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La natalité québécoise se porte très bien

La colère gronde. La population en a plus qu’assez de devoir accueillir une immigration toujours plus nombreuse. « Renvoyez les Tamouls chez eux! » titrait un texte relatif à un récent sondage questionnant les Canadiens et les Québécois sur la meilleure façon d’agir avec les soi-disant réfugiés tamouls (soi-disant parce qu’un sondage tenu privé par le gouvernement démontre que près de 70% des demandeurs d’asile tamouls retournent au Sri Lanka par la suite). Mais il se trouve toujours des âmes sensibles prêtes à nous ressortir le sempiternel argument usé selon lequel « on ne fait pas assez d’enfants » et qu’on devrait ainsi ouvrir encore davantage nos portes.


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En fait, ce n’est même plus une question de réfugiés. Nous sommes envahis, littéralement, par une immigration plus nombreuse que la plupart des pays développés. Comme je l’écrivais ici, si le Québec réussit à atteindre son objectif de 55 000 immigrants par année, nous en recevrions, proportionnellement à notre population, 1% de plus que l’Autriche, 15% que l’Angleterre, 18% que la Suède, 22% que la République Tchèque, 26% que la Corée du Sud et la Norvège, 83% que les Pays-Bas, 86% que les États-Unis, 104% que l’Italie, 108% que la Belgique, 111% que le Danemark, 140% que l’Allemagne, 150% que la France, 176% que la Hongrie, 189% que la Finlande, 202% que la Turquie, 391% que la Slovaquie, 539% que le Portugal, 601% que la Pologne, 1003% que le Japon et 1806% que le Mexique! C’est cela, une invasion.

Or, l’argument selon lequel nous ne faisons pas assez d’enfants ne tient pas. Il ne suffit pas de compiler les données du nombre d’enfants par femme pour obtenir un résultat concret. Des pays extrêmement pauvres ont des femmes qui ont en moyenne près de quatre enfants, mais beaucoup ne survivent pas cinq ans et d’autres meurent très tôt par la suite, n’ayant pas la possibilité d’enfanter. Ces chiffres sont au mieux anecdotiques; ce qui compte, ce n’est pas le nombre d’enfants qu’une femme met au monde, mais plutôt le ratio total entre le nombre de naissances et de décès. En extrapolant: si nous vivons extrêmement vieux et en santé, nous n’avons pas besoin de beaucoup d’enfants pour assurer la croissance de notre population.
Observez le graphique ci-dessous.

Ratio naissances/décès des pays à l’indice de développement humain le plus élevé (( Les données sont pour l’année 2009 et proviennent d’Eurostat, sauf pour le Québec et le Canada, dont les données proviennent de Statistique Canada, l’Australie, les États-Unis et le Japon, dont les données sont pour 2008 et proviennent de l’INED et la Corée du Sud, dont les données proviennent d’une estimation de l’ONU pour la période 2005-2010. ))

Pays Naissances (en milliers) Décès (en milliers) Ratio
Irlande 75 29 2.59
Islande 5 2 2.50
Nouvelle-Zélande 64 29 2.21
Australie 285 137 2.08
Corée du Sud 263 144 1.83
États-Unis 4247 2453 1.73
Québec 89 57 1.56
Canada 381 246 1.55
Norvège 62 41 1.51
France 822 546 1.51
Luxembourg 6 4 1.50
Royaume-Uni 790 560 1.41
Pays-Bas 185 134 1.38
Espagne 495 391 1.27
Suède 112 90 1.24
Suisse 78 63 1.24
Belgique 126 104 1.21
Finlande 60 50 1.20
Danemark 63 55 1.15
Grèce 118 110 1.07
Lichtenstein 0 0 1.00
Autriche 76 77 0.99
Japon 1108 1142 0.97
Italie 569 592 0.96
Allemagne 651 841 0.77

Si on observe ce graphique, on réalise que sur l’ensemble des vingt-cinq pays (incluant le Québec) à l’indice de développement humain le plus élevé, le Québec arrive au septième rang de ceux dont le ratio entre les naissances et les décès est le plus élevé. Concrètement, nous ne sommes pas en train de mourir et nous ne sommes pas en train de nous éteindre. La natalité québécoise se porte mieux que des pays très prospères comme le Canada, la Norvège, la France, le Royaume-Uni, la Suède, les Pays-Bas, le Japon et l’Allemagne. Si nous vivions en vase clos, le Québec verrait sa population augmenter plus rapidement que tous ces pays.

