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Le dictateur et sa moustache

En ce jour de notre fête nationale, j’ai une petite pensée pour le Zimbabwe, pays africain enfoncé dans le chaos parce que son président-dictateur, Mugabe, s’accroche au pouvoir et utilise toutes sortes de moyens anti-démocratiques pour arriver à ses fins.

Je ne l’aime pas vraiment Mugabe. Faut dire, il a le look, avec sa moustache hitlérienne, son air de doberman enragé et ses diatribes contre l’Occident. Il a un look de l’enfer, et pour sûr qu’on y réservera une place de choix quand sera venue le jour de sa mort.

Ceci dit, Mugabe a fait une erreur cruciale, avant-hier, quand il a traité Londres et Washington de menteurs. On ne mord pas la main qui nous nourrit, et on ne mort pas la main de ses seuls alliés potentiels.

En effet, depuis une cinquantaine d’années, les États-Unis ont souvent permis l’existence de terribles dictatures, en autant que celles-ci protègent leurs intérêts. Ils ont financé les escadrons de la mort des Contras au Nicaragua, ils ont financé la dictature un peu partout en Amérique latine, ils ont appuyé la répression en Indonésie, tuant près de 200 000 militants de gauche (et leurs familles), ils soutiennent présentement les Philippines, qui, malgré une apparence de démocratie, tuent impunément des dirigeants syndicaux. Et même pas besoin de parler du génocide israélien…

La mort ne fait pas peur à Washington et tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. La dictature n’est pas un problème, ne l’a jamais été, et la seule raison justifiant une intervention est quand le dictateur se rebelle et oublie qui sont ses maîtres.

« Seul Dieu peut me retirer le pouvoir qu’il m’a donné », affirmait Mugabe. Oui, Dieu, ou les États-Unis d’Amérique, qui n’hésitent pas à déchaîner les foudres de l’enfer sur quiconque ne se plie pas à leur volonté.

La dictature n’a jamais été un problème. Tant qu’elle se plie aux volontés de l’empire.

Bonne fête nationale à nous tous, Québécois, et ayons une petite pensée pour tous les autres peuples qui n’ont pas encore de pays ou dont le pays leur a été volé par un sinistre personnage, moustache ou pas.

L’ADQ au prise avec ses incohérences

Dans une énième démonstration d’opportunisme politique, Mario Dumont, lors du congrès de l’ADQ se tenant en fin de semaine, a décidé cette fois-ci de surfer sur l’environnement. Sauf qu’encore une fois, il est au prise avec ses propres contradictions.

Ainsi, lorsqu’il annonce vouloir présenter un plan plus ambitieux que celui du PLQ pour respecter le protocole de Kyoto, il oublie qu’une de ses promesses de tout temps a été de réduire le nombre de fonctionnaires et de laisser agir les forces du marché (ce n’est pas pour rien que c’est un parti de droite). Alors, comment inciter les entreprises à moins polluer, si c’est plus rentable de polluer, sans avoir des fonctionnaires pour s’assurer que les entreprises polluent moins? Car c’est bien beau dire « moins d’État » tout le temps (ce point très commun entre les Néolibéraux et les Libertariens), mais on ne peut pas à la fois réduire l’État et se servir de lui comme levier pour atteindre un objectif social important.

Une autre occasion de rigoler: le projet de train à haute-vitesse entre Windsor et Québec. Et bombien coûterait un tel projet? Voici ce qu’a répondu Simon-Pierre Diamond, non seulement le plus jeune député de l’histoire récente du Québec mais qui en plus du haut de son inexpérience est responsable de l’environnement:

« Actuellement, nous ne sommes pas rendus aux chiffres, mais l’important, c’est de mettre la priorité sur l’environnement. »

Ah bon. Tiens donc, moi aussi j’ai un projet. On pourrait donner un chèque de 100 000$ à tous les Québécois pour régler le problème de la pauvreté. « Je ne suis pas rendu aux chiffres, mais l’important, c’est de mettre la priorité sur la lutte à la pauvreté ». Hey, ti-coune, c’est foutrement important les chiffres quand tu aspires à gouverner une nation!

Tout ça n’est pas sans nous rappeler le dernier débat des chefs, où Mario Dumont était pris pour défendre un cadre financier de l’épaisseur d’une recherche sur les pandas d’un élève de cinquième année primaire. Et c’est ce gouvernement qui aspire à nous gouverner?

Malheureusement, on constate encore une fois que l’ADQ et son leader maximo, el general Dumont, en sont restés au stade de la critique et de l’opposition. Alors que ce parti pourrait agir en tant que prochain gouvernement et réellement proposer des mesures concrètes, il se contente encore une fois de surfer sur ce qui est populaire et il ne se donne même plus la peine d’être cohérent ou de chiffrer ses engagements.

Quoi que dans le cas de l’ADQ, il faut être bien sûr d’écrire le mot « engagement » dans de la glace; on ne sait jamais ce dont les sondages seront faits demain et quelle position diamétralement opposée le parti décidera de suivre à ce moment!

L’Histoire nous a bien appris à ne pas faire confiance aveuglément à un parti dont toutes les politiques viennent du chef, qui lui peut changer d’idée n’importe quand.

Mais a-t-on vraiment appris?