La fierté de tuer

Il y a quelque chose de surréaliste dans le commentaire du maire d’Ottawa, Jim Watson, qui se dit « fier » qu’on enlève le drapeau pro-vie de l’hôtel de ville, lui qui avait été hissé pour une journée dans le cadre d’une grande marche contre l’avortement. Il aurait simplement pu annoncer son retrait, mais pourquoi cette « fierté » ? Et pourquoi cette levée de boucliers contre la nouvelle politique de l’État d’Alabama, aux États-Unis, qui criminalise définitivement l’avortement ? Même Radio-Canada parle du « droit » à l’avortement qui serait menacé.

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En fait, il n’y a ni « fierté » à enlever un drapeau protégeant la vie ni « droit » à tuer autrui. Un fœtus, c’est un enfant. L’avortement, c’est un meurtre. Il ne peut même pas y avoir de débat sur ces points. Le fœtus ne constitue rien d’autre qu’un enfant n’ayant pas encore l’âge et la constitution lui permettant de s’opposer à son propre meurtre. Mais s’il l’avait, croyez-vous qu’il dirait : « Oh oui, bonne idée maman, tue-moi, car c’est vrai que la vie est dure, que tu es jeune, que tu as été violée, que… » Non. S’il pouvait parler, il hurlerait à la vie de toutes ses forces, il s’accrocherait de ses petites mains à cette vie si chère que tous, sans exception, nous protégeons pour nous-mêmes.

Qui a le droit de décider de la vie et de la mort d’un être humain ? Contrairement à l’habituelle propagande féministe, il ne s’agit plus seulement du corps de la femme et donc de sa seule décision ; dès qu’il y a un autre humain qui est dans l’équation — et même si celui-ci est trop jeune pour être consulté — il est du devoir de la société de le protéger, même contre sa mère. Comment des gens peuvent-ils d’un même souffle s’indigner de la mort atroce d’une fillette de Granby, complètement abandonnée par les gens qui devaient s’occuper d’elle, mais de l’autre tolérer qu’on assassine près de 100 000 êtres humains par année au Canada dans le ventre de leur propre mère, là où ils devraient être le plus en sécurité et se développer en prévision de leur première goulée d’air frais ? Voyez-vous la logique ? Moi non plus, je ne la vois pas. Ou la vie est sacrée, peu importe son stade de développement, ou elle ne l’est pas.

L’argument des « pro-choix » (comme si le meurtre pouvait être un choix…) tient à ce qu’il serait mieux, dans certains cas, de tuer l’enfant avant sa naissance pour lui éviter des souffrances plus tard (handicaps, familles instables, mère immature). Or, qu’y a-t-il de pire, comme souffrance, que la mort ? Il y a là encore un illogisme : on commet la pire des souffrances contre un individu dans le but de lui éviter quelque souffrance future et hypothétique ?

Et surtout, comment savoir ce que deviendrait l’enfant qu’on exécute aussi lâchement ? Si ça se trouve, on assassine le prochain Mozart, le futur Gandhi, un homme ou une femme qui changeraient positivement ce monde. Et s’il est handicapé, cela veut-il dire pour autant qu’il n’a pas le droit à la vie ? Je connais une femme qui a eu une enfant trisomique et qui dit que ce fut la plus belle chose qui lui soit arrivée. Encore une fois : ou la vie est sacrée, ou elle ne l’est pas. Qui sommes-nous pour décider qu’à tel niveau de handicap, on peut tuer impunément et qu’à tel autre on doit laisser vivre ?

Ou la vie est sacrée, ou elle ne l’est pas. Ou on tolère le meurtre ou on ne le tolère pas. Et s’il faut un drapeau ou des lois pour protéger la vie, la véritable fierté devrait être de le hisser bien haut et de les voter.

Le reste nous déshumanise.

La dictature du plaisir

Le plaisir, de nos jours, a été érigé en tyrannie suprême : quiconque agit d’une manière s’y opposant n’aurait rien compris. Partout autour de nous, tout le monde se gave, se vautre, s’engorge de plaisir comme s’il s’agissait du bien le plus important, le seul qui compte. Il ne suffit pas de chercher bien loin pour constater à quel point le plaisir est partout. On peut, par exemple, marcher dans la rue, par une belle journée de printemps.

