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Une race de ti-counes

Qu’on me pardonne de parler ainsi du peuple québécois, mais ce sont les seuls mots qui me viennent en tête. On parle ici d’un peuple luttant pour sa survie depuis des siècles, faisant face à un ethnocide de la part du gouvernement canadien, tentant de s’émanciper depuis des décennies, de se libérer d’un pays qui fait tout pour éliminer sa langue et en faire une ethnie parmi d’autres. Et ce soir, c’est un vote ethnique qui a propulsé le NPD vers les étoiles et presque rayé le Bloc Québécois de la carte. Un vote ethnique, celui de la race des ti-counes.

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Des ti-counes, tellement ignorants, tellement sans colonne, tellement abrutis par le poids d’un destin trop lourd pour eux, qui ont décidé de voter pour Ruth-Ellen Brosseau, une unilingue anglophone ayant choisi de prendre des vacances à Las Vegas pendant la campagne électorale. Une race de ti-counes ayant voté pour Tyrone Benskin, à peu près incapable d’aligner trois ou quatre mots dans notre langue.

Soyons honnêtes: les Québécois font les choses en grand. Pas question de se faire violence à moitié. Tant qu’à renier ce que nous sommes, à s’écraser devant la nation canadienne, on le fait de manière totale et absolue: on élimine le seul parti qui était réellement à notre service et on appuie des candidats tellement étrangers à ce que nous sommes qu’ils ne connaissent ni notre langue, ni notre culture, ni notre identité, ni nos régions, ni rien de nous. On a décidé de se suicider collectivement, mais pas question pour nous d’agoniser pendant des décennies à souffrir le lent martyr d’une destruction arrachée péniblement par un gouvernement étranger devant se battre contre le rempart de notre volonté de survivre. Nenni. On se tue, mais on se tue élégamment; on détruit ce qui nous représente, on vote pour le symbole le plus éloquent de notre futur: des candidats avec un nom à consonance francophone mais qui ont perdu leur langue. On fait les choses comme il faut; il y a de la beauté dans ce suicide.

Certains diront: ah, mais ce n’est pas si pire, il y a ce bon Jack! Oui, qu’il est doux le sourire de ce bon Jack! Qu’il est agréable de se faire dire « travaillons ensemble » pendant que ce même Jack votait contre une résolution du Bloc, en 2008, demandant que le Québec puisse se soustraire au multiculturalisme à la canadienne. Pour ce bon Jack, voyez-vous, les Québécois forment une ethnie parmi d’autres, au même titre que les Sikhs de Toronto qui lui ont mis un turban sur la tête et l’ont acclamé avec vigueur. Oui, on l’adore ce bon Jack! Ce bon vieux Jack qui a voté contre la demande du Bloc d’accorder le pouvoir au Québec de se retirer de programmes fédéraux violant les compétences du Québec. Mais on l’aime, ce bon Jack!

Nous ne voulons plus être petits. « Think big, stie », disait Elvis Gratton. Nous voulons conquérir le monde. Nous voulons qu’on nous reconnaisse comme des géants. C’est fait. Nous sommes maintenant un objet de rigolade pour tous ceux qui s’intéressent le moindrement à la politique. Un peuple de consanguins ayant opéré une gigantesque vague de droite adéquiste en 2007 pour ensuite, quatre ans plus tard, en opérer une de gauche pour le NPD. Nous sommes une farce, le summum du ridicule qu’on érige en désir de changement, celui d’un peuple de dégénérés tellement illettrés et abrutis que ceux-ci ne voient même pas la contradiction entre ces deux votes. Nous avons un tel désir, enfoui au fond de nous, de mourir, de crever de cette mort qui attend tous les peuples vaincus et qui ont cessé de croire en eux-mêmes, que nous avons rendu le Bloc Québécois, le seul parti qui nous défendait effectivement contre la nation canadienne, responsable d’un blocage qui était, dans le faits, celui d’une fédération incapable de satisfaire nos aspirations.

Méritons-nous encore de vivre et de survivre? J’en doute. Des individus me donnent envie de le croire. Mais une masse, la masse de l’ignorance qu’on confond avec la passion me laisse ce goût amer d’un venin qu’on a distillé dans nos veines depuis trop longtemps et qui a fini par gangrener jusqu’à notre capacité à nous imaginer libres. Notre choix ne semble plus se résumer qu’à un blocage permanent dans une fédération canadienne que nous n’avons pas le courage d’affronter, trop pleutres que nous sommes, ou à embrasser un parti typiquement canadien et tout à fait hostile à ce qui pourrait permettre à notre nation de réellement s’émanciper.

