Étiquette : Fédération des Québécois de souche

La peur de l’homme blanc

Texte publié dans Le Harfang, juin-juillet 2019.

QUI A PEUR DE L’HOMME BLANC ?

Le retrait forcé, le 11 avril dernier, du mémoire qu’avait soumis la Fédération des Québécois de souche (FQS) à l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi 9 sur l’immigration a démontré, par l’absurde, l’étendue de la peur qu’inspire toute référence à l’ethnicité. Passons sur le fait que plusieurs des dénonciateurs de ce mémoire ne l’avaient pas lu ou que l’accusation d’être antiparlementaire ne tient pas la route. Le « crime » de la FQS a simplement été de suggérer que notre identité ethnique serait quelque chose méritant d’être protégé.

Le mémoire de la FQS s’est fait bannir parce qu’il considère l’identité ethnique, mais celui de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, qui traite presque les Québécois de racistes, et parle du « racisme, un fait tangible au Québec », a été retenu. En quoi serait-il antiparlementaire d’un côté de prôner l’identité ethnique de la majorité, mais tout à fait parlementaire d’insulter cette même majorité en parlant de racisme généralisé au Québec ? Comme l’aurait écrit Voltaire : « Pour savoir qui vous dirige vraiment il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer. »

On nous donne encore le droit de parler d’immigration, mais cette discussion doit se faire dans le cadre de la bienséance multiculturaliste, en évitant absolument certains termes risquant de dégager une tendance de ce qui apparaît de plus en plus comme un remplacement de population à l’échelle de notre civilisation.

NOS RÉALISATIONS

La civilisation blanche occidentale, dont notre peuple fait partie, est engluée dans cette dynamique autodestructrice. À écouter les revendications d’une certaine gauche, le fait d’être blanc constituerait un « privilège », nos sociétés seraient basées sur le racisme systémique et beaucoup des symboles qui y sont associés devraient être détruits. Nos réalisations, en tant que civilisation, sont dénigrées, et nos croyances ridiculisées ; c’est une attaque frontale contre ce que nous sommes. On réécrit l’histoire pour nous éliminer, nous qui, pourtant, sommes à la base des plus grandes réalisations de l’histoire de l’humanité.

Regardons n’importe quelle carte du monde, et l’Occident se démarque par la supériorité de son mode de vie : meilleure espérance de vie, indice de développement humain, alphabétisation, PIB par habitant, etc. Nous nous démarquons également par notre technologie : regardons autour de nous et presque tout, de la réfrigération à Internet en passant par le téléphone cellulaire ou la pénicilline, a été inventé par des hommes blancs occidentaux. Partout dans le monde, c’est en Occident qu’on souhaite vivre. C’est ici qu’on veut être soigné. C’est ici qu’on cherche à s’instruire.

Cela ne veut évidemment pas dire que les personnes ne vivant pas en Occident sont inférieures ; cela signifie seulement que du point de vue de l’expérience humaine, aucune autre civilisation n’a été capable de produire de telles conditions de vie pour ses habitants. Nous sommes les meilleurs — excusez mon manque de rectitude politique — mais on nous demande de changer et on nous interdit de célébrer ou de chercher à protéger notre caractère unique. Nous avons, de par notre mode de vie, élevé l’humain à des niveaux jamais connus depuis la nuit des temps, mais il serait temps de remettre en question ce que nous sommes et de s’attaquer à ces valeurs ou ces symboles qui nous sont si chers.

NOTRE HÉRITAGE CHRÉTIEN

Disons-le tout de go, ce qui nous sépare avant tout des autres civilisations est notre héritage chrétien. Je lisais récemment, à ce sujet, un magnifique livre du philosophe Frédéric Lenoir : Le Christ philosophe. Sa thèse est la suivante : l’enseignement de Jésus, basé sur l’égale dignité de tous, la justice et le partage, la non-violence, l’émancipation de l’individu à l’égard du groupe, l’égalité homme-femme, la liberté de choix, la séparation du politique et du religieux, et la fraternité humaine, a jeté les bases de l’humanisme moderne, qui a dû se débarrasser de l’institution ecclésiastique pour réaliser, de manière laïque, les idéaux prônés par le Christ. Lenoir appelle cela le « christianisme invisible », c’est-à-dire que nous sommes encore des Chrétiens, mais seulement désillusionnés par l’institution de l’Église. Nos valeurs, elles, demeurent celles du Christ. Nous nous identifions encore à Jésus, comme lorsqu’il va parler à la Samaritaine et considère cette femme, d’une tribu rejetée par les Juifs, comme son égale.

