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L’invasion immigrante

Vous sentez-vous envahis ? Avez-vous l’impression que ce pays vous ressemble de moins en moins, que votre culture s’étiole, que vos valeurs deviennent marginales, que vos traditions sont ridiculisées, voire folklorisées ? Vous ouvrez votre téléviseur ou visionnez les médias sur Internet, et on vous dit que tout va bien, que tout est normal, mais vous doutez… Peut-être avez-vous raison. L’invasion immigrante qui déferle sur la région de Montréal est, depuis une quinzaine d’années, tout à fait spectaculaire.

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J’ai compilé des données, basées sur les recensements de Statistique Canada de 2001 et 2016, quant à la croissance de l’immigration dans la RMR de Montréal, un peu comme je l’avais déjà fait pour l’anglais à Laval et pour d’autres banlieues. Les résultats, en à peine une demi-génération, sont quasi-incroyables. L’afflux constant d’immigrants que nous imposent nos élus se répand dans la région comme une véritable maladie, partant du centre pour s’étendre progressivement vers les extrémités. À part quelques rares exceptions, le nombre d’immigrants est en croissance partout, et le poids relatif des immigrants au sein de nos villes et villages augmente très rapidement (voir ci-bas).

Prenons le cas d’une ville de comme Vaudreuil-Dorion, par exemple. En 2001, il n’y avait que 5% d’immigrants, soit moins d’une personne sur vingt. Quinze ans plus tard, soit à peine le temps pour un enfant de passer de la maternelle au cégep, les immigrants représentent maintenant plus de 18% de la population, soit près d’une personne sur cinq ! Proportionnellement à la population totale, la croissance des immigrants a été de 274% en quinze ans. Combien de temps, à ce rythme, avant que les Québécois de souche ne deviennent minoritaires, selon vous ?

La situation est à peu près semblable partout dans la région de Montréal. Alors que les immigrants ne formaient que 2% de la population à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, ils forment maintenant 7% de la population. Le pourcentage d’immigrants a également presque triplé à Repentigny, passant de 3% à 9% de la population. Même une ville traditionnellement québécoise comme Longueuil a vu le pourcentage d’immigrants y doubler, passant de 9% à 18%. Laval, quant à elle, a ajouté plus de 64 000 nouveaux immigrants, faisant passer leur pourcentage de 15% à un incroyable 28%.

Comment espérer intégrer un tel afflux d’immigrants ? Beaucoup de gens ne le réalisent pas, mais le portrait de la région est en train de changer drastiquement. Et la situation est encore pire que ne le démontre le tableau ci-haut.

En effet, les chiffres sur le nombre d’immigrants ne tiennent pas compte des naissances au sein de familles d’immigrants, souvent ghettoïsées et peu intégrées à la culture québécoise (ou occidentale). Je n’ai pas trouvé de manière aussi élégante que respectueuse de la rectitude politique de faire état de ce phénomène autrement qu’en faisant état de la croissance de la population constituant une minorité visible. Encore une fois, les chiffres sont hallucinants (voir ci-bas).

À Terrebonne, par exemple, il n’y avait en 2001 que 1% de la population issue des minorités visibles. Aujourd’hui, c’est 12%, soit une augmentation de 740%. Presque le même scénario à Repentigny, qui passe de 2% à 12%. Un citoyen marchant dans les rues n’y rencontrait, en 2001, en moyenne, qu’une minorité à toutes les cinquante personnes, alors qu’aujourd’hui c’est une à toutes les neuf personnes. C’est spectaculaire comme hausse.

Un cas particulièrement troublant, parce qu’important d’un point de vue numérique, est celui de Laval. Alors qu’il n’y avait que 9% de minorités visibles en 2001, il y en aujourd’hui près de 26%, soit une augmentation de plus de 77 000 personnes ! En seulement quinze ans, c’est l’équivalent de la ville de St-Jérôme au complet, mais remplie de minorités visibles, qui s’est installée à Laval. Et pour la RMR de Montréal au complet, on parle de plus de 444 000 minorités visibles supplémentaires (70% d’augmentation !) en quinze ans, soit presque l’équivalent… de la ville de Laval !

brampton, notre futur ?