Mais alors, pourquoi nous impose-t-on une immigration aussi nombreuse, sinon pour nous diluer dans un multiculturalisme à la canadienne faisant des Québécois une ethnie comme une autre? Pourquoi devons-nous subir une immigration beaucoup plus nombreuse à la fois que notre capacité d’intégration et que la plupart des pays développés?

La colère gronde, mais elle n’est pas encore entendue. Nous pouvons accueillir de nombreux immigrants, leur offrir la chance de vivre dans une société pacifique et hautement développé, les aider à se réaliser parmi nous, mais à plus de 50 000 immigrants par année, nous n’arrivons ni à intégrer ces gens ni à nous offrir la chance de protéger notre langue, notre culture et nos valeurs.

Il serait peut-être temps, au Québec, de réaliser que notre natalité se porte très bien et que nous n’avons pas besoin du fardeau d’une immigration trop nombreuse pour notre capacité d’intégration.

Et si on osait accueillir un nombre d’immigrants plus restreint – peut-être 15 000 par année – et qu’on se permettait ainsi de mieux les intégrer?

Les Tamouls doivent repartir. Mais qu’ils nous permettent d’avoir un sain débat sur le rôle de l’immigration et sur la pertinence de diluer encore plus une société plus en quête de sens que jamais.

Les deux nationalismes

Il y a deux nationalismes dans les rues du Québec en ce moment. Celui qui s’affiche avec le fleurdelisé ou le drapeau des Patriotes et celui qui se vit en bleu-blanc-rouge, à l’image du club de hockey des Canadiens de Montréal. Le premier se célèbre à dates fixes, presque avec modestie, alors que le second est exubérant, s’affiche sur chaque voiture, se klaxonne dans les rues, se convertit en émeute, occupe toutes les tribunes. Pourquoi l’un serait-il plus important que l’autre?

