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Le spectacle de la terreur

Les terroristes ont toujours de bonnes raisons. Qu’ils se fassent exploser au milieu d’une foule, qu’ils répandent un gaz mortel dans le métro, qu’ils tuent un médecin pratiquant l’avortement ou qu’ils massacrent gratuitement une vingtaine de civils comme l’a fait Israël hier, ceux qui pratiquent la terreur se présentent toujours en victimes.

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« Ils ont non seulement refusé de collaborer, ils ont délibérément attaqué nos soldats » s’est plaint le premier ministre israélien, en visite à Ottawa aujourd’hui. Avouez qu’elle est bonne. Israël attaque des bateaux en eaux internationales – des bateaux remplis de plus de 10 000 tonnes d’aide humanitaire, d’aide médicale, de vêtements, de nourriture, de fournitures scolaires; des bateaux avec des journalistes, des religieux, une ancienne lauréate du prix Nobel de la paix, un rescapé de la Shoah, des écrivains, des personnalités publiques; des bateaux dont le seul but était d’alléger les souffrances des Palestiniens de la bande de Gaza, victimes d’un blocus israélien illégal et qui rend leur existence misérable – et extermine une vingtaine de civils innocents, mais évidemment, ils l’avaient cherché. Vous imaginez, le soldat armé jusqu’aux dents, violant les lois internationales, arraisonnant un navire pour la seule raison qu’il allait à un endroit qu’Israël s’est illégalement approprié, qui débarque en pleine nuit avec tout son attirail, et qui fait face à des militants, des écrivains, des journalistes, et des pacifistes? Oh le pauvre soldat israélien!
La situation israélienne est devenu tellement risible qu’on se demande si le rire ne constitue pas la dernière façon de conserver un semblant de stabilité mentale. Il y a un an, on condamnait un Canadien d’origine rwandaise de crimes contre l’humanité pour son rôle dans le génocide de 1994. Et aujourd’hui, en 2010, on accueille Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, à bras ouverts, on se donne des accolades, on parle de fraternité, de pays alliés. Pendant que Gaza est devenu un camp de concentration à ciel ouvert, que des centaines de milliers de personnes y vivent entassés comme des cloportes sous une roche, que l’électricité n’y est qu’intermittente, que des humains y meurent faute de médicaments, nous, ici, dans ce beau grand Canada « coast to coast », accueillons le chef de l’État responsable de cette barbarie et le traitons avec les meilleurs égards.
Il n’y a vraiment pas de justice dans ce monde. Ou plutôt, sur une planète où tout s’achète et tout se vend, la justice est devenu un bien de consommation comme un autre, qu’on joue à une bourse de la misère humaine où la valeur d’un Juif doit bien valoir un zillion de fois celle d’un Palestinien. Qu’un citoyen américain ou israélien soit victime d’un crime, s’il meurt le drapeau à la main en priant Dieu ou Yahvé, et il aura droit à une cérémonie grandiose, à des représailles terribles contre ses bourreaux. Mais qu’un peuple en entier se fasse écraser le visage dans la boue depuis un demi-siècle par un pays lui ayant volé ses terres, ses maisons, ses frontières, sa dignité et qu’on fauche la vie de dizaines de héros ayant décidé de lutter concrètement contre ce lent génocide, et on aura droit aux « regrets » officiels de Stephen Harper. Pas une condamnation, pas une dénonciation. Non, non, des regrets. Oups, scusez madame, je n’avais pas vu votre pied.
S’il y avait une justice dans ce monde, ou à tout le moins dans ce pays, Benyamin Nétanyahou serait aux arrêts, prêt à subir un procès pour crime contre l’humanité. Le Canada exigerait des frappes aériennes de l’OTAN contre Israël pour faire cesser ces crimes odieux et Washington cesserait de donner plus de trois milliards de dollars d’aide militaire annuellement à l’État hébreux et se servirait de ces ressources pour rebâtir la Palestine.
Oui, s’il y avait une justice, nous serions peut-être encore un peu des humains.
En attendant, c’est le spectacle qui continue. Celui qui se joue à guichets fermés depuis la nuit des temps et qui met en scène les jeux de pouvoir de puissants pour qui la vie d’autrui ne constitue qu’une variable comme une autre dans une équation pour le pouvoir et où les pires atrocités trouvent toujours toutes sortes d’explications tordues.
Pour le bien de tous, évidemment.
Demandez ça aux morts.

