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Racisme israélien: Ahmadinejab a raison!

On a beau ne pas aimer le radicalisme d’Ahmadinejab, il demeure qu’il n’a pas tort lorsqu’il dénonce le racisme israélien. Les pays européens, France en tête, feraient peut-être bien d’écouter la président iranien, dont l’opinion est largement partagée par de nombreux pays musulmans, et de chercher des solutions pour mettre fin aux crime israéliens contre les Palestiniens au lieu de jouer les vierges offensées et de quitter la salle comme ils l’ont fait.
Soyons francs: Israël a violé les lois internationales en utilisant des armes illégales dans son massacre à Gaza. Après avoir violé le cessez-le-feu avec le Hamas en bombardant Gaza le 5 novembre 2008, elle a ensuite terrorisé des habitants pris au piège pendant plus d’un mois. On aime bien accuser l’Iran de vouloir hypothétiquement peut-être éventuellement probablement posséder des armes de destruction massive, mais on SAIT qu’Israël possède de telles armes et le pays sioniste les a utilisées contre des civils sous les yeux du monde entier, y compris ceux du nouveau président étatsunien. Sauf que celui-ci n’agit pas. Et ce n’est pas surprenant.
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En effet, Obama s’est entouré d’une équipe de fidèles supporteurs d’Israël dont certains croient que la disparition des Palestiniens et l’influence totale d’Israël sur toute la Palestine prépare le retour de Jésus sur la Terre. Et son premier discours en tant que candidat démocrate aux élections a été fait devant le plus puissant lobby juif aux États-Unis…
Par ailleurs, oublie-t-on qu’Israël est un pays qui pratique la torture? On aime accuser l’Iran de tous les maux, mais pourquoi tolère-t-on la torture israélienne? Combien vaut la vie d’un Palestinien?
Dans les faits, le discours d’Ahmadinejab, et aussi méprisant et détestable peut être l’homme, se révèle assez près des faits. Israël s’est effectivement bâtie sur une épuration ethnique des Palestiniens, qui ont été expulsés de leurs maisons et de leur terres, qui ont été dépossédés de leurs biens et poussés à l’exil ou à une vie médiocre par la puissance israélienne. Depuis ce temps, chaque année qui passe est une année où le territoire palestinien est réduit, et ce à l’encontre des lois internationales.
À quand un boycottage d’Israël par le Canada? À quand une action de l’OTAN pour rétablir les droits de l’homme en Israël et mettre fin à ce terrible racisme qui opprime les Palestiniens?
Il est beaucoup plus facile de s’offusquer et de qualifier d’antisémitisme toute critique du racisme israélien que d’agir et de confronter ce pays renégat aux méthodes n’ayant rien à envier aux pires tortionnaires.

USA-Chine: mieux comprendre

L’aut’journal vient de publier un nouveau texte de Chossudovsky qui explique à merveille les enjeux stratégiques du conflit larvé entre la Chine et les États-Unis.

Quelques extraits:

La Chine n’est pas un modèle des droits de l’homme, mais pas plus que les États-Unis et son indéfectible allié britannique, coupables de crimes de guerre et de violations considérables contre les droits de la personne en Irak et dans le monde entier.

[…]

Dans le contexte de ses plans de guerre contre l’Iran, les États-Unis ont aussi l’intention d’affaiblir les alliés de ce pays, à savoir la Russie et la Chine. Dans le cas de la Chine, Washington cherche à bouleverser les liens bilatéraux entre Beijing et Téhéran, de même que le rapprochement de l’Iran avec la SCO, dont le siège se trouve à Beijing.

[…]

La Chine est encerclée. L’armée étatsunienne est présente dans le Sud de la Mer de Chine et dans le Détroit de Taïwan, dans la Péninsule coréenne et en Mer du Japon, ainsi qu’au cœur de l’Asie Centrale et sur la frontière ouest du Xinjiang, la région autonome Ouïgour de Chine. En outre, dans le cadre de l’encerclement de la Chine, « le Japon s’est peu à peu amalgamé en harmonisant sa politique militaire avec celle des États-Unis et de l’OTAN. »

[…]

Les événement de Lhassa à la mi-mars ne sont pas un mouvement protestataire « pacifique » spontané, comme l’ont décrit les médias occidentaux. Ces émeutes, impliquant une bande de gangsters, ont été préméditées. Elles ont été soigneusement organisées. En Inde, des activistes tibétains associées au gouvernement du Dalaï Lama en exil ont laissé entendre qu’ils s’attendaient en effet à les troubles. Mais ils refusent de préciser comment ils le savaient ni qui étaient leurs collaborateurs. »

[…]

La torche olympique a été allumée lors d’une cérémonie en Grèce, qui a été perturbée par « des militants pro-Tibet. » L’événement était parrainé par « Reporters sans Frontières, » une organisation dont les liens avec les services de renseignement étatsunien sont bien connus. La flamme olympique est un symbole. L’opération psychologique (PsyOp) consiste à prendre pour cible la flamme olympique dans les mois précédants les jeux olympiques de Beijing.