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On aime parler du côté rassembleur du hockey. Peu importe tes origines, tes valeurs, si tu te reconnais dans les règles du jeu et que tu connais le nom de quelques joueurs, tu fais partie du groupe. On ne te demande pas grand chose: comprends et respecte la forme du jeu, ses lois et ses principes, accepte que ses règlements fassent partie intégrante de la partie, et tu deviens membre de la grande fraternité des amateurs de hockey du Québec.
Alors, il devient possible de se promener avec des drapeaux du CH, des tatouages du CH, des coupes de cheveux à l’effigie de la « Sainte Flanelle », des serviettes du CH, des peluches du CH, des sacs à dos du CH, des chandails du CH, des manteaux du CH, des casquettes du CH, alléluia! Ça, c’est la fierté acceptable, le nationalisme propret, ce sentiment d’appartenir à une collectivité partageant les valeurs communes du sport.
À l’opposé, il semble qu’on ait peur de célébrer l’autre nationalisme, celui qui commémore d’autres règles et d’autres lois. Certains voient même dans le nationalisme quelque chose de suspect, comme si le fait d’apprécier des valeurs communes dans la vraie vie serait plus dangereux que dans le sport. Un individu habillé du CH de la tête aux pieds encouragera la discussion et sera qualifié de « vrai » partisan; un autre qui a des effigies des Patriotes ou qui s’enroule dans son drapeau sera vu comme un fanatique, un « pur et dur », bref quelqu’un de suspect.
Pourtant, le nationalisme québécois n’est-il pas tout aussi inclusif et respectable que celui du Canadien de Montréal? Au hockey, il y a les traditions, les pénalités pour rudesse, les cérémonials; on accepte quiconque comprend et accepte ces règles. Dans la société, c’est la même chose: que tu sois Noir, Blanc, Jaune ou Vert avec des picots, on ne veut pas savoir d’où tu viens, pour paraphraser Pierre Falardeau, mais où tu vas! On ne veut pas connaître ta vie, on veut savoir si tu comprends qu’un coup de bâton intentionnel en plein visage contrevient aux valeurs du hockey et que de vivre ici sans apprendre notre langue contrevient à nos règles communes. On ne veut pas être au courant de ce que tu fais dans ta chambre à coucher, on aimerait que tu saches reconnaître la longue histoire du Canadien de Montréal et son désir de victoire avec la même passion que celle de notre peuple. On ne veut pas savoir quelle langue tu parlais chez toi à l’origine; dans notre sport, il n’y a que la langue du hockey, et dans notre pays il n’y a que la langue du pays: le français.
Deux nationalismes, deux modèles d’intégration, deux façons d’inciter les nouveaux arrivants à participer à leur société d’accueil. Deux collectivités qui ont leurs règles propres, leurs codes, leurs histoires, leurs façons de vivre. Mais pourquoi s’intègre-t-on plus facilement au hockey qu’au peuple québécois?
Et s’il était plus facile pour un immigrant de s’intégrer et de respecter le Canadien de Montréal et le sport du hockey simplement parce que les règles et les attentes y sont plus claires? Et si, à l’opposé, les attentes du Québec étaient trop floues, complexes, et pas assez assumées?
Si le hockey était comme l’État multiculturaliste