Le bantoustan palestinien: semer la haine

Israël est un drôle de pays. Il s’affiche en tant qu’éternelle victime aux yeux du monde alors que le pays jouit du travail d’un des plus puissants lobbies aux États-Unis pour le défendre. Il se dit menacé de toutes parts, mais il possède la bombe atomique. Il se dit pacifiste, mais il est constamment en guerre contre ses voisins. Il se dit ouvert et démocratique, mais il doit payer des gens pour le défendre anonymement sur internet. Et il se dit pour la paix, mais construit des colonies juives en plein milieu de ce qui doit constituer la capitale d’un éventuel État palestinien. Drôle de pays, ou politiques concertées de ses autorités pour gagner du temps pendant qu’on transforme la Palestine en bantoustan?
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À l’époque, dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, le bantoustan constituait une enclave où on entassait la population noire en lui concédant une certaine forme d’autonomie. Le premier gouvernement bantou a été instauré en 1949 au Transkei et ses membres, tous noirs, remplaçaient les blancs. Au même moment, on a fait disparaître la représentation des Africains au Parlement, où leur voix ne pouvait plus se faire entendre que par l’intermédiaire de quelques sénateurs et députés, tous blancs. Le principe, d’une grande simplicité, a merveilleusement été exprimé par M. Verwoerd, premier ministre fédéral de l’époque: « [Mieux vaut] un petit État où l’homme blanc pourrait gouverner son territoire et serait maître de sa destinée plutôt qu’un grand Etat qui finirait par devenir non-blanc ». ((Le Monde, Analyses, lundi, 1 juin 2009, p. 2, EDITORIAL & ANALYSES, Il y a 50 ans dans le Monde, Le premier bantoustan d’Afrique du Sud )) À défaut d’être respectueuse des droits humains, cette politique était honnête: il s’agissait de confiner les noirs dans de petits enclos dépourvus de tout pouvoir et où leur grande fertilité n’augmenterait pas leur pouvoir dans le pays. N’est-ce pas là un simple copier-coller de ce qui se passe actuellement en Israël?
En effet, le taux de natalité en Israël est de 2,7 enfants par femme, contre 3,7 en Cisjordanie et 5,5 à Gaza. (( Le Temps, no. 3185
International, mardi, 3 juin 2008, De nouvelles colonies à Jérusalem torpillent le processus de paix, PROCHE-ORIENT. Bien que l’arrêt des implantations juives soit une condition essentielle aux négociations entre Israéliens et Palestiniens, la Cisjordanie ne cesse d’être morcelée., Caroline Stevan )) En ce moment, il y a 5,8 millions de Juifs dans le Grand Israël contre 5 millions de Palestiniens. Si rien n’est fait, les Palestiniens seront majoritaires à long terme. Voilà pourquoi il convenait de les isoler en morcelant leur territoire et en leur offrant, éventuellement, un État démilitarisé, sans pouvoir réel, tellement rabougri et misérable derrière son long mur de la honte qu’il ne représenterait plus rien politiquement.
Par ailleurs, le taux de natalité des ultra-orthodoxes – ces colons juifs qui prennent possession des terres et habitations palestiniennes – est sensiblement plus élevé. Leur population augmente de plus de 6% par année. Israël utilise donc ces extrémistes comme fer de lance pour pénétrer le territoire palestinien et empêcher toute forme d’État viable de voir le jour.
Semer la haine
Ce genre de politique, où on veut désormais coloniser le sanctuaire sacré de Jérusalem-Est, peut-elle conduire à autre chose qu’à la haine et toujours davantage de haine? Les Israéliens auront beau construire des murs, des murailles, installer des points de contrôle, bombarder sporadiquement la population, dans un scénario orwellien, pour la garder sur le qui-vive, qu’aura-t-on gagné, au bout du compte? De la haine, toujours davantage de haine.
L’histoire récente d’Israël est pavée d’une litanie de charmants discours ayant éclaté comme de fragiles bulles à la lumière d’un soleil révélateur de son racisme et de sa cruauté à l’égard des Palestiniens. Le pays jouirait peut-être d’un peu plus de soutien de la part de la communauté internationale s’il cessait de dépecer ce qui doit constituer le futur État palestinien et se décidait enfin à considérer ses voisins non pas comme des barbares devant être contrôlés, mais comme des êtres humains ayant eux aussi le droit de s’affirmer et de vivre dans un pays leur ressemblant.
Comme un mauvais film qui n’en finit plus, il serait peut-être temps de sauter au générique et de bâtir le futur.  Un futur où les Palestiniens auront le droit d’exister.

Racisme israélien: Ahmadinejab a raison!

