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Gérard Deltell, l'ADQ et notre disparition

Colonisé. C’est le seul mot qui me vient à l’esprit. Alors que le français recule au Québec, qu’il devient de plus en plus difficile de travailler ou de fonctionner dans la langue commune à Montréal et dans ses banlieues, que de plus en plus de commerces et d’institutions se bilinguisent et violent la Loi 101, que propose le chef de l’ADQ, Gérard Deltell? Il veut intensifier l’apprentissage de l’anglais et bilinguiser la jeunesse québécoise.

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« Il faut que ce soit bilingue. Il faut que nos enfants soient bilingues. Il faut qu’on ait une génération bilingue au Québec. On ne peut plus se permettre d’attendre. Il faut le faire là » a affirmé l’ancien journaliste de TQS catapulté à la tête du parti moribond. On aurait envie de lui demander: pourquoi une telle urgence, pourquoi un tel culte du bilinguisme? Aurait-on perdu une guerre, aurait-on été soumis à un quelconque envahisseur au cours des dernières années qui nécessiterait de la part de nos enfants l’apprentissage d’une langue étrangère?
Le bilinguisme, pourtant, dans un contexte minoritaire, c’est la mort. Dans toute l’histoire de l’humanité, dites-moi, connaissez-vous un seul peuple qui, minoritaire, est devenu entièrement bilingue avec la langue majoritaire sans perdre sa propre langue? Moi, je connais le gaélique qui est disparu d’Irlande quand les Irlandais sont devenus bilingues avec la langue anglaise, et je connais le français qui est mort en Ontario avec le culte du bilinguisme qui a sournoisement détruit les reliquats d’une présence française à l’ouest de la rivière des Outaouais. C’est cela le bilinguisme: la mort de la langue faible. Car le bilinguisme, comme le disait le linguiste Albert Dauzat, c’est bel et bien un état transitoire d’une langue vers une autre.
Ce culte du bilinguisme nous affaiblit. Il nous convainc de la nécessité d’apprendre une langue étrangère pour travailler chez nous, mais il nous occulte cette vérité que la langue étrangère ne devrait pas nous permettre le travail, mais que le travail devrait se faire dans notre langue commune. Autrement dit: alors que nos parents et grands-parents se sont battus pour que nous puissions atteindre les plus hauts échelons en français, nous nous prostituons, seuls dans notre individualité, dans une langue qui n’est pas la nôtre et nous oublions notre devoir historique d’action collective pour la protection de cet héritage linguistique.
Imposer l’anglais – ou toute autre langue étrangère – à nos enfants, c’est capituler devant un monde unidimensionnel, un monde qui refuse la pluralité des langues et des peuples. C’est aussi utiliser notre force collective – l’État – pour détruire notre cohésion sociale et encourager ce qui nous nuit déjà, c’est-à-dire l’anglicisation qui fait reculer notre langue à Montréal et dans sa région immédiate. C’est cautionner un état des choses où on demande de plus en plus la connaissance de langues étrangères pour des emplois qui ne le nécessitent pas vraiment et où la langue étrangère est placée sur un piédestal. On préfère bilinguiser chaque Québécois plutôt que d’exiger la francisation de chaque emploi. Lâcheté.
La proposition de l’ADQ est non seulement stupide, mais elle va à l’encontre des solutions qui devraient être mises en place par tout gouvernement sensibilisé aux dangers linguistiques. Plutôt que d’accroître la présence de l’anglais chez notre jeunesse, il faudrait plutôt la réduire et éliminer les cours d’anglais au primaire et au secondaire. Il faudrait rétablir la valorisation d’un bon orthographe français et de la connaissance la plus parfaite possible de notre langue. Plutôt que d’apprendre à nos jeunes à jouer de plusieurs instruments de musique, il faudrait leur apprendre à en maîtriser réellement un seul, quitte à ce que ceux-ci choisissent de s’initier à un autre dans leurs temps libres. Ce n’est pas à l’État québécois à financer des mesures qui nuisent à la cohésion sociale et qui font de l’anglais la seule et réelle langue commune de notre territoire. Le faire équivaudrait à un suicide collectif rapide et à une anglicisation conduisant directement à notre disparition.
Que l’ADQ cherche à tout prix à se faire remarquer, on le comprend. L’ancien parti de Mario Dumont survit littéralement sur le respirateur artificiel. Cependant, il ne faudrait pas oublier que derrière cet appel désespéré se cache toutes les fausses sirènes du bilinguisme qui aliénient notre peuple. S’il faut le répéter, qu’on le fasse: l’État doit être au service de la collectivité et cette collectivité qui désire survivre entend le faire en français. Conséquemment, l’État ne doit pas, sous aucun prétexte, se substituer à la volonté parentale et enseigner une langue étrangère à nos enfants. Si un parent désire que son enfant parle anglais, mandarin ou russe, qu’il lui paie un cours privé après les heures de classes: l’école doit favoriser la cohésion sociale et cette cohésion passe par le français.
Si nous reculons, si nous écoutons les vieilles démagogies adéquistes débilitantes, ce n’est pas seulement notre capacité à survivre en tant que peuple francophone qui écoperait, mais également notre compétence à décider nous-mêmes de notre propre survivance et notre faculté à intégrer les nouveaux arrivants en français, dans notre langue, la seule qui nous soit commune et qui doit être enseignée dans nos écoles.
L’autre choix porte un nom: disparition.