À ce rythme, combien de temps avant que qu’une ville comme Laval (ou une autre, comme Brossard) ne ressemble à Brampton (Ontario) ? Cette municipalité, en banlieue de Toronto, n’est plus habitée que par 27% de citoyens de descendance européenne. Les représentants politiques, au fédéral et au provincial, s’y nomment : Raj Grewal, Kamal Khera, Ruby Sahota, Ramesh Sangha, Sonia Sidhu, Amarjot Sandhu, Prabmeet Sarkaria, Gurratan Singh, Sara Singh et Kevin Yarde. Y décelez-vous une tendance ? Ces gens sont peut-être d’excellents députés, mais quand viendra le moment de choisir entre leur appartenance ethnique et celle de la société qui les accueille, le choix ne sera pas peut-être pas si simple. Croyez-vous jamais qu’ils voteraient contre l’immigration de masse ou s’opposeraient au dogme du multiculturalisme ?

Le problème avec la démographie, c’est qu’elle renverse tout. On ne peut pas l’arrêter. Tout comme l’afflux important de francophones des régions rurales a transformé le Montréal de la seconde moitié du siècle dernier d’une métropole principalement anglophone à la principale ville d’un Québec français, l’immigration massive qui nous est imposée aura des conséquences majeures. Si les francophones ont commencé par simplement habiter Montréal, ils ont ensuite réclamé des droits et une représentation. C’est ce qui se produit à Brampton, en Ontario, avec les immigrants, et qui se produira de plus en plus au Québec si on n’arrive pas à endiguer ce flux ininterrompu.

Progressivement, la société occidentale, homogène, celle où on peut faire confiance à son voisin car il partage la même langue et les mêmes référents culturels, est remplacée par un melting-pot sans queue ni tête, sans direction, d’où peuvent naître le repli sur soi des immigrants et le fanatisme. L’islamisme, par exemple, ne progresse-t-il pas davantage dans un milieu dit multiculturel, où les immigrants sont légions, que dans une ville blanche, comme, disons, Saint-Georges-de-Beauce ou Saguenay ?

En ce sens, la réduction des seuils d’immigration à 40 000 immigrants par année constitue une excellente nouvelle, mais c’est encore insuffisant. Il faudrait probablement les réduire encore bien davantage pour espérer avoir un impact démographique suffisant pour renverser la tendance. Il y aurait aussi peut-être lieu de repenser une politique nataliste plus agressive et favorisant de plus grandes familles au Québec.

Il y a ici une civilisation et un peuple qui veulent exister, qui ont le droit d’exister et d’apporter leurs bienfaits à l’humanité. Cette diversité qu’on nous enfonce de force dans la bouche, pourquoi ne l’impose-t-on qu’à l’Occident ? Et si nous disparaissons, n’aura-t-on pas réduit la diversité humaine ? Nous sommes accueillants et nous continuerons de l’être. Mais peut-être serait-il temps de considérer sérieusement notre capacité d’accueil et reconnaître que nous avons atteint une limite nous imposant une pause.

Tous les gauchistes multiculturalistes sont les premiers à barrer la porte de leur logement le soir venu ; il serait peut-être temps pour le Québec de faire la même chose.

Un racisme ordinaire

À l’origine d’une manifestation hostile au français de la part de suprématistes anglophones ontariens, la fille du maire, qui ne peut se faire engager à l’hôpital parce qu’elle ne maîtrise pas le français. Plutôt que de simplement l’inciter à apprendre la langue de 28% de ses concitoyens, on en a fait une bataille rangée contre le bilinguisme et la « discrimination » (sic) faite aux anglophones unilingues. Encore une fois, le racisme anglophone dans toute sa splendeur !

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Il y a quelque chose de pathétique dans l’attitude des ces anglophones. Plutôt que de reconnaître qu’une grande partie de la population parle français et d’accepter de s’ouvrir à cette réalité en offrant des services à cette minorité, on organise une manifestation, on veut couper les subventions à l’hôpital, on prend d’assaut l’hôtel de ville pour éliminer les droits des francophones.

Pour le plaisir de la chose, j’ai compilé certaines données comparant Cornwall, la ville de Montréal et la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal.

