Mois : juin 2019

Laval, une ville perdue pour le français ?

Il y a un peu moins d’une dizaine d’années, je compilais des statistiques sur ce que j’appelais alors une invasion anglophone à Laval. Presque une décennie plus tard, les choses ont-elles changé ? Pas vraiment.

La carte interactive ci-dessous (basée sur les aires de diffusion de Statistique Canada) fait état de l’indice de vitalité linguistique (IVL) de l’anglais et du français à Laval. Cet indice est calculé en divisant le nombre de locuteurs de langue d’usage par celui de langue maternelle ; un résultat de 1 constitue un équilibre linguistique parfait. J’ai ensuite soustrait l’IVL français à partir de l’IVL anglais pour obtenir un différentiel de vitalité. En clair, si le différentiel est positif, il y a une plus forte vitalité anglaise (rouge sur la carte) et, à l’inverse, si le résultat est négatif, c’est le français qui jouit d’une plus forte vitalité (bleu sur la carte).




Le résultat est aussi clair que déprimant : sauf quelques rares exceptions, la carte est presque entièrement rouge. Dans presque tous les quartiers de Laval, c’est l’anglais qui prime, c’est l’anglais qui gagne des points, c’est l’anglais qui transforme des locuteurs qui avaient une langue maternelle autre en langue d’usage anglaise. C’est l’anglais qui, dans une nation soi-disant de langue française, « intègre ».

Ce qui est encore plus inquiétant est la force de cet attrait de l’anglais : dans de nombreux quartiers, l’IVL anglais dépasse 2, voire 3, ce qui est énorme ! Par exemple, le secteur 185, autour du métro Cartier, a seulement 1,3% de sa population de langue maternelle anglaise, mais 5,3% qui ont l’anglais comme langue d’usage, pour un IVL de 4.11 ! Que de telles anomalies se produisent dans un deux quartiers serait surprenant mais possible, mais ce genre de données se répète un peu partout dans toute la ville de Laval.

La Loi 21 constitue peut-être un pas dans la bonne direction, considérant l’ampleur de l’immigration massive qu’on nous impose — tout ce qui peut rendre le Québec moins accueillant pour un immigrant constitue une avancée — mais il faudra des mesures beaucoup plus agressives et ciblant directement les privilèges anglais, des privilèges qu’aucune autre majorité sur cette planète n’accorde à sa minorité.

Si nous continuons d’attendre, Laval sera perdue. D’ailleurs, il est peut-être déjà trop tard…

Où est la pauvreté à Saint-Jérôme ?

Bien que Saint-Jérôme se trouve au troisième rang des villes avec le plus de criminalité dans la région de Montréal, on y trouve plusieurs quartiers très intéressants pour fonder une famille. Bien qu’il soit parfois possible de savoir si un quartier est défavorisé dès le premier coup d’œil, ce n’est pas toujours le cas. Afin de bien choisir son quartier, ne serait-il pas intéressant de mieux savoir à quel endroit se trouvent les zones les plus pauvres ? On vous donne la réponse ici !

Il est possible de consulter la carte, ci-dessous, qui classe les différents secteurs de Saint-Jérôme selon la proportion des ménages faisant partie des deux déciles inférieurs des revenus. Cette carte (optimisée pour un écran d’ordinateur) est basée sur les aires de diffusion du recensement de Statistique Canada (2016).



Ce qui frappe, sur cette carte, est l’extrême pauvreté du centre-ville de Saint-Jérôme. Les secteurs délimités par la rivière-du-Nord, le boulevard Lajeunesse, Labelle et de Martigny sont particulièrement touchés, avec une extrême pauvreté atteignant entre 66% et 75% des ménages ! Le secteur au bout de la rue Ouimet est également très pauvre, avec 67% des ménages dont le revenu se situe dans les deux déciles inférieurs. Il s’agit également d’un quartier avec une très grande population immigrante

À l’inverse, plusieurs secteurs de Bellefeuille ont des taux de grande pauvreté atteignant seulement 3% à 9% de la population. Idem, dans une moindre mesure, pour les secteurs de Saint-Antoine, dans le sud-est, avec une pauvreté affectant entre 11% et 13% des ménages.

LES CONSÉQUENCES DE LA PAUVRETÉ

Plusieurs études font la démonstration des conséquences très négatives de la pauvreté.

Par exemple, Shaw et al. (2007) font état d’un fort lien entre l’ampleur du problème de la drogue et les inégalités économiques. Chetty et al. (2016) expliquent qu’un revenu plus élevé mène à une espérance de vie plus longue. La différence d’espérance de vie entre le 1% le plus riche et le 1% le plus pauvre est de 14,6 années. Hegedus (2018) fait état d’un fort lien négatif entre le niveau de pauvreté et l’accomplissement scolaire : plus un enfant provient d’un milieu défavorisé, moins bonnes sont ses chances de réussite académique.