Phase terminale pour l'ADQ

En confiant à François Bonnardel le poste de chef parlementaire de l’ADQ, Gilles Taillon a débranché la dernière machine qui maintenait son parti artificiellement en vie. Pas que le conjoint de la ministre libéral Nathalie Normandeau ferait nécessairement pire qu’Éric Caire, mais si Taillon avait eu le début d’un semblant de sens politique, il aurait donné ce poste à Caire les yeux fermés.
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En effet, Taillon aura beau parler d’unité, de « collégialité », d’esprit rassembleur, ce ne sont là que des mots-creux s’il ne peut pas trouver le moyen de satisfaire les 50%-1 personnes qui n’ont pas voté pour lui. C’est une vérité politique tellement primaire qu’il est tout à fait invraisemblable que Taillon ait pu agir autrement. Obama a nommé Hillary Clinton au poste de secrétaire d’État; Jean Chrétien avait Paul Martin comme ministre des finances. Quand on veut réellement unir un parti, on doit donner des postes d’importance à ses adversaires afin de solidifier les bases de la formation politique.
Or, les bases de l’ADQ sont en piètre état. Le parti végète à 8% dans les intentions de vote, n’a plus d’argent, se retrouve aussi divisé qu’il peut être mathématiquement possible de l’être, ses militants sont démotivés, il a à sa tête un chef cancéreux avec le charisme d’une armoire de cuisine et qui récompense sa petite clique au lieu de penser au bien-être du parti. Un chef tellement instable sur son piédestal qu’il doit répéter à au moins trois reprises en conférence de presse cet après-midi qu’il est le chef, qu’il est légitime, qu’il a gagné, que les autres doivent se rallier à lui parce qu’il est le chef. Quand le chef a besoin de convaincre les journalistes qu’il est le chef, ça ne va vraiment pas bien.
L’ADQ devrait peut-être confronter sa triste réalité: le parti est devenu inutile. Il a manqué son rendez-vous avec l’Histoire, et cette cruelle maîtresse ne donne jamais de seconde chance quand on lui colle un lapin. Idéologiquement, l’ADQ a été créée entre autres pour s’opposer au fédéralisme centralisateur prôné par le Parti Libéral et pour proposer des idées économiques conservatrices; en 2009, tant le PLQ que le PQ prônent un fédéralisme « autonomiste » et les thèses économiques défendues par l’ADQ ont perdu toute crédibilité avec la crise actuelle. Et sans le charisme extraordinaire d’un Mario Dumont, que reste-t-il? L’ADQ est mort, sa marginalisation croissante ne constitue qu’un dernier sursaut dans un corps refusant d’accepter sa fatalité.
Je regardais Taillon, mal à l’aise, l’air de suer à grosses gouttes, tentant d’expliquer comment il allait travailler avec ses six députés, lui qui n’est même pas un élu. Je l’observais, et ces vieilles paroles d’Aut’Chose, le groupe de Lucien Francoeur, me sont venues à l’esprit: « Le trip est fini, chu loin de chez moi, comme Jim Morrison à Paris, si vous pouvez comprendre… » Oui, le trip est fini. L’ADQ a vécu, les Québécois ont vu, et elle a été vaincue. Par son amateurisme, par ses idées dépassées, par son incapacité à s’organiser au-delà des mots et à bâtir une plate-forme politique crédible.
D’une certaine manière, Taillon rend peut-être service à la politique québécoise en contribuant à achever le mourant.  En remplacement de l’attention médiatique accordée traditionnellement à une « troisième voie » qu’on donnait à l’ADQ, on aura peut-être enfin la chance de voir une alternative se lever, un parti qui, au-delà des beaux discours, saurait vraiment réinventer notre société et la faire entrer dans l’Histoire par la grande porte.
Pour l’ADQ, c’est la phase terminale. Les soins palliatifs ont débuté.