On a beau ne pas aimer le radicalisme d’Ahmadinejab, il demeure qu’il n’a pas tort lorsqu’il dénonce le racisme israélien. Les pays européens, France en tête, feraient peut-être bien d’écouter la président iranien, dont l’opinion est largement partagée par de nombreux pays musulmans, et de chercher des solutions pour mettre fin aux crime israéliens contre les Palestiniens au lieu de jouer les vierges offensées et de quitter la salle comme ils l’ont fait.
Soyons francs: Israël a violé les lois internationales en utilisant des armes illégales dans son massacre à Gaza. Après avoir violé le cessez-le-feu avec le Hamas en bombardant Gaza le 5 novembre 2008, elle a ensuite terrorisé des habitants pris au piège pendant plus d’un mois. On aime bien accuser l’Iran de vouloir hypothétiquement peut-être éventuellement probablement posséder des armes de destruction massive, mais on SAIT qu’Israël possède de telles armes et le pays sioniste les a utilisées contre des civils sous les yeux du monde entier, y compris ceux du nouveau président étatsunien. Sauf que celui-ci n’agit pas. Et ce n’est pas surprenant.
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En effet, Obama s’est entouré d’une équipe de fidèles supporteurs d’Israël dont certains croient que la disparition des Palestiniens et l’influence totale d’Israël sur toute la Palestine prépare le retour de Jésus sur la Terre. Et son premier discours en tant que candidat démocrate aux élections a été fait devant le plus puissant lobby juif aux États-Unis…
Par ailleurs, oublie-t-on qu’Israël est un pays qui pratique la torture? On aime accuser l’Iran de tous les maux, mais pourquoi tolère-t-on la torture israélienne? Combien vaut la vie d’un Palestinien?
Dans les faits, le discours d’Ahmadinejab, et aussi méprisant et détestable peut être l’homme, se révèle assez près des faits. Israël s’est effectivement bâtie sur une épuration ethnique des Palestiniens, qui ont été expulsés de leurs maisons et de leur terres, qui ont été dépossédés de leurs biens et poussés à l’exil ou à une vie médiocre par la puissance israélienne. Depuis ce temps, chaque année qui passe est une année où le territoire palestinien est réduit, et ce à l’encontre des lois internationales.
À quand un boycottage d’Israël par le Canada? À quand une action de l’OTAN pour rétablir les droits de l’homme en Israël et mettre fin à ce terrible racisme qui opprime les Palestiniens?
Il est beaucoup plus facile de s’offusquer et de qualifier d’antisémitisme toute critique du racisme israélien que d’agir et de confronter ce pays renégat aux méthodes n’ayant rien à envier aux pires tortionnaires.

Israël contre le droit international

Enfant-blesse-gazaAvez-vous vu ces images surréalistes de bombes ressemblant à des feux d’artifices, explosant en plein ciel et laissant de longues traînées blanches lumineuses vers le sol, dans Gaza? Ce sont des bombes à phosphore incandescent, qui brûle à des températures très élevées et qui consume tout sur son passage; même l’eau n’en vient pas à bout.  Quand le phosphore est allumé, il brûle jusqu’à l’air autour pendant cinq à dix minutes et peut littéralement arracher la peau de quiconque se trouve dans les parages.

« Les brûlures au phosphore offrent le plus grand risque de mortalité que n’importe quelle autre brûlure à cause de l’absorption du phosphore dans le corps par l’endroit brûlé, résultant en des dommages au foie, au coeur, aux reins, et dans certains cas plusieurs de ces organes à la fois. » ((Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR), White Phosphorus: Health Effects , Toxicological Profile Information Sheet))

