour remplir leurs écoles, il prouve qu’il n’a pas l’étoffe d’un maire et qu’il n’est pas à sa place à ce poste. La question qui tue : les Québécois seront-ils encore suffisamment nombreux à Montréal aux prochaines élections pour avoir l’influence suffisante pour le remplacer ?

Non aux immigrés syriens !

Pourquoi ramasserions-nous les pots cassés de nos voisins du sud ? C’est la question qui me vient en tête quand je pense que le Canada veut accueillir 25 000 immigrés syriens alors que les États-Unis, un pays presque dix fois plus populeux et largement responsable de la catastrophe syrienne, n’en recevra que 10 000.

Ces immigrés, ils nous attirent spontanément la sympathie. C’est un trait de notre culture, surtout au Québec, de vouloir sauver la planète entière, d’aimer le monde au point de nous oublier nous-mêmes. Il est probable que la majorité de ces immigrés soit des gens normaux, bien intentionnés, mais s’il n’y avait que 1 sur 1000 qui soit un terroriste, un terroriste comme l’immigré syrien qui a participé aux attentats de Paris, est-ce là un risque que nous voulons prendre ? Aussi, alors que nous avons des problèmes déjà si criants au Québec, avons-nous réellement besoin de recevoir des gens qui, contrairement aux immigrés habituels, ne seront pas choisis en fonction de leurs diplômes et de leurs revenus, et qui risquent ainsi de finir sur l’aide sociale et d’imposer aux autres la charge financière de leur intégration?

Ces immigrés, au fait, pourquoi émigrent-ils ? Ils émigrent parce que leur pays est en cendres. Et pourquoi l’est-il ? Parce que les États-Unis y mènent une guerre secrète contre le gouvernement légitime de Bachard al-Assad. Le Washington post a dévoilé l’été dernier que les États-Unis dépensent près d’un MILLIARD de dollars par année depuis 2013 pour renverser le gouvernement syrien. Il s’agit d’une des plus grandes opérations clandestines de tout les temps. Et le Canada, en y participant, a fait de nous des cibles. Des cibles autrement plus faciles à frapper que nombre de terroristes peuvent se cacher parmi les immigrés qu’on désire accueillir.

Il y a un dicton très connu qui recommande de ne pas cracher en l’air. Cette guerre en Syrie, elle existe parce que nos gouvernements ont décidé de s’impliquer au Moyen-Orient. Le pétrole, évidemment, en est une des causes, mais il y a également des objectifs géostratégiques, notamment d’endiguer l’Iran, ennemi juré de l’Arabie saoudite et d’Israël. Mais au final, plus on s’implique dans cette région, plus on crée le chaos. Un pays comme l’Irak, où les femmes pouvaient se promener les cheveux au vent il y a quelques décennies à peine, est devenu un refuge de fanatiques et de décapiteurs. Idem pour la Syrie, berceau de nos plus grandes religions. Des peuples évolués, des pays autrefois stables, sont devenus d’inexplicables bordels parce que nous, Occidentaux, avons jugé que nous avions le droit d’y imposer notre vision du monde par la force.

Ces immigrés, il faut les refuser. On ne prend pas cette décision parce que nous sommes des sans-cœurs. On la prend parce qu’on comprend que d’accueillir ces gens ne réglera pas le problème, qu’il nous enlisera davantage dans une situation qui ne nous concerne pas et dans une région où nous ne devrions pas être impliqués dès le départ. Un vieux proverbe dit que la première chose à faire quand on est dans un trou, c’est de cesser de creuser. Ce trou, nous y sommes parce que nous nous croyons meilleurs que le monde entier, nous croyons que nous pouvons implanter notre vision de la démocratie à des gens qui n’en ont rien à foutre, et parce que nous croyons que nous pouvons bombarder des peuples entiers impunément pour ensuite, pauvres hypocrites que nous sommes, pleurer comme des madeleines parce que ces gens viennent se venger.

Le Québec a déjà atteint sa capacité limite d’intégration et nous avons déjà assez pesé sur nos valeurs pour faire plaisir à beaucoup d’ethnies de beaucoup de pays. Nous n’avons pas encore de Front national ici pour défendre nos valeurs, mais ceux qui veulent encore une fois nous noyer sous les flots immigrants réalisent-ils vers quoi ils nous pousseront inévitablement ?

Les alliés du totalitarisme islamiste

Les attentats islamistes de Paris nous rappellent une vérité cruelle que beaucoup refusent d’entendre : l’islam n’est pas une religion de paix et d’amour. C’est une religion conquérante, une religion qui prospère dans le terreau fertile des peuples mous, une religion qui profite de l’immigration massive, une religion qui s’exprime parce que nous, Occidentaux ou Québécois, sommes plus inquiétés de nous faire accuser d’islamophobie par Françoise David que de défendre nos valeurs en nous réinventant. Nous sommes les alliés de l’islam radical parce que nous refusons le défi que cette religion nous lance.

