Le travail des femmes et les dérives du féminisme

Après un demi-siècle de ravages féministes, où on a tenté de convaincre les deux sexes qu’ils étaient égaux et avaient les mêmes capacités — ce que n’importe quel parent ayant un enfant de chaque sexe sait être faux —, qu’ils devaient poursuivre les mêmes buts et faire les mêmes tâches indépendamment des prédispositions attribuées naturellement à leurs sexes, ne serait-il pas temps de faire un bilan ? Qu’est-ce que le travail généralisé des femmes a amené à la société, à la famille en général ? Ne serait-il pas temps de reconsidérer le rôle de femme au foyer ? Ou à tout le moins de laisser le choix, plutôt que de pousser les jeunes filles vers la voie de l’école et des études supérieures ?

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Chute des salaires

Il s’agit d’une simple réalité mathématique : si vous doublez du jour au lendemain le nombre d’individus disponibles pour travailler, vous diminuez la valeur de leur travail de moitié. Ce serait l’équivalent, pour le Québec, d’importer actuellement du jour au lendemain 8 millions de travailleurs étrangers ; la pression sur les salaires des Québécois serait intenable. C’est cela qui s’est produit.

À titre personnel, mon grand-père, jusque dans les années 70, travaillait pour une compagnie de boucherie, rien de bien glorieux, rien de très prestigieux. Avec son unique salaire, il faisait vivre une femme à la maison et quatre enfants dans une belle demeure en banlieue de Montréal, dans un quartier très convenable. Qui peut se vanter d’en faire autant aujourd’hui ?

Auparavant, il était possible de survivre sur un seul salaire ; l’homme travaillait, pendant que la femme s’occupait des enfants, des repas, et chacun jouait selon les forces et faiblesses propres à leur nature, fruit de l’évolution de millions d’années (ou de la création divine, comme vous voulez).

asservissement de la femme à son lieu de travail

Les féministes aiment bien parler de la « libération » de la femme. Elles présentent la femme des derniers siècles comme étant prisonnière de sa maison, obligée de s’occuper de ses enfants, de préparer les repas, la grosse misère. Mais quelle est la réalité d’aujourd’hui ? Au lieu d’être à l’écoute des besoins de leur mari, elles sont à l’écoute de ceux de leur patron ; au lieu de s’occuper de leurs enfants, elles travaillent toute la journée et leurs enfants sont éduqués par des gens ayant des valeurs complètement différentes des leurs. Vous appelez cela une libération ?

Il y a une certaine ironie dans cette situation, car à l’origine les féministes se sont battues pour que les femmes puissent travailler, afin qu’elles aient ce « choix ». Or, aujourd’hui, le choix n’existe plus. À cause de la diminution de la valeur du travail causée par leur arrivée massive sur le marché, les femmes n’ont plus réellement le choix, sauf dans de rares cas, de travailler ou de rester à la maison. La société exige d’elles qu’elles travaillent et 90% des hommes qu’elle rencontrent n’ont pas les moyens de faire vivre toute une famille avec leur seul seul salaire.

Les femmes, pendant des siècles, avaient le choix de travailler ou de rester dans la sécurité d’un foyer où le mari prenait les choses en charge. Maintenant, pour qu’une minorité de femmes jouent les jeunes cadres dynamiques avec un tailleur et des talons hauts, la vaste majorité passent leurs journées à la caisse d’un supermarché ou dans des emplois qui leur offrent moins que ce qu’elle pourraient avoir à la maison, avec leurs enfants, dans leur famille.

maison vide

Ce travail à l’extérieur au quotidien crée ce qu’on peut appeler le problème de la maison vide. Avec le père et les mère au boulot, qui s’occupe des enfants ? Des sous-traitants, voilà. On envoie les enfants à la garderie, et en fait c’est l’ensemble de la société qui doit assumer ces frais avec leurs impôts, que ce soit dans un CPE ou dans une garderie subventionnée. Qui, ici, pourrait dire sérieusement que des enfants sont mieux éduqués par des étrangers que par leurs parents ?

J’ai la chance d’avoir deux enfants fantastiques qui ont passé presque toute leur enfance à la maison. À peu près toutes les personnes qui voient mes enfants n’en reviennent pas de leur maturité, de leur politesse, de leur savoir-vivre, de leur calme, de leur capacité d’agir, de leur développement, etc. Je me suis fait demander à plusieurs reprises quel était le secret ? Il est simple : des enfants passant le plus de temps possible avec leurs parents et dans leur maison. C’est tout, simple comme ça.