Cette race de ti-counes, c’est la nôtre. Des ti-counes de classe mondiale, devenus la risée de la planète, ce peuple qui vit en suspens depuis une génération parce qu’il est trop peureux pour se donner un pays et trop stupide pour accepter consciemment sa propre disparition.

« La démocratie a parlé » a dit Gilles Duceppe avant d’annoncer sa démission. Oui, la démocratie a parlé. La majorité d’une race d’abâtardis par des siècles de colonialisme s’est mis à genoux devant la nation qui la domine et a décidé qu’il valait mieux laisser mourir ce que nous sommes que de vivre dans le blocage d’une résistance contre des valeurs qui nous sont contraires.

Et le résultat? Plutôt que d’avoir cinquante députés du Bloc faisant des pieds et des mains pour défendre le Québec contre un gouvernement conservateur majoritaire, nous aurons soixante députés du NPD dont plusieurs ne peuvent même pas lire les panneaux routiers en français et dont la seule loyauté ira à un parti dont le centre est situé à Toronto et qui voit dans le Québec non pas une nation en attente d’un pays, mais une province de ti-counes en attente de disparition.

Pourquoi je vais voter pour le Bloc Québécois

J’ai fait mon choix: je vais voter pour le Bloc Québécois. Moins de trois ans après la dernière élection fédérale, je mesure d’autant mieux le cheminement de ma pensée politique que j’avais écrit, à cette occasion, un texte où j’expliquais les raisons m’ayant poussé à préférer le Nouveau Parti Démocratique. J’avais tout faux, et s’il m’a fallu réfléchir longuement sur les conséquences d’un choix sur un autre, il n’y a plus de doute dans mon esprit: cette élection oppose d’un côté des partis canadiens, et de l’autre un parti québécois. Quand ceci est dit, tout est dit.

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En 2008, je basais ma décision de voter pour le NPD essentiellement sur deux raisons: le chef de ce parti, Jack Layton, avait mené une très bonne campagne électorale et le NPD était le seul parti à valoriser activement la répartition de la richesse et des programmes sociaux permettant de nous enrichir collectivement. Paradoxalement, je pourrais tirer exactement les mêmes conclusions aujourd’hui: non seulement Layton est-il encore supérieur à ce qu’il était il y a trois ans – et Gilles Duceppe beaucoup plus faible – mais le NPD est encore une fois le seul des principaux partis politiques fédéraux à parler de mesures sociales progressistes.

Pourtant, j’ai choisi d’appuyer le Bloc Québécois. Je reconnais aujourd’hui les erreurs de ma pensée d’il y a trois ans. D’abord, on ne doit pas voter pour un parti ou un autre en fonction de la performance médiatique d’un chef; nous sommes en démocratie et c’est le parlement qui doit être souverain. Si un homme ou un autre peut nous paraître sympathique ou antipathique, il faut autant que possible exclure ces émotions du raisonnement: on doit voter pour les idées, pas parce que la bouille d’un type nous revient davantage que celle d’un autre. De la même manière, si le NPD a de loin le meilleur programme économique et social des principaux partis, il faut rappeler qu’il ne fait rien pour s’attaquer au principal problème de cette fédération, l’éléphant dans la pièce que les Canadiens-anglais ont choisi d’ignorer: le fait que le Québec n’a pas signé la constitution et que sa situation n’est toujours pas réglée au sein du Canada.

Si cette vérité d’un parti centralisateur et typiquement canadian a été soulignée par plusieurs auteurs, ce sont des expériences personnelles qui m’ont convaincu de la dangerosité d’un vote pour ce parti. Au nombre de ces expériences, on peut penser au fait que le NPD communique systématiquement avec ses membres du Québec en anglais et en français, au mépris de la seule langue officielle du Québec. On peut également souligner le fait que si la quasi-totalité des pages provinciales du NPD sur Facebook sont en anglais, celle du Québec est entièrement bilingue; on lance ainsi le message que s’il est justifiable pour le parti de fonctionner entièrement en anglais dans des provinces anglophones, il ne peut l’être de respecter de la même manière la langue nationale des Québécois. Ajoutez à cela un discours tenu par nombre de ses membres selon quoi la question linguistique ne serait pas importante, qu’il faudrait « passer à autre chose », et vous avez comme résultat un parti qui ne peut pas représenter adéquatement les intérêts du Québec.