Si le hockey fonctionnait comme notre État, actuellement, il chercherait tellement à plaire à tout le monde qu’il perdrait le respect de tout un et chacun. On établirait des quotas de minorités visibles dans l’équipe. À chaque pénalité, on irait devant un processus d’appel, et révision, à la Cour de ceci ou cela pour déterminer si la pénalité viole les droits individuels. On permettrait aux joueurs Sikhs d’avoir le bâton dans une main et leur poignard dans l’autre. On jouerait les hymnes nationaux des pays de chaque « membre d’une communauté » présente dans l’amphithéâtre. On accuserait les arbitres de faire du profilage racial et après qu’un gros « goon » ait disjoncté et blessé un autre joueur, une coalition contre la brutalité des arbitres se mettrait en place pour se battre contre sa suspension. On donnerait un avantage numérique à une équipe comptant des joueurs d’autres origines à titre de discrimination positive. On poursuivrait en Cour un entraîneur pour libelle. On givrerait les baies vitrées pour empêcher les juives orthodoxes de voir des hommes faire du sport. On construirait un nouvel aréna dans le sens de la Mecque. On éliminerait les parties du samedi soir pour ne pas nuire au Juifs. On annoncerait les buts et les pénalités dans 150 langues pour ne pas faire de discrimination. On enlèverait les portraits de Maurice Richard ou Guy Lafleur afin de ne pas donner l’idée qu’il aurait pu y avoir un peuple francophone à l’origine de cette équipe. Et la liste s’allonge!
Si le hockey était à l’image de notre société, on ne pourrait plus y jouer ou l’apprécier. Il faudrait penser à chaque mot, peser le pour et le contre de chaque virgule, se sentir mal de chaque règlement et se questionner sur les impacts de chaque pénalité. De peur d’offusquer tel ou tel groupe, les règles deviendraient tellement confuses et malléables que plus personne ne voudrait s’y identifier.
C’est ce qui se produit, actuellement, avec le nationalisme québécois. On a tellement peur de brusquer les immigrants, tellement peur de se faire traiter de xénophobes parce qu’on ose se questionner sur nos capacités d’intégration qu’on ne discute plus de rien. On craint tellement de se faire accuser de poser violence à un tel ou une telle parce qu’on désire imposer notre langue dans notre pays, qu’on ne parle plus du pays. On aimerait tellement plaire à tout le monde et se faire aimer qu’on déplaît à tout le monde et qu’on nous méprise non pas pour ce qu’on impose aux autres, mais bien parce que nous sommes trop pleutres pour nous respecter.
Oser être soi-même
Et si on osait simplement… être nous-mêmes? Si on décidait, tout comme pour le hockey, qu’il est normal d’avoir des règles communes, des lois qui régissent notre nation et que ces règles, ces valeurs communes que sont le français, la laïcité, l’égalité hommes-femmes et d’autres, ne sont pas plus négociables qu’une pénalité au hockey?
Si nous avions assez confiance pour imposer ce que nous sommes et ainsi offrir des règles cohérentes, fortes, qui donneraient le goût aux immigrants de se joindre à nous comme on s’attache à une équipe gagnante?
Les drapeaux du Canadien ou du Québec ne se portent pas à l’épaule en signe de deuil ou bien cachés dans nos maisons. Ils s’affichent fièrement à la face du monde comme représentations d’idéaux qui nous unissent et de collectivités partageant des règles, des lois, et qui acceptent quiconque respectent ces règles et ces lois.
Car à force d’accommoder et de vouloir plaire à tout le monde, ce n’est plus seulement notre nationalisme et notre fierté qui disparaissent, mais nous-mêmes…

Les « vertus » de l'immigration

Quand le Vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, a fait le constat selon lequel on ne tient pas compte de la capacité d’accueil du Québec en matière d’immigration, ce n’est pas seulement le gouvernement libéral qu’il a blâmé. C’est l’ensemble d’une élite politique vendue aux soi-disant vertus d’une augmentation de l’immigration qui est visée.

