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Les meilleurs quartiers où élever une famille à Saint-Jérôme

Il est souvent difficile, lorsqu’on fait le choix de s’installer dans une ville, de savoir quels sont les meilleurs et les pires quartiers pour s’implanter et élever une famille. La maison ou le logement sont beaux, l’agent immobilier est souriant, la rue a l’air tranquille, mais qu’en est-il des voisins et du quartier lui-même ? S’agit-il d’un simple dortoir ? La population est-elle active ou sur le chômage ? Y a-t-il beaucoup d’immigrants et de minorités visibles ? Est-ce que les voisins parlent français ? Peut-on se déplacer facilement à pied ou à vélo ?

J’ai compilé des données sur ma ville, Saint-Jérôme, afin d’établir les meilleurs et les pires endroits où y élever une famille. Voici le résultat, sur la carte ci-bas, qu’il est possible de cliquer pour agrandir. Les secteurs en vert constituent les meilleurs endroits tandis que ceux en rouge sont les pires. Les données sont purement comparatives, c’est-à-dire qu’un secteur vert ne signifie pas qu’il s’agit d’un endroit nécessairement supérieur (ou rouge inférieur), mais simplement qu’il s’agit d’un endroit supérieur (ou inférieur) par rapport aux autres secteurs de la ville.

Pour compiler ces données, j’ai utilisé cinq thèmes et douze critères.

1. structure familiale

A. La proportion de la population âgée de 0 à 14 ans. Un des critères importants lorsqu’on décide d’un endroit où élever une famille est la possibilité pour les enfants de se faire des amis. Une plus haute concentration de jeunes enfants augmente également généralement les chances d’avoir une école pas trop loin et des infrastructures pour les enfants.

B. La proportion de couples mariés ou en union libre. Cet indicateur permet également de déterminer s’il s’agit d’un quartier familial. Une forte proportion de couples mariés ou en union libre indique, sinon des enfants, la possibilité d’avoir des enfants. Il s’agit également d’un gage de stabilité et de sécurité dans le quartier.

2. langue

A. La proportion de la population ayant le français comme langue maternelle. Un critère primordial lorsqu’on veut élever des enfants ; se feront-ils des amis qui les comprendront ? Y aura-t-il une vie de quartier où les gens peuvent se parler et se comprendre ? Arrivera-t-on à poser une question à son voisin en se faisant comprendre ou faudra-t-il trouver un interprète ?

B. La proportion de la population ayant le français comme langue d’usage. Un indicateur semblable au premier, mais déterminant la langue utilisée à la maison par les répondants. On peut imaginer un individu d’une langue maternelle autre que le français mais étant parfaitement en mesure de parler notre langue ; cela constitue un facteur positif.

3. Situation financière

A. La proportion de la population dont le revenu ne fait pas partie du décile inférieur. Cet indicateur permet de déterminer la situation d’extrême-pauvreté au sein d’un quartier.

B. La proportion de logements nécessitant des réparations majeur par rapport à la population totale. On préfère généralement élever des enfants dans un milieu de vie propre où les maisons ou logements ne tombent pas en ruine.

C. La proportion de la population n’étant pas en situation de chômage. Cet indicateur permet de déterminer la détresse financière et les opportunités d’un quartier. Un enfant dont les camarades de classe ont systématiquement des parents qui ne travaillent pas risque d’être moins motivé à faire les bons choix pour son avenir.

4. homogénéité sociale

A. La proportion de la population qui n’est pas immigrante. Une immigration trop nombreuse réduit l’homogénéité sociale et, outre les conséquences négatives déjà documentées à cet effet (plus de crime, par exemple), cela signifie des enfants ayant potentiellement des problématiques d’intégration. Qui a envie d’élever des enfants devant se sentir mal de fêter Pâques ou Noël pour ne pas faire de la peine à ses camarades de classe ? Ou des enfants dont les camarades de classe ont une mère voilée complètement soumise à un mari au discours islamisant ?