Proportion des populations de langue maternelle anglaise et française, et taux de bilinguisme de celles-ci, Cornwall et Montréal, 2006
Cornwall Montréal (ville)* Montréal (RMR)
Langue maternelle anglaise 65% 13% 12%
Langue maternelle française 28% 53% 65%
Taux de bilinguisme des anglophones 27% 70%
Taux de bilinguisme des francophones 92% 48%
Source : Statistique Canada

*Je n’ai pas trouvé les données sur le taux de bilinguisme de chaque communauté linguistique dans la ville de Montréal ; celles-ci devraient être semblables à celles de la RMR, avec un bilinguisme probablement légèrement supérieur pour les francophones.

Qu’est-ce que nous apprend le tableau ci-haut ? Il nous apprend ceci : la minorité francophone de Cornwall est plus de deux fois plus importante que la minorité anglophone à la fois de Montréal et de la RMR de Montréal. Un peu moins d’un citoyen de Cornwall sur trois a le français comme langue maternelle. Malgré cela, seulement un anglophone sur quatre est bilingue. À l’inverse, dans la RMR de Montréal, seulement un citoyen sur sept a l’anglais comme langue maternelle, mais un francophone sur deux est bilingue.

Voyez-vous la différence ?

En clair, la majorité anglophone de Cornwall ne veut rien savoir du français. Elle n’a aucun intérêt à apprendre la langue d’un tiers de ses concitoyens. Et pourtant, alors que Cornwall n’offre presque aucun service en français – sinon ceux de son hôpital et quelques services municipaux – pour son 28% de population francophone, Montréal a bilinguisé l’ensemble de ses services et on demande le bilinguisme a n’importe quel commis de dépanneur, tout ceci pour une minorité de 12% de la population.

C’est le deux poids, deux mesures.

Cette manifestation des anglophones contre le bilinguisme ne devrait-elle pas nous forcer à nous questionner sur notre propre attitude ? Pourquoi nous, Québécois, devrions-nous servir notre minorité de 12% de la population en anglais quand des francophones, comme nous, sont systématiquement dénigrés même s’ils forment 28% de la population ? Pourquoi nous, Québécois, barbouillons-nous systématiquement d’anglais nos institutions, nos villes, nos commerces, pendant que les anglophones d’à côté méprisent les droits de leur minorité francophone ?

On aurait tort de croire qu’il s’agit bêtement d’un fait divers. Nous sommes plutôt témoins de l’expression de la fermeture et du racisme ordinaire qui anime la majorité anglophone canadienne. Cette majorité qui, de tout temps, a tout fait pour éradiquer le français, que ce soit au moyen de lois interdisant son apprentissage à l’école, de lois anti-bilinguisme ou de jeux de coulisse éliminant le pouvoir d’attraction de notre langue.

Alors que le français ne constitue pas la moindre menace pour la langue anglaise en Ontario, on veut quand même le réduire à une peau de chagrin, l’éliminer en douceur. Ici, au Québec, alors que notre langue recule, que le tout-anglais s’impose de plus en plus, on anglicise jusqu’à nos enfants de sixième année et on refuse de faire du français la langue normale et commune de notre nation.

Retour aux origines

Il serait bon de revenir à nos origines. Nous sommes devenus des Québécois, laissant tomber notre nationalité canadienne-française, parce que nous avons compris que la seule façon de survivre face au racisme canadien était de devenir majoritaires sur un territoire pour faire du français la seule langue normale de fonctionnement, comme l’anglais l’était partout ailleurs dans le pays.

Pendant plusieurs décennies, un équilibre précaire s’est établi, alors que les attaques répétées contre le français en-dehors du Québec ont été contre-balancées par l’affirmation de plus en plus forte du français en tant que seule langue commune et nationale des Québécois.

Aujourd’hui, cet équilibre n’existe plus. Les attaques contre les francophones hors-Québec sont devenues tellement quotidiennes et normales que ceux-ci ont de la difficulté à maintenir des services minimaux. Parallèlement, le Québec s’anglicise tellement rapidement qu’il devient possible de vivre une vie entière en anglais chez nous.