Le phénomène de la maison vide, causé par l’arrivée des femmes sur le marché du travail, provoque des problèmes durables chez les enfants et affaiblit le lien entre ceux-ci et leurs parents. Les parents ne sont plus que des pourvoyeurs, qu’ils voient en vitesse le soir la semaine et la fin de semaine. Ce sont des parents à temps partiel, qui ne participent plus qu’officieusement à l’éducation des enfants, une éducation qui a été entièrement sous-traitée. Cette situation où les parents n’éduquent plus leurs enfants — une situation unique dans le règle animal — a créé toute une génération d’enfants émotionnellement plus fragiles.

L’école de l’état

L’absence de la femme du foyer interdit, de facto, l’école à la maison. Alors que la supériorité de l’éducation à la maison sur le système public a été démontrée par presque toutes les études, et que les enfants ayant été éduqués de cette façon réussissent non seulement mieux du côté académique mais sont également plus heureux en général, cette option devient maintenant impossible. Donc, au lieu de pouvoir partager non seulement les valeurs qui nous intéressent à nos enfants, mais également notre compréhension du monde et de la réalité, on laisse l’école publique — contrôlée par les féministes, ne l’oublions pas — décider ce qui doit être ou ne pas être enseigné aux enfants. Comme en URSS, c’est l’État tout-puissant qui détermine les priorités et qui s’organise pour qu’elles soient enseignées.

Auparavant, il existait un choix, c’est-à-dire qu’une femme plus manuelle ou ayant moins de capacités pour éduquer ses enfants pouvait envoyer ses enfants à l’école, mais aujourd’hui ce choix est quasi-obligatoire. L’éducation à la maison est bien évidemment permise, mais qui en a le temps, pris entre deux parents qui travaillent toute la semaine (quand ce n’est pas la fin de semaine) ? Encore une fois, le choix des hommes et des femmes a été diminué.

Et pour compenser, on laisse à l’État le choix d’éduquer nos enfants, encore une fois en sous-traitance, et à partir de nos impôts.

TAUX DE NATALITÉ

On se plaint un peu partout que le taux de natalité est trop bas et on importe même des immigrants à tous les ans pour « remplacer » la population de souche. Or, qu’est-ce qui explique ce faible de taux de natalité, sinon la carrière des femmes ?

Si on regarde les choses froidement, une femme est fertile à peu près de l’âge de 15 à 40 ans, avec un pic de fertilité autour de 19 ou 20 ans. Or, pour beaucoup de femmes, le choix d’une carrière implique qu’elles ne sont pas établies avant la trentaine, et même à ce moment, elles doivent continuer de faire leurs classes, de jongler avec des horaires difficiles, etc. Là où il y aurait eu l’occasion d’avoir trois, quatre ou cinq enfants, il n’y en a plus que deux, un, et même parfois aucun.

Et plus une femme attend pour avoir ses enfants, le plus le risque de maladies génétiques augmente.

Et je ne parle même pas ici du meurtre légal d’enfants dans le ventre des femmes, qu’on appelle avec euphémisme « avortement ».

oser le conservatisme

Quand on va quelque part et qu’on fait fausse route, la meilleure chose à faire n’est pas de continuer parce qu’on a fait un choix, mais de retourner à l’embranchement qui a été manqué et de faire, désormais, le bon choix. S’il y a de plus en plus de personnes qui réalisent que le féminisme fut une erreur, il ne suffit pas de se dire qu’on ne peut rien faire, qu’il faut accepter cette dépossession et la subir stoïquement. Il faut, au contraire, agir.

Cette action, elle se fait au quotidien. Elle se fait par des choix politiques (appuyer des partis s’opposant au féminisme, à l’avortement, encourageant la natalité, luttant contre l’invasion immigrante), mais également par des choix personnels. En tant qu’hommes et de femmes, nous avons le choix, chacun, de refuser de nous laisser dicter nos valeurs par une idéologie qui a fait état de ses échecs. Nous avons la possibilité de mettre de l’avant des valeurs traditionnels, de faire valoir qu’une société n’est pas seulement composée d’individus ayant des droits mais qu’il existe des responsabilités, face à soi-même, mais également face à ses prochains.

L’idéologie féministe, à la base, constitue une dérive de l’individualisme, opposant deux sexes n’ayant pas à être mis en opposition, mais plutôt en complémentarité. À chacun de nous d’agir pour reconquérir notre vraie liberté d’hommes et de femmes !