Dans cette situation, deux valeurs s’affrontent: d’un côté la volonté des Québécois d’assurer des politiques sociales plus progressistes, et de l’autre leur volonté d’assurer la survie de leur langue dans un contexte où elle est en régression et, osons le dire, en danger de mort. Ces valeurs – qui sont exactement les miennes – ne devraient pas pouvoir être subordonnées l’une à l’autre; dans les faits, on doit se forcer à le faire et j’ai décidé de le faire. La vérité est la suivante: si le français survit, mais que la société opère un terrible virage à droite, nous appauvrissant collectivement et nous faisant régresser socialement, rien n’est perdu, car il serait toujours possible de faire marche arrière plus tard. Par contre, si le français ne survit pas, si nous passons le rubicon de notre déclin et que nous n’arrivons plus à assurer la pérennité de notre langue, quand bien même nous vivrions dans un paradis social-démocrate, nous serions morts. Game Over, pour le dire dans une langue qui serait désormais la nôtre. D’un côté, un recul temporaire, de l’autre, un recul permanent. Oui, ces valeurs peuvent et DOIVENT être subordonnées: on ne peut pas, sous aucun prétexte, mettre en danger ce que nous sommes pour quelque raison que ce soit.

À partir du moment où on comprend l’extrême précarité de notre situation et où on accepte l’idée qu’il est impossible qu’un parti désirant se faire élire d’un bout à l’autre du Canada puisse respecter notre spécificité sans heurter les sensibilités de ceux qui désirent « passer à autre chose » en nous passant sur le corps, on n’a d’autre choix que de mettre de côté l’échelle gauche-droite pour nous concentrer sur le vieux paradigme Québec-Canada qui, loin d’être usé, sera pertinent tant et aussi longtemps que d’une chose le Québec sera séparé, d’autre chose le peuple québécois sera décimé et le français y sera aussi mort que dans les autres provinces.

Oui, on peut trouver que la situation stagne, que rien ne bouge. Oui, on peut questionner la présence du Bloc à Ottawa, d’autant plus que Gilles Duceppe est possiblement l’un des politiciens les plus frileux sur les questions linguistique et identitaire. Par contre, on doit avoir l’honnêteté de reconnaître que ce blocage n’est pas celui du Bloc, mais celui d’une fédération dont la vaste majorité des habitants a décidé de « passer à autre chose » pendant que la minorité québécoise continue d’affirmer que son existence et ses intérêts ne peuvent être ignorés.

Il est légitime d’avoir un désir de changement, de vouloir faire confiance au visage sympathique de Jack Layton et de lui « donner une chance ». Ceci dit, ce changement ne peut pas aller à l’encontre de l’existence du peuple québécois et toute réduction de l’influence du Bloc Québécois à Ottawa aurait comme conséquence l’embellie des forces de ceux qui désirent implanter au Québec l’idée que notre existence et notre survie sont des choses du passé.

Le 2 mai, je vais voter Bloc Québécois. Pas parce que son chef mène une bonne campagne ou parce que je n’aime pas le NPD. Simplement, parce que je suis Québécois et que mes intérêts en tant que Québécois ne pourront jamais être mieux respectés que par un parti qui considère le Québec non pas comme une province parmi d’autres, mais comme un pays en devenir.