(Lire à ce sujet).

Un texte très intéressant et important à lire pour quiconque veut mieux comprendre le conflit larvé entre la Chine et les États-Unis.

La fin de partie

Il semble de plus en plus probable que les États-Unis vont attaquer l’Iran. Il y a quelques semaines le Courrier International expliquait neuf indices qu’une guerre se préparait, et aujourd’hui on apprend par le Canard enchaîné que les services secrets russes on averti l’Iran qu’une attaque était imminente.

En clair, le plan israélo-américain serait de procéder à des attaques furtives contre les installations nucléaires (civiles) iraniennes, et ce avant la fin de 2007. Voilà pourquoi Moscou a livré des armes antiaériennes à Téhéran.

Mais un autre signe qui ne ment pas, c’est cette tournée américaine du président iranien Ahmadinejad, qui joue très gros et espère empêcher les États-Unis d’attaquer le pays avant qu’il n’ait complété la construction d’une arme nucléaire lui permettant d’assurer son auto-défense.

Mais ultimement, ne nous trompons pas. L’enjeu n’est pas le nucléaire. L’enjeu, c’est le pétrole. Comme je l’affirmais dans Made in China le véritable but des États-Unis est de s’accaparer des dernières ressources de pétrole de la planète en prévision du pic pétrolier (le moment où on atteint le maximum absolu de production de pétrole à l’échelle mondiale, mais dont l’aspect le plus dangereux est ce moment où l’offre de pétrole ne suffit plus à la demande) et d’empêcher la Chine et l’Inde de pouvoir avoir accès à suffisamment de pétrole pour assurer un développement économique leur permettant, à terme, de surclasser les États-Unis.

Car dans un contexte où le pétrole sera une denrée de plus en plus dispendieuse (et rare), seuls les pays assurant leur accès à cette source capitale d’énergie seront en mesure d’être compétitifs. L’enjeu, pour les États-Unis, est donc de s’assurer d’être le dernier pays en possession de pétrole à bas prix quand la crise économique, résultante de l’explosion des coûts de l’or noir, frappera.

L’Irak, l’Iran, l’Afghanistan, les républiques du Caucase, le Pakistan (malgré les démentis, les services secrets pakistanais, qui ont notamment été impliqués dans le financement des attaques du 11 septembre 2001, sont pratiquement une création de la CIA)… Washington s’installe un peu partout dans la région et bloque toute voie qui puisse permettre à la Chine de s’approvisionner en pétrole à long terme. Et quand le pétrole coûtera 200$ le baril – et il VA coûter 200$ le baril d’ici quelques années – les États-Unis seront en excellente position pour maintenir leur empire et auront déjà leurs soldats-pions sur place pour protéger leurs intérêts pendant que les pays émergents annihilent leur croissance dans la recherche désespérée d’énergie.

Aux échecs, on appelle ça l’analyse d’une transition vers la fin de partie. Quand il y a moins de pièces sur le jeu et qu’il ne suffit plus de penser en terme de calculs tactiques à court terme mais plutôt en concepts stratégiques à long déploiement et aux conséquences de ceux-ci, il faut non seulement imaginer les transformations possibles en terme de matériel existant, mais l’aspect du jeu après de nombreux échanges effectués. Bref, il faut prévoir la fin de partie, ce moment où il ne reste plus que quelques pièces et où les objectifs de chacun sont clairs et précis et où seule la bonne application de la technique peut vaincre.

Cette fin de partie, c’est celle du monde de l’après-pétrole à bas prix et cet échiquier, c’est notre planète.

Le géant déstabilisé

Le système économique mondial a rarement paru aussi fragile. La crise des prêts hypothécaires aux États-Unis, de même que le peu de certitudes quant aux stocks de pétrole (et à la capacité d’augmenter l’offre pour répondre à une demande absolument croissante) font trembler le géant du sud. Mais la situation est-elle si alarmante? Je crois que oui.