La marginalisation de l'ADQ

Les positions extrémistes défendues par trois des quatre candidats à la succession de Mario Dumont sont en train de reléguer l’Action Démocratique du Québec (ADQ) au rang de parti marginal, voire pire, original. Quelque part entre la Loi Naturelle et le Bloc Pot. Lors du débat, Éric Caire, Gilles Taillon et cet hurluberlu libertarien qu’est Jean-François Plante s’obstinaient quant à savoir qui serait le plus à droite, qui dépècerait l’État au mieux, qui ferait payer les étudiants, qui privatiserait quoi. Qui aurait le courage de mettre le feu à la maison et d’appeler cela le progrès.
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En fait, le seul candidat semblant posséder encore un minimum de bon sens était Christian Lévesque. Face aux appels délirants d’Éric Caire pour une hausse des tarifs en éducation (oui, vous avez bien lu, une hausse), Lévesque a été cinglant: « Tu as un salaire de député de 85 000 $, l’ensemble de la population a un salaire moyen, par couple, de 45 000 $. Quels choix [les parents] vont-ils faire? […] Si on veut une économie du savoir, chacun des citoyens doit participer à cet effort. » Lévesque a mis le doigt là où ça fait mal: l’ancien parti de Mario Dumont veut tellement se démarquer des autres qu’il devient peu à peu une parodie élitiste où on peut à la fois se targuer de vouloir implanter une « société du savoir » tout en rendant l’accès aux études supérieures plus difficile. Les mauvaises langues diraient qu’un individu sans éducation est plus susceptible de voter pour l’ADQ, mais je n’oserais atteindre ici un si haut niveau de cynisme.
Caire, que plusieurs médias ont nommé vainqueur de ce débat, s’est empressé d’appuyer les propositions absolument hallucinantes des jeunes adéquistes: abolition du Fonds des générations, disparition des cégeps, élimination de la Loi antibriseurs de grève, hausse massive des frais de scolarité, gel des prestations de la Régie des rentes du Québec, privatisation de la SAQ, privatisation partielle d’Hydro-Québec, hausse de la TVQ, hausse des tarifs d’électricité, réduction de la taille de l’État… Un peu plus et on annonçait le changement de nom de la province et la fécondation forcée de toutes les femmes en âge de procréer. On constate, en regardant les pays trônant au sommet de l’index des pays en détresse (Failed State Index) en 2009, que ce type de « solutions » où on réduit le pouvoir redistributeur et égalisateur de l’État pourrait nous mener loin. Québec, Somalie, même combat!
Or, alors que le monde entier subit une récession mondiale causée par les déréglementations et les privatisations, alors que le Québec, grâce à son haut taux de syndicalisme et à sa meilleure redistribution de la richesse, est l’endroit le moins durement frappé en Amérique du Nord, que proposent ces chers candidats? Davantage de ce qui a causé les problèmes actuels! Pendant que le monde entier réapprend à utiliser l’État et à favoriser une meilleure redistribution de la richesse, l’ADQ fait fi de la réalité et s’enferme un peu plus profondément dans ses dogmes surannés.
Quand certains disent que l’ADQ vit dans le passé, n’y a-t-il pas meilleure preuve que ce discours faisant abstraction de toute la situation économique actuelle, pire crise depuis des décennies? C’est comme si toute l’économie était tombée d’une falaise et que Taillon, Caire et Plante cherchaient à trouver un nouveau précipice où nous enfouir.
La fin de l’ADQ?
Le 9 décembre dernier, j’écrivais que le départ de Mario Dumont allait tuer l’ADQ.
Je donnais quatre raisons:

  1. La position autonomiste de l’ADQ ne tient plus, car le PLQ est devenu autonomiste et le PQ a mis son projet souverainiste sur le glace;
  2. La forte mentalité anti-étatiste de l’ADQ ne peut survivre à l’examen des faits: la crise a touché durement les pays ayant appliqué les réformes néolibérales et a épargné ceux qi ont résisté;
  3. Aucun candidat potentiel n’a le charisme de Mario Dumont (Éric Caire me donne le goût d’ajuster les couleurs de la télévision quand je le vois.);
  4. Les six députés restant seront tentés de joindre un autre parti.