Le génial historien Arnold Joseph Toynbee écrivait : «Les civilisations meurent par suicide, non par meurtre». Selon lui, c’est le refus du défi qui cause la chute des civilisations. Celles-ci croissent et se développent sous l’impulsion d’une minorité créatrice qui, peu à peu, se transforme en minorité dominante, incapable de s’attirer le soutien autrement que par la force brute. Éventuellement, à moins d’une réorientation créatrice, les barbares aux limites de la civilisation finissent par s’allier aux barbares à l’intérieur et ils utilisent les voies de communication de la civilisation pour lui porter un coup fatal.

L’islam, actuellement, est en voie de devenir un totalitarisme religieux au même titre que les totalitarismes athées du XXe siècle. Boualem Sansal, écrivain algérien actuellement favori pour le prestigieux prix Goncourt, affirmait récemment :

«L’islam radical est déjà pleinement engagé dans la réalisation de cette transformation [vers le totalitarisme religieux]. Il a redonné vie et force à l’islam, assoupi depuis des siècles, six au moins, et un formidable désir de puissance, de conquête et de revanche aux musulmans épuisés par ces longs siècles d’appauvrissement culturel, économique et politique, aggravé à partir du XIXe siècle par le rouleau compresseur de la colonisation puis par des décennies de dictature postindépendance stérilisante. Sa jeunesse, la détermination de ses stratèges, la foi inaltérable de ses fidèles, la fougue et le goût du sacrifice de ses militants, feront la différence face aux tenants de l’ordre actuel, à leur tour atteints d’atonie, voire de déclin. »

Cet islam radical se dirige inéluctablement vers le totalitarisme et la domination parce qu’il n’a plus d’opposition en Occident. Les Lumières semblent désormais éteintes. L’athéisme a remplacé la foi chrétienne. Les merveilles techniques qui semblaient destinées à devenir le quotidien de toute l’humanité apparaissent de moins en moins accessibles, même aux Occidentaux. Les voyages sur la Lune, la guérison de la maladie, les voitures volantes, toutes ces promesses appartiennent désormais aux vieux récits de science-fiction. L’islam radical progresse parce que nous sommes en déclin. Nous avons jeté notre propre religion pour embrasser la science et la technique, et même celles-ci nous laissent de plus en plus tomber. Notre mode de vie n’inspire plus quantité de musulmans et, conséquemment, notre domination à laquelle ils consentaient faiblement, devient de moins en moins tolérable.

Si nous voulons lutter contre l’islam radical, il faut donc à la fois cesser de dominer les régions où il est présent – cesser de les bombarder ou de corrompre leurs gouvernements serait un bon point de départ – et nous réinventer nous-mêmes.

Le péril immigrant
 
Parallèlement, une baisse de l’immigration permettrait de réduire l’accès des islamistes à nos voies de communications intérieures, pour citer Toynbee, et d’augmenter nos chances d’intégrer les islamistes. Si la situation de l’immigration est problématique en France, elle est carrément scandaleuse au Québec. Selon des données de l’OCDE (2012), la France recevait 163 446 immigrants, pour une population totale de 63,5 millions d’habitants, soit un ratio de près de 1/389. Au Québec, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, nous recevions, la même année, 55 044 immigrants, pour une population de 8,1 millions d’habitants, soit un ratio de près de 1/147.

En clair, la France, pays souverain, relativement confortable dans son identité, sa langue et ses coutumes, reçoit, proportionnellement à sa population, près de 2,6 fois MOINS d’immigrants que le Québec, simple province francophone dans un océan anglais, et nation qui a tellement peur de s’affirmer… À titre informatif, le Québec reçoit, proportionnellement à sa population, plus d’immigrants que le Danemark, le Chili, le Royaume-Uni, la Corée, l’Italie, la Finlande, le Portugal, les États-Unis, la République tchèque, la France, le Japon, Israël, la Hongrie, la Grèce, la Pologne, l’Estonie, la République slovaque, le Mexique… Nous sommes une autoroute sur laquelle roulent les autobus de l’intégrisme.

Dans les minutes ayant suivi l’attentat parisien, le président Hollande a décrété la fermeture des frontières. Pourquoi une mesure serait-elle efficace lors d’un attentat et inutile le reste du temps ? Les frontières, n’en déplaise à une certaine gauche se déclarant tout autant « citoyenne du monde » que le monde ne veut rien dire pour elle, peuvent servir à intercepter les terroristes, à réduire le flot d’immigrants permettant de cacher les terroristes, et à protéger un territoire comme celui de la France (ou le nôtre).