B. La proportion de la population constituant une minorité ethnique. Cet indicateur, bien que controversé, permet de mieux définir le statut des générations d’immigrants. En effet, Statistique Canada ne va pas au-delà de la deuxième génération lorsqu’elle considère l’immigration ; cet outil donne une idée de la « couleur » du quartier, de ses traditions, de ses origines, même après quelques générations. Un quartier plus homogène, où la population a relativement la même culture et les mêmes référents culturels, permet de développer un sens de communauté et de sécurité pour les enfants.

5. Enracinement local

A. Proportion des travailleurs faisant le trajet domicile-travail en moins de quinze minutes. Cet indicateur permet de déterminer si le quartier constitue un simple dortoir, ou si les gens qui y habitent y travaillent relativement près. Cela permet également de donner un aperçu de la proximité des services pour les enfants. Il s’agit également d’un facteur de qualité de vie, car des parents passant moins de temps dans leur trajet domicile-travail ont davantage de temps à consacrer à leurs enfants.

B. Proportion des travailleurs faisant le trajet domicile-travail en transport en commun, à pied ou à bicyclette. Cet indicateur permet de déterminer le niveau de proximité et de sécurité d’un quartier, c’est-à-dire la possibilité pour les enfants de marcher pour aller chez leurs amis, de pouvoir se déplacer facilement dans les commerces quand ils deviennent adolescents, etc.

C. Proportion de la population n’ayant pas déménagé depuis cinq ans. Cet indicateur constitue un facteur de stabilité et de sécurité. Des gens qui habitent un quartier depuis longtemps s’y attachent, le respectent, connaissent davantage leurs voisins, le polluent probablement moins et observent ce qui s’y passe.

Toutes les données proviennent du recensement de Statistique Canada (2016) et utilisent la plus petite unité géographique, soit l’aire de diffusion. La ville de Saint-Jérôme y est ainsi divisée en cent secteurs différents. Le détail des résultats, par secteur, est indiqué dans le tableau ci-bas. La colonne « classement » est basée sur la déviation, pour chacun des cinq principaux facteurs, par rapport à la moyenne du groupe.

les meilleurs quartiers

Les cinq meilleurs quartiers où élever une famille sont situés dans l’ancienne municipalité de Bellefeuille, qui a été fusionnée avec Saint-Jérôme en 2002. Malgré un éloignement du centre de Saint-Jérôme, la plupart des facteurs y sont très positifs. Même les endroits où il est peu possible de se déplacer facilement en transport en commun, à pied ou à vélo, les autres facteurs sont tellement forts qu’il s’agit d’un endroit de choix pour élever une famille.

… et les pires

À l’inverse, les cinq pires quartiers où élever une famille sont tous situés vers le centre-ville de Saint-Jérôme. Pour ceux qui connaissent bien la ville, cela ne devrait pas être une surprise, car le centre de la ville est très pauvre.

mentions spéciales

Plusieurs quartiers de la ville de St-Jérôme offrent un beau compromis entre la qualité de vie offerte à Bellefeuille, par exemple, et la proximité des commerces du centre de St-Jérôme. Je pense notamment aux secteurs 48, 91 et 93. Ces endroits offrent à la fois un milieu de vie familial, francophone, de classe moyenne, homogène et local.

Saint-Jérôme constitue une ville assez pauvre, et il est crucial, pour une famille désirant s’y implanter, de bien choisir son quartier. J’espère que ces statistiques pourront aider les familles (ou familles éventuelles) à faire le bon choix. Si on s’installe aux bons endroits et avec de bons voisins, Saint-Jérôme peut être une ville où il est très agréable de vivre et d’élever ses enfants.