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En effet, peu importe le milieu, il est de bon ton au Québec d’avoir un préjugé pro-immigration, même si le nombre ne peut être justifié. Comme je l’écrivais ici, nous recevons, per capita, plus d’immigrants que l’Angleterre, la Suède, la République Tchèque, la Corée du Sud, la Norvège, les Pays-Bas, les États-Unis, l’Italie, la Belgique, le Danemark, l’Allemagne, la France, la Hongrie, la Finlande, la Turquie, la Slovaquie, le Portugal, la Pologne, le Japon et le Mexique! Nous constituons une fragile minorité francophone dans un océan anglophone, nous ne jouissons même pas du statut de pays souverain permettant de mieux protéger notre langue et notre culture, mais nous recevons plus d’immigrants proportionnellement que tous ces pays.
Pour la député péquiste Louise Beaudoin, pourtant, les problèmes exprimés par Renaud Lachance n’auraient rien à avoir avec le volume. Non, non. Sélection bâclée, inadaptée, manque d’arrimage avec le milieu du travail, etc. Bref, pendant que notre petite province culturellement menacée reçoit plus de nouveaux arrivants que la plupart des pays industrialisés, les problèmes d’intégration seraient la résultante de simples décisions politiques et administratives. En clair, le message est celui-ci: nous, Québécois, serions plus intelligents que la plupart des pays développés et pourrions accueillir encore davantage d’immigrants si le gouvernement « faisait son travail ». Plus prétentieux que ça, tu meurs.
Absence de grille d’évaluation
En fait, et contrairement aux divagations péquistes ou libérales, le constat le plus important du Vérificateur général était celui d’une absence de grille d’évaluation quant à la capacité réelle d’intégration du Québec. Car, n’en déplaise à Mme. Beaudoin, notre capacité d’intégration n’est pas illimitée. Dès qu’on parle de quantifier cette capacité, il est automatiquement question du volume de l’immigration.
Or, ce sujet est terriblement tabou. En 2008, lors d’une élection partielle, l’ADQ s’est fait traitée de tous les noms pour avoir osé proposer un gel de l’immigration et des politiques natalistes. Xénophobie, lépenisme, racisme, les quolibets ne manquèrent pas. Au Québec, il est interdit de discuter d’immigration. Compris?
Alors que des pays souverains s’occupent de leur identité, prennent la peine de se questionner sur leur capacité d’intégration, nous, petit peuple dont la langue est en constante régression, n’aurions pas droit à la même chance. Que des élites fédéralistes ou canadiennes nous privent de cette capacité, voilà qui fait du sens, mais dès lors qu’un large consensus contre toute remise en question du nombre d’immigrants se met en place et que des soi-disant indépendantistes reprennent ce discours, il y a lieu d’être inquiet.
On nous dit: « il ne faut pas parler de volume, car chaque immigrant constitue une richesse ». Je ne suis pas contre, mais je ne suis pas pour non plus. J’aimerais qu’on en discute. J’aimerais qu’on me dise pourquoi, si notre richesse collective dépendait seulement de l’addition éparpillée de dizaines de milliers de personnes à chaque année, l’Inde, par exemple, avec son milliard d’habitants, a un niveau de vie inférieur à celui du Québec. J’aimerais qu’on m’explique pourquoi le simple fait d’amener des gens ici, sans savoir si nous avons la capacité de leur offrir une pleine participation – économique, culturelle, linguistique – à notre société, constituerait une richesse. Je voudrais qu’on me montre pourquoi le simple fait de rajouter du poids sur une branche d’arbre qui est déjà en train de craquer permettrait d’en améliorer la force et la santé. Et surtout, il faudrait qu’on me propose un plan pour faire face aux coûts de l’immigration qui, pour un pays comme la France, peuvent atteindre près de 24 milliards d’Euros par année! (( Le Point, no. 1757, France, jeudi, 18 mai 2006, p. 54, Immigration: Un coût de 24 milliards d’euros, Christophe Deloire et Saïd Mahrane ))
On nous dit encore: « nous ne faisons pas assez d’enfants ». Mais que veut dire « assez »? Combien est ce « assez »? Certains diront que ce « assez » constitue le seuil de renouvellement de notre population. J’aurais envie de leur dire qu’ils prennent le problème par le mauvais côté: il ne faut pas se demander combien d’immigrants on doit accueillir pour suppléer au faible taux de natalité québécois, mais plutôt comment on peut encourager la croissance de ce taux de natalité. Il ne suffit pas d’accueillir des immigrants pour compenser notre faible taux de natalité, pas plus que les travailleurs mexicains saisonniers sont une solution au manque de désir des Québécois pour des travaux des champs mal payés; dans un cas comme dans l’autre, on ne fait que mettre la lumière sur des problèmes beaucoup plus fondamentaux qu’il incomberait de régler en premier. Ce poids qu’on fait porter sur les épaules de l’immigrant – celui de nous sauver – ne peut que nous encourager à ne pas faire ce qui devrait être fait pour nous sauver nous-mêmes, c’est-à-dire définir réalistement nos idéaux et travailler pour les atteindre.
Et ceux qui auront envie de se joindre à ces idéaux – démocratie, langue française, laïcité, égalité entre les sexes, etc. – seront les bienvenus.
Quand on place l’immigration sur un piédestal et qu’on refuse de discuter de la nécessité de la diminuer à des niveaux plus raisonnables, pour une province non-souveraine, afin d’atteindre des niveaux permettant d’assurer une meilleure intégration des immigrants à nos valeurs fondamentales, on manque à son devoir citoyen de travailler à l’amélioration de la société et on fait passer l’idéologie devant les faits.
Et tant que nos élites continueront de promouvoir une augmentation du volume de l’immigration sans aucun respect pour notre capacité d’intégration, ces valeurs fondamentales seront bafouées.
Ce que nous dit ce rapport du Vérificateur général, en fait, c’est qu’il y a urgence d’un profond questionnement sur la question de l’immigration. À partir du moment où on suit ses recommandations quant à l’établissement d’une grille d’évaluation, il devient nécessaire d’exiger un volume d’immigration comme fonction du respect des valeurs fondamentales. Et si cela passe par une réduction du nombre d’immigrants et par l’imposition d’un contrat d’intégration, cela se ferait pour le bien de toute la collectivité.
Pour ceux qui ont bâti ce pays, et pour ceux qui se joignent à nous et travaillent à la pérennité des idéaux qui ont permis sa construction.
Toute position contraire porte un même nom: reddition devant nos responsabilités historiques d’intégration, d’ouverture et de respect de nos valeurs communes.