Et si cette liberté doit passer par une diminution du travail des femmes et un retour au foyer, tant mieux ! La prochaine génération nous remerciera.

Pitbulls : mettons les propriétaires en prison

De combien d’exemples aura-t-on besoin avant que le gouvernement québécois n’agisse et interdise définitivement les pitbulls, comme cela se fait en Ontario depuis plus d’une décennie ? Encore une fois, un enfant a été défiguré, à Saint-Jérôme cette fois-ci. Il jouait tranquillement dans la rue avec ses amis quand le chien la machine à tuer s’est échappée et l’a sauvagement attaqué.

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Les pitbulls (et d’autres chiens du même genre) ne sont pas des animaux de compagnie ; ce sont des chiens qui ont été croisés depuis des siècles pour être le plus agressif, vicieux et violents possible. L’ancêtre du pitbull, le Staffordshird bull terrier, était utilisé pour mordre les taureaux lors de la saignée. Il a ensuite été utilisé pour se battre contre des ours, des ânes et de grands félins. Après l’interdiction de telles sauvageries, en 1835, les chiens ont été utilisés pour se battre entre eux. Bref, ce sont des tueurs.

Bien sûr, une bonne éducation du chien peut limiter les risques, mais il n’est pas davantage sensé de donner une telle éducation à un pitbull qu’il ne le serait à un tigre, un lion ou un ours. Ce sont des animaux qui ont été croisés et recroisés pour être des tueurs. Une étude effectuée en 2014, en Arizona, a démontré que les pitbulls, même s’ils ne représentaient que 6% des chiens, ont été responsables de 29 % des morsures, dont 39 % des morsures à la tête, au cou et au visage, les plus susceptibles de conséquences graves.

Au Québec et ailleurs au Canada, il y a des lois contre la possession d’armes à feu sans permis ou d’armes à feu illégales. Or, qu’est-ce qui est le plus dangereux entre une arme à feu et un pitbull ? L’arme à feu est complètement tributaire du comportement de son propriétaire. Si elle est dans un coffre de sécurité, elle ne nuit à personne. Elle peut être dangereuse, mais uniquement par l’action de son propriétaire. Le pitbull, par contre, est imprévisible. Il peut être très doux pendant des années, puis soudainement, comme si sa génétique lui remontait à la tête, il perd la boule et attaque. C’est une bombe à retardement.

être sans pitié

Il faut être sans pitié à l’égard des propriétaires de pitbulls. Non seulement il faut interdire définitivement ces chiens dangereux du territoire québécois, mais les villes qui, comme Saint-Jérôme, les interdisent déjà, devraient être beaucoup plus agressives dans l’application de leurs règlements.

Aurait-on des remords à agir dans le cas d’un individu en possession d’une arme à feu automatique ?

Attendrait-on pour agir si un pédophile récidiviste traînait dans le quartier ?

Éviterait-on d’agir si un automobiliste conduisait à 70 km/h dans une zone de 30 km/h où il y a plein d’enfants ?

Alors, pourquoi la ville de St-Jérôme n’applique-t-elle pas mieux son règlement sur les pitbulls et le gouvernement du Québec refuse-t-il d’agir pour protéger nos enfants ?

Les propriétaires de ces chiens tueurs doivent être ciblés et punis sans hésitation, sans pitié, et avec toute la force légale. Ces gens, en faisant passer leur plaisir personnel d’être propriétaire d’une race de chien reconnue pour sa violence avant le bien-être public, se conduisent dangereusement et doivent être punis comme tel.

Il ne suffit pas d’euthanasier, à chaque fois, le pitbull coupable. Il faut que le simple fait de posséder un tel chien dangereux mette son propriétaire hors-la-loi. Et il faut que les autorités cessent d’avoir les deux doigts dans le nez, comme à St-Jérôme, et agissent !

Aucune pitié pour les tueurs et ceux qui les promènent dans nos rues. Tu mets en danger nos enfants ? En prison !

Nos enfants méritent de grandir et de vivre en sécurité, sans craindre pour leur vie à chaque fois qu’ils croisent un chien.

La fierté de tuer

Il y a quelque chose de surréaliste dans le commentaire du maire d’Ottawa, Jim Watson, qui se dit « fier » qu’on enlève le drapeau pro-vie de l’hôtel de ville, lui qui avait été hissé pour une journée dans le cadre d’une grande marche contre l’avortement. Il aurait simplement pu annoncer son retrait, mais pourquoi cette « fierté » ? Et pourquoi cette levée de boucliers contre la nouvelle politique de l’État d’Alabama, aux États-Unis, qui criminalise définitivement l’avortement ? Même Radio-Canada parle du « droit » à l’avortement qui serait menacé.