Voilà pourquoi je remercie ces manifestants racistes. Je les remercie chaleureusement. Leur haine et leur mépris des francophones contribue à nous rappeler ce que nous avons à attendre du Canada et ce qui arrive au bilinguisme dès que la langue minoritaire devient assez faible pour qu’on passe outre celle-ci.

Je leur dis également merci parce qu’ils nous rappellent que le combat pour assurer la primauté de notre langue au Québec est juste, et que si le 28% de francophones de Cornwall n’a droit qu’à des pinottes en matière de services, il serait grand temps pour nous de réviser à la baisse ceux de notre 12% d’anglophones de la région de Montréal.

Tiens, on pourrait commencer par mettre la hache dans McGill et Concordia, qui se partagent 42% du financement universitaire de la RMR, pour une population anglophone de 12% et une population anglophone historique (née au Québec) de moins de 9%.

Ah, mais non… Nous aurions tous les anglophones et anglomanes de service sur notre dos à crier à la discrimination. Comprenez bien : quand on élimine les services en français de la minorité francophone canadienne, c’est bien. Quand on veut mettre fin au sur-financement des services en anglais de la minorité anglophone québécoise, c’est mal.

Il serait peut-être temps de relever la tête, ne croyez-vous pas ?

Le racisme ordinaire, ça commence également dans nos têtes, à croire que l’anglais nous est obligatoire pendant que le français ne l’est pas pour nos voisins canadiens.

Dehors, les Islamistes!

Une conférence de l’organisation islamiste Islamic Relief Foundation, sous le paravent d’un insipide « United for Change » (Unis pour le changement) doit avoir lieu, en anglais, au Palais des congrès de Montréal le 25 septembre prochain. Au programme, plusieurs orateurs reliés à l’organisation des « Frères musulmans », une nébuleuse encourageant le djihadisme, la violence et désirant renverser nos sociétés laïques pour les remplacer par une sorte de califat mondial basé sur la charia. Il est inacceptable que le gouvernement du Québec, qui finance le Palais des congrès, accepte qu’une telle activité puisse avoir lieu.

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En effet, si nous plions encore une fois devant les fanatiques, quel message leur lançons-nous, sinon que le Québec, ce territoire qu’ils méprisent à un tel point qu’ils n’ont même pas daigné utiliser sa langue commune dans leur propagande, constitue une terre fertile et une porte d’entrée pour implanter leurs réseaux islamistes?
Ce ne sont pas des enfants d’écoles qui doivent se présenter à cette conférence:

  • Tariq Ramadan est le petit-fils du fondateur de l’organisation des Frères musulmans, que même le Congrès musulman canadien aimerait voir sur la liste canadienne des organisations terroristes.
  • Jamal Badawi est membre de l’Islamic Society of North America (ISNA) et est le leader des Frères musulmans en Amérique du Nord.
  • Zainab Al-Alwani du Fiqh Council of North America (une organisation veillant à promouvoir une vie musulmane en accord avec la charia, en Amérique du Nord), est une proche parente de Taha Al-Alwani du réseau américain des Frères Musulmans;
  • Abdalla Idris Ali est membre de l’Islamic Society of North America (ISNA);
  • Yasir Qadhi a été impliqué dans une controverse pour avoir qualifié l’Holocauste de supercherie;

On pourrait également ajouter:

  • Navaid Aziz, un parfait exemple de non-intégration à notre société, lui qui est né à Montréal, a étudié au cégep Champlain en anglais et fait maintenant la promotion, toujours dans cette langue, de l’islam.
  • Salam Elmenyawi, porte-parole du Islamic Center of Quebec, est en faveur de l’application de tribunaux islamiques au Canada et il a déjà déclaré qu’il serait prêt à se battre si le Canada suivait l’exemple de la France et interdisait le voile islamique.