La langue dans nos mains

Les nouvelles statistiques sur le recul du français au Québec, dévoilées par Pierre Curzi, font état du même constat que celui que je fais souvent sur ce blogue: la situation linguistique est alarmante et si nous n’agissons pas énergiquement et rapidement, le français disparaîtra à moyenne échéance.

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Or, que propose Pierre Curzi? Rien, pour le moment. « Pierre Curzi refuse pour l’instant de se prononcer sur des idées afin de renverser la vapeur ». Rien que ça! L’homme est un des députés les plus en vu du Parti Québécois, il est hyper-populaire, il fait face au gouvernement ayant un des taux d’insatisfaction de la population le plus élevé des dernières décennies, mais il ne propose rien.
Chaque chose ne devrait-elle pas être à sa place? Je m’attends du chercheur qu’il cherche, et du politicien qu’il gère les affaires publiques. Je demande au chercheur de présenter les faits, objectivement, sans les juger, et j’exige du politicien qu’il trouve les solutions permettant d’améliorer la société. Quand un député de la trempe de Curzi s’improvise chercheur et se montre incapable de trouver des solutions aux maux qui nous affectent, il y a un problème.
Ceci dit – rendons à César ce qui lui appartient – on ne saurait assez le féliciter d’être un des seuls au PQ à prendre position fermement, dès que l’occasion se présente, pour la protection de notre langue. On en prendrait des dizaines de députés comme lui.
Des solutions
Puisqu’il ne veut pas immédiatement donner ses solutions pour enrayer l’anglicisation du Québec, voici les miennes:
1) Appliquer la loi 101 au cégep.
Entre 1987 et 2007, le nombre d’allophones passant du secondaire français au cégep anglais a plus que doublé, passant de 17,7% à 37%. Parallèlement, ceux qui sont passés du secondaire anglais au cégep français sont passés de 5,8% à 0,5%. Même recul pour les anglophones: ils étaient 52,7% à passer du secondaire français au cégep français en 1987, mais plus que 39,5% en 2007 et si 4,7% passaient du secondaire anglais au cégep français en 1987, ils n’étaient plus que 1,7% deux décennies plus tard. (( Source : Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport )) La conclusion est claire: le cégep en français n’a plus la cote. Et puisque les études préparent le travail et que le travail est un des principaux vecteurs d’intégration linguistique, il est impératif d’appliquer la loi 101 au cégep afin d’assurer une éducation en français aux nouveaux arrivants et aux anglophones récalcitrants.
2) Mettre fin au sur-financement des universités anglophones.
Actuellement, les universités anglophones reçoivent 27% des subventions normées pour une population anglophone de langue maternelle de 8,2%. Le fait de financer ces universités à trois fois la hauteur du poids démographique des anglophones de langue maternelle contribue à faire de ces institutions des pôles culturels anglophones au coeur du Québec et enlève, de la même manière, des ressources vitales à des universités francophones qui crient famine. En finançant ces universités à la hauteur du poids démographique des anglophones de langue maternelle, c’est-à-dire 8,2% du financement total, on permettrait de limiter l’influence de la culture anglophone et on augmentera le potentiel d’intégration d’universités francophones mieux financées et davantage en mesure d’offrir des services aux nouveaux arrivants.
3) Réduire l’immigration et augmenter les incitatifs à la naissance.
Le taux de fécondité des Québécoises est en forte hausse, atteignant les niveaux du début des années 80, mais nous recevons toujours plus d’immigrants. Le ratio naissances/immigration était de 4,7 en 1982 (4,7 fois plus de naissances que d’immigrants reçus en une année). En 2007, le ratio est tombé à 1,8. Pour un nombre de naissances semblable, nous recevons trois fois plus d’immigrants. Proportionnellement à notre population, nous recevons davantage d’immigrants que la plupart des pays développés. Pourtant, nous ne sommes qu’une province et avons ainsi plus de difficulté à les intégrer que les autres pays. Curzi avait lui-même souligné le problème: qu’attend-il pour agir et demander une baisse de l’immigration?
4) Mettre fin au bilinguisme institutionnel.
Actuellement, et quoi qu’on puisse en penser, les services gouvernementaux sont bilingues. Pire: le gouvernement communique parfois en anglais ad vitam æternam avec les nouveaux arrivants, leur lançant effectivement le message que l’anglais constituerait une langue officielle au Québec. Comment pouvons-nous espérer intégrer en français quelqu’un qui, dans toutes ses relations avec l’État, peut utiliser l’anglais? Il importe de franciser tout ce qui touche au gouvernement du Québec. Vous voulez un service, un chèque, une carte d’assurance-maladie ou un permis de conduire? Apprenez notre langue et vous l’aurez. Ça, c’est du concret.
5) Appliquer la loi 101 aux écoles non-subventionnées.
La décision de la Cour suprême, l’automne dernier, d’invalider la loi 104, qui colmatait une brèche dans la loi 101, doit être combattue avec davantage de fermeté. C’est d’une guérilla juridique dont il est question; des groupes de pression anglophones, financés par le gouvernement fédéral, utilisent les tribunaux pour s’attaquer à la volonté démocratique des Québécois d’empêcher les mieux-nantis de contourner la loi 101 en envoyant un de leurs enfants dans une école non-subventionnée. Il faut donc appliquer la loi 101 à ces écoles et se préparer à utiliser la clause dérogatoire contre toute attaque de la Cour suprême dans la futur.
Ce ne sont là que quelques solutions. On aurait pu facilement en ajouter d’autres, notamment l’abolition de la loi 86, qui officialise l’affichage bilingue, une promesse que le Parti Québécois n’a jamais tenue…
Québec vs. Cour suprême: la loi 101, notre seule voix!
Face à l’incapacité de nos élites politiques d’avoir le courage de leurs convictions, il faut s’organiser par nous-mêmes, dans la société civile.
Voilà pourquoi j’aimerais vous inviter à un grand rassemblement pour la loi 101, qui aura lieu dimanche prochain, le 11 avril, au Monument National.
Véritable Moulin à paroles de la loi 101, l’événement consistera en une lecture de textes importants sur la langue au Québec, retraçant l’évolution linguistique de notre peuple depuis la Défaite de 1760 jusqu’à nos jours. De nombreux artistes seront sur place et, puisque j’ai colligé les textes moi-même, je peux vous assurer que ce sont des morceaux d’anthologie, des portraits vivants, des photographies du Québec en son âme profonde. Venez, vous ne serez pas déçus!
Face à l’inaction de nos députés et partis politiques, à leur pusillanimité, à leur refus de prendre position et de défendre clairement nos valeurs, il est de notre devoir de prendre le relais et de les forcer, par notre engagement, à faire le travail pour quoi nous les avons élus: nous représenter et promouvoir nos valeurs, dont le français en est une des principales!
Avons-nous un autre choix?