En effet, tout le système actuel est basé sur le dollar, qui lui-même est profondément dépendant du pétrole. Si celui-ci venait à manquer, comme cela semble être de plus en plus le cas avec le pic pétrolier, le système n’aurait d’autre choix que de s’effrondrer, puisque tout, absolument tout notre mode de vie est basé sur le pétrole, de l’alimentation (engrais, machinerie, transport, emballage) à notre transport en passant par tout ce que nous utilisons qui soit en plastique.

Attention, je ne dis pas que le pétrole va disparaître demain matin. Non, il y en aura probablement pour encore 400 ans. Le problème, c’est la fin du pétrole à bon marché. C’est ce moment précis où la courbe de la demande croise celle de l’offre et où les prix partent à la hausse et entraînent toute une panoplie de conséquences: inflation, récession, dépression, pénuries diverses, etc.

Et pendant ce temps, ou du moins jusqu’à ce moment, le déficit commercial des États-Unis augmente constamment, atteignant la somme de plusieurs milliards $ par jour. Les investisseurs ont de moins en moins confiance et la monnaie chute. Signe que cette chute ne fait que commencer, la quantité de monnaie disponible (ou imprimée) n’est plus annoncée publiquement depuis maintenant près d’un an. Autrement dit: on fait rouler la planche à monnaie pour financer la balance commerciale négative et on a choisi de laisser le dollar se déprécier.

À terme, ce qui risque de se produire? Un effondrement majeur, à moins que les États-Unis soient en mesure de trouver des sources multiples et très importantes de liquidités et de pétrole. Si cela signifie envahir l’Iran, il faudra le faire. S’il faut organiser un autre coup d’État contre le Vénézuela, ce serait fait. S’il faut augmenter la production de pavot en Afghanistan, on le fera. Mais de toute façon, ça ne changera rien au résultat.

L’empire tremble, et il est prêt à tout pour ne pas tomber.

Comme l’explique Gabor Steingart dans un excellent texte publié dans le Der Spiegel, en octobre 2006:

« La dépendance des banques centrales étrangères vis à vis du dollar [U.S.] va retarder le crash, mais il ne le préviendra pas. La congère de neige d’aujourd’hui deviendra l’avalanche de demain. Des masses de neige sont déjà en train de s’accumuler à une vitesse époustoufflante. L’avalanche pourrait se produire demain, dans quelques mois ou d’ici quelques années. La plupart de ce que les gens considèrent aujourd’hui comme immortel va être emporté par la crise globale de la monnaie – peut-être même le rôle de leader des États-Unis. »

Et nous, en attendant la chute, on fait quoi? On se met la tête dans le sable en disant que tout va bien ou on vit dans l’angoisse perpétuelle? Ou peut-être qu’on se prépare, mais comment?

Made in China

Je lis un livre qui est en train de changer ma vision du monde: Chine-USA, la guerre programmée, de Jean-François Subsielle. Ce livre explique de quelle façon la croissance effrénée de la Chine n’aura d’autre conséquence, à terme, que de mener vers un affrontement entre les États-Unis et la Chine et de quelle façon toutes les politiques étatsuniennes actuelles n’ont qu’un seul but: nuire à la Chine en la privant des ressources nécessaires à son développement futur.

En effet, si j’affirmais dans le texte Députés ou Croisés? que les buts de la guerre en Afghanistan étaient d’encercler l’Iran, d’endiguer la Russie, de permettre la reprise de la culture du pavot et de permettre la construction d’un oléoduc vers le sud-est asiatique, il me semble de plus en plus que j’ai oublié un objectif central: nuire à la Chine en l’empêchant de sécuriser ses sources de pétrole (en Iran, ou dans les ex-républiques soviétiques d’Asie centrale), elle qui est archi-dépendante des importations de l’or noir pour sa croissance économique.

C’est pour cette raison que les États-Unis auraient envahi l’Irak: dans un contexte où le pétrole sera de plus en plus rare et coûteux (à cause du pic pétrolier), il ne fallait pas seulement s’accaparer de cette ressource mais surtout empêcher le Dragon chinois et son milliard et demi d’habitants d’en prendre possession. Car jusqu’au moment de l’attaque, la Chine avait déjà conclu une entente pour sécuriser 30% de sa consommation de pétrole à partir de l’Irak dès que les sanctions internationales seraient levées. Mais évidemment, la guerre a effacé cette entente…

En clair, les États-Unis seraient déjà en guerre contre la Chine, mais ne peuvent pas la menacer directement pour une raison bien précise: elle est l’Usine du monde, fournissant près de 80% de la marchandise de Wal-Mart, par exemple. Dans ce contexte, on assiste à une confrontation larvée entre les néoconservateurs, partisans du Project for a New American Century, qui veulent endiguer la Chine et l’empêcher d’accéder au rang de superpuissance capable de menacer l’hégémonie étatsunienne, et les néolibéraux, qui profitent de la main d’oeuvre bon marché chinoise.