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En fait, il n’y a ni « fierté » à enlever un drapeau protégeant la vie ni « droit » à tuer autrui. Un fœtus, c’est un enfant. L’avortement, c’est un meurtre. Il ne peut même pas y avoir de débat sur ces points. Le fœtus ne constitue rien d’autre qu’un enfant n’ayant pas encore l’âge et la constitution lui permettant de s’opposer à son propre meurtre. Mais s’il l’avait, croyez-vous qu’il dirait : « Oh oui, bonne idée maman, tue-moi, car c’est vrai que la vie est dure, que tu es jeune, que tu as été violée, que… » Non. S’il pouvait parler, il hurlerait à la vie de toutes ses forces, il s’accrocherait de ses petites mains à cette vie si chère que tous, sans exception, nous protégeons pour nous-mêmes.

Qui a le droit de décider de la vie et de la mort d’un être humain ? Contrairement à l’habituelle propagande féministe, il ne s’agit plus seulement du corps de la femme et donc de sa seule décision ; dès qu’il y a un autre humain qui est dans l’équation — et même si celui-ci est trop jeune pour être consulté — il est du devoir de la société de le protéger, même contre sa mère. Comment des gens peuvent-ils d’un même souffle s’indigner de la mort atroce d’une fillette de Granby, complètement abandonnée par les gens qui devaient s’occuper d’elle, mais de l’autre tolérer qu’on assassine près de 100 000 êtres humains par année au Canada dans le ventre de leur propre mère, là où ils devraient être le plus en sécurité et se développer en prévision de leur première goulée d’air frais ? Voyez-vous la logique ? Moi non plus, je ne la vois pas. Ou la vie est sacrée, peu importe son stade de développement, ou elle ne l’est pas.

L’argument des « pro-choix » (comme si le meurtre pouvait être un choix…) tient à ce qu’il serait mieux, dans certains cas, de tuer l’enfant avant sa naissance pour lui éviter des souffrances plus tard (handicaps, familles instables, mère immature). Or, qu’y a-t-il de pire, comme souffrance, que la mort ? Il y a là encore un illogisme : on commet la pire des souffrances contre un individu dans le but de lui éviter quelque souffrance future et hypothétique ?

Et surtout, comment savoir ce que deviendrait l’enfant qu’on exécute aussi lâchement ? Si ça se trouve, on assassine le prochain Mozart, le futur Gandhi, un homme ou une femme qui changeraient positivement ce monde. Et s’il est handicapé, cela veut-il dire pour autant qu’il n’a pas le droit à la vie ? Je connais une femme qui a eu une enfant trisomique et qui dit que ce fut la plus belle chose qui lui soit arrivée. Encore une fois : ou la vie est sacrée, ou elle ne l’est pas. Qui sommes-nous pour décider qu’à tel niveau de handicap, on peut tuer impunément et qu’à tel autre on doit laisser vivre ?

Ou la vie est sacrée, ou elle ne l’est pas. Ou on tolère le meurtre ou on ne le tolère pas. Et s’il faut un drapeau ou des lois pour protéger la vie, la véritable fierté devrait être de le hisser bien haut et de les voter.

Le reste nous déshumanise.

La dictature du plaisir

Le plaisir, de nos jours, a été érigé en tyrannie suprême : quiconque agit d’une manière s’y opposant n’aurait rien compris. Partout autour de nous, tout le monde se gave, se vautre, s’engorge de plaisir comme s’il s’agissait du bien le plus important, le seul qui compte. Il ne suffit pas de chercher bien loin pour constater à quel point le plaisir est partout. On peut, par exemple, marcher dans la rue, par une belle journée de printemps.

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C’est ce que j’ai fait aujourd’hui dans les rues de Saint-Jérôme. J’ai observé ce plaisir partout. Il y avait ce motocycliste à la moto hyper bruyante et qui accélérait avec fougue, dérangeant, pour son bon plaisir, tout le monde à un kilomètre. Cette femme de trois cents livres assise sur sur banc en train de manger une crème glacée. Cet adolescent qui a jeté son déchet par terre parce que c’était plus plaisant que de chercher une poubelle. Ces hommes assis sur leur terrasse en train de boire de la bière sur l’heure du midi. Cet autre homme qui faisait crisser les pneus de sa camionnette, probablement pour impressionner de sa virilité la femme à ses côtés, dans l’espoir d’un quelconque plaisir lubrique. Ainsi de suite.