Le Times a obtenu une confirmation de l’utilisation du M825A1, une bombe au phosphore américaine, par l’armée israélienne lors du récent conflit à Gaza, ce qui a également été confirmé par Human Right Watch, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Amnesty International et de nombreux médecins étrangers.  Même si Israël dément toujours son utilisation, il ne fait pas de doute que ces armes ont été utilisées dans Gaza, tout comme elles l’avaient été au Liban en 2006 et en Irak, par les États-Unis, en 2004.
Lorsque utilisées en accord avec le droit international, les bombes au phosphore blanc (aussi appellée « Willie Pete ») doivent servir à aveugler l’adversaire et elles ne peuvent être utilisées, sous aucun prétexte, à l’encontre de civils ou de militaires.   Avec ses 1 300 000 habitants vivant sur un minuscule territoire de 360 km. carrés (3 800 habitants au kilomètre carré), Gaza est un des endroits les plus densément peuplé de la planète.   En se servant de ces bombes au-dessus de Gaza, et spécifiquement du camp de réfugiés de Jabaliya ((Gaza: Israel under fire for alleged white phosphorus use, The Christian Science Monitor, 14 janvier 2009)), un des endroits les plus peuplés de Gaza, Israël a automatiquement mis en danger la vie et la santé de milliers de civils et a donc violé les lois internationales, d’où l’initiative de la Bolivie et de la Fédération internationale des droits de l’Homme pour saisir la Cour pénale internationale (CPI), compétente pour les crimes de guerre et contre l’humanité.
En effet, non seulement Israël a violé la convention de Genève et la plupart des lois internationales en utilisant des bombes au phosphore dans un endroit densément peuplé, mais il peut être démontré qu’elle a agit de manière intentionnelle si elle n’a pas pris les précautions suffisantes pour minimiser le nombre des victimes et des dégâts civils et si sa « réponse » n’a pas été proportionnelle à la menace. Si l’utilisation d’une bombe incendiaire extrêmement dangereuse et meurtrière dans l’endroit le plus peuplé d’un des territoires les plus densément peuplés de la Terre démontre son manque de « précautions », on peut également noter que plus de 1300 Palestiniens ont été tués contre 13 Israéliens, ce qui invalide l’argument de la proportionnalité de la « réponse ».
Malheureusement, cette initiative contre Israël risque de ne pas aboutir puisque ce pays ne reconnaît pas le CPI et que les États-Unis peuvent toujours opposer leur veto, ce qui risque fortement de se produire, Obama ou pas.
Tant qu’il y aura une loi pour Israël et une autre pour le reste de la planète, je ne vois pas comment la paix peut être possible.  À quand des frappes aériennes contre Israël, en possession d’armes de destruction massive et qui les a utilisées contre des civils?

Quand Obama appuie le Grand Israël

hillary-clinton-obama-jesus-grand-israelFaut-il se surprendre l’assourdissant silence d’Obama vis-à-vis de ce qui apparaît de plus en plus comme un génocide politique au Proche-Orient, c’est-à-dire l’éviction du peuple palestinien en tant qu’entité politique pouvant gérer son propre destin et ayant simplement le droit… d’exister? Il suffit de souligner les liens de Hillary Clinton, sa secrétaire d’État aux affaires étrangères et donc une des personnes qui aura les plus lourdes responsabilités vis-à-vis du conflit israélo-palestinien, avec la Fellowship Foundation pour se convaincre que la politique étatsunienne vis-à-vis de l’État juif ne changera pas.
En effet, la Fellowship Foundation, où Mme. Clinton milite depuis plus de 16 ans, est une organisation sioniste chrétienne pour qui la création d’Israël en 1948 et son retour sur l’ensemble de ses terres ancestrales est en accord avec les prophéties bibliques préparant le retour sur Terre du Christ triomphant de l’Apocalypse. Pour ces fondamentalistes, la judaïsation complète de la Palestine prépare le retour de Jésus et le fait que les Palestiniens ont vu leur part d’Israël se réduire de 50% en 1948 à 25% en 1967, puis à 19% et finalement à 10% au début des années 2000, de même que l’assassinat de Yitzhak Rabin (signataire des accords de paix d’Oslo en 1993) en 1995 et la maladie d’Ariel Sharon (qui a laissé Gaza aux Palestiniens en 2005) sont des preuves de l’appui de Dieu à leurs projets. En clair, les sionistes chrétiens appuient indéfectiblement le projet d’un Grand Israël afin de préparer l’Apocalypse et le retour du Christ sur Terre.
Malheureusement, Clinton ne sera pas seule à prôner un appui indéfectible à Israël grâce à son nouveau poste. Elle sera appuyé par deux sous-secrétaires qui n’ont rien à lui envier de ce côté: James Steinberg, un Juif qui a écrit le discours d’Obama devant le think-tank sioniste AIPAC au lendemain de sa nomination en tant que candidat démocrate, et Jacob Lew, un autre Juif qui est vice-président et directeur des politiques étrangères de la Brookings Institution, un think-tank d’allégeance démocrate qui appuie les ingérences américaines à l’étranger sous couvert d’opérations humanitaires quand cela sied les intérêts de Washington. Il est également membre de la RAND Corporation (tout comme Condoleezza Rice et le faucon Donald Rumsfeld), un think-tank militaro-industriel offrant des analyses aux forces armées et relié au Carlyle Group (puissant groupe financier dont sont membres George H. W. Bush, la famille Ben Laden et Paul Desmarais, entre autres).
Et vous croyiez vraiment que l’élection d’Obama allait changer quoi que ce soit pour ceux qui tirent les ficelles, cet étrange amalgame d’intérêts financiers, politiques et religieux qui ont une cause primordiale en commun: la croyance qu’Israël a tous les droits et que quiconque s’oppose à ses politiques meurtrières est un ennemi des États-Unis?
Rêvez mieux!