Par ailleurs, ce qui milite le plus pour une guerre entre les deux pays serait, selon Susbielle, leurs ressemblances économiques. Car si l’URSS menaçait les États-Unis, ils ne jouaient pas dans le même carré de sable: on pouvait se contenter de mettre un mur et d’endiguer la menace. Mais dans le cas présent (et futur, puisque la Chine devrait dépasser les États-Unis vers 2020 au niveau de la parité du PIB), la Chine est en compétition directe avec le pays de l’Oncle Sam; chaque gain pour la Chine est forcément une perte pour la puissance hégémonique actuelle.

Cependant, malgré ces ressemblances, il existe une différence de taille entre les deux pays: le régime politique.

« Dans la course universelle à l’efficacité qui domine le monde néolibéral, la Chine a pris une longueur d’avance dans bien des domaines. Dans le mode de désignation des élites, d’abord, la démocratie part avec de lourds handicaps. Sélection du candidat, campagne électorale et chasse aux suffrages, autant d’étapes obligées qui sont par trop aléatoires pour offrir un degré suffisant d’efficacité.

Est-ce à l’opinion publique, inconstante et volage, de décider qui, parmi les prétendants, est le plus apte à diriger le pays? Faut-il plutôt confier ce choix à un comité central, avatar à l’echelon du pays du conseil d’administration d’une entreprise? La dictature de l’efficacité milite pour le second terme de l’alternative. »

Bref, le régime chinois est mieux adapté à la mondialisation des échanges que celui des États-Unis, même si ce dernier fait des efforts pour limiter la démocratie depuis quelques années.

Finalement, il faut le constater: non seulement la Chine a un régime politique plus efficace pour la nouvelle économie, mais elle est plus populeuse que les États-Unis, a une croissance supérieuse basée sur des activités productrices (contrairement à l’économie du tertiaire étatsunienne), possède une plus grande homogénéité ethnique, et est en voie de supplanter les États-Unis à tous les niveaux économiques.

D’où le désir de ces derniers de ne pas céder leur place de numéro un mondial et de lutter – de toutes les façons possibles – contre la Chine.

Tout ceci me rappelle un autre livre, immédiatement best-seller à sa sortie en 1988, et qui avait prophétisé la fin de l’URSS: Naissance et déclin des grandes puissances, de Paul Kennedy. Un volumineux chapitre traite de ce qu’il appelle « la crise des puissances moyennes » et qui est en fait l’incapacité des puissances régnantes à faire face à la montée de puissances secondaires qui sont appelées à devenir des superpuissances. Par exemple, c’est l’incapacité de la « vieille Europe » à accepter sa perte de vitesse économique et à satisfaire les ambitions d’une Allemagne en pleine expansion à la fin du 19e siècle qui a mené aux guerres subséquentes.

En ce sens, la guerre est la grande révélatrice: elle rebrasse le paquet de cartes et révèle à chacun sa place réelle dans le monde. Et c’est une étape obligée, car l’histoire de l’humanité ne montre que peu de cas cas de superpuissances acceptant paisiblement de perdre leur statut au profit d’une autre. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si Kennedy voit dans la Chine, au moment où il a écrit son livre (en 1986, soit bien avant qu’elle devienne si puissante!) une future concurrente pour le rôle de superpuissance mondiale.

En conclusion, il y a tout lieu de penser que les politiques militaires actuelles étatsuniennes visent à endiguer la Chine et à l’empêcher de devenir une superpuissance menaçant les intérêts de l’Oncle Sam dans le monde. Que ce soit la soi-disant guerre au terrorisme (particulier, considérant l’historique de terrorisme des États-Unis), la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak, les opérations de déstabilisation au Vénézuela, les menaces à l’encontre de l’Iran, tout ceci ne sert qu’un seul et même but: empêcher la Chine de prendre la place des États-Unis comme seule superpuissance mondiale.

Et c’est justement en luttant contre l’inévitable que les États-Unis pourraient éventuellement nous diriger vers la pire des guerres…