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C’est ce que j’ai fait aujourd’hui dans les rues de Saint-Jérôme. J’ai observé ce plaisir partout. Il y avait ce motocycliste à la moto hyper bruyante et qui accélérait avec fougue, dérangeant, pour son bon plaisir, tout le monde à un kilomètre. Cette femme de trois cents livres assise sur sur banc en train de manger une crème glacée. Cet adolescent qui a jeté son déchet par terre parce que c’était plus plaisant que de chercher une poubelle. Ces hommes assis sur leur terrasse en train de boire de la bière sur l’heure du midi. Cet autre homme qui faisait crisser les pneus de sa camionnette, probablement pour impressionner de sa virilité la femme à ses côtés, dans l’espoir d’un quelconque plaisir lubrique. Ainsi de suite.

On dirait qu’il n’est plus possible de vivre autrement que dans l’hédonisme. Quiconque agit pour une autre raison que pour son petit bien-être personnel devient de facto quelqu’un de louche. Cette communauté de sœurs qui prient Dieu ? Bizarres. Ces gens qui nettoient les berges de la rivière du Nord ? Étranges. Ou ces personnes qui militent politiquement en faveur d’idées plus marginales, et qui sacrifient parfois leur carrière pour leurs idées ? Ce sont des anomalies, des retardataires, des gens n’ayant pas compris que le plaisir est la seule chose qui compte, le seul étalon à partir duquel tout se calcule.

oser le devoir

Au-delà du plaisir, il y a peut-être un mot qu’on a oublié : le devoir. Le but de l’humain n’est peut-être pas de se donner constamment du plaisir, d’inonder ses sens d’insipides sensations dans le seul but d’envahir son cerveau de plaisantes hormones. Entre un héroïnomane se shootant du matin au soir et un obèse morbide outremangeant du lever au coucher, il n’y a qu’une différence de méthodes, pas de but. La solution : le devoir.

Le devoir, c’est comprendre qu’on existe pour autre chose que de se donner du plaisir. Le devoir vient de l’humilité de reconnaître qu’on est une simple parcelle d’un tout et que ce tout est plus grand que soi-même.

Il n’y a bien sûr aucun mal à ressentir du plaisir dans l’action, mais cette action ne devrait-elle pas servir à un but dépassant sa propre personne ?

Quel but y a-t-il à vivre constamment dans le plaisir ?

On entend parfois dire qu’on a qu’une seule vie et qu’il faut donc « en profiter », mais s’il était vrai qu’on n’a qu’une seule vie (comment savoir ?), il y a tout de même les gens qui restent après nous. Veut-on leur laisser un monde pollué, impotent, laid, bruyant, où tout ce qui est bien a été détruit et tout ce qui est mal mis sur un piédestal ?

Il faut parfois se sortir du plaisir et faire ce que doit.

La liberté contre la radicalisation

La fusillade dans une synagogue de San Diego, hier, aux États-Unis, a encore une fois provoqué une levée de boucliers contre différents sites Internet qui seraient des lieux de haine et qui inciteraient, selon certains, à commettre de tels actes. Cette fois, c’est le 8chan qui est visé ; déjà on peut lire des gens se mettre au « doxxing » et chercher à cibler la compagnie où est hébergé le site web. Il y a quelques mois, lors des attentats de Pittsburgh, c’était le réseau social Gab qui a dû se trouver un nouveau serveur, ayant perdu le sien. Et suite aux attentats de Christchurch, Facebook a promis des « restrictions » à sa plateforme en direct. Tous ces gens font fausse route et contribuent, au contraire, à renforcer le radicalisme.

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Je ne veux pas porter de jugement sur les idées véhiculées sur ces sites ni sur quelque idée que ce soit, mais si des gens considèrent que le racialisme ou le suprémacisme blanc constituent un problème, croient-ils qu’il suffit de le pousser dans des recoins toujours plus sombres pour régler le dit-problème ? S’il y a de la moisissure dans votre maison, allez-vous mettre une bâche bien hermétique par-dessus celle-ci en espérant qu’elle disparaisse ? Bien sûr que non ; vous allez au contraire tout aérer, tout exposer à la lumière. C’est la solution avec le radicalisme.

les censeurs sont coupables

Les vrais coupables de ces tueries, outre, évidemment, ceux qui les commettent eux-mêmes, sont les censeurs qui, par leur zèle, repoussent les idées minoritaires de plus en plus loin, les forçant à vivre aux marges de la société. J’avais déjà abordé ce sujet dans un article précédent ; Facebook, en censurant la droite conservatrice, contribue à sa radicalisation.