On dirait qu’il n’est plus possible de vivre autrement que dans l’hédonisme. Quiconque agit pour une autre raison que pour son petit bien-être personnel devient de facto quelqu’un de louche. Cette communauté de sœurs qui prient Dieu ? Bizarres. Ces gens qui nettoient les berges de la rivière du Nord ? Étranges. Ou ces personnes qui militent politiquement en faveur d’idées plus marginales, et qui sacrifient parfois leur carrière pour leurs idées ? Ce sont des anomalies, des retardataires, des gens n’ayant pas compris que le plaisir est la seule chose qui compte, le seul étalon à partir duquel tout se calcule.

oser le devoir

Au-delà du plaisir, il y a peut-être un mot qu’on a oublié : le devoir. Le but de l’humain n’est peut-être pas de se donner constamment du plaisir, d’inonder ses sens d’insipides sensations dans le seul but d’envahir son cerveau de plaisantes hormones. Entre un héroïnomane se shootant du matin au soir et un obèse morbide outremangeant du lever au coucher, il n’y a qu’une différence de méthodes, pas de but. La solution : le devoir.

Le devoir, c’est comprendre qu’on existe pour autre chose que de se donner du plaisir. Le devoir vient de l’humilité de reconnaître qu’on est une simple parcelle d’un tout et que ce tout est plus grand que soi-même.

Il n’y a bien sûr aucun mal à ressentir du plaisir dans l’action, mais cette action ne devrait-elle pas servir à un but dépassant sa propre personne ?

Quel but y a-t-il à vivre constamment dans le plaisir ?

On entend parfois dire qu’on a qu’une seule vie et qu’il faut donc « en profiter », mais s’il était vrai qu’on n’a qu’une seule vie (comment savoir ?), il y a tout de même les gens qui restent après nous. Veut-on leur laisser un monde pollué, impotent, laid, bruyant, où tout ce qui est bien a été détruit et tout ce qui est mal mis sur un piédestal ?

Il faut parfois se sortir du plaisir et faire ce que doit.

La liberté contre la radicalisation

La fusillade dans une synagogue de San Diego, hier, aux États-Unis, a encore une fois provoqué une levée de boucliers contre différents sites Internet qui seraient des lieux de haine et qui inciteraient, selon certains, à commettre de tels actes. Cette fois, c’est le 8chan qui est visé ; déjà on peut lire des gens se mettre au « doxxing » et chercher à cibler la compagnie où est hébergé le site web. Il y a quelques mois, lors des attentats de Pittsburgh, c’était le réseau social Gab qui a dû se trouver un nouveau serveur, ayant perdu le sien. Et suite aux attentats de Christchurch, Facebook a promis des « restrictions » à sa plateforme en direct. Tous ces gens font fausse route et contribuent, au contraire, à renforcer le radicalisme.

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Je ne veux pas porter de jugement sur les idées véhiculées sur ces sites ni sur quelque idée que ce soit, mais si des gens considèrent que le racialisme ou le suprémacisme blanc constituent un problème, croient-ils qu’il suffit de le pousser dans des recoins toujours plus sombres pour régler le dit-problème ? S’il y a de la moisissure dans votre maison, allez-vous mettre une bâche bien hermétique par-dessus celle-ci en espérant qu’elle disparaisse ? Bien sûr que non ; vous allez au contraire tout aérer, tout exposer à la lumière. C’est la solution avec le radicalisme.

les censeurs sont coupables

Les vrais coupables de ces tueries, outre, évidemment, ceux qui les commettent eux-mêmes, sont les censeurs qui, par leur zèle, repoussent les idées minoritaires de plus en plus loin, les forçant à vivre aux marges de la société. J’avais déjà abordé ce sujet dans un article précédent ; Facebook, en censurant la droite conservatrice, contribue à sa radicalisation.

Prenons un exemple, pour illustrer mon idée. Imaginons un jeune homme au début de la vingtaine et qui a quelques sympathies nazies, sans que celles-ci soient nécessairement bien développées. Dans le scénario A, il s’exprime sur Facebook et est banni par le réseau à cause de ses propos « haineux ». Dans le scénario B, il s’exprime sur le même réseau et n’est pas banni.