Les valeurs fondamentales de cet héritage chrétien constituent la base de notre civilisation. Il est donc normal que lorsque tentent de s’implanter ici d’autres religions, aux valeurs différentes, se produise un choc. Cela ne serait pas un problème en soi si nous recevions une immigration normale. Cependant, l’Occident a fait le choix de remplacer sa faible natalité par une immigration de masse. À long terme, ce choix, qui n’était pas obligatoire, porte un nom : remplacement de population. Il ne fait aucun doute qu’une masse immigrante à forte natalité finira par remplacer une population de souche à faible natalité. Aucun doute. La clé : l’intégration.

Or, cette intégration ne peut être possible qu’en donnant le goût aux immigrants de s’intégrer, c’est-à-dire, pour parler franchement, de rejeter une grande partie de leur héritage pour adopter le nôtre. Et pour cela, il faut leur donner un modèle d’intégration, une société où les habitants sont fiers, une société qui s’assume, une société donnant le goût d’y participer.

LE GOÛT D’EXISTER

Quand une société a honte, quand elle se censure elle-même, quand elle détruit ses mythes fondateurs et se présente non pas comme la plus haute réalisation humaine qu’elle est, mais comme une espèce de cancer détruisant tout sur son chemin, donne-t-elle envie aux autres cultures de s’y intégrer ?

Mettons-nous un peu à la place d’un immigrant qui arrive au Québec. Que constate-t-il ? Il observe un peuple peureux, qui a peur d’affirmer sa langue, qui n’a pas eu le courage de faire sa propre indépendance, au sein d’une civilisation ayant rejeté ses héros, rejeté son architecture, rejeté sa religion, rejeté ses valeurs fondamentales, et gangrenée par des groupuscules gauchistes bien-pensants agissant comme censure collective de quiconque oserait n’exprimer qu’un début de fierté de soi. Alors, quoi, peut-on croire que cet immigrant aura envie de s’intégrer à cette société ?

Il faut le dire et le redire : nos ancêtres ne sont pas des monstres. Les hommes blancs occidentaux n’ont pas, de manière concertée et généralisée, commis de génocide contre les Amérindiens ; ce sont nos virus et nos germes, beaucoup plus virulents, qui les ont décimés. Les hommes blancs occidentaux n’ont pas non plus créé l’esclavage ; ils y ont mis fin. Les hommes blancs occidentaux ont peut-être été à la source des deux pires guerres que le monde a connu, mais nos sociétés sont infiniment moins violentes et mortelles que beaucoup d’autres — un mort sur un champ de bataille est plus spectaculaire que des millions de morts dans des bidonvilles où on crève de la malaria ou de la diphtérie.

Comme l’écrit Frédéric Lenoir :

« Le christianisme invisible de nos sociétés modernes a sans doute des défauts, il repose certes sur une forme séculière de transcendance qui fonde nos valeurs… mais on n’a pas encore trouvé mieux pour légitimer et tenter de mettre en œuvre une éthique universelle du respect de l’autre. […] À tout prendre, ne vaut-il pas mieux une éthique humaniste issue du message judéo-chrétien que la barbarie ? »

DEUX POIDS, DEUX MESURES

La sentence d’excommunication publique qui est tombée sur la FQS par rapport à son mémoire contribue à nous rappeler que nous vivons à l’ère du deux poids, deux mesures. Non seulement les réalisations occidentales et chrétiennes sont systématiquement dévalorisées et ceux qui osent en parler soumis à la vindicte médiatique, mais on donne ouvertement la parole ou on ferme les yeux quand des adeptes du marxisme, une idéologie responsable de près de cent millions de morts, prennent la parole.

RÉCLAMER LA LIBERTÉ

Le combat de la FQS n’est pas seulement celui du peuple québécois. Il ne s’agit même pas seulement du combat occidental contre l’immigration de masse. Il est question ici de l’essence même de la liberté, c’est-à-dire d’avoir le droit d’exister et d’avoir sa propre opinion sans se faire mettre à l’index, se faire diffamer ou exclure.

Quand on permet à des gens ayant une opinion différente de la nôtre de s’exprimer, on s’assure que ce droit sera le nôtre plus tard. On écoute d’abord en vue d’être écouté plus tard. On fait le choix citoyen de participer au processus démocratique, qui nécessite le combat des idées afin d’éviter le combat de la rue.

L’alternative, on la connaît. Quand les gens cessent de se parler, quand ils se félicitent de la censure et de l’exclusion des idées qui ne sont pas les siennes, quand ils se jugent dignes de décider de ce qui a le droit d’être exprimé ou non, la démocratie meurt et l’expression légitime des préoccupations censurées prend une expression autrement plus funeste.