Aujourd’hui, nos pensées vont à la France, mais la France n’est pas seulement attaquée parce qu’elle est la France, mais parce qu’elle est l’Occident. Aujourd’hui, nous sommes tous Français, car c’est notre civilisation qui est attaquée. Nous avons tous la responsabilité – le devoir, même – de réagir en luttant de toutes les manières possibles contre les terroristes, en nous réinventant, mais également en cessant d’appuyer des partis qui veulent augmenter l’immigration ou qui ont plus peur qu’on s’en prenne aux droits individuels des islamistes sur notre territoire qu’aux droits collectifs des Québécois.

Le goulag syndical

À quelques jours d’un nouveau débrayage dans le monde de l’éducation, il est bon de se rappeler que ce ne sont pas tous les professeurs qui appuient cette mesure. Plusieurs d’entre eux ont pris ouvertement position contre la grève. La question n’est donc pas de savoir s’il y a des dissidents, mais plutôt de savoir pourquoi ceux-ci seraient obligés de se soumettre à la décision d’un monopole syndical.

Soulignons d’entrée de jeu que la liberté syndicale n’existe pas au Québec. Bien sûr, on a le droit d’être membre d’un syndicat, mais, contrairement à un pays comme la France, il n’est pas possible pour deux employés d’un même secteur d’entreprise d’être membres de deux syndicats différents; le syndicat a le monopole de l’accréditation dans le secteur déterminé. On ne permet pas non plus à un employé de choisir de ne pas cotiser à un syndicat, même s’il refuse d’en être membre. C’est la formule Rand.

En d’autres mots: même si ton syndicat ne te représente pas correctement, même s’il coupe le micro de ceux qui s’opposent à ses propositions, même s’il magouille pour arriver à ses fins, tu es obligé non seulement de lui payer des cotisations, mais en plus on t’interdit de devenir membre d’un syndicat concurrent.

La logique est celle-ci: c’est le groupe qui passe en premier, et puisque toute pluralité des idées et des voix risquerait d’en affaiblir l’unité, tous les moyens sont bons pour éliminer la dissidence.

À petite échelle, cette logique fait penser aux anciennes républiques socialistes des pays de l’Est. Ces pays communistes se targuaient d’être des démocraties populaires. Sur le papier, le comité de travailleurs soumettait ses idées et les délégués remontaient les suggestions jusqu’en haut, où l’exécutif se devait d’appliquer les décisions de la base. En réalité, tout le monde sait que c’étaient le premier secrétaire-général et son entourage qui prenaient les décisions. C’est ce qui se produit dans n’importe quel régime avec un parti unique: le pouvoir se concentre entre quelques mains et, toujours au nom de la majorité, on brime toute forme de dissidence. C’est le groupe qui compte, toujours le groupe. On peut se permettre n’importe quoi quand on le fait au nom d’un groupe. La solidarité y est forcée pour les uns, et le goulag assuré pour d’autres.

Qui a peur du pluralisme syndical?

Si le pluralisme syndical existait au Québec, ce ne serait pas la fin du mouvement syndical, loin de là. Plutôt que d’avoir des syndicats-partis-uniques qui prétendent représenter des travailleurs captifs et dont les dirigeants doivent manigancer pour se maintenir au pouvoir, chaque employé serait libre d’être membre du syndicat de son choix, ou même de ne pas être membre du tout s’il croit en son rapport de force individuel.

Ainsi, au sein d’un même corps d’enseignants, pour reprendre l’exemple actuel, il pourrait y avoir trois ou quatre syndicats différents, chacun en compétition avec les autres pour garder leurs membres (et leurs cotisations). Chaque syndicat aurait sa propre orientation idéologique, sa propre échelle salariale, et il serait libre de s’allier ou non aux autres dans le cadre de moyens de pression communs.

Ce système n’empêcherait pas les grèves, mais il en limiterait parfois l’ampleur. Il offrirait un choix aux travailleurs: être membre d’un syndicat, d’un autre, ou d’aucun. Ceux qui ne sont pas satisfaits des décisions prises par leurs représentants pourraient au moins voter avec leurs pieds. Pas besoin du mur de Berlin qu’est la formule Rand pour empêcher les travailleurs de s’enfuir. Beaucoup moins de micros coupés en perspective ou de membres qui ont peur de représailles s’ils s’expriment librement.

Les syndicats, eux-mêmes, y gagneraient. Leurs structures n’auraient de choix d’être moins lourdes et la minorité d’apparatchiks sans scrupules qui y sévit devrait céder le pas à des gens plus soucieux de s’attirer les faveurs des membres. La crédibilité sociale de ces organisations s’en trouverait augmentée.

En attendant, on connaît la recette. Les bannières, les «so-so-so», les parents frustrés, les grands discours sur l’éducation camouflant les hausses salariales indécentes. Et peut-être aussi des syndiqués anonymes, dans quelque maison de banlieue, qui garderont gratuitement des enfants privés d’école, parce que c’est là leur seule résistance: la vraie solidarité…