J’ai eu tort pour le quatrième point, ayant sur-estimé l’attrait des deux autres partis de centre-droit, mais je crois avoir eu raison pour le reste. L’ADQ ne peut plus jouer sa carte autonomiste face à un Jean Charest réclamant davantage de pouvoir d’Ottawa et une Pauline Marois semblant bien satisfaite sur son trône de l’opposition. Et puisque aucun candidat n’arrive à se démarquer grâce à sa personnalité, il ne reste qu’une option permettant de se différencier des autres: la formidable fuite en avant du capitalisme le plus extrémiste possible et de positions semblant issues tout droit de livres d’Ayn Rand ou autres fanatiques anti-étatistes. Le nouveau mantra adéquiste semblent être: « nous voulons être différents, nous voulons être différents, nous voulons être différents ». La différence, pour la différence, il ne reste plus leurs positions de la droite radicale pour les distinguer du Parti Québécois et du Parti Libéral.
Or, quel futur peut-il exister pour un parti qui se place volontairement à l’extrémité du spectre politique, sinon la lente et cruelle agonie de la marginalisation? Contrairement à Québec Solidaire, qui cherche constamment à occuper un centre-gauche délaissé par le Parti Québécois, l’ADQ – et surtout Caire, Taillon et Plante – semble se conforter dans une course à la chefferie ressemblant de plus en plus à un combat de coqs déterminant qui aura le privilège d’être le capitaine du bateau lorsqu’il coulera définitivement. Il y a des icebergs partout, mais on pousse les machines à fond et on se croise les doigts.
Qui aura le courage de répondre à cette question fondamentale: à quoi sert un parti comme l’ADQ en 2009?

Normandeau-Bonnardel: mariage PLQ-ADQ en vue?

On dit parfois que l’amour est aveugle. Pour les yeux, peut-être, mais pour les valeurs, jamais.  On peut faire abstraction de nombreux aspects en apparence moins charmants chez une personne, mais ne peut pas ignorer les valeurs de la personne aimée.  On peut s’amouracher d’une personne laide partageant ses valeurs tout comme on peut détester un mannequin ne les partageant pas.  Quand tout est dit, ce sont les valeurs qui font ou défont un couple.   Voilà pourquoi il importe de se questionner sur la relation entre la vice-première ministre libérale, Nathalie Normandeau, et le député adéquiste François Bonnardel.  Leur liaison constitue peut-être la consécration d’un rapprochement idéologique entre le Parti Libéral et l’Action Démocratique qui pourrait paver la voie à un possible retour de ce dernier parti dans le giron libéral.
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En effet – on l’oublie trop souvent – l’ADQ a été créée par des Libéraux dissidents qui rejetaient le fédéralisme centralisateur alors prôné par le PLQ.  Face à la vieille politique style pancanadienne du PLQ et au tout-indépendance du Parti Québécois, le parti a pu se trouver un créneau pour prospérer et offrir une troisième voie aux Québécois.  Mario Dumont, ancien président de la commission des jeunes libéraux, a su, grâce à son charisme, insuffler une vitalité certaine à ce parti jusqu’à ce qu’il devienne clair pour tous qu’un parti doit offrir davantage à la population que le charisme de son chef.
Soyons honnêtes: l’ADQ, en 2009, propose sensiblement les mêmes valeurs que le PLQ.  L’idylle Normandeau-Bonnardel n’en est qu’un signe supplémentaire.   Le parti s’est recentré et a éliminé de son discours ses projets les plus radicaux.  Face au fédéralisme décentralisateur et aux politiques de droite mieux assumées du gouvernement Charest, le parti n’arrive plus à se différencier.  Résultat?  Les deux formations politiques paraissent de plus en plus interchangeables et partagent les mêmes valeurs: moins d’État, plus de privé, libéralisme économique, davantage d’autonomie pour le Québec, etc.   La fracture issue du schisme de 1994 s’est colmatée et le départ de Dumont a simplement contribué à supprimer le facteur charisme de l’équation.
Conséquemment, il m’apparaît difficile de ne pas voir dans cette relation les premiers pas d’une future réconciliation entre les deux partis.  Quand on a en commun les mêmes valeurs, la même idéologie et qu’en plus on partage le même lit, qui sait ce qu’il peut advenir ensuite?
À quand le mariage?

À tous ceux qui ont voté vert…

Avez-vous noté que le nom officiel du parti est « Parti Vert du Québec / Green Party of Quebec)? Voilà qui en dit long sur ce qui nous attendrait si jamais nous étions assez caves pour voter pour ce parti unidimensionnel et hostile à la primauté du français au Québec…

À part de ça? 2,50% pour le Parti Indépendantiste dans Bourget. Un excellent départ pour une première élection. Ça promet!

p.s. Le nom officiel de l’ADQ est « Action démocratique du Québec / Équipe Mario Dumont ». Il est le seul dans son équipe et ça paraît! ADQ quatrième dans Bourget et cinquième dans Hull! Bye bye mon Mario, meilleur chance au siècle prochain avec tes vieilles idées!