Le virage à droite du nouveau pédé

L’imbroglio autour du changement de nom du Nouveau Parti Démocratique (NPD) en Parti Démocratique (PD), où les nouvelles initiales sonneraient comme le mot « pédé », constitue une pure perte de temps. Que les initiales du parti soient PD, BBQ, ou XYZ ne devrait pas nous détourner des enjeux majeurs que constituent la nouvelle plate-forme du parti.
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En effet, qu’en a-t-on à faire que les initiales du parti donnent lieu à des quolibets au Québec, où les candidats pourraient se faire traiter de « pédés »? N’avons-nous pas dépassé cette période où on ridiculisait ainsi les homosexuels en les traitant des « pédés », de tapettes, ou autres insultes faciles? Si un parti s’empêche de changer de nom parce que quelques retardés au fond de leur rang s’en servent pour les insulter, c’est un signe que ce parti ne désire pas dépasser ce stade. Doit-on vraiment laisser le nom d’un parti nous détourner ainsi des réels enjeux?
Or, les enjeux sont de taille. Quarante-neuf ans après que la Cooperative Commonwealth Federation se soit transformée en NPD, le changement de nom ne se veut pas seulement pratique, mais idéologique. En changeant de nom pour « Parti Démocratique », le parti n’espère pas seulement appliquer une nouvelle couche de peinture sur sa structure, mais il profite de l’attention apportée à ce changement pour camoufler ses réelles intentions: opérer un virage à droite.
Le NPD n’a pas connu l’expérience du pouvoir. Plutôt que de reconnaître l’utilité de rejoindre une large partie des Canadiens d’allégeance sociale-démocrate et de travailler cette base, certains penseurs aimeraient s’inspirer des Démocrates américains, du Labour Party de Tony Blair, qui avait appliqué un programme de centre-droit en étant élu sur la base d’une tradition de centre-gauche et de Derrel Dexter, chef du NPD en Nouvelle-Écosse ayant été élu en proposant des mesures favorisant davantage le privé.
Maintenant que Ignatieff et son Parti Libéral se sont clairement réorientés vers la droite, le NPD espère profiter de l’espace laissé vacant pour offrir un programme un peu plus droitiste, notamment en éliminant l’impôt pour les PME jusqu’à un million de dollars. Il semble loin le temps où Jack Layton réclamait l’annulation de baisses d’impôts de cinquante milliards de dollars consenties aux plus grandes entreprises.
Dans les faits, à qui profiterait cette réorientation? Si le NPD délaisse son créneau de centre-gauche pour s’orienter vers la droite, qui représentera les Canadiens sociaux-démocrates? C’est là une question à laquelle le NPD devrait chercher à répondre au lieu de prendre le vote des progressistes pour acquis. Des allégeances, ça se modifie, surtout quand le véhicule de ses valeurs dérape et prend le champ.
Et si le NPD s’assumait pleinement comme un parti de centre-gauche et travaillait à rallier les Canadiens partageant ses valeurs au lieu de se dénaturer pour espérer gagner quelques votes au centre-droit de l’échiquier politique?

L’erreur de Layton

J’aime bien le NPD; je trouve qu’au fédéral c’est le seul parti qui soit clairement de centre-gauche et qui puisse offrir une alternative crédible aux Conservateurs ou aux Libéraux. Mais parfois, le chef du NPD, Jack Layton, ferait bien de mieux s’informer avant de proposer un peu n’importe qui comme candidat. Mulcair, c’était un coup de maître. Julius Grey – et même s’il n’a pas l’intension de se présenter immédiatement – c’est à peu près comme une claque dans la face des Québécois.

Grey, il faut le rappeler, c’est cet avocat qui a voulu invalider de larges parties de la loi 101, qui a été jusqu’en Cour Suprême pour permettre aux élèves Sikhs de se promener avec une arme blanche dans leurs poches, qui défend les propriétaires de bar qui s’opposent à la loi sur le tabac et qui est le défenseur numéro un des anglophones frustrés de la région de Montréal.

Layton espère-t-il vraiment faire déferler une vague orange sur le Québec avec des candidats assi nuls que Julius Grey? Si oui, il ferait mieux de se servir une bonne tasse de réalité, et sans sucre ni crème.

La marionnette Karzaï

Après avoir été chez Unocal et relié d’assez près aux amis de George W. Bush, voici que Karzaï, non content d’être la marionnette de service en Afghanistan, joue désormais le porte-parole de l’armée canadienne.

En effet, le NPD a appris que de grandes parties des discours prononcés par Karzaï au Canada ont été rédigés par l’armée canadienne. Dawn Black, du NPD, explique:

« Ces documents démontrent que le discours du président Karzaï au Parlement n’était qu’un truc politique, un coup monté. Ce que les Canadiens ont entendu n’était pas la voix du peuple afghan, mais plutôt les points de discussion du ministère de la Défense. »

Voilà qui est troublant. L’armée canadienne essaie de faire passer l’idée que le Canada aide un pays étranger dans sa lutte contre les terroristes, mais le régime afghan est tellement fantoche qu’il faut écrire les discours du « président » pour espérer convaincre les Canadiens d’appuyer l’occupation de ce pays et la guerre contre une large partie de ses habitants.

Bientôt, sur Ebay, Hamid Karzaï vendu au plus offrant? « Président de l’Afghanistan en très bon état, a très peu servi, va répéter tout ce qu’on lui demande et va faire vos quatre volontés si vous le payez suffisament. Viens avec deux kilos de pavot et livraison assurée par l’armée canadienne ».

De plus en plus, on voit l’armée canadienne pour ce qu’elle est: un outil de propagande déconnecté de la réalité des Canadiens et n’ayant comme seul but que de les convaincre de l’appuyer aveuglément dans toutes ses expéditions barbares au service des intérêts de Washington.

Et ça nous coûte combien, déjà, cette armée marionnettiste?