L’invasion immigrante (même à Québec)

Dans le premier article de cette courte série, je faisais état de la spectaculaire augmentation de l’immigration dans la région de Montréal. La région de Québec n’est pourtant pas en reste, si on se fit aux mêmes données de Statistique Canada. Bien que le nombre total d’immigrants y est encore beaucoup plus bas — et donc plus gérable, si la volonté politique existait — la rapidité avec laquelle les immigrants s’installent dans notre capitale a de quoi inquiéter.

Source de l’image

En effet, la proportion d’immigrants par rapport à la population totale de la région a presque doublé, en à peine quinze ans, passant de près de 3% de la population totale à près de 6 % (voir le tableau ci-bas). Dans une ville comme Lévis, où il y a à peine quinze ans on ne rencontrait qu’un immigrant en moyenne à toutes les cent personnes croisées dans la rue, on approche de la marque du un immigrant à toutes les trente personnes. Pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous ? Pas si sûr.

En effet, la situation ressemble de plus en plus à celle d’autres villes semblables de la région de Montréal, avec un simple décalage d’une demi-génération. Si la ville de Québec elle-même est passée de 4% à 7% de sa population qui est immigrante (un nombre qui ne tient pas compte des résidents non-permanents), qu’est-ce qui l’empêcherait de passer à 14% dans quinze ans ou davantage encore ? La progression n’est pas linéaire, mais exponentielle ; plus il y a d’immigrants qui s’installent, plus il devient intéressant pour d’autres immigrants d’y emménager, augmentant encore leur poids démographique. Pour le moment, ce n’est « que » 7%, mais en 2001, la ville de Longueuil n’en avait « que » 9% (18% maintenant), Vaudreuil-Dorion n’en avait « que » 5% (18% également maintenant). Quand la balance démographique se dérègle, la situation peut dégénérer rapidement.

La situation est encore plus inquiétante quand on parle des minorités visibles. Encore une fois, comme je l’avais précisé dans mon dernier article, j’utilise cette donnée sensible à défaut d’en avoir une meilleure, car Statistique Canada ne permet pas de différencier les citoyens de souche des immigrants de troisième génération. Le statut de minorité visible me semble imparfait, mais tout de même utile lorsque utilisé avec les données sur l’immigration, afin d’obtenir un portrait plus réaliste.

Dans tous les cas, la population s’identifiant comme étant une minorité visible a littéralement explosé dans la région, passant de moins de 2% à près de 5% de la population totale (voir ci-bas). Tout cela, rappelons-le, en à peine quinze ans !

RIEN N’EST JOUÉ À QUÉBEC

Rien n’est encore joué dans la région de Québec. La proportion d’immigrants et de minorités visibles se gère encore, mais qu’est-ce qui empêcherait la région de ressembler à Montréal si rien n’est fait ? Au rythme où vont les choses, il est plus que probable que dans quinze ans on obtienne des données à deux chiffres dans la ville de Québec. Et après, où se trouve la limite ? Quand les immigrants représenteront 10%, ou 20%, ou 40% de la population, croyez-vous qu’ils vont rester les bras croisés et accepter que notre culture majoritaire continue d’avoir la main haute ? Ne soyons pas naïfs…

Dans la région de Montréal, la ville de Laval a déjà constitué une ville typiquement québécoise (et donc francophone), alors qu’elle s’anglicise maintenant à vue d’œil et que les immigrants représentent désormais 28% de la population ! Qu’est-ce qui empêcherait Québec de vivre la même situation ? Le pourcentage de la population qui constitue une minorité visible a augmenté respectivement de 228% et 210% à Lévis et Québec. Trouvez-vous qu’il s’agit d’une tendance gérable ?

La solution, au final, demeure politique. Tant que nos politiciens se serreront les mains et se flatteront la bedaine parce qu’ils ont réduit l’immigration de 53 000 à 40 000 par année, la situation continuera d’empirer. Quand on est en bateau et qu’on voit la chute à l’avant, il ne suffit pas de ramer moins vite vers la catastrophe ; il faut changer de direction et vite !