Bref, la pauvreté ne constitue pas une situation banale. Si, individuellement, tout citoyen est capable du meilleur ou du pire et qu’il faut éviter de généraliser, collectivement, la pauvreté a de graves conséquences sur la vie d’un quartier et peut, pour plusieurs personnes, les inciter à choisir leur quartier en conséquences.

Les quartiers avec le plus d’enfants à Sainte-Thérèse

Quand on choisit de s’établir dans une ville pour fonder une famille, il y a une donnée qu’on néglige parfois : y a-t-il beaucoup ou peu d’enfants dans le quartier visé ? Même si un quartier peut sembler intéressant, s’il y a peu d’enfants, cela signifie probablement moins de services de garde, moins de camarades de jeu, moins d’amis pour ses propres enfants. Quels sont les quartiers de Sainte-Thérèse où il y a le plus d’enfants ? La réponse ici !

Il est possible de glisser le curseur de la souris sur la carte interactive ci-bas pour voir quels sont les secteurs de Sainte-Thérèse où il y a le plus d’enfants. Les numéros des secteurs sont basés sur les données déjà compilées dans un précédent article sur les meilleurs quartiers de la ville.



Si on fait exception du secteur 15, vers le sud-est de la ville, la plupart des secteurs les plus intéressants sont situés dans Sainte-Thérèse-en-Haut, avec une proportion de la population ayant moins de quinze ans atteignant entre 15 et 20% de la population totale. À l’inverse, les quartiers du centre-ville ont une population infantile beaucoup moins importante ; une seule personne sur vingt a moins de quinze ans dans le quartier 17, par exemple.

Avec une telle carte en main, on peut choisir un quartier qui correspond davantage à ses besoins… et à ceux de ses enfants !

Où vivent les pauvres dans la région de Montréal ?

Il n’est pas toujours facile, quand on considère s’établir dans une ville, de savoir s’il s’agit d’une municipalité où les citoyens sont aisés ou pauvres. Si la réponse est évidente dans plusieurs cas, ce n’est pas aussi facile pour d’autres. Quelles sont les villes de la région de Montréal où il y a le plus de pauvreté ? La réponse ici !

Voici, ci-bas, une carte qu’il est possible de cliquer pour agrandir et qui fait état des endroits où il y a le moins de ménages pauvres (en vert) et le plus de ménages en situation de pauvreté (en rouge). Les deux déciles inférieurs du revenu ont été considérés pour établir la pauvreté des habitants.



On remarque, en observant cette carte, que la région est, grosso modo, divisée en trois : la rive-sud est généralement favorisée, l’île de Montréal généralement défavorisée, tandis que Laval et la rive-nord ont des conditions plus variées.

La présence d’une forte proportion de la population vivant dans la pauvreté a des conséquences très négatives.

Shaw et al. (2007) font état d’un fort lien entre l’ampleur du problème de la drogue et les inégalités économiques.

Chetty et al. (2016) expliquent qu’un revenu plus élevé mène à une espérance de vie plus longue. La différence d’espérance de vie entre le 1% le plus riche et le 1% le plus pauvre est de 14,6 années.

Hegedus (2018) fait état d’un fort lien négatif entre le niveau de pauvreté et l’accomplissement scolaire : plus un enfant provient d’un milieu défavorisé, moins bonnes sont ses chances de réussite académique.

Concrètement, une ville avec davantage de pauvreté est une ville où il y a davantage de drogue, où les gens vivent moins longtemps et où les enfants réussissent moins bien à l’école. S’agit-il d’un endroit intéressant pour élever une famille ? On peut en douter.

Voici les résultats, pour chaque ville (il est possible de cliquer sur les sous-titres pour classer les données) :

La proportion des ménages vivant dans la pauvreté, selon la ville, dans la région de montréal