Sur la ligne de feu

« Je vais te faire perdre ton emploi ». Un autre contrôle manqué par l’enfant, une autre ronde de menaces téléphoniques de la part de la mère. Tania écope. Encore. Quand on enseigne dans des classes d’intégration pour immigrants, il faut savoir la seule chose véritablement utile: l’autre a toujours raison. Pas toi, pas ton pays, pas tes règles de sécurité, ta laïcité, ton égalité homme-femme. Non. Tout ça prend le bord quand on fait affaire avec une minorité d’intégristes qui, à l’image de cette fanatique refusant les règles de son école, cherchent à miner le fondement de notre État de droit tout en s’affairant à rendre la vie insupportable à ceux et celles qui essaient les aider.

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Tania n’a enseigné qu’une seule année à cette école primaire du nord-est de la ville, spécialisée dans l’intégration des nouveaux arrivants. Elle aurait pu continuer, mais c’était trop difficile émotionnellement. Pire: on lui a fait couler son évaluation, avec une note de zéro sur cinq au niveau de l’éthique et des accusations de racisme de la part du directeur et de son assistante. Son crime? Avoir voulu donner des cours de géographie à une enfant, avoir fait part de ses échecs à ses parents et lui avoir demandé de chausser des espadrilles au cours d’éducation physique.
« Toronto, c’est au Liban, mon papa me l’a dit, non non non tu es une menteuse! » lançait la jeune fille voilée de onze ans à sa professeure, en pleine classe. Tania lui montra la carte mondiale, lui pointa Toronto, puis le Liban. « Non, ce n’est pas au Liban, Toronto. Ton père s’est peut-être trompé ». Non, Tania, son père ne s’est pas trompé. Papa-musulman a toujours raison. Tu devrais le savoir. Et c’est pourquoi, le lendemain, il est débarqué dans ta classe, sur l’heure du midi, en violation des règles les plus élémentaires de l’école, pour t’insulter, te traiter de raciste, t’invectiver et te menacer.
Peu de temps après cela, un voyage au Liban de huit semaines pour la petite fille. Lorsqu’elle est revenue, elle a pris beaucoup de retard, si bien que ses résultats n’étaient pas à la hauteur de ses camarades de classe. Rencontre avec les parents et le directeur. Le diagnostic? Non, la petite n’a pas de retard, non elle n’a rien à apprendre. C’est toi, Tania, la raciste, la méchante féministe qui veut apprendre des idées de libération de la femme à son enfant, dixit une mère hystérique, une Canadienne d’Halifax convertie aux vertus de la soumission au mari et du voile corporel. Le directeur te demande de sortir, et plus rien ne sera jamais pareil entre toi et lui par la suite. Sa confiance, tu l’avais perdue.
Les mois passèrent, accompagnés des insultes bi-hebdomadaires suivant inexorablement chaque test, chaque échec d’une petite fille à qui on a appris que le monde est ce que Papa-musulman dit qu’il est. Un jour, la professeure d’éducation physique appela Tania et lui dit, à propos de l’enfant: « elle ne veut pas enlever ses bottes, car elle dit qu’il est mal qu’on puisse voir ses chevilles ». Tania rassura la petite fille, lui expliqua qu’Allah ne la punirait pas, qu’elle devait simplement mettre ses souliers de course et s’amuser avec ses amis. Elle finit par la convaincre, mais à quel prix? Le lendemain, elle est de nouveau convoquée au bureau du directeur, où elle se fait de nouveau insulter, où son propre supérieur lui dit qu’elle aurait dû accepter que la fille participe aux activités en bas (ce qui est pourtant extrêmement dangereux et contraire au règlement). Textuellement, il lui a dit ceci: « entre les règles de l’école et les règles de la religion de monsieur, ce sont les règles de religion de monsieur qui doivent primer ». Et c’est ce qui se produisit par la suite, merci aux menaces de poursuites répétées de la part du triste individu.