On le constate: sous le paravent d’une conférence unificatrice se retrouve une véritable organisation de propagande cherchant à recruter de nouveaux membres prêts à prier Allah aujourd’hui, mais peut-être également à renverser notre démocratie demain matin. Et le tout – évidemment – en anglais, dans une institution payée avec nos taxes et nos impôts.
Il faut se débarrasser de ces fanatiques
Récemment, le Marriott de Chicago a annulé, à une semaine de pré-avis, une conférence semblable. Nous devons faire la même chose. Il faut que le gouvernement du Québec et la direction du Palais des congrès réitèrent que nos valeurs fondamentales ne sont pas à prendre à la légère et qu’il est hors-de-question que l’État québécoise participe, même de loin, à une conférence méprisant à la fois le caractère francophone de la nation québécoise et notre démocratie laïque. La citoyenne Céline Plourde, qui m’a informé de cet événement, a raison de s’indigner et de réclamer des actions concrètes contre cette organisation-satellite des Frères musulmans.
Il faut également agir à la source. Ce type de mouvance, reliée à des groupuscules radicaux, s’abreuve d’une immigration musulmane massive, leur offrant une base toujours plus large pour soutenir leur véritable but à long terme: renverser notre démocratie. Tant que nous recevrons 50 000 immigrants par année, nous leur fournirons la matière de base leur permettant d’assurer le succès de telles entreprises de propagande et nous augmenterons ainsi la possibilité de voir un nombre toujours grandissant de personnes prendre le chemin du radicalisme, puis du terrorisme. Tant que nous adhérerons à un multiculturalisme encourageant le repli sur soi des nouveaux arrivants, nous contribuerons à cette violence qui se retournera contre nous.
Il faut le répéter: ces Islamistes qui participeront à cette conférence ne font pas partie de nous. Ils n’ont ni le goût de faire des compromis avec nous, ni même de respecter nos valeurs fondamentales. Ils ne sont même pas capables de faire un site web ou une conférence dans notre langue nationale. Leur but est de nous détruire. On peut l’écrire de mille façons différentes, en poème, en prose, avec de la tire d’érable dans la neige s’il le faut, mais le but de ces gens est d’en finir avec nos valeurs nationales et d’instaurer la charia non seulement ici, mais partout au monde.
Et nous, nous les invitons, nous leur offrons un toit, nous leur disons presque: « venez nous détruire, messieurs, venez contribuer à notre chute. Venez mépriser notre langue et nos valeurs! ». C’est une honte innommable. Un peu comme si vous invitiez à souper un individu ayant menacé de mort votre propre mère et que vous lui offriez un lit pour la nuit. On n’appelle pas cela de l’ouverture aux autres cultures, comme certains voudront sûrement le faire croire. On appelle cela une reddition.
Le gouvernement (en apparence) corrompu de Jean Charest a peut-être d’autres marmites sur le feu en ce moment, mais il devrait tout de même trouver le temps nécessaire pour s’opposer fermement à cette conférence et d’établir que les valeurs québécoises ne sont pas négociables.
Ce serait peut-être enfin, pour lui, l’occasion de démontrer que certaines choses, dans les officines libérales, ne s’achètent pas…
Sinon, autant abdiquer dès maintenant et appliquer la charia, in english only, dans tout le Québec.

La langue dans nos mains

Les nouvelles statistiques sur le recul du français au Québec, dévoilées par Pierre Curzi, font état du même constat que celui que je fais souvent sur ce blogue: la situation linguistique est alarmante et si nous n’agissons pas énergiquement et rapidement, le français disparaîtra à moyenne échéance.