Prenons un exemple, pour illustrer mon idée. Imaginons un jeune homme au début de la vingtaine et qui a quelques sympathies nazies, sans que celles-ci soient nécessairement bien développées. Dans le scénario A, il s’exprime sur Facebook et est banni par le réseau à cause de ses propos « haineux ». Dans le scénario B, il s’exprime sur le même réseau et n’est pas banni.

Scénario A. Notre ami, appelons-le Adolphe, s’exprime sur Facebook au quotidien, y fait part de son vécu, publie des photos de paysages, et occasionnellement partage des articles en y faisant des commentaires vantant les nazis. La plupart du temps, quelques personnes l’approuvent mais la plupart, même ses amis ou sa famille, trouvent des contre-arguments ou dénoncent ses idées. Une fois, il va « trop loin » et publie un commentaire franchement raciste. Le réseau le bannit. Ayant perdu son moyen d’expression, il se met à la recherche d’autres plateformes lui permettant de s’exprimer. Il tombe sur des sites de plus en plus sombres où des gens parlent de nazisme sans honte et où il peut écrire ce qu’il veut sans censure. Il développe de nouvelles amitiés virtuelles au sein d’une communauté blanche se posant comme dernier rempart de la race blanche contre le génocide blanc et il s’éduque sur les thèmes les plus prisés de cette communauté. Il se radicalise de plus en plus jusqu’à ce que…

Scénario B. Notre ami Adolphe s’exprime sur Facebook au quotidien. Une fois, il va « trop loin » et publie un commentaire franchement raciste. Sa mère, qui ne sait pas trop bien utiliser le réseau, lui répond dans les commentaires qu’il est invité à l’anniversaire de sa grand-tante. Son cousin, ferré en politique, lui explique de quelle manière son raisonnement est faux, que la race n’existerait pas, qu’il n’y aurait que des pigments, etc. S’ensuit une longue discussion entre son cousin, lui-même, et des amis aux tendances nazies. La semaine d’après, il republie un autre commentaire où il précise sa pensée, et une autre longue discussion s’ensuit. Ainsi de suite ; à chaque commentaire plus radical, il fait face au caractère marginal de ses idées et est confronté au fait que non seulement il n’est pas le représentant de la race blanche contre le génocide blanc (des idées qu’il n’a pas encore pu exprimer de cette manière car ne s’étant pas encore radicalisé sur d’autres sites plus obscurs), mais qu’il est plutôt marginal et met dans l’embarras sa famille.

Notez, encore une fois, que je ne porte aucun jugement sur les idées prônées ici — le génocide blanc peut ou ne peut pas exister, cela n’est pas mon propos ; il s’agit d’un simple exemple de ce qui se produit face à la censure.

Dans le scénario A, Adolphe répond à la censure en se radicalisant. Il cherche et trouve des gens partageant ses idées et, privée de contre-arguments ou d’opposition, cette communauté virtuelle grandit et se radicalise jusqu’à se croire investie d’une mission de guerre sainte contre tel ou tel groupe.

Dans le scénario B, Adolphe n’a pas le choix de développer ses arguments et de faire face à la réalité de son propre statut marginal. Il doit s’afficher face à ses amis, sa famille, etc. Il avance à visage découvert et doit faire face à un barrage de critiques à chaque fois qu’il publie une idée trop controversée.

oser la liberté

Il ne s’agit pas de faiblesse ou de mollesse que de tolérer les idées haineuses. Il s’agit, au contraire, du propre d’une société démocratique et évoluée. Il s’agit de reconnaître qu’on peut s’opposer aux idées de quelqu’un de tout son être, de toutes les fibres de son corps, sans pour autant lui enlever le droit qu’il a d’exprimer ces idées.