Villes1er décile2e décileTotal
Baie-D'Urfé5%4%9%
Beaconsfield4%4%8%
Beauharnois9%12%21%
Beloeil4%7%11%
Blainville4%6%9%
Bois-des-Filion6%9%15%
Boisbriand5%9%14%
Boucherville3%4%6%
Brossard7%10%17%
Candiac3%4%7%
Carignan2%5%7%
Chambly4%6%10%
Charlemagne8%12%21%
Châteauguay8%9%17%
Côte-Saint-Luc11%13%24%
Coteau-du-Lac4%6%10%
Delson4%7%10%
Deux-Montagnes6%8%14%
Dollard-Des Ormeaux6%9%15%
Dorval8%8%16%
Gore10%11%22%
Hampstead8%6%14%
Hudson6%8%14%
Kirkland4%4%8%
L'Assomption5%9%14%
L'Épiphanie (ville)10%13%23%
L'Épiphanie (paroisse)8%11%19%
L'Île-Perrot7%10%17%
La Prairie5%7%12%
Laval7%10%17%
Lavaltrie6%11%17%
Léry5%7%12%
Les Cèdres4%7%11%
Les Coteaux5%8%13%
Longueuil10%11%21%
Lorraine3%4%7%
Mascouche4%7%11%
McMasterville4%7%11%
Mercier3%6%10%
Mirabel5%8%13%
Mont-Royal8%7%15%
Mont-Saint-Hilaire4%6%9%
Montréal16%14%30%
Montréal-Est15%13%29%
Montréal-Ouest6%6%11%
Notre-Dame-de-l'Île-Perrot3%5%8%
Oka7%9%16%
Otterburn Park3%6%8%
Pincourt4%7%10%
Pointe-Calumet8%12%20%
Pointe-Claire5%7%12%
Pointe-des-Cascades7%8%15%
Repentigny4%7%11%
Richelieu6%10%16%
Rosemère3%6%9%
Saint-Amable5%8%13%
Saint-Basile-le-Grand3%5%7%
Saint-Bruno-de-Montarville3%4%7%
Saint-Colomban5%7%12%
Saint-Constant3%6%9%
Saint-Eustache6%9%15%
Saint-Isidore4%9%13%
Saint-Jérôme11%14%25%
Saint-Joseph-du-Lac4%7%11%
Saint-Lambert6%7%12%
Saint-Lazare3%5%8%
Saint-Mathias-sur-Richelieu5%9%14%
Saint-Mathieu4%8%12%
Saint-Mathieu-de-Beloeil3%4%7%
Saint-Philippe3%7%10%
Saint-Placide10%11%21%
Saint-Sulpice, Paroisse5%8%13%
Saint-Zotique4%8%12%
Sainte-Anne-de-Bellevue11%9%20%
Sainte-Anne-des-Plaines5%10%15%
Sainte-Catherine4%7%11%
Sainte-Julie2%4%6%
Sainte-Marthe-sur-le-Lac3%7%10%
Sainte-Thérèse10%12%22%
Senneville7%5%13%
Terrasse-Vaudreuil5%7%12%
Terrebonne5%8%12%
Varennes3%5%8%
Vaudreuil-Dorion4%7%12%
Vaudreuil-sur-le-Lac3%3%6%
Verchères4%8%12%
Westmount11%6%18%

Source : Décile inférieur et deuxième décile du revenu, Recensement de Statistique Canada (2016) N.B. Les données pour L’Île-Cadieux n’étaient pas disponibles.



On constante que les trois meilleures villes, c’est-à-dire celles où il y a le moins de pauvreté, sont :

  • Boucherville ;
  • Sainte-Julie ;
  • Vaudreuil-sur-le-Lac.

À l’inverse, les trois pires villes sont :

  • Montréal ;
  • Montréal-Est ;
  • Saint-Jérôme.

Personne n’est condamné par la présence de poches de pauvreté dans son quartier ou dans sa ville. Cependant, si on désire assurer à sa famille le meilleur milieu de vie possible, il peut être intéressant de consulter ce tableau et de choisir en conséquence.

Où vivent les familles monoparentales à Repentigny ?

La ville de Repentigny se situe dans la moyenne des meilleures villes de la région de Montréal pour élever des enfants et parmi les meilleures quant à la faible criminalité. Plusieurs de ses quartiers offrent des conditions très avantageuses pour fonder une famille. Qu’en est-il des familles monoparentales ? Quels sont les quartiers à privilégier si on veut offrir les meilleures chances à ses enfants d’éviter d’avoir trop de camarades issus de telles familles ? La réponse ici.

Voici, ci-bas, une carte qu’il est possible de cliquer pour agrandir et qui fait état des endroits où il y a le plus de familles monoparentales (en rouge) et ceux où il y en a le moins (en vert).



On remarque, en observant cette carte, que les pires secteurs sont principalement localisés dans trois zones : dans l’ouest du secteur Le Gardeur, au nord de l’école secondaire Jean-Baptiste-Meilleur, et, surtout, dans le quadrilatère formé des boulevards Industriel, Iberville, Brien et de l’autoroute 40.

Les meilleurs secteurs, à l’inverse, sont presque tous situés le long de la rivière L’Assomption du côté du secteur Repentigny.

Quand vient le temps de choisir un quartier où élever une famille, il y a plusieurs facteurs à considérer, et celui de la proportion de familles monoparentales n’est pas à négliger. Les études sont unanimes quant au fait que la monoparentalité constitue un facteur de risque pour un enfant.