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Or, que propose Pierre Curzi? Rien, pour le moment. « Pierre Curzi refuse pour l’instant de se prononcer sur des idées afin de renverser la vapeur ». Rien que ça! L’homme est un des députés les plus en vu du Parti Québécois, il est hyper-populaire, il fait face au gouvernement ayant un des taux d’insatisfaction de la population le plus élevé des dernières décennies, mais il ne propose rien.
Chaque chose ne devrait-elle pas être à sa place? Je m’attends du chercheur qu’il cherche, et du politicien qu’il gère les affaires publiques. Je demande au chercheur de présenter les faits, objectivement, sans les juger, et j’exige du politicien qu’il trouve les solutions permettant d’améliorer la société. Quand un député de la trempe de Curzi s’improvise chercheur et se montre incapable de trouver des solutions aux maux qui nous affectent, il y a un problème.
Ceci dit – rendons à César ce qui lui appartient – on ne saurait assez le féliciter d’être un des seuls au PQ à prendre position fermement, dès que l’occasion se présente, pour la protection de notre langue. On en prendrait des dizaines de députés comme lui.
Des solutions
Puisqu’il ne veut pas immédiatement donner ses solutions pour enrayer l’anglicisation du Québec, voici les miennes:
1) Appliquer la loi 101 au cégep.
Entre 1987 et 2007, le nombre d’allophones passant du secondaire français au cégep anglais a plus que doublé, passant de 17,7% à 37%. Parallèlement, ceux qui sont passés du secondaire anglais au cégep français sont passés de 5,8% à 0,5%. Même recul pour les anglophones: ils étaient 52,7% à passer du secondaire français au cégep français en 1987, mais plus que 39,5% en 2007 et si 4,7% passaient du secondaire anglais au cégep français en 1987, ils n’étaient plus que 1,7% deux décennies plus tard. (( Source : Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport )) La conclusion est claire: le cégep en français n’a plus la cote. Et puisque les études préparent le travail et que le travail est un des principaux vecteurs d’intégration linguistique, il est impératif d’appliquer la loi 101 au cégep afin d’assurer une éducation en français aux nouveaux arrivants et aux anglophones récalcitrants.
2) Mettre fin au sur-financement des universités anglophones.
Actuellement, les universités anglophones reçoivent 27% des subventions normées pour une population anglophone de langue maternelle de 8,2%. Le fait de financer ces universités à trois fois la hauteur du poids démographique des anglophones de langue maternelle contribue à faire de ces institutions des pôles culturels anglophones au coeur du Québec et enlève, de la même manière, des ressources vitales à des universités francophones qui crient famine. En finançant ces universités à la hauteur du poids démographique des anglophones de langue maternelle, c’est-à-dire 8,2% du financement total, on permettrait de limiter l’influence de la culture anglophone et on augmentera le potentiel d’intégration d’universités francophones mieux financées et davantage en mesure d’offrir des services aux nouveaux arrivants.
3) Réduire l’immigration et augmenter les incitatifs à la naissance.
Le taux de fécondité des Québécoises est en forte hausse, atteignant les niveaux du début des années 80, mais nous recevons toujours plus d’immigrants. Le ratio naissances/immigration était de 4,7 en 1982 (4,7 fois plus de naissances que d’immigrants reçus en une année). En 2007, le ratio est tombé à 1,8. Pour un nombre de naissances semblable, nous recevons trois fois plus d’immigrants. Proportionnellement à notre population, nous recevons davantage d’immigrants que la plupart des pays développés. Pourtant, nous ne sommes qu’une province et avons ainsi plus de difficulté à les intégrer que les autres pays. Curzi avait lui-même souligné le problème: qu’attend-il pour agir et demander une baisse de l’immigration?
4) Mettre fin au bilinguisme institutionnel.
Actuellement, et quoi qu’on puisse en penser, les services gouvernementaux sont bilingues. Pire: le gouvernement communique parfois en anglais ad vitam æternam avec les nouveaux arrivants, leur lançant effectivement le message que l’anglais constituerait une langue officielle au Québec. Comment pouvons-nous espérer intégrer en français quelqu’un qui, dans toutes ses relations avec l’État, peut utiliser l’anglais? Il importe de franciser tout ce qui touche au gouvernement du Québec. Vous voulez un service, un chèque, une carte d’assurance-maladie ou un permis de conduire? Apprenez notre langue et vous l’aurez. Ça, c’est du concret.
5) Appliquer la loi 101 aux écoles non-subventionnées.
La décision de la Cour suprême, l’automne dernier, d’invalider la loi 104, qui colmatait une brèche dans la loi 101, doit être combattue avec davantage de fermeté. C’est d’une guérilla juridique dont il est question; des groupes de pression anglophones, financés par le gouvernement fédéral, utilisent les tribunaux pour s’attaquer à la volonté démocratique des Québécois d’empêcher les mieux-nantis de contourner la loi 101 en envoyant un de leurs enfants dans une école non-subventionnée. Il faut donc appliquer la loi 101 à ces écoles et se préparer à utiliser la clause dérogatoire contre toute attaque de la Cour suprême dans la futur.
Ce ne sont là que quelques solutions. On aurait pu facilement en ajouter d’autres, notamment l’abolition de la loi 86, qui officialise l’affichage bilingue, une promesse que le Parti Québécois n’a jamais tenue…
Québec vs. Cour suprême: la loi 101, notre seule voix!
Face à l’incapacité de nos élites politiques d’avoir le courage de leurs convictions, il faut s’organiser par nous-mêmes, dans la société civile.
Voilà pourquoi j’aimerais vous inviter à un grand rassemblement pour la loi 101, qui aura lieu dimanche prochain, le 11 avril, au Monument National.
Véritable Moulin à paroles de la loi 101, l’événement consistera en une lecture de textes importants sur la langue au Québec, retraçant l’évolution linguistique de notre peuple depuis la Défaite de 1760 jusqu’à nos jours. De nombreux artistes seront sur place et, puisque j’ai colligé les textes moi-même, je peux vous assurer que ce sont des morceaux d’anthologie, des portraits vivants, des photographies du Québec en son âme profonde. Venez, vous ne serez pas déçus!
Face à l’inaction de nos députés et partis politiques, à leur pusillanimité, à leur refus de prendre position et de défendre clairement nos valeurs, il est de notre devoir de prendre le relais et de les forcer, par notre engagement, à faire le travail pour quoi nous les avons élus: nous représenter et promouvoir nos valeurs, dont le français en est une des principales!
Avons-nous un autre choix?