Le monde des censeurs est trop simple pour fonctionner. Ces gens pensent qu’il suffit d’enlever une plateforme à quelqu’un pour le faire taire. Qu’il suffit de dénoncer quelqu’un pour qu’il se cache et ne revoie plus jamais la lumière du jour. Les gens et les idées ne disparaissent pas. La seule manière de faire disparaître une idée est de la remplacer par une idée plus forte.

En discréditant et en censurant systématiquement les gens ayant des idées minoritaires ou soi-disant haineuses, on ne leur permet pas de développer leur pensée en la confrontant à la communauté des pensées dans le monde, mais on favorise leur repli sur eux-mêmes et leur radicalisation au sein de communautés hermétiques ayant une vision réduite et fragmentaire des choses. Pour le moment, n’importe qui ayant le cœur assez solide peut aller commenter sur 8chan, mais si on devait bannir jusqu’à cet plateforme, n’encourageait-on pas simplement l’hermétisme de ces gens et le libre développement de leurs idées radicales en vase clos ?

La seule manière de lutter contre cette radicalisation consiste à laisser les gens libres de leurs paroles et de les garder au sein de nos communautés plutôt que de les exclure et de les pousser à l’infamie.

Et qui sait, peut-être qu’ils changeront… Ou nous changerons ?

Avons-nous peur de changer ?

Les meilleurs quartiers où élever une famille à Saint-Jérôme

Il est souvent difficile, lorsqu’on fait le choix de s’installer dans une ville, de savoir quels sont les meilleurs et les pires quartiers pour s’implanter et élever une famille. La maison ou le logement sont beaux, l’agent immobilier est souriant, la rue a l’air tranquille, mais qu’en est-il des voisins et du quartier lui-même ? S’agit-il d’un simple dortoir ? La population est-elle active ou sur le chômage ? Y a-t-il beaucoup d’immigrants et de minorités visibles ? Est-ce que les voisins parlent français ? Peut-on se déplacer facilement à pied ou à vélo ?

J’ai compilé des données sur ma ville, Saint-Jérôme, afin d’établir les meilleurs et les pires endroits où y élever une famille. Voici le résultat, sur la carte ci-bas, qu’il est possible de cliquer pour agrandir. Les secteurs en vert constituent les meilleurs endroits tandis que ceux en rouge sont les pires. Les données sont purement comparatives, c’est-à-dire qu’un secteur vert ne signifie pas qu’il s’agit d’un endroit nécessairement supérieur (ou rouge inférieur), mais simplement qu’il s’agit d’un endroit supérieur (ou inférieur) par rapport aux autres secteurs de la ville.

Pour compiler ces données, j’ai utilisé cinq thèmes et douze critères.

1. structure familiale

A. La proportion de la population âgée de 0 à 14 ans. Un des critères importants lorsqu’on décide d’un endroit où élever une famille est la possibilité pour les enfants de se faire des amis. Une plus haute concentration de jeunes enfants augmente également généralement les chances d’avoir une école pas trop loin et des infrastructures pour les enfants.

B. La proportion de couples mariés ou en union libre. Cet indicateur permet également de déterminer s’il s’agit d’un quartier familial. Une forte proportion de couples mariés ou en union libre indique, sinon des enfants, la possibilité d’avoir des enfants. Il s’agit également d’un gage de stabilité et de sécurité dans le quartier.

2. langue

A. La proportion de la population ayant le français comme langue maternelle. Un critère primordial lorsqu’on veut élever des enfants ; se feront-ils des amis qui les comprendront ? Y aura-t-il une vie de quartier où les gens peuvent se parler et se comprendre ? Arrivera-t-on à poser une question à son voisin en se faisant comprendre ou faudra-t-il trouver un interprète ?

B. La proportion de la population ayant le français comme langue d’usage. Un indicateur semblable au premier, mais déterminant la langue utilisée à la maison par les répondants. On peut imaginer un individu d’une langue maternelle autre que le français mais étant parfaitement en mesure de parler notre langue ; cela constitue un facteur positif.

3. Situation financière

A. La proportion de la population dont le revenu ne fait pas partie du décile inférieur. Cet indicateur permet de déterminer la situation d’extrême-pauvreté au sein d’un quartier.

B. La proportion de logements nécessitant des réparations majeur par rapport à la population totale. On préfère généralement élever des enfants dans un milieu de vie propre où les maisons ou logements ne tombent pas en ruine.