Scénario A. Notre ami, appelons-le Adolphe, s’exprime sur Facebook au quotidien, y fait part de son vécu, publie des photos de paysages, et occasionnellement partage des articles en y faisant des commentaires vantant les nazis. La plupart du temps, quelques personnes l’approuvent mais la plupart, même ses amis ou sa famille, trouvent des contre-arguments ou dénoncent ses idées. Une fois, il va « trop loin » et publie un commentaire franchement raciste. Le réseau le bannit. Ayant perdu son moyen d’expression, il se met à la recherche d’autres plateformes lui permettant de s’exprimer. Il tombe sur des sites de plus en plus sombres où des gens parlent de nazisme sans honte et où il peut écrire ce qu’il veut sans censure. Il développe de nouvelles amitiés virtuelles au sein d’une communauté blanche se posant comme dernier rempart de la race blanche contre le génocide blanc et il s’éduque sur les thèmes les plus prisés de cette communauté. Il se radicalise de plus en plus jusqu’à ce que…

Scénario B. Notre ami Adolphe s’exprime sur Facebook au quotidien. Une fois, il va « trop loin » et publie un commentaire franchement raciste. Sa mère, qui ne sait pas trop bien utiliser le réseau, lui répond dans les commentaires qu’il est invité à l’anniversaire de sa grand-tante. Son cousin, ferré en politique, lui explique de quelle manière son raisonnement est faux, que la race n’existerait pas, qu’il n’y aurait que des pigments, etc. S’ensuit une longue discussion entre son cousin, lui-même, et des amis aux tendances nazies. La semaine d’après, il republie un autre commentaire où il précise sa pensée, et une autre longue discussion s’ensuit. Ainsi de suite ; à chaque commentaire plus radical, il fait face au caractère marginal de ses idées et est confronté au fait que non seulement il n’est pas le représentant de la race blanche contre le génocide blanc (des idées qu’il n’a pas encore pu exprimer de cette manière car ne s’étant pas encore radicalisé sur d’autres sites plus obscurs), mais qu’il est plutôt marginal et met dans l’embarras sa famille.

Notez, encore une fois, que je ne porte aucun jugement sur les idées prônées ici — le génocide blanc peut ou ne peut pas exister, cela n’est pas mon propos ; il s’agit d’un simple exemple de ce qui se produit face à la censure.

Dans le scénario A, Adolphe répond à la censure en se radicalisant. Il cherche et trouve des gens partageant ses idées et, privée de contre-arguments ou d’opposition, cette communauté virtuelle grandit et se radicalise jusqu’à se croire investie d’une mission de guerre sainte contre tel ou tel groupe.

Dans le scénario B, Adolphe n’a pas le choix de développer ses arguments et de faire face à la réalité de son propre statut marginal. Il doit s’afficher face à ses amis, sa famille, etc. Il avance à visage découvert et doit faire face à un barrage de critiques à chaque fois qu’il publie une idée trop controversée.

oser la liberté

Il ne s’agit pas de faiblesse ou de mollesse que de tolérer les idées haineuses. Il s’agit, au contraire, du propre d’une société démocratique et évoluée. Il s’agit de reconnaître qu’on peut s’opposer aux idées de quelqu’un de tout son être, de toutes les fibres de son corps, sans pour autant lui enlever le droit qu’il a d’exprimer ces idées.

Le monde des censeurs est trop simple pour fonctionner. Ces gens pensent qu’il suffit d’enlever une plateforme à quelqu’un pour le faire taire. Qu’il suffit de dénoncer quelqu’un pour qu’il se cache et ne revoie plus jamais la lumière du jour. Les gens et les idées ne disparaissent pas. La seule manière de faire disparaître une idée est de la remplacer par une idée plus forte.

En discréditant et en censurant systématiquement les gens ayant des idées minoritaires ou soi-disant haineuses, on ne leur permet pas de développer leur pensée en la confrontant à la communauté des pensées dans le monde, mais on favorise leur repli sur eux-mêmes et leur radicalisation au sein de communautés hermétiques ayant une vision réduite et fragmentaire des choses. Pour le moment, n’importe qui ayant le cœur assez solide peut aller commenter sur 8chan, mais si on devait bannir jusqu’à cet plateforme, n’encourageait-on pas simplement l’hermétisme de ces gens et le libre développement de leurs idées radicales en vase clos ?

La seule manière de lutter contre cette radicalisation consiste à laisser les gens libres de leurs paroles et de les garder au sein de nos communautés plutôt que de les exclure et de les pousser à l’infamie.

Et qui sait, peut-être qu’ils changeront… Ou nous changerons ?

Avons-nous peur de changer ?