Clotaire Rapaille: un vent de fraîcheur sur le Québec

J’aime Clotaire Rapaille. Non, en fait, je l’adore. Et ce n’est pas parce qu’il a psychanalysé Québec, parlé de cet espèce de complexe d’infériorité-supériorité qui empêche nombre de ses citoyens de se définir autrement que par opposition à Montréal. Ce n’est pas non plus parce qu’il a parlé de la relation Québec-Canada comme d’un vieux couple sado-maso prenant plaisir à se faire mal. Et ce n’est toujours pas parce qu’il a parlé des radio-poubelles ou de la vieille mentalité de porteurs d’eau des Québécois. Non. J’adore Clotaire Rapaille parce qu’il refuse de se plier à cette dictature du consensus, cette véritable plaie.

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Ça prenait un Français pour nous dire nos quatre vérités. Un Français qui n’a rien à perdre, et qui n’a rien à cirer de se faire ostraciser ou dénoncer. Lui, il arrive, il fait son travail, dit ce qu’il a à dire, et repart ensuite. Rien à foutre d’ébranler les complexes châteaux de sable de notre fragile identité; il donne son opinion, et il la défend! Il va au front et essuie les tirs de l’ennemi!
Voilà tout un contraste avec cette mentalité du « pas de chicane », que dénonçait si souvent Pierre Bourgault, cet autre psychanalyste de notre psyché collective:

Chez nous, toute discussion un peu vive jette le trouble chez la plupart des interlocuteurs qui n’arrivent pas à imaginer qu’on puisse défendre une opinion avec passion, qu’on puisse assener des arguments mortels, qu’on puisse élever le ton, qu’on puisse refuser de lâcher le morceau sans se brouiller pour la vie.
« Laisse tomber, je ne veux pas de chicane. » Ou encore: « Mon Dieu que tu es « ostineux ». Tu veux toujours avoir raison. » Quand on fait remarquer qu’on « s’ostine » avec aussi « ostineux » que soi et que son vis-à-vis refuse également de lâcher prise, alors on se voit accusé de mauvaise foi.
On dirait que les gens n’ont pas compris l’intérêt du dialogue et de la discussion et qu’ils s’imaginent qu’on est bien plus heureux à poursuivre, chacun de son coté, un monologue stérile et débilitant.
On n’a pas compris non plus que c’est le dialogue, sans cesse renouvelé et même, à l’occasion, violent, qui écarte la véritable violence qui éclate toujours quand les gens cessent de se parler. (( La vraie nature de l’opinion, Pierre Bourgault, extrait. ))