C. La proportion de la population n’étant pas en situation de chômage. Cet indicateur permet de déterminer la détresse financière et les opportunités d’un quartier. Un enfant dont les camarades de classe ont systématiquement des parents qui ne travaillent pas risque d’être moins motivé à faire les bons choix pour son avenir.

4. homogénéité sociale

A. La proportion de la population qui n’est pas immigrante. Une immigration trop nombreuse réduit l’homogénéité sociale et, outre les conséquences négatives déjà documentées à cet effet (plus de crime, par exemple), cela signifie des enfants ayant potentiellement des problématiques d’intégration. Qui a envie d’élever des enfants devant se sentir mal de fêter Pâques ou Noël pour ne pas faire de la peine à ses camarades de classe ? Ou des enfants dont les camarades de classe ont une mère voilée complètement soumise à un mari au discours islamisant ?

B. La proportion de la population constituant une minorité ethnique. Cet indicateur, bien que controversé, permet de mieux définir le statut des générations d’immigrants. En effet, Statistique Canada ne va pas au-delà de la deuxième génération lorsqu’elle considère l’immigration ; cet outil donne une idée de la « couleur » du quartier, de ses traditions, de ses origines, même après quelques générations. Un quartier plus homogène, où la population a relativement la même culture et les mêmes référents culturels, permet de développer un sens de communauté et de sécurité pour les enfants.

5. Enracinement local

A. Proportion des travailleurs faisant le trajet domicile-travail en moins de quinze minutes. Cet indicateur permet de déterminer si le quartier constitue un simple dortoir, ou si les gens qui y habitent y travaillent relativement près. Cela permet également de donner un aperçu de la proximité des services pour les enfants. Il s’agit également d’un facteur de qualité de vie, car des parents passant moins de temps dans leur trajet domicile-travail ont davantage de temps à consacrer à leurs enfants.

B. Proportion des travailleurs faisant le trajet domicile-travail en transport en commun, à pied ou à bicyclette. Cet indicateur permet de déterminer le niveau de proximité et de sécurité d’un quartier, c’est-à-dire la possibilité pour les enfants de marcher pour aller chez leurs amis, de pouvoir se déplacer facilement dans les commerces quand ils deviennent adolescents, etc.

C. Proportion de la population n’ayant pas déménagé depuis cinq ans. Cet indicateur constitue un facteur de stabilité et de sécurité. Des gens qui habitent un quartier depuis longtemps s’y attachent, le respectent, connaissent davantage leurs voisins, le polluent probablement moins et observent ce qui s’y passe.

Toutes les données proviennent du recensement de Statistique Canada (2016) et utilisent la plus petite unité géographique, soit l’aire de diffusion. La ville de Saint-Jérôme y est ainsi divisée en cent secteurs différents. Le détail des résultats, par secteur, est indiqué dans le tableau ci-bas. La colonne « classement » est basée sur la déviation, pour chacun des cinq principaux facteurs, par rapport à la moyenne du groupe.

les meilleurs quartiers

Les cinq meilleurs quartiers où élever une famille sont situés dans l’ancienne municipalité de Bellefeuille, qui a été fusionnée avec Saint-Jérôme en 2002. Malgré un éloignement du centre de Saint-Jérôme, la plupart des facteurs y sont très positifs. Même les endroits où il est peu possible de se déplacer facilement en transport en commun, à pied ou à vélo, les autres facteurs sont tellement forts qu’il s’agit d’un endroit de choix pour élever une famille.

… et les pires

À l’inverse, les cinq pires quartiers où élever une famille sont tous situés vers le centre-ville de Saint-Jérôme. Pour ceux qui connaissent bien la ville, cela ne devrait pas être une surprise, car le centre de la ville est très pauvre.

mentions spéciales

Plusieurs quartiers de la ville de St-Jérôme offrent un beau compromis entre la qualité de vie offerte à Bellefeuille, par exemple, et la proximité des commerces du centre de St-Jérôme. Je pense notamment aux secteurs 48, 91 et 93. Ces endroits offrent à la fois un milieu de vie familial, francophone, de classe moyenne, homogène et local.