Ziol-Guest, Duncan et Kalil (2015) font état d’une plus faible scolarité pour les enfants ayant grandi dans un contexte de famille monoparentale. S’appuyant sur des travaux ayant déjà démontré le même phénomène, ils font état d’une aggravation du phénomène depuis qu’ont été publiées les premières recherches sur le sujet.

Usakli (2013) démontre que les enfants étant élevés dans un contexte de monoparentalité sont plus agressifs, plus soumis et moins assertifs que les enfants étant élevés par leurs deux parents.

Sauvola et al. (2000) font état de l’augmentation du risque de suicide pour les jeunes adultes de sexe masculin ayant été élevés dans un contexte monoparental.

Weitoft et al. (2003) arrivent sensiblement à la même conclusion : le fait de grandir avec un seul parent comporte des risques importants pour la santé de l’enfant. Même en ajustant les données en fonction notamment des conditions socioéconomiques, les auteurs font état d’une augmentation marquée des risques de problèmes psychiatriques, de tentatives de suicide, de problèmes reliés à l’alcool et aux drogues pour les enfants ayant été élevés par un seul parent.

Il ne s’agit là que d’un bref aperçu des nombreuses études faisant état des conséquences négatives de la monoparentalité sur les enfants qui la subissent.

Il y a bien sûr des exceptions, mais ce n’est pas parce qu’une jolie fleur peut occasionnellement pousser dans une fissure du béton qu’un jardinier expérimenté utiliserait le béton pour autant dans ses plate-bandes. Un secteur avec une forte proportion d’enfants issus de familles monoparentales offre des conditions moins avantageuses et augmente les risques de comportements non-souhaités.

Voici les résultats détaillés, pour chaque secteur. À titre de référence, la proportion de couples mariés a été ajoutée. Il est possible de cliquer sur les sous-titre pour classer les données.

SecteursCouples mariésFamilles monoparentales
157%17%
253%11%
332%26%
435%26%
545%14%
642%25%
742%15%
855%9%
950%21%
1043%24%
1147%17%
1248%14%
1353%11%
1440%40%
1526%38%
1638%23%
1753%15%
1846%14%
1951%11%
2040%26%
2167%11%
2246%19%
2356%11%
2452%19%
2538%24%
2653%18%
2748%21%
2854%18%
2956%16%
3048%18%
3155%14%
3258%19%
3350%16%
3459%18%
3547%19%
3656%7%
3761%10%
3858%12%
3955%5%
4061%11%
4160%7%
4250%15%
4365%8%
4457%10%
4558%11%
4656%7%
4757%7%
4854%9%
4947%15%
5066%10%
5158%12%
5255%11%
5358%6%
5467%8%
5558%13%
5657%17%
5760%7%
5859%13%
5956%13%
6035%35%
6167%8%
6252%17%
6357%10%
6452%13%
6552%16%
6652%17%
6742%21%
6846%18%
6939%30%
7059%19%
7152%12%
7246%19%
7348%21%
7472%6%
7539%26%
7650%13%
7754%11%
7862%14%
7971%8%
8058%13%
8146%18%
8250%19%
8340%30%
8450%13%
8555%14%
8663%7%
8745%31%
8833%30%
8937%33%
9030%40%
9122%48%
9241%36%
9333%33%
9440%25%
9552%13%
9650%14%
9750%18%
9858%15%
9953%21%
10065%10%
10170%9%
10257%17%
10357%13%
10455%13%
10551%16%
10661%12%
10757%11%
10857%11%
10941%22%
11036%24%
11144%32%
11238%38%
11329%33%
11444%20%
11542%24%
11656%11%
11752%20%
11855%14%
11957%13%
12057%14%
12154%13%
12248%17%
12351%15%
12454%8%
12554%20%
12658%12%
12748%16%
12841%21%
12954%19%
13049%16%
13153%13%
13242%16%
13337%26%
13452%14%
13558%16%
13650%22%
13755%13%

Comme on le constate, les trois meilleurs secteurs sont le 39, 53 et 74, qui offrent respectivement un taux de monoparentalité de seulement 5% et 6%. À l’inverse, les secteurs 91, 14 et 90 ont des données catastrophiques, alors que jusqu’à 48% des familles sont en condition de monoparentalité.

Il n’est pas toujours évident, quand on visite une propriété qu’on considère acheter, de se faire une idée précise de la composition démographique du quartier. En utilisant ces statistiques et toutes les autres disponibles sur louisp.ca, il devient possible de faire un choix plus avantageux et d’offrir un quartier de choix à ses enfants.

Et un tel quartier, lorsqu’on veut mettre toutes les chances de son côté, a nécessairement une proportion de familles monoparentales plus faibles.