Nous sommes trop souvent ainsi au Québec. Au lieu de répondre aux opinions de Clotaire Rapaille, d’élaborer des arguments, de participer au DÉBAT, on le repousse, on le dénonce, on le stigmatise. On se sépare de lui. On a peur des opinions, peur de se sortir soi-même de ce satané consensus qui doit être le nôtre.
En fait, il s’agit peut-être de la pire colonisation, après plus de 250 ans de domination étrangère: nous pensons à l’anglaise, nous avons rejeté nos racines françaises. « L’art de la rhétorique est totalement étranger à la culture nord-américaine, expliquent les journalistes Jean-Benoît Nadeau et Julien Barlow dans leur livre Pas si fous, ces Français!. À peine sait-on de quoi il s’agit. Mais la rhétorique est aux Français ce que le théâtre est aux Anglais, le chant aux Italiens et le piano aux Allemands. […] Les Français apprennent à perfectionner cet art dès leur plus jeune âge. » (( Cité dans L’art de défendre ses opinions, de Louis Cornellier )) Nous ne savons pas comment discuter, nous ne savons pas débattre, et nous craignons comme la peste toute situation où un individu aurait une forte opinion en opposition avec le consensus qu’on tente constamment d’ériger en dogme.
Pire, nous avons des lois et des règles qui rendent encore plus difficile cette liberté d’opinion. Parlez de personnes âgées qui mangent de la poutine, et vous aurez la Fédération de l’âge d’or du Québec sur le dos. Faites un sketch où des mafieux parlent italien, et c’est l’Association des entreprises et professionnels italo-canadiens qui s’en prendra à vous. Parlez des Noirs, et vous aurez une association haïtienne contre vous; parlez de crime, et ce sera un collectif contre la violence, parlez d’identité, et on vous accusera d’être xénophobe. On se fait tellement dire de se taire que nous sommes devenus un peuple de chiens de faïence, silencieux, qui attendent le moindre mouvement pour se lancer comme des bêtes enragées sur quiconque viendrait troubler cette sotte tranquillité.
On aime bien se moquer de Québec, de ses radio-poubelles, de son complexe d’infériorité-supériorité face à Montréal. Je l’ai fait plus souvent qu’à mon tour. Mais cette spécificité ne serait-elle pas, plutôt qu’un défaut, le signe d’une persistance de pensée française dans une ville n’ayant peut-être pas été aussi colonisée que la métropole? En s’opposant au « mal montréalais », en descendant dans la rue pour appuyerdes médias qui, même maladroitement, défendent tout de même notre capacité collective à émettre des opinions et à les défendre, Québec ne constituerait-elle pas ce dernier bastion d’une population qui, malgré une anglophilie galopante et un fréquent refus de se remettre en question, représente réellement cette mentalité française? Se pourrait-il que derrière les dénonciations et les haut-cris d’habitants fâchés par le diagnostic de Clotaire Rapaille, se cachent une minorité de Gaulois qui refusent obstinément d’adopter cette dictature du consensus qui a javellisé la plupart de nos débats?
Oui, ça prenait un Français à Québec. C’est un bon coup de la part de Labeaume. Car au-delà de la langue, de l’architecture et de la situation géographique, ce qui devrait réellement différencier Québec et permettre de la vendre, c’est l’unicité de la survivance d’une pensée française certes abrutie par des siècles de colonisation, mais qui s’accroche et qui tente, telle une plante grimpant le long du mur de notre Histoire, d’implanter ses racines dans un terreau infertile.
Rapaille choque, Rapaille fait réagir, mais Rapaille a raison: il y a dans cette ville l’essence de ce que nous sommes. Et si Québec ne réussit pas toujours à l’exprimer avec civilité et dans le respect des opinions, au moins elle essaie. Et si elle ne réussit pas à se libérer complètement de cette dictature du consensus, on ne peut nier qu’elle tente de le faire. Québec encaisse les coups, en donne aussi, mais elle bouge, elle agit!
Voilà qui fait changement d’une métropole où on se laisse disparaître sans mot-dire et où on a réélu un maire qui a fait de notre ville le royaume de la langue de bois et des pots-de-vin.
Peut-être que c’est nous, Montréalais, qui somment les pires masochistes finalement…