À la défense de la Fédération des Québécois de souche

Il y a quelque chose de complètement surréaliste dans le retrait du mémoire de la Fédération des Québécois de souche (FQS) du site web de l’Assemblée nationale. Des gens ne l’ayant pas lu (!), comme Gabriel Nadeau-Dubois, ont fait pression pour qu’on l’enlève et il a été enlevé sous prétexte qu’il était antiparlementaire.

Source de l’image

Or, en quoi un document proposant des solutions et des idées serait « antiparlementaire » ? Comme le souligne le FQS sur sa page Facebook — une page en danger de fermeture, à cause des attaques incessantes du réseau contre la liberté d’expression — « l’antiparlementarisme désigne l’opposition ou l’hostilité envers le parlementarisme, qu’il s’incarne sous forme républicaine ou monarchique, critiquant le plus souvent le coût de fonctionnement du Parlement, la corruption des parlementaires, leur absentéisme et le vote godillot ».

J’ai lu ce rapport. Je l’ai trouvé très bon. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui y est écrit, mais je ne vois aucunement en quoi il s’agirait d’antiparlementarisme. On peut être en désaccord avec le passage sur la nécessité de protéger l’identité ethnique du Québec, mais en quoi de tels propos mériteraient qu’on expulse le mémoire lui-même ? Il s’agit d’une opinion de l’organisme, et cette opinion n’a pas davantage à être acceptée ou rejetée de la part de l’Assemblée nationale que n’importe quelle autre opinion.

Par exemple, un mémoire de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes traite presque les Québécois de racistes. Son point 2.2 parle du « racisme, un fait tangible au Québec » et affirme que celui-ci a été « documenté au Québec par différentes sources ces dernières années, notamment par la CDPDJ, différentes recherches universitaires, le SPVM, sans que le gouvernement ne prenne les mesures nécessaires à son éradication ». Pourquoi de tels propos sont-ils jugés parlementaires tandis que ceux de la FQS ne le sont pas ?

En quoi est-il interdit d’un côté de prôner une identité ethnique au Québec tandis qu’il est toléré de l’autre de s’opposer à toute forme d’identité ethnique au Québec ? Comme l’écrivait (ou pas) Voltaire : « Pour savoir qui vous dirige vraiment il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer. »

deux poids, deux mesures

Ce deux poids, deux mesures, est tout à fait typique de la société dans laquelle nous vivons. Si un individu ou un groupe se réclame du communisme ou du socialisme, on lui donne une tribune, ou au pire on hausse les épaules. Mais s’il se réclame d’une vision identitaire, on cherche à l’isoler, à l’exclure du débat. Or, le communisme a tué plus de cent millions d’êtres humains. Pourquoi serait-il plus acceptable socialement de se réclamer d’une telle idéologie meurtrière que de valoriser une appartenance ethnique ou identitaire ?

Si des individus ou des groupes se réclament d’une appartenance ethnique, même de manière tout à fait démocratique, on leur enlève leur plate-forme sur Facebook, on les bannit. Or, au même moment, d’autres organisations de gauche aux méthodes ouvertement violentes sont tolérées sur le réseau et dans le discours public.

Il devient de plus en plus difficile de ne pas y voir un agenda concerté. Le message est clair : tu acceptes le multiculturalisme ou tu te tais. Tu acceptes que ton pays devienne celui d’un autre ou tu te tais. Tu as le droit de débattre, mais seulement à l’intérieur des paramètres préalablement prédigérés par l’intelligentsia gauchiste au pouvoir.

Staline serait fier.

réclamer la liberté

Le combat de la FQS n’est pas seulement celui du peuple québécois. Il ne s’agit même pas seulement du combat occidental contre l’immigration de masse. Il est question ici de l’essence même de la liberté, c’est-à-dire d’avoir le droit d’exister et d’avoir sa propre opinion sans se faire mettre à l’index, se faire diffamer ou exclure.

Quand on permet à des gens ayant une opinion différente de la nôtre de s’exprimer, on s’assure que ce droit sera le nôtre plus tard. On écoute d’abord en vue d’être écouté plus tard. On fait le choix citoyen de participer au processus démocratique, qui nécessite le combat des idées afin d’éviter le combat de la rue.

L’alternative, on la connaît. Quand les gens cessent de se parler, quand ils se félicitent de la censure et de l’exclusion des idées qui ne sont pas les siennes, quand ils se jugent dignes de décider de ce qui a le droit d’être exprimé ou non, la démocratie meurt et l’expression légitime des préoccupations censurées prend une expression autrement plus funeste.