Combien de dictées t’a-t-on renvoyées avec un gros « X », Tania, parce qu’elles faisaient référence à Noël ou à Pâques? Combien de fois as-tu dû t’adapter pour simplement survivre, ici, dans ton propre pays, là où tu devrais précisément servir d’exemple aux nouveaux arrivants?
À la fin de l’année, plutôt que d’avoir pris la défense de sa professeure, le directeur et son assistante, une Libanaise d’origine, ont décidé de se débarrasser d’elle du mieux qu’ils le pouvaient. À l’école des immigrants, Tania, pourtant elle-même fille d’une immigrante italienne, n’avait pas compris la leçon de base: au Québec, ce sont les immigrants qui font la loi, et nos règles ne s’appliquent qu’à ceux qui sont assez malchanceux pour être blancs et francophones. Les autres, ils sortent l’insulte du racisme, ils en appellent aux vertus du multiculturalisme, ils appellent leurs avocats, ils se basent sur la Charte des droits et libertés pour nous imposer LEURS droits et LEURS libertés.
Pourtant, « il y en a, il y en a tellement des gens gentils, explique Tania. Je trouve ça plate, parce qu’à chaque fois où on en parle c’est à propos d’histoires complètement débiles. Des madames gentilles qui t’envoient des baklavas, ça on ne s’en souvient pas ». Le problème, il est précisément là: des gens gentils et des gens méchants, confus, violents, psychotiques, existent dans chaque culture, dans chaque peuple. Au Québec, cependant, il suffit qu’un de ces énergumènes utilise sont statut ethnique pour qu’on lui confère immédiatement un semblant de crédibilité. Si tu es blanc et francophone et que tu agis de la sorte, on va te foutre dehors de l’école, appeler la police, appeler la DPJ, t’emmener au poste et te poursuivre. Si tu viens d’ailleurs, on va te laisse faire au nom du multiculturalisme, au nom de l’accommodement raisonnable, au nom de la bonne entente.
Qu’on le veuille ou non, c’est une guerre. Une lutte entre nos valeurs, nos conceptions de l’espace public et des libertés, et celles d’individus sans scrupules qui croient pouvoir utiliser notre ouverture contre nous-mêmes, qui enfoncent nos portes ouvertes et occupent ensuite nos maisons. Et dans cette guerre, sur ce front, se trouvent des gens comme Tania qui, si elle a laissé tomber l’enseignement aux enfants, continue néanmoins d’apprendre notre langue et notre culture aux immigrants adultes et participe, en se prenant des balles de haine à chaque jour, à améliorer notre société et à favoriser une plus grande cohésion, dans le respect de nos valeurs communes. Tania est une héroïne à sa façon, dans les tranchées du multiculturalisme, l’arme de notre insouciance à la main.
Et si on se décidait enfin à l’appuyer, à respecter ceux et celles qui, comme elle, travaillent à l’intégration des immigrants? Si on affirmait enfin, haut et fort, que nos valeurs et notre culture ne sont pas négociables, que notre loi s’applique à tous et que nous n’avons pas à subir les affronts de ceux qui les refusent? Si on osait exiger des nouveaux arrivants le respect de nos institutions et de ceux et celles qui oeuvrent à les aider à se réaliser dans notre maison à tous les jours?
Car si nous n’agissons pas au niveau de l’intégration en osant imposer nos valeurs, il va falloir agir au niveau du nombre d’immigrants à recevoir. Et ça, c’est un tout autre débat. Nécessaire, mais ô combien plus difficile à assumer pour les apôtres d’un multiculturalisme ayant accumulé les échecs comme les Québécois les médailles aux derniers Jeux Olympiques.
D’ici là, merci Tania, et bon courage.