Saint-Jérôme constitue une ville assez pauvre, et il est crucial, pour une famille désirant s’y implanter, de bien choisir son quartier. J’espère que ces statistiques pourront aider les familles (ou familles éventuelles) à faire le bon choix. Si on s’installe aux bons endroits et avec de bons voisins, Saint-Jérôme peut être une ville où il est très agréable de vivre et d’élever ses enfants.

L’invasion immigrante (même à Québec)

Dans le premier article de cette courte série, je faisais état de la spectaculaire augmentation de l’immigration dans la région de Montréal. La région de Québec n’est pourtant pas en reste, si on se fit aux mêmes données de Statistique Canada. Bien que le nombre total d’immigrants y est encore beaucoup plus bas — et donc plus gérable, si la volonté politique existait — la rapidité avec laquelle les immigrants s’installent dans notre capitale a de quoi inquiéter.

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En effet, la proportion d’immigrants par rapport à la population totale de la région a presque doublé, en à peine quinze ans, passant de près de 3% de la population totale à près de 6 % (voir le tableau ci-bas). Dans une ville comme Lévis, où il y a à peine quinze ans on ne rencontrait qu’un immigrant en moyenne à toutes les cent personnes croisées dans la rue, on approche de la marque du un immigrant à toutes les trente personnes. Pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous ? Pas si sûr.

En effet, la situation ressemble de plus en plus à celle d’autres villes semblables de la région de Montréal, avec un simple décalage d’une demi-génération. Si la ville de Québec elle-même est passée de 4% à 7% de sa population qui est immigrante (un nombre qui ne tient pas compte des résidents non-permanents), qu’est-ce qui l’empêcherait de passer à 14% dans quinze ans ou davantage encore ? La progression n’est pas linéaire, mais exponentielle ; plus il y a d’immigrants qui s’installent, plus il devient intéressant pour d’autres immigrants d’y emménager, augmentant encore leur poids démographique. Pour le moment, ce n’est « que » 7%, mais en 2001, la ville de Longueuil n’en avait « que » 9% (18% maintenant), Vaudreuil-Dorion n’en avait « que » 5% (18% également maintenant). Quand la balance démographique se dérègle, la situation peut dégénérer rapidement.

La situation est encore plus inquiétante quand on parle des minorités visibles. Encore une fois, comme je l’avais précisé dans mon dernier article, j’utilise cette donnée sensible à défaut d’en avoir une meilleure, car Statistique Canada ne permet pas de différencier les citoyens de souche des immigrants de troisième génération. Le statut de minorité visible me semble imparfait, mais tout de même utile lorsque utilisé avec les données sur l’immigration, afin d’obtenir un portrait plus réaliste.

Dans tous les cas, la population s’identifiant comme étant une minorité visible a littéralement explosé dans la région, passant de moins de 2% à près de 5% de la population totale (voir ci-bas). Tout cela, rappelons-le, en à peine quinze ans !

RIEN N’EST JOUÉ À QUÉBEC

Rien n’est encore joué dans la région de Québec. La proportion d’immigrants et de minorités visibles se gère encore, mais qu’est-ce qui empêcherait la région de ressembler à Montréal si rien n’est fait ? Au rythme où vont les choses, il est plus que probable que dans quinze ans on obtienne des données à deux chiffres dans la ville de Québec. Et après, où se trouve la limite ? Quand les immigrants représenteront 10%, ou 20%, ou 40% de la population, croyez-vous qu’ils vont rester les bras croisés et accepter que notre culture majoritaire continue d’avoir la main haute ? Ne soyons pas naïfs…

Dans la région de Montréal, la ville de Laval a déjà constitué une ville typiquement québécoise (et donc francophone), alors qu’elle s’anglicise maintenant à vue d’œil et que les immigrants représentent désormais 28% de la population ! Qu’est-ce qui empêcherait Québec de vivre la même situation ? Le pourcentage de la population qui constitue une minorité visible a augmenté respectivement de 228% et 210% à Lévis et Québec. Trouvez-vous qu’il s’agit d’une tendance gérable ?

La solution, au final, demeure politique. Tant que nos politiciens se serreront les mains et se flatteront la bedaine parce qu’ils ont réduit l’immigration de 53 000 à 40 000 par année, la situation continuera d’empirer. Quand on est en bateau et qu’on voit la chute à l’avant, il ne suffit pas de ramer moins vite vers la catastrophe ; il faut changer de direction et vite !